LA MORALITÉ DES LAGIDES
sont là des causes secondes. En dernière analyse, — je l'ai déjà dit, — il faut admettre, comme raison suffisante et toujours agissante de la servitude à laquelle se sont plies de tout temps les peuples orientaux, une infériorité de nature. Gomme le dit Voltaire: « On a fort vanté les Égyptiens. Je ne connais guère de peuple plus misérable : il faut qu'il y ait toujours eu dans leur caractère et dans leur gouvernement un vice radical qui en a toujours fait de vils esclaves... Ils ont été subjugués par tous ceux qui ont voulu s'en donner la peine * ». C'est la raison pour laquelle, nous autres classiques, nous admirons tant nos instituteurs, les Grecs et les Romains.
Nous n'aurons pas à admirer beaucoup, je vous en préviens, les rois grecs de l'Egypte. Ils n'auraient peutêtre pas réussi à élever leurs sujets égyptiens à un plus haut degré de civilisation, mais ils ne l'ont pas essayé. En revanche, ils ont pris, à exercer leur métier de dieux vivants, irresponsables, des vices qui les ont dégradés et abaissés au-dessous du niveau de la moralité à l'usage du commun des mortels. Sans doute, il faut se défier des imputations atroces, empruntées à la légende des TantaHdes et des Labdacides, que la malignité, et probablement la rancune, des Alexandrins a accumulées sur la tête d'un Évergète II ; mais, défalcation faite de tous les bavardages suspects, on a grand'peine à trouver, parmi tous ces dieux et aussi toutes ces déesses dynastiques, un caractère simplement estimable, et, du premier Soter à la dernière Cléopâtre, nous devrons renoncer, je le crains, à ren-