‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 15 sur 251 · LE VÉRITABLE CRITERIUM DE L'INSPIRATION · texte numérisé non relu

LE VÉRITABLE CRITERIUM DE L'INSPIRATION

émane de Celui-là même, à qui seid l'écrivain sacré est redevable de son inspiration, et ([ui demeure seiii aussi l'auteur principal de l'Écriture entière. — Il constitue é*^alement un critérium sûr, parce que Dieu, la vérité par essence, ne se trompe ni ne trompe jamais.

Origine du témoi- 13- — Or, ce témoignage divin relatif à l'inspiration n'est

gnage diviu relatif . , ,, • oi • * t a. t\ > ' ^ ^y x'

àiinspiiaiiou. pomt postcricur au Llirjst et aux apôtres. Deja 1 antique synagogue était en possession d'une révélation, ou d'un témoignage de Dieu, qui lui servait de critérium soutenant sa foi à l'autorité des Écritures de l'Ancien Testament (i); mais ce témoignage eut son expression complète, cette révélation devint plus formelle, plus lumineuse, sur les lèvres du Christ, et des apôtres instruits à l'école du Christ, enseignés par l'Esprit-Saint (cf. Jean,xiv, 26; xvi, i3); de telle sorte que nous, chrétiens, devons rapporter au Sauveur et à ses apôtres^ — y compris saint Paul, — le témoignage plénier, sur lequel, comme sur une base inébranlable et divine, repose notre foi à l'inspiration de toute la Bible.

Mode de transmis- 14. — Ce témoignage exprès du Christ et des apôtres, seul critérium véritablement adéquat, et à la portée de tous, du fait

masre

de l'inspiration des livres — protocanoniques et deutérocanoniques — de l'ancienne alliance, nous est conservé et trans-

^M- U tradition j^jy p^^j^ l^ TRADITION CATHOLIQUE. C'cSt même à la COuditioU

eatlioliquc. *-

de nous arriver par cette voie, que le témoignage divin en question peut servir de base solide à notre foi.

Pourquoi la tradi- 15. — Supposous, cu effet, quc Ic témoignage du Christ, et

i\on humaine SQidW, -. ^, ^ ^ i «ii <!••

insuiiisanie. dcs apotrcs, iious Vint par la voie d une tradition purement

humaine, comme le demandent les protestants, qu'arriveraitil? A quels résultats aboutirions-nous? Il arriverait, que nous n'aurions plus une certitude suffisante de l'inspiration scripturaire (2). Sans doute le témoignage divin garde toujours sa valeur Intrinsèque; mais, dans l'espèce, à cause du mode de

La certitude , .. ., «.ua. ' a ■ r^ >

cesserait d'être traiismission, il ccsscrait detre/>oz^r nous aussi sur. Conse-

a) infaillible, qucmmcut sa ccrtitudc ne serait plus absolument infaillible ;

car ne pourrait-on pas suspecter la véracité et la bonne foi

(i) Ce témoignage divin (dans l'antique synagogue) était-il adéquat, c'est-à-dire s'étendait-il à tous les livres sacrés antérieurs à l'ère chrétienne? L'affirmative n'est pas certaine, ou du moins la négative ne répugne pas absolument. Cf. Franzelin, De Script., th. Vïl.

(2) A parler rigoureuscmejit, et si l'on se place au point de vue de l'histoire et de la critique, il ne répugne pas qu'en de certains cas une tradition purement humaine garantisse la vérité d'un témoignage divin; mais ce sera par exception toujours, et la certitude, acquise de celte manière, restera une certitude d'ordre rationnel, et philosophique.

b) générale^

c) ad '(/Il a le,

M LEÇONS D'INTRODUGTlOiN GÉNÉRALE

(lu premier témoin, ou des témoins intermédiaires? En traversant les siècles, une tradition, g-ardée uniquement par des hommes, est susceptible de s'altérer. — La certitude du témoignage divin ne serait point non plus générale; car il n'est pas donné à tous de se convaincre, à la lumière de la critique et de l'histoire, de l'universalité, de la perpétuité et de 1 authenticité d'une tradition vingt fois séculaire. — Cette certitude ne serait jamais adéguate, c'est-à-dire qu'elle ne porterait plus swY tous les livres, ni sur toutes les parties des livres de l'Ecriture, la divinité de plusieurs ayant été contestée. — Enfin, dans l'hypothèse, la certitude fondée sur le témoignage de Dieu deviendrait, en partie, une certitude d'ordre philosophique. Elle ne pourrait donc pas motiver suffisamment la foi divine et surnaturelle, que nous devons ,au témoignage du Christ et des apôtres, relativement à l'inspiration de la Bible. Seule, par conséquent, la tradition catholique a autorité pour nous transmettre, et nous garantir absolument le critérium adéquat de l'inspiration.

<^)deviendrail d'ordre jikilosophiquc.

Où se irouveni lei \Q ^ ^^ Qr, la tradition catholique s'incarne, en quelque

traditions calholi- \ , . ^ . '-,

quei sur 1 inspira sortc, daus l'indéfectiblc et vivant ma^^istère de l'Eglise, la-

tion. -' ^ , ... o :>

quelle, assistée de l'Esprit-Saint, doit garder ici-bas, défendre, \) LÉgiise, et expliquer la révélation de Dieu(i). A rEgdise donc de transmettre, au nom du Christ et des apôtres, de qui elle l'a reçu, le témoignage révélé concernant l'inspiration des saints livres. Cette transmission officielle et divinement autorisée constitue un fait dog mat iquejd' ordre surnaturel, à la portée de tous les fidèles, et de nature à produire chez eux cette certitude infaillible, que Jésus-Christ et les apôtres ont attesté l'inspiration de toutes les Ecritures. Voilà pourquoi les chrétiens ont Vobligation de se soumettre ci de croire (2).

17. — Mais le témoignag'e de Dieu, véritable critérium de l'inspiration, ne se rencontre pas que dans la tradition et les 2; le iNuuv. le t. décicts doguiatiqucs de l'Eglise. Le Nouveau Testament renfeime aussi des témoignages divins en faveur de la divinité des livies, — au moins protocanoniques, — de Tancienne alliance (3).

(1) Cf. Fraiizclin, op. cit., lli. XXL

(:<) Cf. Saint Ail--., Contra r/>ist. fniutam., oap. v.

(ii) il cIiMnciiic ciiIciilIii qu'on siijipusc dciiioiilrcc, au jn-calablo, raulorilc historiguc (aullifntioilc, inlcf^rilc, vcracilc) du Nouveau 'rcstaiilcnl. Celle preuve taile. on sM|i|ii»se encore ilcnioulrée \'/iistoii- Ci/t' de» iniracle&, i[\n nous garanlissenl la luibsiou suniatiircllc du Clirisl et des apùlres. A ces con-

ou TI\OUVE-ï-ON LES TRADITIONS CATII. SUR LTNSPIRATIONV

Nous produirons plus bas (i) quelques-uns de ces témoig^nag-es, empruntés aux écrits des apôtres.

1) II peut a'èU-e pas toujours adéquat,

nt

■2) entièremeat

dccisif.

Remarques sur le 18. — Mais obscrvons déjà quc le témoignag'e divinobiblique. oiblique (2), — qu il soit explicitc ou implicite, il n importe,

— peut n'être pas toujours adéquat par lui-même^ ni entièrement DÉCISIF yoot/r nous.

Il peut n'être pas toujours adéquat en lui-même^ parce qu'il n'est point prouvé évidemment qu'il s'applique aux livres deutérocanoniques de l'ancienne loi; d'assez nombreux critiques, du moins, le contestent. — Il n'indique pas non plus, dans le détail, quels sont les livres protocanoniques inspirés, ni ne précise dans quelle mesure ces livres ont Dieu pour auteur. Chacun sait, du reste, qu'il n'est nulle part fait mention dans le Nouveau Testament du livre à^Esther^ des livres iïEsdras et de Néhémie, de VEcclésiaste, du Cantique des cantiques, d'Aôdias et de Nalium (3).

Enfin, le critérium du témoignage divlno-biôlujue peut n'être pas toujours entièrement décisif pou7' nous; d'abord, parce qu'il n'est point à la portée du commun des fidèles; ensuite, parce qu'il demande quelquefois à être confirmé par l'Eglise, interprète infaillible du texte écrit de la révélation, et juge suprême des controverses relatives à l'autorité des Ecritures.

Ajoutons, pour être complet, qu'il existe dans les écrits apostoliques deux témoignages divins, en faveur de l'inspiration de quelques livres, ou fragments de livres, du Nouveau Testament.

Le premier de ces témoignages se lit dans la seconde Epilre de saint Pierre, m, i6; il peut s'appliquer aux lettres de saint Paul composées avant l'année 66 ou 67 (date de la seconde Epître du prince des apôtres). — ^ Le deuxième témoignage, au dire de plusieurs critiques, serait une parole de saint Paul dans / T'mi.^ v, 18. Il y aurait là une affirmation implicite de l'inspiration des Évangiles de saint Matthieu et de saint Luc {Matt.^ X, 10; Luc, X, 7). Quoi qu'il en soit, ces textes ne garantissent nullement, d'une manière précise et formelle, la divinité de tout le Nouveau Testament.

ditions, les témoignages que contiennent les Evangiles et les Epîtres apostoliques, offrent réellement un caractère de divine certitude, qui entraîne l'assentiment de notre esprit, et justifie notre foi à l'inspiration des livres de l'alliance ancienne.

(1) Voir pp. 4 1-46.

(2) Nous l'appelons ainsi pour le distinguer du témoignage divin transmis par la tradition, et dont nous avons parlé plus haut.

(3) Le livre des Juges n'est point cité non plus, à parler rigoureusement; saint Paul paraît cependant y faire allusion. Cf. Act., xiii, 20; Heb., xi, 82.

Observation finale.

LEÇON QUATRIÈME La démonstration de l'inspiration des saintes Écritures.

Les traditions patristiques relatives à l'inspiration. — Les traditions du moyen âge. — Les traditions des papes el des conciles. — Les traditions de la synagogue. — Philon et Josèphe.

1. — La démonstration du fait de l'inspiration biblique repose sur le témoignage divin.

Ce témoignage se trouve totalement dans la tradition ecclésiastique, et partiellement dans l'Ecriture elle-même, dans les écrits du Nouveau Testament.

oi>jei précis^ de celte Nous u'cxposerous daus cctte leçon que les témoignages traditionnels de l'Eglise, auxquels nous joindrons, à titre de confirmatur ^ ceux de l'ancienne synagogue.

4) Traditions pa- 2. — La tradîtiou qui nous transmet la pensée du Christ

li'isti(|ues des deux ^ ^ , , . ^ i < i i

i^rewiers siècles. et des apotres, S est clairement prononcée, des les deux prê-

tes Itères apostoliques

miers siècles, en faveur de l'origine divine de la Bible. Commençons par les Pères apostoliques.

s. ciémeni, 3. — Voici saiut Clément, pape, qui vivait à Rome vers 93-

97. Il nous communique la foi de saint Pierre à l'inspiration : 'EY/,£x6oaT£ ei; làç lîpaç yP'^?^?? écrivait-il aux Corinthiens (/ Cor.^ XIV, 2), xà; 8ià tou llveujJLaiG? toj aYiou. Et ailleurs, rappelant que saint Paul envoya à l'Eglise de Corinthe des lettres inspirées par l'Esprit : 'E-' àXr^Ocia;, dit-il, 7:v£U[jt,aTiy.û; £7;écT£',X£v uji/v {ibicL^ XL VII, 2).

s, i-iuue, A Antioche, voici saint Ignace. Il vivait vers l'an 107. Ses

relations avec saint Pierre et saint Paul ne peuvent guère être contestées (i). Or^ selon lui, les prophètes (2) étaient des hommes tout divins, 0£i6TaTci.

s. Poiycaipe, D'Aiitioclie moutous à Smyrne. Nous y trouvons, vers Tan

108, saint PoLYGARPE, disciple de saint Jean. Il félicite les chrétiens de Philippes d'être très versés dans les lettres sacrées, èv

(1) GC I'"iiiik, Opcvd jHiIrui/i apos/olic, I. I, p. xi.v.

Cî) JSaiiil j^nucf pmiuil. selon loiilc prohuhilitc, le mol pruphcldinua le sens large ipie ce mol precnlc en hébreu. Gf. Goseniiis, Tlwsaurn.-, s. v. N''22.

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