RAISONS POSITIVES CONTRIT LA PLURALITÉ DU SI:NS LITTÉRAL
d'un texte n'est point non plus susceptible de plusieurs sens, parce qu'on en déduit, à l'aide du raisonnement tliéologique, des conclusions nniltiples. Dans ce cas, le sens de la lettre est unique^ quoique fécond et divisible dans sa simplicité même.
3) Raisons jjosilives contre la pluralité du sens littéral.
1" raison.
Objection.
Répon e.
17. — 3) Il est des raisons positives ^o^\^x^û\\.txii la pluralité du sens littéral dans la Bible.
Nous les ramenons à deux principales. — a) Si l'Écriture est divine, elle ne laisse pas d'être aussi un livre humain ; car a) elle a été composée par des lionunes sous la dictée de Dieu; p) elle est rédigée dans le langage de V homme: D"Fh{ "isi "jlurSs min ni:n, loquitur lex secundum linguam hominis; y) elle est destinée aux hommes. Or, quand les hommes communiquent entre eux au moyen du langage, ils n'entendent donner à leurs paroles qu'zz/z sens précis, déterminé. Pourquoi Dieu, se servant de notre langage ordinaire pour communiquer avec nous, aurait-il agi différemment? — Afin, dira-t-on peut-être, de mettre en relief davantage la dignité de la Bible, qui est so?i livre, et de montrer mieux sa supériorité sur tous les livres humains. — Nous répondons que la Bible est, à bien d'autres titres, hors de pair avec les œuvres qu'a produites le génie de l'homme. N'est-ce pas assez qu'elle renferme, outre le sens littéral, de nombreux sens typiques ou spirituels, pour que notre respect lui soit acquis, et que nous lui donnions le premier rang?
s* raison.
Conclusion.
18. — b) La pluralité du sens littéral dans l'Écriture constituerait un fait extraordinaire, — qui devrait nous être certifié par un témoignage divin . Or, nulle part un tel fait n'est attesté positivement dans la révélation écrite ou orale.
La théorie du double sens littéral ne repose donc point sur des preuves suffisantes.
LEÇON CINQUIÈME
Le type biblique. — Sa définition. — Sa nature. — Ses variétés.
Etymologie, acceptions scripturaires et définition du type. — Raison d'être du type biblique. — Le dessein de Dieu dans le choix ou la création des types scripturaires. — Nature du type. — Le type et le symbole dans la Bible, — Division des types en raison de leur objet : types prophétiques, tropolo^iques, analogiques.
Étymoiogie^du mot ^ — Étymolog-Iquement, le mot type, — en grec tu:ïo; (du sensusueidcceroot. vcrbc TuxxG), frapper eu marrjuant), — veut dire empreinte.
Dans le langage ordinaire, ce substantif désigne souvent un
modèle, un original, à reproduire, Ses acceptions flans Sous la plumc dc saiut Paul (Rom., V, i4), et dans la Bible
Ja Bible. *■ \ 7 ^ -rj ?
en général, le même mot offre sans doute encore à Tesprit ridée d'empreinte, mais il suggère de plus l'idée de préparatiffn, à' ébauche (i). Lisons, par exemple, Rom., v, i4 ; nous y verrons qu'Adam, dont FApotre dit qu'il fut tu-o; toj [jiXXovToç, était bien dans sa personne la figure vivante et anticipée du Messie : Quodciimque enirn limus exprimebatur, écrit Tertullien, Christus cogitabatur homo futurus (2). Mais cette figure, ce type, ne dépassait point dans le plan de Dieu les proportions d'une ébauche ; c'était, si l'on préfère, une promesse, pour nous pleine d'espérances, et dont la réalisation devait venir à son heure : Limus ille... non tantum Dei opus erat, sed et pignus (3).
Définition du type biblique.