‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 173 sur 251 · PREUVES DE L'UNITE DU SENS LITTÉRAL DANS LA BIBLE · texte numérisé non relu

PREUVES DE L'UNITE DU SENS LITTÉRAL DANS LA BIBLE

l'expression d'un sentiment traditionnel {i}", — c) qn'îl ne la suit même pas toujours en pratique (2); — d) enfin, que son opinion ne saurait faire loi dans rcspcce, attendu qu'elle n'a guère trouvé d'écho auprès des Pères des âges postérieurs. Personne ne prouvera, en effet, que saint Basile, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand, — dont on cite parfois les témoignages, — aient partagé l'avis de Tévêque d'Hippone (3). Lorsque les Pères proposent plusieurs explications littérales d'un même texte, ils ont soin, d'ordinaire, de faire observer que le texte est obscur, ou que telle interprétation leur semble plus probable entre plusieurs autres, admissibles d'ailleurs. Du côté des Pères, il ne paraît donc pas que la question soit tranchée en faveur de nos adversaires.

b) Les ihéoiogiens. 12. — Du côté dcs théologicus, cllc uc Pest pas davantage. Sans doute, pendant les trois derniers siècles, la plupart d'entre eux, s'autorisant de quelques textes de saint Thomas, ont soutenu la thèse de la pluralité du sens littéral. — Mais Réponse. o) uous remarquerons qu'ils n'appliquent leur théorie qu'à sept ou huit passages des Ecritures, et encore, dans ces cas, ils exigent que les différents sens littéraux soient au préalable justifiés par les Pères ou par l'Eglise. — b) Nous ajouterons .que, parmi les théologiens et les exégètes des trois derniers siècles, plusieurs furent d'un avis opposé: Estius, par exemple, Maldonat, Frassen, Calmet, etc. — c) Au moyen âge, ni Alexandre de Halès, ni Albert le Grand, ni saint Bonaventure, ne semblent avoir admis la doctrine du double sens littéral.

Opinion de s Tho- 13. — Enfin, d) saiut Thomas lui-même est loin de s'expri-

mas sur la question. , . //\ /-i,-i • !•

mer nettement sur la question (4). S il parait mchner dans quelques-uns de ses ouvrages (cf. QuodL, vn, quaest. 6; In H Sent,, dist. xii, art. 2, ad 7; De Potentia, quœst. 4, art., i)vers la thèse que nous combattons, il est beaucoup moins affirmatif dans sa Somme (cf. 1 p., quaest. i, art. 10), où il

conclut prudemment: Non est inconveniens si in una lit-

fera Scripturœ plures sint sensus, — Nous croyons même qu'en cet endroit de la Somme le Docteur angélique n'entend pas traiter de la pluralité du sens littéral. N'est-ce pas ce qui ressort a) des objections qu'il pose, et des réponses qu'il ap-

(i)Quoi qu'en dise Schmid, op. cii., pp. 249, 271, not. 2. — Voir Gilly, op.cU , pp. 25-26.

(2) Cf. Palrizi, Instituiio de inlerpret. Bibl., p. 82, n° 60.

(3) Voir Boelen, op. cil., pp. 2/1-48.

(4) Voir Zapletal, Herni. bibL^ pp. 25-32.

porte; — g) de la citation qu'il fait d'un texte de saint Grégoire; — y) delà doctrine contenue dans le corps de l'article 10®, où il ne s'agit que d'un seul sens littéral, par opposition au sens typique, lequel se subdivise en allégorique, moral, anagogique (r); — o) de la définition du sens littéral donnée au début de l'article^ et rapprochée de la réponse à la première objection; — enfin, e) du titre de l'article, où il est annoncé qu'on va étudier la pluralité du sens biblique^ mais non la pluralité du sens littérale Conclusion. La tradition ne s'est donc point prononcée unanimement^

ni explicitement, en faveur de plusieurs sens littéraux dans l'Ecriture.

2) L'exégèse nVst 14. — 2) U cxégèse ne justifie pas non plus cette théorie.

pas favoral)le à la ^-. |,, .' i i> * • m

niuitipiiciié du sens Uu aliegue surtout trois textes de 1 Ancien lestament, qui, ry . ' ,,. . sous la plume des écrivains de la nouvelle alliance et des Pères,

1 rois Icxtes allègues. i '

présenteraient deux ou trois sens littéraux distincts.

a) Ps. II, 7. "15. — a) Dominus dixit ad me: Filius meus es tu, ego

hodie genui te (Ps. ii, 7). Or, saint Paul, qui cite trois fois ce texte, l'entend d'abord de la génération éternelle du Christ (Hebr., i, 5); puis de son sacerdoce {ibid», v, 5); enfin, de sa

b) h., un, 4. résurrection {A ct.,xiu, 33). — b) Vet^e languoi^es nostros ipse

tulit et dolores nostros ipse portavit (Is., lui, 4)» Or, saint Pierre et saint Matthieu, qui argumentent l'un et l'autre de ces paroles, les expliquent différemment, celui-ci des infirmités physiques de l'homme (Alaft., viii, 17), celui-là des infirmités morales, spécialement du péché (/ Pet., 11, ^4). — c) Geiiera-

c) As., 1.111, 8. tionem ejus quis enarrabit {Is., lui, 8). Or, les Pères interprè-

tent ce passage les uns de la génération éternelle du Messie, les autres de sa génération temporelle, plusieurs des deux générations à la fois.

Réponses. 16. — Ou trouvcra dans les commentateurs (2) le véritable

sens de ces textes ; ce n'est point ici le lieu de descendre dans les détails. Qu'il nous suffise de faire observer i) qu'un passage de l'Ecriture, pour avoir été interprété de diverses manières, — môme par les P èr es, — 'est point censé de ce chef renfermer réellement plusieurs sens littérax; — 2) que la lettre

(i) Tel n'est cependant pas l'avis de Zapletal, op. cit., p. 25.

(3) Voir surtout Palrizi, op. cit., i>p. iO-r>i ; Comment, in AcI., xm, X\ \ Knabenbaucr, Comm. m /s., lui; Corncly, Comment . in Matl .,viu, 17; Eslius, Comment . in Uebr., 1, b ; v, 5 ; /// / Pet., n, 24.

Page 1