‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 176 sur 251 · RAISON D'ÊTRE ET NATURE DU TYPE BIBLIQUE · texte numérisé non relu

RAISON D'ÊTRE ET NATURE DU TYPE BIBLIQUE

1^ Raison d'être 3 — j\ Les tijpes blbliqiies, comme tels, ont exclusivement

et origine des types / ./r 1 7 ' ^

ij'*>'''iucs. leur raison d'être dans la volonté libre de Dieu. C'est Dieu qui

les crée ou les choisit, qui les marque et les dispose en vue d'un objet à annoncer, à préfig-urer. A lui seul appartient ce droit, parce que lui seul gouverne le monde, et tient dans ses mains les fils de l'histoire (i).

Le dessein de Dieu jj ^ Jouc décrété, cu décidant la rédemption qui est la fin

dans le choix ou la ' lu

création des types dernière dc toutes ses œuvres terrestres, que tels événements,

scripluraires. ' i

telles personnalités plus en vue, prépareraient ce grand ouvrage, et en laisseraient percer d'avance quelques mystérieux détails. Aussi saint Paul appelle-t-il l'Ancien Testament, — personnes, choses, institutions, etc., — taù. tôv ]).zXkà'mùv{Coloss., II, 17). De fait, il en est de l'organisme de notre salut en préparation, comme de Torganisme de la création extérieure, — de l'organisme des plantes, par exemple, dans lequel les degrés inférieurs préparent ceux qui les suivent immédiatement. Supposé donc que l'on envisage leProtévangile (6r^^/2.,iv,i5)comme une semence, le Messie et son royaume comme une floraison, ou un fruit mûr, il y aura entre ces deux termes une série de multiples développements, se tenant organiquement l'un à l'autre, se produisant progressivement, les uns plus tôt et avec moins de précision, les autres plus tard et avec plus de netteté, jusqu'au terme final, qui est le Christ et son Eglise. Quiconque étudie de ce point de vue l'Ancien Testament, comprendra sans peine que des personnages marquants, tels que Melchisédech, Moïse, David, Salomon, Jérémie, etc., aient été dans le plan de Dieu les figures ou les types de Jésus-Christ.

Remarque. 4. — Il nc s'cusuit pas que tout personnage, tout fait, qui

peut être cité en exemple dans l'Ecriture, devienne pour cela un type. De ce que saint Paul se propose lui-même, ou propose les Thessaloniciens comme modèles (2), on aurait tort de conclure que l'Apôtre et les Thessaloniciens soient des types ^ au sens théologique du mot. — Pareillement quand Jésus, après avoir lavé les pieds de ses disciples, leur dit : Exemplum dedi vobls ut quemadmodum ego feci^ita et vos faciatis [Joan., xiii, i5), il n'entendit point se donner comme un type moral, mais uniquement comme un modèle d'humilité et de condescendance.

du *tj"p? bibMque!^^ 5. — 2) La ïiature ou l'essence du type biblique est d'être

(i) Cf. s, Thomas, Quodlib., vn, art., 16.

(2) Cf. Philipp., m, 17; / Thessal.y i, 6; // Thessal,, iti, 7, 9.

tout ensemble la réalisation initiale crune pensée, et la préparation d'une œuvre divine.

En effet, le type réalise déjà une œuvre de Dieu, en ce sens qu'il en marque le point initial, le premier progrès dans l'histoire; il la prépare aussi, parce qu'il en annonce et assure le plein épanouissement final. Un exemple nous aidera à comprendre cette doctrine.

E;eini.ie. Daus Ics couscils de sa providence. Dieu forma le dessein

d'établir son Eglise sur la terre. Il eut donc tout d'abord en son intelligence Xidée^ elcoç, de ce grand œuvre. Cet idéal s'appelle archétype^ àpyhuizov.

■^yp*^- Or, Dieu aurait pu réaliser son dessein tout d'un coup,

mais il préféra ménager à son œuvre des commencements insensibles, des développements gradués à travers l'histoire. Jérusalem, capitale de la Palestine, fut choisie pour être Vi7nage, zùizoqy et l'ombre, az'.à, de l'Eglise future. Cette ville servit donc de type; elle était un commencement de réalisation de la pensée de Dieu, et [une préparation de son œuvre.

Aniiiype. Eufiu, la plénitude des âges arriva (i); l'Eglise fut fondée.

Cette Eglise du Christ est Vantltype, àvT'T'jTuoç (2), ou l'épanouissement final de l'œuvre, que Dieu avait ébauchée au cours des siècles, et conçue de toute éternité.

Archétype.

Corollaires

6. — Il suit de là a) que le type, dans l'histoire, tient le milieu entre l'archétype et l'antitype. Aussi bien le type ne subsiste-t-il, comme tel, qu'autant que l'antitype, dont il est la 2) fig"ure, n'est point réalisé. — Il s'ensuit encore b) que le type

est de soi inférieur en dignité à l'antitype. Adam, Melchisédech, David, Salomon furent inférieurs en dignité à Jésus- Christ, dont ils étaient comme les empreintes partielles, l'imparfaite image.

3)1-6 lype et r^ — 3^ ]^ gg typcs HC doiveut poiut être confondus avec les

symboles, aijxSoXa. Ces derniers sont, comme les types, assez nombreux dans l'Ecriture.

'^'dtTn.bo'îeï'*' ^^^ P^"*- ^^^ ramener à quatre classes.

a) Les symboles de souvenir, Q\i]xBokct. [jLVYî[j.6!;uva, — qui rappelaient des choses passées (3).

(i) P^plirs., X, 10.

(2) Le mol est employé ])ar sninl Pierre dans / /V/., m, îîi.

{'.<,) Tar exemple l'immolalioii annuelle, par les Juifs, de l'agneau pascal, en souvenir de la délivrance d'Egypte. Cf. Laod., xu, i^, k>, coll. aC, 27.

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