LE TYF^E ET LE SYMBOLE DANS LA BIBLE
b) Les symboles de persuasion, cùiiScXol Treiôava, — qui confirmaient la vérité d'une parole dite, ou sanctionnaient une promesse donnée (r).
c) Les symboles de substitution, qùixSoXoi. [j.£TajTar//.a, — qui tenaient lieu de choses ou de personnes absentes (2).
d) Les symboles de démonstration, a6[j.5oXa l€iivm, — qui exprimaient par un fait Taccomplissement d'un autre fait (3).
Différence entre le g. — Qr, il v a toujours unc différence essentielle entre le
type et le symbole. ^ J -y ^
type et le symbole. Celui-ci n'a sa raison d'être que pour représenter, sous une forme saisissante ou plus tangible, soit un fait, une chose d'ordre moral, soit une personne, etc. Les symboles ne sont donc que des similitudines imaginariœ ad hoc solum ostensœ, ut illœ personœ (res aut facta) signijîcarentur (4). Au contraire, la réalité qui est type, avant d'être a/,',à Twv |X£X"X6vTo)v, a par soi déjà une raison suffisante d'exister, et elle appartiendrait à l'histoire, lors même que Dieu ne l'aurait pas revêtue d'une sig-nifîcation mystique.
Exemples. Exemples. Jérémie porte des chaînes à son cou, et il en
envoie aux rois voisins {Jér,, xxvn, i-3). Cette action, comme telle, était symbolique^ et n*eut évidemment pour raison d'être que sa mystérieuse signification du moment. De même, tout ce que fit Ézechiel sur l'ordre du Seigneur {Ezech., iv, 1-17; xii, 3 ; etc.) était symbolique^ et ne s'expliquait q'ue par l'effet qu'en attendait le prophète (5). Au contraire, Melchisédech, David, Salomon, types du Messie futur, eurent leur rôle dans l'histoire, en dehors de la mission surnaturelle qu'ils remplirent comme fig-ures du Messie. Pareillement, l'immolation de l'agneau pascal en Egypte (6) fut un de ces faits, dont la réalité matérielle était indépendante de la signification mystique, que Dieu avait voulu dès ce jour y attacher (7).
(i) Cf. Gènes , xv, 8 coll. 9-12. 17 ; /// iîe.9., vin, 10, 11.
(2) Cf. Gene^., m, i4, i5;Matt., xxi, 19.
(3) Les sacrifices mosaïques pour la rémission des peines légales, par exemple, étaient dés symboles de démonstration. Voir aussi Ezech., xii, 3, ss. ^
(4) Saint Tiiomas, Quodlib., vu, art. i5, ad i.
(b) Comparez Isaïe, xx, 2, 4; Jérémie, xiu, i, 9; xix, i, 11; etc.
(6) Cf. Exod., XII, 6, i3, coll. Joan., xix, 36. Il n'en va pas absolument de même de l'immolation rituelle de l'agneau, que les Juifs devaient faire plus tard chaque année. Celle-ci, essentiellement symbolique et commémorative, fut ordonnée e« vue du souvenir qu'elle rappelait. Voir Danko, Comm. des. Scripl,., p. 266.
(7) Philosophiquement cette ratio viystica ou Lypica appartient à la catégorie de qualité (accidens qualitalis). Le type, coymne lel, est donc une /'eV(/i7e d'ordre surnaLurel, et non pas un être logique ou de raison, une considération de l'esprit, un jeu de l'imagination. Dieu surajouta cptte entité mystique aux personnes, aux choses, etc.
Division des types Q — A\ Lgg tvpes scripturaircs considérés par rapport à
en raison de leur ^/ J r I lit
o'^j«t- leur oôjet, ou a?itUf/pe, se partagent en trois groupes : les
types prophétiques^ les types tropologùjues ou moraux, les types analogiques.
Types \Q — Les types prophétiques, — qu'on appelle aussi allé-
prophétiques : J ï: L i J ' i ii
goriques (i), — se réfèrent principalement à Jésus-Christ et à son Église. C'est (( Jésus-Christ, dit Pascal, que les deux Testaments regardent : l'Ancien, comme son attente; le Nouveau, comme son modèle; tous deux comme leur centre w (2). Aussi bien les types prophétiques sont-ils nombreux sous la première alliance.
a) personnes; Ce sout dcs personuttges : Adam (cf. Rom., v, il\y I Cor,,
XV, 45, 47); Noé (cf. / Pet., III, 20, 21); Melchisédech (cf. lleb., vil, I, 10); Agar et Ismaël, Sara et Isaac (cf. Gai., iv, 22,24, 28); Moïse (cf. Deut., xviii, i5 coll. Jean., 1, 45); David, Salomon (cf. Jerem., ix, 6; Is., xxx, 8, 9); Jonas (cf. Mtt., xii, 29; XVI, 4? Luc., XI, 3o, 82); etc. b) choses; Ce sont des choses : l'arche de Noé (cf. / Pet., m, 20, 21);
la manne (cf. Joan., vi, 3o); le serpent d'airain (cf. Joan., m, i4, i5; XII, 32); le rocher que frappa Moïse dans le désert (cf. Exod., XVII, 6 coll. / Cor., x, 3, 4); Sion et Jérusalem (cf. Heb., XII, 22); etc.
c) actes; Ce sout dcs actcs : l'immolation d'Isaac et le sacrifice de
l'agneau pascal (cf. Rom., ix, 7; Joan., xix, 36) ; etc.
cl) événements. Cc sout dcs événements : la disgrâce d'Agar et d'Ismaël (cf.
Gai., IV, 22, 3i); le passage de la mer Rouge (cf. / Cor., x, 1,2); etc.
Le type prophéti- H . — Inutilc d'observcr que le type prophétique est par soi
que distinct de la . ^ . , ^
prophétie. distinct de la prophétie proprement dile. Le type, en effet, est
toujours matériellement une réalité, — personne, événement, action, — tandis que ]di prophétie n'est qunne p?'oposition logique, dont les termes annoncent un fait à venir.] — Exemples. Ecce virgo concipiet et pariet filium (3); voilà une prophétie,
(1) Nous prenons ici le mot allégorique ÛRns son sens théoloc;ique et non dans son sens littéraire. «In usu Iki'ologico, remarque Ubaldi (Jntrod. in sac. Script., t. ni, p. 23, not., éd. 2), allep^ora non est pruicise verborum sensus sed rerum. Rursus autem id accipitur tribus modis : alitpiando in sensu slricliore, i)ro specie illu scasus myslici qui ad Christum rcfertur ; aliquando in sensu laliorc, pro <luolibel sensu mystico ; aliquando deniquc in sensu lalissimo, pro omni sensu (jui ex rébus in sacra Scriplura rclalis quomodocuin([tu' erui potcst, etiam prœter mentem auctoris, seu per meram accommodationem : quo sensu vocari solet inlerprelatio allegorica melhodus illa Soripluras exponcndi, cui Origenes, ejusquc asseclii^ potisslmum indulgebant ».
(n) Pensées, p. 272, éd. lluvet.
(3) Is., vu, 14.