‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 178 sur 251 · DIVISION DES TYPES EN RAISON DE LEUR OBJET · texte numérisé non relu

DIVISION DES TYPES EN RAISON DE LEUR OBJET

Types tropoiogiqnes.

Types anagogiques.

laquelle est toute verbale^ et consiste dans une phrase. — Abraham renvoie Agar et Isinaël (i); voilà une action iypicoprophétique., qui consiste dans un fait réel, auquel Dieu attacha une signification mystique d'ordre surnaturel.

12. — Les types tropoiogiqnes (xpéxo'., mores), ou moraux^ se rapportent aux choses de la vie morale. — Les Pères en mentionnent un certain nombre dans l'Écriture ; ils ont raison, car l'Ancien Testament fut dans son économie générale l'ombre et la préparation du Nouveau. Toutefois les écrivains sacrés n'en relèvent expressément que deux.

a) Jéhovah avait ordonné de recueillir la manne avant le lever du soleil (cf. Exod.^xNi^ 21), afin que les Hébreux comprissent par là, qu'ils devaient adorer et remercier le Seigneur dès l'aurore (cf. Sap.^ xvi, 28). — b) De même, les égarements d'Israël au désert, et les châtiments qui en furent la suite (cf. Num., xiv, 22, 28; xxvi, 65), étaient d'après saint Paul(/ Cor., x, 5-1 1) autant de figures et de leçons pour les Chrétiens (2).

13. — Les types anagogiques (àva aYw, sursum fero) ont pour objet les choses de l'autre vie. — La Bible nous en révèle quelques-uns très saisissants. D'après saint Jean, la Jérusalem de Palestine était l'image de la cité céleste, du paradis (cf. Apoc.., XXI, 2). D'après la Sagesse, ix, 9, et saint Paul {Heb,, IX, x), le temple de Salomon, l'ancien tabernacle, et les rites mosaïques n'étaient que les {)T:QZd-^^.(r:% xalaxtà twv eTioupaviwv {Heb., viii, 5).

Remarque.

14. — Remarquons qu'une seule et même personne, une seule et même chose, peuvent être à la fois type prophétique, type tropologique, type anagogique. On cite à bon droit, comme exemple, Jérusalem. Cette ville fut certainement un des types prophétiques de l'Église, mais dans la Bible elle est aussi, au sens moral, l'image de l'âme fidèle, où Dieu aime à fixer sa demeure, et, au sens anagogique, l'image du ciel, la patrie des vrais enfants de Dieu.

(i) Gen , XXI, 14.

(2) Des exégètes se refusent à croire que saint Paul entende ici nous proposer un iyfie tropolog-ique (cf. Ubaldi, op. cil., t. m, pp. G2-G3). Nous n'admettons point cette manière do vou- (cf. Cornely, Comment, in ICor., pp. 277, seq.).

LEÇON SIXIÈME De l'existence des types dans les saintes Écritures.

Anlifiguristcs et fleuristes. — Existence des types dans la Bible. — Témoignaf^es des auteurs du N. T. : témoignages des Pères; térnoiqnaj^es de la synagoi^ue ; témoii^nai^es delà liturgie de l'Eglise. — Fausseté de l'allégorisme; preuves. — Absence de types proprement dits dans le N. T. — Objections et réponses. — Règles générales pour discerner les types dans l'Ancien Testament.

Klat de l;i question.

Les anliliKuristes.

Les fiofuristes.

1. — Sur cette question, nous rencontrons deux sortes de contradicteurs. Les uns ne veulent voir de types nulle part dans la Bible ; les autres s'imaginent en rencontrer partout.

C'est à partir de la Réforme que la tjpolog-ic scripturaire a été contestée. Luther passe pour avoir le premier rejeté les types allégorico-prophétiques ; nombre de protestants l'ont suivi dans cette voie (i).

Inutile d'ajouter que les rationalistes modernes nient tous l'existence des types.

Quant aux catholiques, il n'est personne parmi eux qui n'admette en principe la typologie biblique (2) ; mais plusieurs ne s'expriment pas assez clairement sur la question (3), ou restreignent à un trop petit nombre les passages, dans lesquels les types se rencontrent (4).

2. — Une autre erreur consiste à découvrir des types partout dans la Bible. Plusieurs protestants, par réaction contre les tendances rationalistes de leurs coreligionnaires, soutinrent cette opinion au xvii^ siècle. On cite surtout Jean Cox (Gocceius), qui réussit à faire adopter à quelques disciples ses théories allégoristes.

Nous devons mentionner encore deux théologiens jansénistes français du xvni^ siècle, d'Asfeld et Duguet, qui défendirent vivement la thèse de ralléerorismc universel dans la

(i) 11 y a cependant d'illustres exceptions. Mentionnons, entre autres, Grotius, Glassius, Michaëlis parmi les anciens, et parmi les modernes Ilengstenberg, Delilzsch, etc., tiui défendent la tvpologie scripturaire.

(2) Celle doctrine, en effet, est regardée par les théologiens comme fdei /n-n.rimn.

(3) Jalin, par exemple, dans son Knrhividion Iternienculica^ (/rtirnilis, ^ i.'», j). /lO.

(/j) Ainsi (luelqiies-uns ne veulent admcUre de Ivpos que là oîxles écrivains du Nouveau Teslamcnl eu indKpient expressément. Voir Léonard, Réfulàtiun des règles pour ViuteUiqenee de l'Ecriture dajDt's la duel ri ne des Pères.

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