‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 183 sur 251 · TÉMOIGNAGES DE LA SYNAGOGUE EN FAVEUR DE LA TYPOLOGIE · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES DE LA SYNAGOGUE EN FAVEUR DE LA TYPOLOGIE

(énioignages con temporainsde J. C.

témoignages postérieurs à J.-C.

Conclusion,

b) A l'époque de Jésus-Christ, la foi de la sjnag-ogue aux types scripturaires n'avait point varié.

Saint Matthieu, saint Jean, saint Pierre, saint Paul surtout, — sans parler des écrivains juifs profanes, tels que Philon et Josèphe (i), — nous en fournissent la preuve (2). Il y a plus; le Sauveur lui-même confirma plus d'une fois ces croyances par son enseignement. Qu'on lise saint .Matthieu, xxr, 42-45. La leçon donnée ici par Jésus aux Pharisiens, d'après le Ps. cxvii, 22, n'est intelligible qu'à la condition de supposer que les auditeurs du Christ étaient très versés dans la connaissance de la typologie de l'Ancien Testament. De fait, personne ne s'y trompa; tous comprirent immédiatement que David, rejeté autrefois par Israël, était la figure du Messie méconnu à l'heure présente par la synagogue (3).

c) Après Jésus-Christ, les mêmes traditions juives se conservèrent pendant longtemps. Le Talmud renferme un grand nombre d'interprétations mystiques du texte sacré. Nous y lisons, en particulier, que « le tabernacle mosaïque et le mobilier du Saint des Saints étaient l'image de réalités plus hautes et plus divines » (4). Les rabbins de la Cabale tombèrent même dans l'exagération à cet égard. Ils sont allés, pour trouver de nouveaux sens, jusqu'à compter les lettres et à permuter les synonymes, comme si de pareilles violences faites au texte pouvaient autoriser les conclusions exégétiques qu'ils en déduisaient.

Ce qui ressort de là, c'est la conviction où étaient les Juifs que « les récits de la Loi, — ainsi que s'exprime fauteur du Zohar, — sont le vêtement de la Loi » (5). Donc, la haine du christianisme, et la nécessité de se soustraire à l'aro-umentation victorieuse des exégètes chrétiens, ont seules poussé les rabbins modernes à abandonner, sur ce point, les traditions de leurs pères. Ils f avouent, du reste, sans détour : « Doctores nostri, dit Salomon Jarchi, exposuerunt sensum (psalmi 2^) de Rege Messia... Ad respondendum haereticis (Christianis) convenit illum interpretari de ipso Davide ». — On ne peut nier que la typologie biblique n'ait été admise par la synagogue.

(1) Cf. Gilly, op. cit., t. ii, pp. 44-45; Zapletal, Henneneutica, p. 4o,

(2) Cf. Mafl., 1, 22; II, i5, 17, 23; Joan , xix, 36; liom., v, i4; Gai., iv, 22, 3i ; Hef»^ i 5- X, I ; etc. ' •» > »

(3) Saint Pierre le rappelait aux Juifs plus tard. Cf. Aci.^ iv, 11 . — Voir Berthoidt, Chrisloloqia Judsp.or. Jesu Aposfo/onimque œlafe, pp. i3-28. . * ^

(4) Traité Beracliot, chap. v. — Cf. Hebr., ix, i. 10.

(5) Cf. De Voisin, Observ . in proœm. pugionis fidei, dans Raym. Martin, pp. laS, seq.

4) Témoignages de 9 — A) La Hturole cls VÉfilUe.

la liturgie. v-' -+y J ^ J

Dans sa liturgie, l'Eglise autorise absolument la typologie scripturaire telle que nous l'entendons. Ses prières, ses cérémonies, ses rites, sont remplis d'allusions aux types de TAncien Testament. Il y est rappelé, entre autres choses, que Tagneau pascal fut l'ombre mystique de Jésus-Christ ; que Judith et Esther furent les figures de Marie; etc. Saint Thomas ne fait donc que résumer la pensée de l'Eglise, lorsqu'il chante de l'Eucharistie :

In figuris prœsignatur Dum Isaac immolatur, Agnus Paschae deputatur, Datur manna patribus (i).

Conclusion. Coucluons. Il cst absolumcut certain que des types prophé-

tiques, anagogiques, tropolog-iques, existent dans la Bible (2).

Thèse générale IQ. VoULOIR, COMME LES FIGURISTES, DECOUVRIR DES

contre le figurisrne. ' , .

TYPES PARTOUT DANS L EcRlTURE, C EST l) ALLER CONTRE LE

SENTIMENT COMMUN DES PÈRES, ET 2) SE CONDAMNER A DES IN- TERPRETATIONS RIDICULES DU TEXTE SACRÉ.

i)Lefigurismeest \\. — i) Zc figurisïTie est uïie doctrine opposée au senti-

opposé au sentiment i r^\ r\ ' \ ii»A .»

des Pères. ment commun des Peines. Origene sans doute s est montre,

pratiquement du moins, partisan de l'allégorisme, mais en cela le fameux Alexandrin ne fait point autorité. Aussi les Pères des siècles postérieurs ont-ils jug-é sévèrement son exégèse et sa méthode. Saint Jérôme entre autres a pour lui des paroles très dures ; il l'appelle allegoricus semper interpres qui historiée veritatem fuf/it; il ajoute qu'il délire, et qu'il rêve (3). Et ailleurs, livrant toute sa pensée par rapport au figurisme, saint Jérôme dit : « Oui ex parte typi fuerunt Domini Salvatoris, non omnia quœ fecisse narrantur , in typo ejus fecisse credendi sunt » (4).

En général, la tradition dans les deux Eglises, latine et grecque, a toujours été de cet avis (5). Ecoutons Tertullien : « Non om,nia imagiîies, dit-il, sed et veritates, 7ion omnia

fi) Offu'Jnm Corporis Cliris/i.

(v.) Cï. Mgr iMeiî^aan, De [économie, f/r.f /j/pes dans VAnc. 7V,s/., dans Les proph. mcxsinn. drs deii.r premiers livres des liois. lotrod. pp. i.i-lxxv; Vigouroux, le Nouveau Teslamenl et les découv. 7nod.,\>\i 355-304, 3(j3-4o8. ,. . ,

i3) In Jerem., lib. v, cap. xxvii, 3, 9, et xxix, ll^. — Voir l'auteur du Traité du sens hteral, etc., pp. 117-122.

(/j) In Os., cap. X, a.

(.')) Cf. l'auteur du Traite du sens liltéral, cLc, pp. 113-17/4.

ABSURDITÉ DU Fir.URISMP] /q\

xtmbrœ sed et corpora » (i). De son côté, saint Jean Chrysostome qualifie sans hésiter de manœuvres diaboliques —

•/.ay.o'jpYia toO S'.a56Xou (2) — les procédés de l'école figuriste,

2) Le figiHisme j^2. — 2) Le fiourlsme conduit à des interprétations

conduit a des con- / / «y /

séquences absurdes, ridicuhs du texte sacré. Quelle signification mystique, en effet, attachera-t-on aux puits creusés par Isaac et ses pasteurs {Gen., XXVI, i5-2 2) ; au plat de lentilles présenté par Jacob {iôid., XXV, 29-34); à la chevelure d'Absalom {Il Reg.^ xiv, 26) ; aux chameaux d'EHézer {Gen., xxiv, lo) ; au chien de Tobie {Tob., x\, 9) ; à l'embonpoint d'Eg-lon {Jud., m, 27) ; à l'infirmité du boiteux Miphiboseth (// Beg., ix, 3) ; à la g-outte d'Asa {III Reg., xv, 23); etc. (3)? L'allégorisme aboutit, on le voit, à des conséquences absurdes; — partant, la vérité se trouve entre les deux opinions extrêmes, des fleuristes, qui croient rencontrer des types à chaque page de l'Ecriture, et des antifiguristes qui n'en voient nulle part.

Ya-t-iides types 13. — Est-cc à dire au'il faille admettre des types, même

dans le Noiiv. Test.? ^ . '^ ^ . .

dans le Nouveau Testament? Les théolog-iens sont divisés sur cette question, par suite d'équivoques ou de malentendus qu'il importe de dissiper. Quelques remarques sont nécessaires. Remarques j) Pap (( Nouvcau Tcstamcut » nous entendons surtout ici

préalables. ^

Tordre de choses (or/,ovû[jL{a) établi par le Christ. Cette éœnoniie nouvelle n'a commencé qu'à la mort du Sauveur (4), et ne fut promulguée que le jour de la Pentecôte (5).

2) Le type scripturaire, tel qu'il a été défini, ne doit pas être confondu avec le symbole, ni avec \^ prophétie; nous l'avons montré plus haut (6).

3) Enfin, le type ne se rencontre pas partout où le texte sacré paraît se prêter à des interprétations spirituelles ou morales. — Cela posé, nous formulons la thèse suivante.

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