Il n'existe point de types proprement dits, sur
>UT DE types ALLÉGi
Nouveau Testament.
Il n'existe point
de types dans le jOUT DE TYPES ALLÉGORICO-PROPHÉTIQUES, DANS l'ÉCONOMIE DU
Nouv. Test. ^ '
(1) De resiir. carnls. cap xx. — Voir aussi saint Aug^ustin De civit. Del, xvii, 3 ; Cont. Faust., xxii, 94; saint Jérôme, In Jonam, i; etc. Comp. In Is. Co/nm., cap. v, n. 3.
(2) Cité par Gilly, op cit., t. II. p. 53.
(3) Cf. Patrizi, op. cit., n. 333, p. 198.
(4) i/eôr., IX, i5, 17.
(b) Act.,u.
(6) Voir p. 464, n. II.
Preuves: 15. — C'cst CG qui rcssoFt, cFoyoïis-nous, de la nature
même du type biblique, et des déclarations expresses des saints Pères.
i>« preuve; a) Eii effet, le type, tel que nous le comprenons, doit être in-
férieur en dignité à la chose qu'il figure; il a aussi pour objectif des réalités à venir nouvelles^ et à' ordre christologirjue . Or, l'économie présente qui est celle de la grâce, étant de même nature que l'économie future de la gloire, ne peut évidemment rien offrir qui serve de type par rapport aux choses du ciel et de l'éternité; d'autre part, le Christ étant arrivé, et son œuvre, TÉglise, étant établie sur la terre, il n'est plus besoin d'ombres et d'images pour les préfigurer. A moins donc de renoncer à la notion du type que nous avons admise, il faut reconnaître qu'il n'existe point de types véritables dans le Nouveau Testament.
2« preuve. C'cst d'aillcurs h) ce que saint Augustin enseigne formelle-
ment. « Veniente imperatore, dit-il, imagines toUuntur de medio... Imagines ergo prœferebantur, antequam veniret imperator noster Dominus Jésus Christus. Imaginibus sublatis, fulget praîsentia imperatoris » (i).
Objection. 16. — Ou objcctera peut-être (2) que, d'après les Pères et
saint Paul lui-môme, tels faits racontés dans les Evangiles^ ou qui se sont passés depuis la nouvelle alliance, renferment une signification mystique très précise. Ainsi, au dire de l'Apôtre (cf. 1 Cor., X, 16-17), le pain et le vin eucharistiques préfigurent l'union des fidèles entre eux; Marthe et Marie, selon les Pères, représentent la vie active et la vie contemplative ; la barque de Pierre agitée par les flots est l'image de l'Église persécutée; Pierre et Jean courant au tombeau de Jésus rappellent, selon saint Augustin (3), la vie de l'homme avant et après la glorification; etc.
Réponse. 17, — Qu'ou ne s'y trompe point, ce sont là des explica-
tions spirituelles du sens littéral, et non des interprétations mystiques, à proprement parler. Personne n'ignore que les Pères, dans leurs homélies et commentaires, s'ingénient à faire souvent des applications morales du texte inspiré, afin d'édifier les fidèles, et de les porter à la piété. Les écrivains
fi) Serm. lxxiv, 5.
(a) Cf. Ubaldi, op. cit., t. m, pp. loo- io5; Zaplotal, op. c//., pp. 45-46.
(3) In Joan. Iract. ii4, n. 5,7.
RÈGLES POUR DÉCOUVRIR LES TYPES DANS LA BIRLE /jyS
sacrés en agissent de même parfois ; c'est ainsi que saint Paul nous montre {Rom., vi, 3-6), dans les cérémonies du baptême qui se donnait par immersion, un mémorial de la mort et de la sépulture de Jésus-Christ (i). Ces types, qu'on croit rencontrer dans l'économie du Nouveau Testament, ne sont donc, en réalité, que des symboles, aujj-ôoXa TudOava ou otiivm.
Règles pour dé- 18. — Voici quclqucs rèffles qui aideront à découvrir les
couvrir les types ' . ^ ^
dans la Bible. tjpGS daUS 1 EcriturC.
!'• règle. i^'e REGLE. — Il existe des types dans l'Ancien Testa-
ment PARTOUT où UN ÉCRIVAIN INSPIRE LES INDIQUE, SOIT EXPLI- CITEMENT, SOIT IMPLICITEMENT.
Exemples. Saint Paul appelle formellement allégorie Thistoire d'Ag-ar et dTsmaël {Gai., iv, 24); nul doute que le fait raconté dans Genèse, xxi, 9, seq., ne soit un type prophétique (2). — L'Apôtre applique à Jésus {Hebr., i, 5) des paroles qui furent dites de Salomon au sens littéral (// Reg., vil, i4); c'est une preuve que Salomon était dans la pensée de Dieu le type du Messie. — Parfois encore les évang-élistes produisent des passages de l'Ancien Testament, en les faisant précéder de la formule: tune adlmpletum est ; ut impleretur, iW TrXvjpwÔY^ (3); c'est ordinairement pour laisser entendre que les propositions citées par eux ont pour objectif principal un antitype, dans lequel elles se réalisent typiquement (4).
2« règle. 19. — 2e REGLE. — Il existe des types DANS l'Ancien
Testament partout où les Pères, a l'unanimité, s'accordent A NOUS LES indiquer.
Dans ce cas, les Pères doivent être considérés comme les organes de la tradition divine; c'est donc l'Esprit-Saint qui parle par leur bouche, quand ils signalent un passage de la Rible renfermant un sens typique.
3« règle. 20. — 3' REGLE. — L'alliance ancienne étant dans son en-
semble la figure de la nouvelle, on est autorisé a regarder comme des types certains personnages, ou certaines choses, qui ont une analogie véritable avec des personnages, ou des
RÉALITÉS de l'économie CHRÉTIENNE, SURTOUT SI LES PÈRES SONT
(1) Cf. Saint Thomas, Comment, in Bom., vi, 3, 6. (3) Comparez Coloss., 11, 17; Hebr , vin, 5; ix, 9.
(3) Cf. Matt., II. i5; Jocm , xix, 36.
(4) Cf. Wahl, Clavis philolog . , p. 407.
GÉNÉRALEMENT FAVORABLES, OU QUE LES CHOSES DONT IL s'aGIT FORMENT UME ESPÈCE DONT LE GENRE EST TYPE.
Exemple. David a été la fii,'^ure de Jésiis-Christ. Or, un jour, le saint roi, suivi de son peuple en larmes, s'enfuit de Jérusalem, traversa le Cédron, et gag-na la montag-ne des Oliviers, afin de se soustraire à la conjuration d'Absalom, son fils (cf. // Rois^ xv). Pourquoi ne verrait-on pas dans cet événement une prophétie mystique, — en action, — de ce qui devait se passer bien des siècles plus tard, lorsque le nouveau David, Jésus- Christ, trahi par les siens, passa le môme torrent de Cédron, sous les cris de haine et de fureur de ses ennemis (cf. Matt., XXVI, 36-56; Joan., xviii, 1-12)? Les Pères admettent ce rapprochement mystique, et saint Matthieu semble l'autoriser, puisqu'il ajoute au récit de l'arrestation du Sauveur ces ' paroles significatives • Hoc autem totum factum est, ut ad-
iinpJerentur Scripturœ prophetaî'um.
LEÇON SEPTIEME
Le sens typique des Écritures. — Sa nature. — Sa différence d'avec le sens
conséquent et le sens accommodatice.
Différents noms et définition du sens typique. — Subdivisions du sens typique. — Différence entre la prophétie littérale et la prophétie typique. — Valeur théologique du sens typique. — Différence du sens typique d'avec le sens conséquent. — Définition et caractère du sens conséquent. — Le sens accommodatice; sa nature, ses variétés. — Usage permis du sens accommodatice. — Principes qui en règlent l'emploi.
Étymologie du mot typique.
1 . — Le sens typique est ainsi désigné, parce qu'il a pour fondement les types dont nous avons parlé dans les leçons précédentes.
Autres noms du sens Toutcfols il DOrtC d'autrCS nomS.
typique. ■•■ . ,
On l'appelle très souvent i) sens ynystique^ parce qu il est caché sous les réalités qu'exprime la lettre (i); — 2) sens médiat^ parce qu'il ne découle pas immédiatement des paroles du texte; — 3) sens spirituel^ Tuveup^aiabç, par opposition au sens corporel^ a(i)[j.aT'.y,cç, ou littéral (2) ; — 4) sens y.aià tyjv Siavotav, xaià tov vojv, xaià ty]v àvaYwyYjv, -/.aià tyjv 6£top(av, etc.
A tout bien considérer, le sens biblique dont nous parlons ici doit être appelé sens typique^ plutôt que sens mystique ou spirituel. Ces deux dénominations, la dernière notamment, semblent mieux convenir aux applications morales que les Pères font du texte inspiré.
Définition du sens 2. — Le scus tjpiquc sc définit; Un sens ouï découle immétyp'que. DiATEMENT DES CHOSES Signifiées par les mots^ les phrases,
conformément à la volonté de r Esprit-Saint.
Corollaires expii- 3. — Il suit clc là i) quc Ic SCUS Ijpiquc cst uou moius
catifs de cette défi- t • • • • > i j'j , r r \ ?'i
nition. divm, HOU moHis inspirc, que le sens littéral; — 2) qu il se
distingue néanmoins de ce dernier, lequel repose sur les mots ; — ?>) qu'il pourrait être appelé avec raison sens réel, parce
(0 MuaT'.xôç, cachés de txuGTïiptov, mystère. (2) Voir plus haut p. 455, not. 3.
qu'il a pour fondement les choses, ou réalités (res), signifiées par la lettre du texte (i).
Trois subdivisions du sens typique.
Exemples
4. — Le sens typique se subdivise en sons allégorique, tropologigue, anagogirjue, selon que XantiUjpe appartient à Tordre christolog-ique, à Tordre moral, ou à l'économie de la vie future.
Exemples. Sens typico-allég-orique : Ex JEgypto vocavi filium meum {Osée., xi, i coll. Matt., ii, i5); Nec os illlus confringeiis {ExocL, xii, 46 coll. /or/?2., xix, 36). — Sens typico-tropologique : Expurgate vêtus fer mentum, ut sitis
nova conspersio, sicut estis azymi Itaque epulemur . . . .
in azymis sinceritatis et veritatis (/ Cor., v, 7, 8 coll. Exod., XII, 18-20). — Sens typico-anagogique: Qui redempti sunt a Domino.... veulent in Sion laudantes, et laetitia sempiterna super capita eoî'um; gaudium et lœtitiam tenebunt, fugiet dolor et gemitus {Js., li, i i coll. Apoc., xxi, 4) (2).
Autre subdivision.
Exemples
5. — De plus, le sens typique peut être propre ou métaphorique, — suivant que la phrase dans laquelle il se rencontre a préalablement, et par elle-même, un sens littéral propre
ou figuré.
Exemples. Sens typique propre : Ego ero ei i7i patrem, et ipse erit mihi in filium {Il Reg., vu, i4 coll. Heb., i, 5). — Sens typique figuré : Lapidem quem reprobaverunt œdi fixantes, hic factus est in caput anguli {Ps., cxvii, 22 coll. Matt., xxi, 42).