PRINCIPES GÉNÉRAUX OU LOIS RATIONNELLES (1' D'HERMÉNEUTIQUE SACRÉE
LEÇON PREMIÈRE
L' «Usus loqiiendi » des écrivains sacrés. — Les métaphores dans la Bible. — Leur caractère et leur interprétation.
L' « l'siis loqiiendi ». — Grand nombre des métaphores dans la Bible. — Caractère des métaphores biblùiiies : exubérance, hardiesse, éner^^ie, élrana;eté, originalité. — Quatre règles pratiques pour l'interprétation des métaphores de l'Écriture.
Définition de 1 . — Oh cntend par 1' « Usus loquendi » la manière de
s exprimer qii emploie ordinairement (d\. a peu près uni/orménient tel auteur, tel écrivain.
Cette manière ordinaire de parler et d'écrire est, sans doute, conforme toujours au génie et à la grammaire de Tidiome employé. Mais elle est de plus conforme au caractère personnel, au génie individuel de celui qui écrit, ou qui parle.
(i) Nous entendons par « lois raliofinelles » les règles générales d'interprétation que la saine raison suiigèro. Ces règles envisagent nos saints livres u!iit[uement par leur côté humain. L'homme «|uc Dioj a chargé de la rédaction de son varbuni scriplu/n, a employé un idiome déterminé, et il s'est servi de cet idiome conformément aux rè^'les ordinaires du langage: d'ailleurs, l'auteur sacré a conservé sous l'inspiration le libre jeu de ses puissances, de même ((u'il a subi nécessairement, au moins dans une certaine mesure, l'i-ithience du milieu où il a vécu. C'est dire t[ue la lettre de la nil)Ic iloit être étudiée à la triple lumière de la philolou,!-;, de l'histoire et de la psychologie. Les lois rationnelles de riierméneutiiiue bibliciue prennent donc ces trois sciences pour base. — Nous savons ce «pi'esl l'histoire ; j)lus loin (cf. p. 602), nous dirons ce (ju'il faut entendre (>ar la psychologie; ([uanl à la philologie (91X0; et Xo'yo;) nous la définissons l'histoire des langues en tant qu'elles sont rinslruiMciit de la littérature. Son but est de nous a(q)rendre non seulement les règles de syntaxe propres à telle langue, mais encore les particularités que celte langue présente, et les modifications i|u'elle a subies an cours des siècles. — Léon XllI (ilans son admirable Encvclique Provi- (Icntissinuts Di'us), lecoinmande à l'exégète catholique l'étuilo des lois rationnelles d'interprétation : « Primum consilium est, dit-il, ut probata coiiununiter interpretandi pr;rscripta lanlo experrectiore t)bservfntur cura, (pianto morosior ab adversariis urget contenlio. Propterea cum studio perpendendi (|uid ipsa verba valeant {usas lo>/uendi), quid coasecntio rerum velit {conte.vtus), qiiid locorum similitudo {parallelisDtus textuum], aut lalia ca-tera, exterua quo«pie op|>osila* eruditionis illustratio socielur » (p. aa). ♦^" voit tjue Léon XlIl ne tient point en absolu mépris les travaux des hétérodoxes ; il conseille plutôt de s'en servir, ù la condition toutefois qu'on ne s'attarde pas outre mcsurt' dans l'étude de ces sortes d'écrits : « Caute tamen, ne isliusmodi qua^slionibus plus lemporis tribuatur cl opéra' quain pernoscendis divinis libris, neve corrogala multiplex rerum cogailio menlibns juvenum plus incommodi atYerat quam adjumenti »» [ibid.t p. aa).