TEMOIGNAGES DIVINO-BIBLIQUES SUR L'INSPIRATION
locuti su?it)), c); des termes mômes employés par le prince des apôtres; car il nomme expressément la volonté^ non voluntate hurnana^ où OsX'/j^JLan àvÔp(i)7tou (i).
2) Que les auteurs sacrés aient reçu de Dieu, outre la motion de l'argument. qQ^ détermina leur volonté, une illumination surnaturelle qui éclaira leur intellig-ence, c'est ce que saint Pierre insinue aussi lorsqu'il dit : Spiritu Sancto inspirati locuti sunt. Donc, ce qu'ils écrivaient, les auteurs bibliques ne l'écrivaient que par la vertu de l'Esprit-Saint; conséquemment, c'est Dieu qui pensait en eux et par eux; leur intelligence, leur imagination, leur mémoire, étaient à son service; il les illuminait en les faisant agir. Voilà bien l'inspiration telle que nous l'avons définie.
3» argument, pris
11. — - Il est une dernière preuve en faveur de l'inspiration du Nouv. Test. ^6 l'Ancicn Testament. Malg-ré qu'elle soit indirecte, et qu'elle appelle plus d'une réserve (2), elle a une très grande valeur.
On peut la résumer ainsi : Par les citations qu'ils font des textes de l'Ancien Testament, et par I'autorité qu'ils leur reconnaissent, par I'approbation tacite ou formelle qu'ils donnent au Canon des Juifs, le Sauveur et les apôtres proclament que l'Ancien Testament, en général^ est divin et inspiré.
a) Les citations 12. — i) Lcs CITATIONS. — Ellcs sout uombreuscs, et cm-
failes parJ.-C, et ...
les apôtres. pruiitécs indistinctement à tous les livres de l'ancienne alliance
(sauf aux livres des Juges, de VEcclésiaste, d'Esther, d'Esdras, de Néhémie^ d'Abdias, de Nahum, et au Cantique)', ce qui montre que Jésus-Christ et ses apôtres leur reconnaissaient à tous une égale autorité divine. — Notons bien, du reste, que ces citations sont introduites par la formule consacrée ; Scriptum est, Scriptura dicit, ut Scriptura adimple^ retur, impletœ sunt Scripturœ, etc. Cela prouve que le citateur regardait les textes allégués comme paroles de Dieu. De fait, quelques-uns d'entre eux sont explicitement produits à titre de textes inspirés : « Domine... qui Spiritu Sancto per os patris nostri David... dixisti : Quare fremuerunt gentes (3)? C'était dire que l'Esprit-Saint demeure l'auteur principaldu psaume, partant que David fut seulement un intermédiaire, un instrument. Tel est encore le sens de cette autre parole : « Ouomodo
(1) Le dalle ÔîXviaari est le datif de /« cause. CL Beelen, Grammat. grœcit. N. T., p. -mj.
(2) Nous avons exposé ces réserves plus h^ut, p. 35, n. i8.
(3) Ad., IV, 24, 25. — Cf. Ad., 1, iG; Rum., i, 2; Heb., iv, 4, -j.
David l/i Spiritu vocat eum (Ghristum) Dominunij dicens : Dixit Dominus Domino meo? » {Matt., xxii, [\6.)
b)h-auloritc ic- ^3 2). L'aUTORIïÉ NORMATIVE et INFAILLIBLE, Cil Un mOt
conniio par eux aux / ^ ,
textes qii ils citcaidc divine, atti'ibuée pai' le Christ et les apôtres aux Ecritures de
1 Ane. lesl. -' i r '■ ^
l'Ancien Testament. — Ouvrons les Evangiles qIIgs Actes. Le Sauveur, et ses disciples, avaient-ils besoin de preuves décisives, péremptoireSjpour réfuter les préjugés des foules, ouïes sophismes des Pharisiens? Ils en appelaient à rÉcriture, et les Pharisiens et les foules demeuraient sans réplique, confondus (cf. Jea7i,x, 34, 45 ; Matt, , xxii, 29-33, 4 1-4^? etc.). Voulaient-ils mettre à l'abri des attaques leur enseignement et leurmission? Us invoquaient rÉcriture (cf. Jean, v, 39, 4^? kl '•> Luc, xxiv, 27; Matt.^ XXI, 42-46, etc.). S'adressaient-ils au peuple fidèle pour l'instruire et fortifier sa foi ? Toujours l'Écriture restait le thème de leurs discours (cf. ^i6'^.^i, 16 ; 1 1, 16, 17 ; m, 18, 21; etc.). — Or, si ces citations et allusions bibliques constituaient un argument irréfutable, c'est évidemment parce que les Juifs étaient convaincus de l'origine divine de leurs livres sacrés. Loin d'y contredire, Jésus et les apôtres confirmèrent cette conviction arrêtée.
c)Vappvoi,aiion ^4 — 3) L'approbation tacitc dounéc par Jésus-Christ, et
(|u ils doiiiieut uu ' i '
Canon juii. les apôti'cs, au Caiioii de la synagogue. — Notre Seigneur parle
à plusieurs reprises d'un corps d'Ecritures (xà; yP'^?^?)? ^1^'^^ regardait comme le dépôt sacré de la foi, et où il puisait d'invincibles arguments pour établir sa messianité (cf. Matt., XXI, 42; XXII, 29; XXVI, 54, 56; Luc, xxiv, 27, 32, 45; Jean,\, 39; VII, 38; X, 35; xiii, 18; xvii, 12, etc.). Il mentionne même une triple division de ce recueil, admise par les Juifs de son temps (cf. Matt., vu, 12; xi, i3; xxii, l\o\ Luc, xvi, 16; XXIV, 44') • — Les apôtres n'agissaient pas différemment (cf. Me, XV, 28; Jc.an,w, 22; xix, if\, 28, 3G, 37; Act., xxiv,i4; xxviii, 23). N'était-ce pas confesser que, pour eux, comme [)oui- tout enfant d'Israël, ce recueil scripturaire renfermait exclusivement xà fiiôXia xà Sixaiwç Ocîa TC£:;iaT£'j[X£va, c'est-à-dire les livres écrits y.aTà tyjv sTriTivotav tyjv kr^o tcîj %tz\i (cf. Josèphe, Cont. Ap'wn., i, 7, 8)?
LEÇOiN SIXIEME L'étendue de l'inspiration biblique
Quelques erreurs modernes sur l'élendue de l'iuspiratioa. — L'inspiration divine s'est étendue i) à tous les livres bibliques, à toutes leurs parties; — 2) à toutes les assertions et pensées.
Erreurs modernes.
Érasme.
Holden.
1. — Dans ces derniers siècles, on a vu se produire:, parmi les catholiques (i), quelques erreurs et des témérités dangereuses relativement à l'étendue de l'inspiration scripturaire.
Vers le milieu du xvie siècle, Erasme essaya de restreindre l'inerrance, et conséquemment l'inspiration de la Bible, en soutenant, que parfois les évangélistes, abandonnés à euxmêmes^ avaient commis des erreurs de mémoire dans leurs citations de l'Ancien Testament (2).
Plus tard, l'Anglais Holden enseigna que l'inspiration proprement dite était limitée, dans la Bible, aux textes doctrinaux, ou (fonnexes avec le dogme et la morale. Quant aux autres textes, il les tenait pour exempts d'erreur, mais non pour inspires.
Chrismaun
Fr. Lenormani. 2. — Daus notre sièclc, M. François Lenormant a repris en
France la thèse de Holden (3); mais il l'a rendue bien plus inacceptable, en ajoutant que les récits historiques de la Bible peuvent être inexacts, et que leur insertion dans l'Ecriture ne change point leur caractère tout humain.
En Allemagne, le récollet Ghrismann (xv!!!*^ s.) avait limité également l'inspiration aux seuls endroits, où sont rapportés des faits directement révélés par Dieu, mais il accordait que, pour les choses dont ils pouvaient acquérir naturellement la connaissance, les écrivains sacrés reçurent une assistance divine leur assurant l'infaillibilité. — Telle est à peu. près la thèse du D^" llohling, dans sa dissertation allemande sur rinspiration des livres saints et sa valeur pour la science libre (1872).
(i) Nous ne voulons rien dire des protestants, qui rejettent les deulérocanoniques, ni des rationalistes pour qui la Bible n'est qu'un livre purement humain.. . , %
(2) Cf. Comm. in Mail., n, 6. — Voir le savant travail de M. Mangenot sur cette opinion d'Erasme, dans la Science calholicjue, i5 février 1893.
(3) Les Origines de l'hlilulie d'aprèa la Bible. (Ict ouvrage a été mis à l'index.
Rohling.
Newmann.
SalvalorediBarlolo.
3. — En Ang-leterre, au mois de février 1884 (i)' ^^ cardinal Newman, sans aller aussi loin que les deux précédents, a cru pouvoir affirmer qu'il y a dans la Bible des obiter dicta, — c'est-à-dire des phrases, clauses, propositions, d'ordre purement historique, des énoncés ne se rapportant en aucune manière à la foi et à la morale, — que Dieu ri a point inspirés.
En Italie, enfin, il n'y a pas long^temps, M. Salvatofre di Bartolo enseignait, comme M. François Lenormant, que les textes de rÉcriture, ne se référant ni au dog^me, ni aux mœurs, ne sont point infaillibles; c'était nier équivalemment leur origine divine (2).
Assertions téméraires de quelques auteurs contemporains.
4. — Du reste, ces théories hasardées ont séduit plus récemment encore nombre de bons esprits, qu'effrayaient les objections soulevées par la science moderne contre la Bible. On a prétendu, dans des vues de conciliation, sincères certainement mais imprudentes, que l'inspiration ne s'étend point, dans rÉcriture, aux matières historiques et scientifiques, ou, si elle va jusque-là, qu'elle ne confère point à ces passages l'infaillibilité; par suite, on admettrait qu'il y a, — ou du moins qu'il peut y avoir, — dans nos saints livres des erreurs historiques et scientifiques (3).
Noire sentiment.
Hemar(|ue préliminaire.
1" assertion .
5. — D'accord avec la doctrine constante de TÉglise et des Pères, nous maintenons que les saintes Ecritures, dans leur