COMMENT RESOUDRE LES OBJECTIONS DE LA SCIENCE
nuscrits. L'exégète a le devoir de les corrig-er, afin de rétablir ainsi l'harmonie entre la Bible et la science. Toutefois, il usera en cela d'une grande discrétion, n'admettant des fautes que là où un mûr examen et une critique éclairée en découvriront (i).
3) Faire la criti- 9. — 3) Faire prudemment la critique des interpré"
que des interpréta- . ^
tions du texte. tatious du texte.
C'est encore la remarque très sage de Léon XIII : « Le défenseur de la Bible n'est point obligé de soutenir toutes les opinions émises par chacun des Pères et des commentateurs (2). Ceux-ci ont subi l'influence du courant scientifique de leur temps; par suite, dans leurs explications des passages de l'Ecriture ayant rapport aux sciences naturelles, ils ont pu mêler à la vérité des assertions qu'on n'accepterait plus aujourd'hui. Les sciences marchent chaque jour et progressent. Au surplus, dans les questions d'ordre purement naturel et qui ne touchent pas à la foi, la liberté des opinions est permise. Saint Thomas revendique à bon droit cette liberté : « In his quae de necessitate fidei non sunt, licuit sanctis diversimode opinari, sicut et nobis » (3).
L'interprète catholique examinera donc si telles affirmations de l'ancienne exégèse doivent ou non être maintenues, en présence des découvertes et des progrès réalisés dans notre siècle par les sciences, naturelles et physiques (4). « A cet effet, écrit Gonzalez, il établira une distinction opportune entre la vérité dogmatique contenue dans le texte sacré, entre l'interprétation authentique de ce texte par l'Eglise, et l'opinion plus ou moins probable, plus ou moins autorisée et acceptable de ce texte, proposée et défendue par tel ou tel exégète, fût-il kyi des Pères ou des Docteurs les plus entendus dans le christianisme » (5), .
Règle pour la so- 10. LoRSQUE LES SAVANTS APPUIENT LEURS ASSERTIONS
lotion des difficul- ^
tés que la science SUR DES RAISONS SOLIDES, L INTERPRETE CATHOLIQUE DOIT MON- TRER QUE LA Bible est en harmonie avec elles; mais lorsque LES SAVANTS OPPOSENT LEURS DONNEES A LA REVELATION^
l'interprète doit i) Établir que ces données sont faus*
(i) Ibid., p. 38.
(2) Ihid.f p. 36.
(3) In sent. II, dist. 11, q. i, art. 3.
(4) Cf. Saint Thomas, OpuscuL, x.
(5) La Biblia y la ciencia, Prolog., p. xvn.
oppose.
SES ; ET 2) s'il ne peut fournir la preuve, les tenir jusqu'à PLUS AMPLE INFORMÉ POUR SUSPECTES ET NON AVENUES.
Telles sont les prescriptions formelles de saint Aug-ustin (i) et de Léon XIII (2), basées sur cet incontestable principe, que la vérité scientifique et la vérité révélée ne se contredisent jamais.
i) Comment éu- 11. — Ouaut aux mojcus à prendre pour établir i) la faus-
blir la fausseté des .ri i , • -p j x i t^-i i i .1 /
assertions de la sctc dcs doiiiiees scientiiiques, qu on oppose a la Bible, le théoscience contraires à,. , ,, ^• ' i U'.i • .-i .1
la Bible. log"ien les trouvera d ordinaire dans 1 étude, impartiale et plus
approfondie, des sciences, dont on abuse. Il lui suffira donc de rapprocher ces données des principes mêmes, d'où l'adversaire suppose qu'elles découlent. Au cas où ces assertions scientifiques seront, comme on le prétend, absolument vraies et fondées, le lien les rattachant aux principes apparaîtra clairement. Si au contraire ce lien log^ique fait défaut, ou n'apparaît pas évidemment à l'esprit; si encore les principes euxmêmes sont erronés ou contestables, les conclusions des savants seront jugées fausses ou simplement probables. L'interprète dès lors a le droit de les rejeter, certain quMI est d'ailleurs d'avoir la vérité dans la révélation biblique.
2) Comment éta- 12. — Lcs movcns pour établir 2) que les données scien-
blir que les données / \ i -r>«i i i • \
de la science con- tuiques opposcBS a la Biblc doivcut ctrc tenues pour suspectes
traires à la Bible . ?>i i*/» » i-i
sont suspectes. et nou avenuBS ^ ]\xiî(\\x 'à. plus ample iniorme, sont multiples. — On pourra faire observer a) que les sciences, en raison même de leur caractère expérimental, sont sujettes à des changements et à des progrès continus. En réalité, maintes sciences modernes, telles que la géologie, l'ethnographie, la linguistique, la critique, etc., sont loin d'avoir opéré leurs dernières recherches. L'histoire elle-même s'enrichit journellement de découvertes de toute sorte faites en Palestine, en Assyrie, en Egypte, etc. (3). Aussi bien telle assertion, vraie hier, ne l'est plus aujourd'hui ; tel système, défendu passionnément autrefois, est maintenant abandonné (4). La Bible au contraire est immuable comme Dieu^ et sa vérité ne change point. — b) L'interprète fera observer encore que les sciences.
{{) De Geiips. ad li/ler., lih. I, cap. 21 .
(2) Kncyc. cil., p. 'il\.
(3) Voir, dans notre lanu;ue. les savants ouvrantes de M. Vie^oiiroux : La liible et les découvertes moderups. — Le Nouveau TcsiameiiL et les découvertes archéologiques moderiws. — Les livres saiîits el la critique rationaliste.
(4) Cf. Encijc. cit., p. 30.