CONVICTIONS DU CATHOLIQUE TOUCHANT LTNERRANCE DE LA BIBLE
êtr^'fœt égSës ^' — E^ f^ce des exig-ences et des audaces de quelques
gSe'cathoïkîue'.''"" savauts modemcs, l'exégcte catholique cardera plutôt ses
convictious arrêtées ; il se guidera, dans l'interprétalion de la
Bible, d'après les principes de la foi, éclairés d'ailleurs par une
saine philosophie.
Sa conviction intime sera donc qu'iL n'y a point, et qu'il
NE PEUT Y AVOIR DE CONTRADICTIONS REELLES ENTRE LA BiBLE ET LES SCIENCES, HISTORIQUES OU NATURELLES.
queiiïr^o^^t'cî ^- " Tcllc cst k doctriue de l'Église rappelée par convictions. j^^^^ XIII : lYuHu quîdem, écrit-il, theologum inter et phy-
sicum vera dissensio intercesserit , diim suis uterque fini" busse contineant » (i). Et ce que le pontife dit des sciences physiques s'applique également bien à l'histoire : Hœe ipsa deinde ad cognatas disciplinas^ ad historiam prœsertim, juvabit referre.
Au reste, les sciences, — celles du moins qui n'usurpent pas ce nom et qui le portent dignement, — ne sont que l'expression et la démonstration de la vérité. Or, est-il possible que la vérité et la Bible, venant l'une et l'autre de Dieu, se contredisent jamais? On a donc deux fois tort d^'opposer la science à la révélation, la physique et l'histoire aux saintes Ecritures.
Corollaires. 5. — Dc là découleut plusicurs corollaires.
1, i) Toute donnée scientifique, clairement énoncée dans la Bible, est vraie.
2. 2) Toute assertion, clairement démontrée par la science, ne sera jamais en contradiction avec l'Ecriture dûment interprétée.
.3 3) S'il s'élève un conflit entre les sciences et la révélation
biblique, l'exégète démontrera qu'il est moins réel qu.'apparent.
4^ 4) Ce conflit, s'il existe, aura toujours pour cause soit un
malentendu, soit, comme le remarque Léon XIII, après saint Augustin (2), la témérité « des savants ou des théologiens, qui n'auront pas su se renfermer dans les limites de leurs sphères respectives ».
(i) Encyc. cit., p. 34-
(2) In Gènes, op. imperj cap.viii,ix,
53o LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE
Règle pour dis- g PoUR DISSIPER LES MALENTENDUS QUI CREENT UNE OP-
siper les contlits ^
entre la Bible el la pQSITION APPARENTE ENTRE LA BiBLE ET LA SCIENCE, IL SUFFIRA,
science. ' '
DANS LA PLUPART DES CAS, A l'exÉGÈTE i) DE JUSTIFIER LA 3IÉTH0DE ET LES INTENTIONS DE l'ÉCRIVAIN SACRÉ; 2) DE FAIRE PRUDEM- MENT LA CRITIQUE DU TEXTE ET DES INTERPRETATIONS DU TEXTE.
1) Justifier lamé- 7. — i) Justifier la mctliode et les intentions des écri-
tions de l'auteur sa- ^'^^^^ SaCVeS.
cre.
2) l'aire l.i critique du texte.
Il est sûr que le langage et les procédés des auteurs bibliques ne paraîtront plus en opposition avec la science, si Ton veut bien réfléchir que, s'adressant au peuple, les écrivains inspirés ne prétendirent jamais au rôle d'historiens ou de savants. Ni les évangélistes, par exemple, ni les hagiographes de l'ancienne alliance, ne se sont proposé de nous transmettre des narrations complètes, faites toujours suivant les lois rigoureuses de la chronologie et de l'histoire. « Leur dessein, ajoute saint Augustin, ne fut point non plus de nous révéler la nature intime des choses, dont la connaissance ne sert de rien pour le salut» (i). «Non legitur, observe ailleurs le même Père (2), in Evangelio Dominum dixisse: Mitto vobis Paracletum qui vos doceat de cursu solis et lunœ. Ghristianos enim facere volebat, non mathematicos ». Ce n'est donc qu'en passant qu'ils parlent des phénomènes naturels, et les décrivent; ils adoptent alors la manière de dire usitée de leur temps chez le peuple dans la conversation ordinaire. Ainsi font les savants eux-mêmes dans la vie commune. Or, le peuple aime à désigner les choses comme il les voit, — ea guœ sensibiliter apparent, dit saint Thomas (3), — et à s'exprimer en figures. Si donc Josué raconte que le soleil s'arrêta (cf. Jos., x, i3) ; si l'Ecclésiaste affirme (cf. EccL, i, 4) que la terre est immobile sur son axe; si Moïse insinue (cf. Gen., i, 16) que la lune et le soleil sont plus grands que les étoiles, ces assertions, toutes à la portée du peuple et conformes à ce que nous montrent les sens, ne contredisent en rien les données de Tastronomie. Seulement, (( Deus ipse homines alloquens ad eorum captum significavit humano more » (4).