DIFFÉRENTS NOMS DONNÉS AUX ÉCRITURES
basse latinité, on fit du pluriel grec [5t6X{a un féminin sing-ulier (i).
Depuis lors le terme est passé dans toutes les lang-ues modernes, et il désigne le recueil canonique des livres inspirés de Dieu.
Histoire du mot Testament .
Son origine.
Son sens spécial, dans la Bible,
chez les Pères .
5. — On appelle encore nos Écritures Testament, Ancien et Nouveau Testament: traduction de la formule paulinienne -îraXaTa %al xatvY] â'.aGyjx-rj (cf. //Cor., iir, i4; Hebr.^ ix, i5).
De fait, c'est saint Paul qui le premier nous a révélé la signification complète du mot oiaôvjy.Y) appliqué aux livres saints. Avant lui, ce terme n'était guère pris que dans le sens d'a/liance^ de pacte, de convention, de promesse (guvÔyjxy)), comme on s'en convaincra en lisant maints passages de la Bible hébraïque, ou des Septante (2); mais, dans VEpître aux Hébreux (ix, i5-i8), il revêt le sens spécial et juridique que les Latins attachaient au mot Testamentiim.
Les saintes Ecritures sont donc véritablement le testament de Dieu, c'est-à-dire (c un écrit authentique de lui, par lequel il nous lègue ses biens, et qui a sorti son plein effet après la mort du divin Testateur, Jésus-Christ ». Telle est la signification précise du mot Testdmentum, entendu des saints livres, sous la plume de Tertullien et de la plupart des Pères de l'Eglise latine.
A partir du troisième, et surtout du quatrième siècle, l'emploi de ce terme devint général. C'est le mot dont on se sert le plus fréquemment peut-être aujourd'hui.
Convenance du mot 6. — Tliéologiquemeiit ccttc déiiominatiou est fort bien jus-
TestcmenliiTiit , ^
tifiée. Les saintes Ecritures réalisent en effet toutes les condi- Le mot r.^aiise les tlous d'uii testamcut véritablc. Car i) elles sont un acte, un
trois conditions d un , '. . . .
véritable testament, ccint authentique dc Dicu, qui les a inspirées, sanctionnées par des miracles, et marquées du sceau divin de sa sagesse et de sa sainteté. — 2) Elles renferment, en outre, les volontés de Di<M à l'égard du peuple d'Israël, et à l'égard du peuple chrétien, dont celui-là n'était que l'ombre et la figure : volontés toutes de miséricorde, toutes d'amour, et qui sont autant de promesses par lesquelles Dieu entend se donner lui-même à nous comme récompense, et nous établir ses héritiers, — héritiers de sa
(i) y owV Imitation de N. S. J.-C, liv. I, n. 3.
(2) Cf. Exod., XXX, 26; Ps. Lxviii, 20; 7a-., xiv, i3; Mai., m, i ; etc., etc. — Voir sur l'Iiistoire du mot a//ia«ce (n^lHj dans la théologie biblique le récent livre de Kraetzschmar, Die Bundesvertéllung im A. T. Marburg-, 1896.
g-loire, de son bonheur, de son éternité, — et les cohéritiers de son propre fils, Jésus-Christ. — 3j Les Écritures, enfin, n'ont obtenu leur plein effet testamentaire qu'après la mort de l'Homme-Dieu, le Testateur. De fait, non seulement toutes les g-râces, promises et prodiguées sous l'ancienne alliance, ne furent accordées aux hommes qu'en vue des mérites et de la passion de Jésus, mais aussi le ciel, qui donne la possession de Dieu, n'a été ouvert qu'après la mort du Sauveur, — le jour de son ascension. Voilà pourquoi saint Paul écrivait : Novi Testamenti mediator est (Ghristus) : ut morte inter cèdent e.., repromissionem accijnant cjui vocatisunt œternœ hœreditatis (i).
7. — L'Ancien Testament comprend tous les livres sacrés Pourquoi Ancien composés avaut la uaissaucc du Christ, et le Nouveau Testa-
el Nouveau Testa- . , . ^^ ,., ,
ment? MENT ccux qui out paru dcpuis. — Outre qu ils marquent l an-
tériorité chronologique d'un Testament à l'autre, ces qualificatifs d' Ancien et de Nouveau signifient encore, et surtout, que le second a pris la place du premier, que celui-ci a vieilli et n'est plus en vigueur : Dicendo autem novum, veteravit prius. Quod nutem antiquatur et senescit^ prope interitum est (2). Le Nouveau Testament, au contraire, est plein de jeunesse, de vitalité et durera à jamais; c'est le Testamentuni .ïternum(3).
îioisauiics noms 8. — Lcs Pcrcs n'out pas que ces trois noms, plus communément usités, pour désigner la Bible. — Ainsi Tertullien appelle souvent nos saint livres Instrumentum (4), — terme auquel il donne le sens juridique ^acte ou de pièce authentique ^ào^ pièce à conviction. Les Ecritures ne méritent-elles pas crédit? Qui donc oserait nier leur infaillible et divine autorité ?
2) Bibiiothecay — Saiiit Jérôme se sert quelquefois du mot Bihliotheca sakcta(5), qu'il paraît avoir emprunté à // Mach., ii, i3 (6). —
3) pandecies. Au viii^ sièclc, Alcuiu désignait les saints livres sous le nom de Pandegtes, un des titres fréquemment donnés au Digeste de Justinien.De même que ce recueil de droit renferme toutes les décisions de la jurisprudence romaine, de même la Bible contient toutes les lois dictées par Dieu aux hommes.
(i) Uebr., IX, i5. — Comp. Laclancc, Div. Inslit.,iv, ?o.
(9.) llchr., vin, :i3.
(3) Jbid., xiii, ?.o. — CF. Scluipfcr, Histoire de V Ancien Testament^ 1. 1, p. 3. Trad. Pcll.
(/() Cunl. Marc, iv, i; Cont. Prux., r^o. — Coinp. saint Au^.,Dc Civil. Dei, xx, /^ , saiulJcr., cul Paulin., cpist. LUI, n, 7; ad Awj., cpisl. cxii, u. i/».
(f)) Cl". De Vir. ilhusl., "b.
(0) Sur l'usage du mot liibliol/ieca, daus le bcas de « liible », voir le Bulletin critique, t. XUl (i8(j2), p. 147.
1) Jnstruîuenliim,