‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 3 sur 251 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

LEÇON PREMIERE

Des saintes Écritures en général. —■ Leurs différents noms. —

Leur définition

Les trois principaux noms donnés aux livres saints : Écriture, Bible, Testament. — Raison d'être et convenance de chacun de ces noms. — Ouelques noms plus rares employés par les Pères. — Noms usités plus spécialement dans la synagogue. — ■ Définition des saintes Ecritures. — Corollaires de cette définition. — Différences entre les saintes Écritures, et i) les livres humains ordinaires, 2) la Tradition divine.

Trois principaux noms donnés aux

1. — Les livres que la synag-o^ue et TÉg-lise ont toujours ^- '''''■^^- reg-ardés comme sacrés, portent trois noms principaux. On les

appelle i) TEgriture, les Ecritures, les saintes Ecritures; — 2) la Bible; — 3) TAngien et le Nouveau Testament.

Histoire du mot 2. — Jésus-Gîirist sc scrvait fréquemment du terme y?^?"']»

'Y?°^^*- Ypaoja'', pour désigner les livres inspirés de Fancienne alliance.

Usage qu'en ont fait S'adrcssaut aux Juifs il disait : Scrutamini Scrlpturas (zccq

''^'' -^poLoiq) ; et ailleurs : Nunquam legistis in Scripturis (èv mlc,

Ypacpaiç)? (i). — A son exemple, les évangélistes (2), et saint

les apôtres, Paul (3) out fait dc même; mais déjà sous leur plume l'expres-

(i) Cf. Joan.y V, 39; Mtt., xxi, 42; etc.

(2) Cf. Mii.^xxyi, 56; Me, xv, 28 ;Lwc., xxiv, 27. 32, l^'ô; Joan., xix, 30, 3;; xx, y.

(3) Gf. Rom., I, 2; / Cor., xv, 3 ; Gai., m, 22; l Tlm., v, 18; etc., etc.

LEÇONS d'iNT. I.

sion Y) ypoLo-q, al Ypaa?a(, s'entend parfois des livres du Nouveau Testament : témoin ce passage de / Tim., v, i8, où saint Paul cite un texte de saint Luc (cf. Luc, x, 7), comme un texte (ï Ecriture : Myst y; Ypa^-zj. — Volontiers aussi les Pères, — noies Pères. tammcnt les Pères grecs, — adoptèrent cette manière de dénommer les livres saints. Saint Clément (f 100) au premier siècle (i), saint Théophile d'Antioche (f 190) (2) et saint Irénée {f 202) au second (3) l'emploient couramment, et, à partir du troisième siècle surtout, cette dé.^nation est devenue commune dans la langue ecclésiastique.

On peut regarder comme synonyme de l'expression al -^px^oL'. l'autre formule, dont se sert saint Paul : xà kpx Ypà[j,{j.aTa (4).

Convenance de 3- — G'cst à bou droit quc uos Ecriturcs sont qualifiées soit expression aTiat ^^^^ j^^ autcurs sacrés eux-mêmes, soit par les Pères, de i-^iai

Ypacpai, Geiai -^pai^d. Saint Thomas en donne ces trois raisons :

« Dicuntur sanctœ, primo quidem quia, ut dicitur//Pe^.,i, 21 ;

Spiritu Sàncto inspirati locuti sunt sancti Dei homines...

Secundo, quia sancta continent... Tertio, quia sanctificant...

Unde dicitur I Mach.^xu, 9 : Hahentes solatio sanctos libros,

gui sunt in manibus nostris » (5).

i^'sioire du mot 4. — Les Hvres saints sont encore très souvent désignés sous le nom de xb (iiêXiov, xà (Si6X(a, xà à'Yia gc6X{a, — la Bible. Son étymoiogie; Dédvés dc fii5Xoc;, papijrus^ les termes gtoXiov, gtoXia, ont été employés par quelques écrivains grecs de l'Ancien Testa-

usage^qujîn on dit ^^^^y ^^^^ ^^j g^ couformaicut cn cela, du reste, à l'usage des

Juifs, lesquels donnaient par antonomase le nom de livre (7) à la collection de leurs écrits sacrés (8). Il est remarquable toutefois que Ton ne rencontre point, dans le Nouveau Testament, l'expression xà |5t€X(a appliquée aux saintes Ecritures ; mais on la retrouve fréquemment, et dès l'âge apostolique, sous les l'ère-, la plumc dcs écrivaius chrétiens. Les Pères grecs l'ont employée beaucoup; c'est à eux que l'Église d'Occident paraît l'avoir empruntée de fort bonne heure. Le mot fut même latiic moyen âge. ^isé, (Ic tcUc sortc quc, vers le moyen âge, et à l'époque de la

(1) Cf. / Cor.^ cap. xxni, n. 3,5 ; cap. un, n. i ; etc. — Cf. Funk, OftQva Patnim aposlolicorum, t. I, pp. 93, i-i-j.

{o.) Ad Aiiloh/citm, lib. Il, n. .tî ; lil). III. n. i /j .

(3) Conb'a h.rrcscs, lib. Il, cap, .nxvii, n. 1 ; lil). III, cap. 1. n. i.

(/,) CF. Il Tim., 111, i5.

(.5) Cowmenl. in cap. I epist. ad l\om., Icclio H.

(0) (U". y Mac/i., \u, (j; Il Alac/i viii, -^'.i.

(7) 120 (/i-., x.x.M.x, :u), anscn (/>««., ix, 2).

(8) Cf. Ps. xxxix, 8; Is., xxix, i8; xxxiv, lO; JJ Esd.. viii, 8; etc.

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