‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 47 sur 251 · LE CANON JUDÉO-PALESTINIKN AU TEMPS D'ESORAS · texte numérisé non relu

LE CANON JUDÉO-PALESTINIKN AU TEMPS D'ESORAS

traditions du passé, et révèlent assez l'influence qu'il dut avoir sur le mouvemeni relig-ieux en Israël. Le Talmud établit un parallèle entre lui et Moïse. Les Rabbins l'appellent le restaurateur des lois, le pè7'e d'Israël^ le maître de la science. Ils vont jusqu'à prétendreque, si Jéhovah n'avait pas confié la Loi à Moïse, il aurait certainement pris Esdras pour son législateur, etc.

Remarque. Isoléc, chacuue de CCS douuées traditionnelles ne constitue

sans doute pas une démonstration rigoureuse, mais collectivement elles forment un ensemble de preuves satisfaisantes, et qu'une critique sérieuse se gardera de mépriser.

priî=e'^de^îrtradiiion 7. — C'cst d'aillcurs 3) cc quc les Pères ont compris, et leur enseignement là-dessus confirme les traditions juives. Citons seulement safnt Irénée et Théodoret.

Le premier s'exprime ainsi : Inspwavit(I)(ins)Esdrœ sacerdoti e tribu Levi, prophetarum omnes rememorare sermones, et restituere populo earti legei^^ quœ data erat per Moysenii).

Le second n'est pas moins explicite : Esdras, vir virtute excellens^ et Spiritu S. repletus... Scripturas restituât (àvaYpaçet) ^> (2).

chrétienne.

S. Irénée.

Théodoret .

On précise la part

?a" TonsSîon'^'^du S. — Est-cc-à-dire qu'Esdras recomposa de nouveau, par Canon juif. ^^^^ inspiratiou spéciale de l'Esprit-Saint, tous les livres sacrés

des Juifs, comme si tous avaient péri dans l'incendie du temple et de Jérusalem, ou pendant la captivité? Nous le nions absolument. Quoi qu'en aient pu penser saint Irénée, Clémentd'Alexandrie, et d'autres Pères, cette assertionest dénuée de preuves (3), Opinion à admettre, ^t iuadmissiblc. Esdras se contenta de recueillir soigneusement tous les écrits saints, qui avaient survécu aux outrages du temps, de comparer les manuscrits, d'en restituer le texte aussi exactement que possible, et d'établir une classification aussi rationnelle que religieuse des éléments existants » (4).

■3° a.ssertion . 9. — Esdras, du reste, ne travailla pas seul : il eut pour

Néhémie coUahnro- ^^ > >

^ewrd Esdras. COLLABORATEUR iNeHEMIE, SON CONTEMPORAIN.

(i) Adv. hsËres., m, 25.

(2) Explan, in (kint. Prœf.

(3) Elle ne s'appuie que sur le chapitre (xiv«) déjà cité du IV-^ livre apocryphe d'Esdras.

(4) Wogué, op. cit., p. 93.

Qo LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉKALK

i" preuve, prise ^Q — Nous Ic concluons i) de co qno lo livre de Néhémie

de la canoniriu; nii ' *

livre de Néhémie. (Viil^-. //" (V Esclms) fut ajouté alors, et vraisemblablement par son auteur lui-même, au Canon juif, d'où il n'a jamais été

"'"//EcT'.'^rî:»/' exclu ; — 2) d'un passag-e de // Mach., n, i3. Il y est rapporté que Néhémie construisit une bibliothèque (P'.SaioOyjv.v), où il rassembla (àxiauv/jYaYev) (i) : a) les écrits sur les rois; — b) les prophètes; — r) les (psaumes) de David, — et d) les lettres des rois.

.X >pèse^^u passage q^^ j^^ écrits suv Ics vois (xà x£pl T(i)v gajiXéwv) représentent

sûrement ici les Prophelœ priores (d^jI^I^XI D^XUJ), qui forment la première subdivision de la seconde partie du Canon hébraïque (2). — Les écrits sur les prophètes (xai iwvKpofr^Twv) représentent aussi les Prophetœ posteriores{u'iy}'^r\>^ D^X*2:), — deuxième subdivision de la même partie du Canon juif. — Enfin les (psaumes) de David (-à tou Aajio), et les lettres des rois (*/al ïr.KQxg'tJxc; ^aaiXewv), désignent par leurs parties les plus importante^, — le psautier et les livres (I et II) d'Esdras (3), — le troisième groupe des Hvres du Canon hébraïque (n^iiriD). Donc^ Tépoque d'Esdras et de Néhémie (v^ siècle av. J.-C), un Canon des Écritures était formé chez les Juifs, et il renfermait, outre le Pentateugue et Josué, tous les livres de l'Ancien Testament composés jusque-là, y compris très probablement les livres de Toôie(f\.) et de Judith, qui furent retranchés plus tard pour des raisons particulières (5).

canon^" juff^TpV'ès H- — Nous savous quc pendant les âges suivants ce recueil Esdras et Nehemie. g^^j.^ ^j^jjj^ universellement connu des enfants d'Israël, et gardé

t^efr pVSon! par cux avcc le plus religieux respect.

En effet, i) les simples fidèles avaient en leur possession au moins des exemplaires delaLo^, car il est raconté dans/ J/ac/^ , I, 5q, qu'Antiochus Épiphane (174-164) ordonna de les recher-

Jndns Machal.ée ' ^ T il r i i

recueille partout les cher ct dc Ics détruirc (6). — 2) Judas Machabée mit tous ses

s. livres. ^ ;

soins à recueillir les saints livres, qui avaient été égarés pendant la guerre (cf. // Afach., ii, j4). — 3) Enfin personne n'ignore qu'il existait déjà au ii^ siècle (av. J.-C.) une division [fii'juive'""' '^'^ tripartite des Écritures (7), qui élait vraisemblablement la

('onclnsion.

Élenduc du Canon d'Ksdras.

L'auteur ilu Prolop. de r/,>f//.menlionnr la division, coniMumément adoptée au w siècle, de

(1) C'csl-A-dirr réunil au Ponlateuquc. le livre par excellence, et le fondement de la collection hébraï- (jnc des iM-rilnros.

(2) Voir pins haut, p. y.

(W) VA. I J'Jsd., VI, a-13 ; vu, ii-:?f>; II Esd . ii. 7. »(/») Cf. Uieron., Prx/'. in lib. Tobiœ. (f)) (IW W'di^iH'. 0]>. cil., pp. i3-i4. (0) C.uinp. .I()sè|»lie, Anti<( . jitd., xii, T), /j. (7) (ir. Prolog. Eccli. — Conip. Eccli., xi.viir, xi.ix.

LE CANON JUDÉO-PALESTTNIEN NON FERMl-: PAR ESDRAS 91

division adoptée dn Canon lic'hraïqnc d'alors, ci que les Juifs conservaient encore an temps du Sauveur (i). Cette division sommaire — la Loi^les Prophètes, les autres livres (xà Xotiuà Twv gtôXiwv) — était même si répandue, que le traducteur grec, auteur du prologue de V Ecclésiastique, y fait allusion jusqu'à trois fois^ et sans se croire obligé de l'expliquer (2). '

Problème ^2. — De ce que le Canon iudéo-palestinien de l'Ancien

à résoudre. ^ •' . ^ . n -i

Testament fut formé pendant la période postérieure à l'exil, devons-nous conclure qu'il fut, dès l'époque d'Esdras et de Néhémie, définitivement clos ci fermé? Beaucoup de critiques le croient; les Talmudistes aussi l'affirment (3). Quelques Pères, et parmi eux saint Jérôme, furent également de cet avis. Tel n'est pas notre sentiment.

4« assertion: J^, QaNON JUDEO-PALESTINIEN DE l'AnCIEN TESTAMENT NE

le Canon ne fut

point /-ermé par Es- p^^ POINT GLOSA l'ÉPOQUE d'EsDRAS ET DE NÉhÉMIE, DE SORTE

(Iras. "^

qu'on ne put y INSÉRER d'aUTRES LIVRES, SI DiEU EN INSPIRAIT DE NOUVEAUX.

Démonstration. L'Écriturc, ct Ics donuécs de l'histoire confirment cette

assertion.

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