‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 68 sur 251 · INTERPRÉTATIONS ERRONÉES DU DÉCRET DE TRENTE · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATIONS ERRONÉES DU DÉCRET DE TRENTE

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lo décret cie Trente.

Erreurs

.^"toioSr' Tn 3. — En effet, depuis Trente, plusieurs théologiens et critiques catholiques ont cru i)ouvoir maintenir encore quelque différence entre les protocanoniques et les deutérocanoniques, sous le rapport de l'autorité ou du crédit intrinsèque (i). Sixte de Sienne, par exemple, peu d'années après le concile, i)deSixtcde Sienne, interprétait fort mal la pensée des Pères, au moins en ce qui concerne les fragments à'Esther : « Est canon ille (synodi tridentinie) intelligendus, disait-il, de veris ac germanis partibus, quae ad librorum integritatem spectant, non autem de laceris quibusdam appeîidlcihus ^Qi pannosis additamentis.,. utcumque insutis : qualia sane sunt libri Esther ultima capitula,qu8d... Hieronymus...resecat ceu vitiatam partem,et laciniosis, utipsius dictisutar, verborum sinibus confictam » (2). -^ '^canÎT,''^''"" Également Melchior Ganus (f i55o), tout en admettant la

canonicité de B aruc h, esûmml queV ce serait chose moins condamnable de rejeter ce livre, que d'éliminer du Canon Toôie, Judith, la Sagesse, V Ecclésiastique et les Macliabées » (3). Le savant dominicain ne paraît donc pas avoir été très fixé sur le véritable sens à donner au mot canonique.

3) de B. Lamy, 4^ — ^q xvUg sièclc, uu oratoHcn bien connu par ses re-

marquables travaux s-ur la Bible, le P. Lamy, émettait une opinion bien plus répréhensible : a Libri qui in secundo canone sunt, enseignait-il, licet conjuncti cum caeteris primi canonis, tamen non sunt ejusdem auctoritatis » (4). 4) d'EUies Dupin, Daus Ic même siècle, un docteur de Sorbonne, Ellies Dupin, professa sur le Canon des théories qui, au jugement de Bôssuet, <<- ne différaient en rien du tout (de celles) des Calvinistes » (5). De fait, Dupin se montrait trop favorable à ceux qui avaient exclu du catalogue des Écritures les fragments iV Esther (6). Dans un ouvrage qu'il publia ultérieurement (7), le théologien français se rétracta, ou du moins atténua ses opinions primitives sur Esthei et sur le Canon en général (8).

(i) Nous ne parlons pas du crédit extrinsèque, — dont les livres de l'Écriture ont joui. aux yeux de l'antiquité. Sous ce rapport, tous les livres de l'Ancien Testament ne seront jamais égaux, les uns ayant été admis universellement et sans discussion, les autres ayant été l'objet de contestations nombreuses. C'est dans ce sens que saint Jérôme a pu dire que la seconde Épître de saint Fierre avait acquis de l'aulorité par l'antiquité et par l'usage. Cf. Dupin, Dissert, prélim. sur la Bible, i, 52-53.

(2) Bibliotheca sancla, lib. I, sect. 3, p. 45. Neapoli, 1742.

(3) De locis Ifieolog., lib. Il, cap. g.

(4) Apparatus bihlicus, p. 375. Venet., 1777.

(5) Bossuet, Mémoires sur la bibliothèque ecclés. de M. Dupin. Œuvres, t. III, pp. 2-3, éd. Berche.

(6) Cf. Bibliothèque des auteurs ecclés., t. 1, p. i3o.

(7) Dissertations préliminaires ou Prolégomènes sur la Bible. Cf. t. I, pp- 52,53, 3o2-3o3.

(8) Cf. Loisy, op. cit., p. 228.

i5o LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE

5)deJahn, Q — Dans nolrc siècle, Jahn (f 1816), professeur à l'Uni-

versité de Vienne, est allé même jusqu'à soutenir que, (( d'après les propres témoignages des Pères de Trente, la différence entre les livres deutérocanoniques et protocanoniques n'a pas été supprimée, et qu'elle ne pouvait pas l'être, vu que le fait sur lequel elle repose ne peut pas l'être, à savoir, que les livres deutérocanoniques n'ont pas été reçus partout ni par tous dans l'antiquité » (i).

0) de Loisy. q — pj^^g réccmmcnt encore, un critique français a expli-

qué le décret de Trente sur le Canon des livres saints d'une manière que la théologie ne saurait approuver. Dire que, (( selon les Pères de Trente, tous les livres bibliques ont la même valeur et la même autorité, écrit M. Loisy (2), que l'inspiration produit en tous les mêmes effets, et que l'on peut indistinctement puiser dans tous des arguments pour prouver le dogme aussi bien que des leçons morales, c'est aller plus loin que le concile, c'est supprimer des réserves que le concile tout entier a clairement acceptées, c'est confondre, comme Jahn, la question d'autorité ou de valeur dogmatique des livres avec celle de canonicité )). — Le même écrivain n'a pas mieux compris le concile du Vatican, qui éclaire pourtant la question et précise encore le décret de Trente. « Le concile du Vatican, dit notre critique (3), a-t-il décidé que tous les livres de l'Écriture soient égaux en valeur et en autorité? On ne voit pas qu'il y ait seulement pensé ; le concile a bien pu déclarer que tous les livres du Canon so?it inspirés, il n'a pas pu faire que tous soient égaux comme source de la réoélation ». Nous ne pouvons souscrire à ces assertions (4).

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