‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 82 sur 251 · Saint Théophile d' Antioche · texte numérisé non relu

Saint Théophile d' Antioche

Le témoig-nag-e de cet écrivain, qui vivait dans les dernières années du second siècle^ est très précieux. Il concerne surtout rE'jaYY^Xtov.

Saint Théophile assimile l'autorité des Évangiles à celle des Prophètes, « parce que les hommes inspirés ont parlé sous l'influence du même Esprit divin » (3). De fait, il déclare formellement que \ Évangile de saint Jean est inspiré (4). Quant aux trois synoptiques, il les connaissait certainement, et il cite en particulier saint Matthieu et saint Luc{b).

Les livres de rA7uoaToX'.7.ôv ne sont pas tous mentionnés par lui ; il emploie néanmoins les Épîtres pauHniennes, et se sert de VEpître aux Hébreux, de la /'« de saint Pierre, ainsi que de V Apocalypse. Pour cette seconde partie, son Canon est donc incomplet, mais nous ne le connaissons que par des ouvrages d'apologétique, où saint Théophile n'a pas eu occasion de citer toutes les Ecritures reçues dans FÉglise d'Antioche en ce temps-là (6).

A bien prendre, le seul écrit dont la canonicité demeure douteuse pour tous, à la fin du ip siècle, est la deuxième Épître de saint Pierre. — Aux yeux de plusieurs, VÉpître aux Hébreux était aussi suspecte.

Passons au ni^ siècle.

(i) Cf. Cornely, op. cit., p. 186. %

(2) Une apocalypse de saint Pierre est aussi mentionnée. Cf. Loisy, op. cit., p. !oo.

(3) Ad Autoly.s lib. III, n. 12,

(4) Ihid., lib. II, n, 22.

(5) Ibid., lib III, n. i3, i4; lib. II. i3.

(6) Sur l'état du Canon du Nouveau Testament à la fin du ii« siècle dans les autres Églises orientales, voir Loisy, op. cit., pp. 120-122.

i8o LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE

au iii« s.

Le Canon (lu N. T. ^2. Au Ille SIECLE, EN OcCIDENT, LE CaNON DU NoUVEAU

Testament reste a peu près tel que le ne siècle i/avait transmis; en Orient, et a Alexandrie surtout, son intégralité absolue s'affirme ; toutefois dans les deux Eglises, latine et grecque, un gourant défavorable' a l'Apocalypse commence A se dessiner.

Le Canon au nie s. dans l'Eglise d'Occident.

Tertullien.

13. — Tertullien (-j- 220) nous fait connaître quel était le Canon admis de son temps dans l'Eg-lise d'Afrique, et conséquemment dans l'Ég-lise romaine (i). U « Instrumenium evangellcum » dont il parle, c'est-à-dire la première division du Nouveau Testament , comprenait exclusivement quatre livres : « Nohis fidem ex apDstolis Joannes et Mallhœus insinuant, ex apostolicis Lucas et Marcus instaurant » (2).

La seconde division du Canon africain renfermait les Actes,

treize Epitres de saint Paul, — VEpître aux Hébreux est

écartée (3) — trois Epitres de saint Jean, VEpître de saint

Jude, la P^ de saint Pierre et X Apocalypse.

Livres non insérés Douc, trois écrits Seulement restaient en dehors du Canon

dans le Canon de , . • i i> 7^ ir 1

iLgiise d Afrique, dc l'Eg-lisc d'Afriquc au III® siècle: \E pitre aux Hébreux, VEpître de saint Jacques, et la 11^ de saint Pierre.

Le Canon au ii!"= s dans les Esjrlises d'O

Clément

14. — Dans l'Eglise grecque au commencement du ni*^ sièlient. ° ç[q^ Vinlécjraiité absolue du Canon s'affirtne — Clément

dA'lexandrie et Origène nous le certifient.

Le premier (f vers 217), au rapport d'Eusèbe (4), expliqua d'Alexandrie. daus ses Hi/pott/poscs toutcs IcsEcriturcs des deux Testaments, y compris celles cjui étaieyit controversées. Du reste. Clément lui-même déclare positivement ne reconnaître que les quatre Eja^véXia 'j:apacico[j.éva yj;j.Iv (5). Il vénérait aussi les Actes comme un livre à' Ecriture (6) ; il admettait de même, et cite souvent les quatorze Epîtres pauliniennes, ainsi que les Épîlres catholiques, sauf la //* de saint Pierre.

Origène. ^^ — Origèue a laissé une liste des livres de la nouvelle

alliance, et cette liste est complète (7). L'illustre disciple de Clément répartissait ces livres en deux catégories: i) les

(1) Dn rrœ.sC7ip.. cap. xxxii, xxxvu

i?) A(Jv. Marc, iv, 2. " ^

(3) Les Novalicns (jui abusaient dc cette Epître en furent la cause.

(4) Hist. eccL, VI, 1/;.

(.5) Cf. Sfrom., IJI, i3.

(0) P.edag., n, i ; Slrovi., v, i-^.

(7) In Jos. ho77i. VII, I. — Von- là-dessus Gornely, op. cit., p. iy3.

LES PREMIERES CONTROVERSES SUR L'APOCALYPSE i8i

YVY)7ta ou ('crits incontestés sur lesquels régnait un accord unanime, et 2) les à[X9'.5aXX6[j.£va ou écrits contestés, parmi lesquels il comptait précisément VEptU^e de saint Jacques, celle de saint Jude, la //*" de saint Pierre, la //^ et la Ilh de saint Jean, avec quelques apocryphes (i).

Les premiô.escon- \^ — Enfin, c'est daus Ic iiie sièclc que commence à se

troverses siiil Aj)n- '

caiypse. dessùic/' uti couraiit défavorable à f Apocahjpse. Nous en

rencontrons la première trace dans l'Église même de Rome, sous le pontificat de saint Zéphyrin (200-217).

Le prêtre Caïus, afin de réfuter mieux le montaniste Proclus qui empruntait ses arguments à la Révélation de saint Jean, nia l'authenticité de ce livre, dont il attribua la composition à l'hérétique Gérinthe. Il fut réfuté dans le même temps par saint Hippolyte de Rome, mais sa thèse fut en partie reprise plus tard par saint Denys (f vers 264), évêque d'Alexandrie et élève d'Origène. Sans aller jusqu'à mettre en doute l'inspiration de l'œuvre johannique (2), Denys en contesta l'authenticité, croyant par là enlever aux Millénaires, qu'il combattait, une source d'arguments autorisés.

Un courant défavorable à \ Apoaahjpse commençait donc à apparaître ; il ne fut pas universel, assurément, à ses débuts, mais des écrivains viendront bientôt qui élimineront la Révélation de saint Jean du catalogue des livres canoniques. En Occident, toutefois^, l'opinion de Caïus restera sans écho.

(•i) Cf. Eusèb., llist. eccL, vi, 26.

(2) Cf. Eusèbe, Hicl. eccl., vu, 24.

Conclusion.

iSî

LEÇON QUATRIÈME Le Canon du Nouveau Testament depuis le IV* siècle jusqu'au XVP.

Le Canon du Nouveau Testament d'après Ensèbe(iv* s.). — Hésitations d'Eusèbe par rapport à V Apocalypse. — Le Canon du Nouveau Testament en Occident à partir de la fin du iv' s. — Les Canons de saint Jérôme, de saint Auij^ustin, des Eglises d'Afrique, d'Espatçne, de Rome. — Le Canon du Nouveau Testament en Orient depuis le iV siècle. — Les Canons des Ei^lises de Palestine, d'Asie- Mineure, d'Antioche, de la Syrie orientale. —Le Canon de l'Etçlise d'Alexandrie. — Fixation définitives du Canon en Orient, en Occident.

Le Canon d'Eusèbe. ^ — ^^ commencement du iv*^ siècle, — vers 826, — un érudit profondément versé dans la connaissance de l'antiquité chrétienne, Eusèbe(i), dressa la liste des livres qui avaient cours dans les Églises de son temps. Cette énumération(2),qLii est l'œuvre d'un historien et d'un critique, plutôt que d'un théologien, est très précieuse pour nous, parce qu'elle révèle exactement l'état du Canon scripluraire à cette époque.

Les trois catégo- o — L'évêoue dc Césaréc disting-ue trois catéçrories de

nés de livres canoni- ""• l ^ -"

quesd après Eusèbe. \[yYQg ; j") Jes b[xoXo^(où\}.evaL, — Uvrcs que tout le monde acceptait et qui furent toujours dans le recueil sacré (£vctaOrj7,a) ; — 2) les à^xCke-^ô[xevoL, — livres sur la canonicité desquels le même accord ne s'est pas manifesté (3); — 3) les oizoTza vA Suadej^TÎ, — livres absurdes^ impies, partant à rejeter.

Livres de la 3«,

delà 1" caléfforie.

3. — Cette dernière catégorie comprend des ouvrages d'hérétiques, tels que les évangiles de Pierre, de Thomas, de Matthias, etc.; les actes d'André, de Jean, et d'autres apôtres. — La première catégorie renferme la sainte tétrade des Évangiles d'abord, puis les Actes^ les E pitres de saint Paul, dont Eusèbe fixe ailleurs (cf. Hist. eccL, m, 3) le nombre à

(î) Cf. Rcuss, op. cit., p. i50.

(3) Cf. Hiat . ecri ., ni. 25. , ,■ .

(3) Eusèbe ne donne pas à ce terme son sens alrirf, au moins pour ce qui concerne les Kcrilures -Yvwp'.aa ToT; xoXXoI;, savoir l'/^p/Z/v de saint Jacques, VEpifre de saint .Tude. la //« de saint Hierre, la //• et' la ///", de saint Jean. Ces livres, s'ils n'ont pas été reconnus loufonrs par fon/es les Ku;lises, ne furent jamais rejetés positivement ni contredits par aucune; des doutes furent seulement émis (;à et là au sujet de leur authenticité.

Livres de la 2« caté- ''orie.

LE CANON D^EUSÈBE i83

i4, — VEpitre aux Hébreux comptée, — la Z'® de saint Jean, la /'■« de saint Pierre, et X Apocalypse^ avec cette clause : e'Ys çav£iY], si Von juge à propos de r insérer,

4. — La seconde catég-orie se subdivise en deux séries : i) les Yvii)pt[Aa Tofç -noXkoiq^ — livres reçus par le plus grand nom» bre; 2) les v66a, — b'vres supposés, apocryphes, ou encore livres admis pendant quelque temps par des Églises particulières, mais désavoués depuis (i).

A la première appartiennent Y Epître de saint Jacques, VEpître de saint Jude, la H" de saint Pierre, la //« et la III^ de saint Jean.

A la seconde appartiennent les Actes de Paul, le Pasteur d'Hermas, l'Épître de Barnabe, la Doctrine des apôtres et a si l'on veut {é'-^z ooLvdri) » V Apocalypse de saint Jean.

Les livres qu'Eu- 5. — Par conséqucnt, au temps d'Eusèbe, les protocanoni-

sebe admettait. *■ *• "^

ques de notre Canon actuel du Nouveau Testament étaient admis universellement dans l'Église, et les deutérocanoniques, s'ils ne réunissaient pas encore absolument tous les suffrag-es, étaient reconnus comme sacrés par l'immense majorité des Pères et des écrivains.

ch^mM/focS^^^^^ ^^ ^^'y ^ ^^' tliffîculté que pour V Apocalypse, qui, dans le catalogue d'Eusèbe, flotte entre la série des ô;j.oXcYc6[;.£va et la série desvo6a, — antilég-omènes du second deg-ré. Si l'on tient compte des termes mêmes qu'emploie l'évéque deCésarée: d ye çavsit), on voit qu'il est hésitant, en effet, au sujet de la Révélation de saint Jean. Personnellement, il se sentait peut-être incliné à nier l'origine apostolique de ce livre, car l'Église de Palestine, où il vivait, ne recevait pas cet écrit pour la lecture Comment expii- puWiq^ie au iv^ sièclc (2). Néaiiuioiiis, Eusèbe se garde de

d'Eiisèbe.^'^"^''^'''"' trancher la question ; il se contente, en sa qualité d'historien, de constater le conflit, qui existait relativement à V Apocalypse, entre la tradition primitive et les tendances récentes. Aussi à considérer les choses historiquement, Tœuvre de saint Jean n'avait plus place, à proprement parler, parmi les ôpLoXoYou[j.£va

(i) Cf. Cornely, op. cit., p. i83. — Par conséquent, le terme de vo'ôo?, qui signifie proprement ajyocryphe, supposé, est pris par Eusèbe dans un sens large, et ne sert — pour ce qui est de certains livres — qu'à constater simplement l'absence de l'adhésion générale de l'Eglise. Cf. Eusèb., Hist.eccl., m,

(2) Cf. Cyrill. Jeros,, Catecfi., iv, 3G; xv, 16. — Ce Père la cite cependant quelquefois. Cf. Cateck.^ X, 3.

au iv^ siècle (r). C'est donc parmi les àvTiXsYqj-sva du premier degré — YV(î)p'.[j.a tcT;; -jccVAofq — qu'Eusèbe aurait dû la classer; s'il ne l'insère qu'au raiig des vcOa, — antilég-omènes du second deg^ré, — cela vient soit de ce qu'il se met dans l'hypollièse, — qu'il partage probablement lui-même (2), — de ceux qui l'excluaient du Canon, parce qu'ils la jugeaient pseudépigiaplie et supposée ; soit encore de ce qu'il entend rappeler que YApocali/pse, regardée autrefois comme Ecriture canonique, avait cessé d'être tenue pour telle universellement au iv*^ siècle, au moins en Palestine.

Quoi qu'il en soit, le Canon du Nouveau Testament ne laissa pas d'être bientôt constitué définitivement.

I.e Canon du NT. 6. En OcCIDENT, A PARTIR DE LA FIN DU IV^ SIECLE, l'iNTÉ-

ti"r dclalindu lY's' GRALITÉ DU CaNON DU NoUVEAU TeSTAMENT SE CONFIRME ET s'aC- CENTUE PAR l'aDMISSION DE LA 11^ EpITRE DE SAINT PlERRE ET DE

l'Epitre aux Hébreux; elle se précise encore par l'exclusion DE la littérature APOCRYPHE.

Comment le Canon 7. — Déjà, vcrs l'an 35q, la sccoudc Epître de saint Pierre

se fixe et se com- '' ^ , ' , , ,

pièle. était reçue dans le catalogue des livres saints de l'Eglise la-

tine (3). Toutefois, il semble que V Epître aux Hébreux n'y était pas admise encore ; cependant Lucifer de Cagliari (-[- 871 ) et saint Ambroise (-|- 897) l'ont citée comme Ecriture, et attribuée à saint Paul.

Ce furent surtout les deux grands Docteurs qui brillèrent dans l'Église d'Occident à la fin du iv^ siècle, saint Jérôme et saint Augustin, qui contribuèrent à la fixation définitive du Canon du Nouveau Testament. — Le premier rappelle bien sans doute, ici et là (4), que V Epître aux Hébreux était, ou avait Augustin. été, contestée par plusieurs (5), mais pour lui il l'admet sans hésiter au nombre des Epîtres divines de saint Paul (6). — Le second n'est pas moins explicite. Au livre 11® de sa Doctrlna christ lana, chap. 8', il dresse une liste des écrits du Nouveau Testament complète et exclusive; il en écarte la littérature apocryphe qui avait tant de vogue aux âges précédents.

(i) Voir plus haut, p. i8i.

{■?.) Des critiques assurent qu'Eusèbe dépouilla i»liis tard toute hésitation, ef que les exemplaires de la Bible envoyés par lui à l'empereur Constantin contenaient le Nouveau Testament en entier, V Apocalypse non cxceptc(^ Cf. Sabatier. art. cit.. dans VEnajcL. cit., l. il, p. 5g8. On assure même que les manuscrits du Vatican et du Sinaï seraient deux exemplaires des cinciuante Bibles transcrites par Eusèbe; or, le maïuiscrit du Siiaï renferme VAf>ocalupse.

(li) Ainsi que la W de saint Pierre et \'A/..acalf/pse.

(k) CA'. IJevir. ///., ca[). .'>; Ad. Dard., c\k i'?<j, m. 3, etc.

(5) Ci'. Ad. l)ard.,v\K i'kj, not. 3.

((i) Le cataloi^iie d<; Chellenliam nous l'apprend. Cf. Viijouroux, Dict . de la Bible, t. II, col. 176.

Jérôme.

Le Canon de s.

Au^n'^t'i sanctionné par les conciles d'Atriqiie.

LE CANON DU N. T., EN AFRIQUE, EN ESPAGNE, EN ITALIE i85

8. — C'est ce même Canon que sanctionnèrent trois conciles tenus en Afrique du vivant de saint Augustin, — le concile d'Hippone(393), le V et le 6^ concile de Carthag-e (897 et 4^9)'

Le concile de 397 porte encore la trace des hésitations anciennes relatives à Y Epître aux Hébreux^ mais il tranche en faveur de celle-ci la question de canonicité. — Quant au concile de 4195 il ne fait plus mention des discussions passées, et compte quatorze Epîtres de saint Paul(i). Ces conciles, d'ailleurs, décidèrent expressément qu'on ne lirait plus dans les assemblées du culte, sous le nom d'Écritures divines, que les livres canoniques (2). — Ainsi donc, vers la fin du iv^ siècle et dès les premières années du v*^, le Canon du Nouveau Testament fut arrêté en droit, et définitivement fixé dans toutes les Eglises d'Afrique.

ÉpHses^'d Ës^agnel ^' — ^u Espagnc, il cu fut dc même. L'hérésiarque Priscilla fin du iv^ s. jjgj^ ^j, 3g5^ ^ çjj^ |.Q^jg jgg livres de la nouvelle alHance, et —

ce qu'il importe de noter, — si, dans son plaidoyer en faveur des apocryphes, il attribue à saint Paul l'épître aux Laodicéens, il a soin de reconnaître qu'elle n'appartenait pas au Canon des Ecritures sacrées.

T.^'au^T^s.'^Vn; 10. — A Rome enfin, en l'année 4o5, le pape Innocent P'' lEgiise de Rome, ^onsacra Ic catalog^uc scripturaire de Garthage dans la lettre qu'il envoya à saint Exupèrede Toulouse (3). Plus tard encore, vers l'an 49^, le pape saint Gélase confirma ce même Canon dans un décret synodal (4), qui n'était du reste que la reproduction d'un catalogue antérieur, œuvre de saint Damase (i 38o) (5).

Conclusion,

11. — Il est donc prouvé qu'à partir du iv° siècle le Canon du Nouveau Testament fut fixé en Occident d'une manière définitive (6). (( Désormais, son histoire ne présente plus de variations. On rencontre seulement de loin en loin, pendant le moyen âge, quelque mention des anciens doutes » (7).

(i) Cf. Hardouin, Collect. ConciL, t. I, coll. 875-878, 968.

(2) Sur les dil'ficultés qu'on a élevées au sujet de ce concile, voir Ubaldi, op. cit., t. Il, pp.232 et suiv.

(3) Cf. Constant, Epist. rom. Pontif., 1. 1, col. 796, sq.

(4) Cf. Hardouin, o/>. cit., t. II, col. 987, sq.

(5) Cf. Ubaldi, op. cit., t. Il, pp. 240-241.

(G) Le Concile de INicée, tenu en 826, ne fut peut-être pas étranger à ce résultat. Cf. Gûntner, op. ci7.,pp. 4o-4i .

(7) Voir pour cette partie de l'histoire du Canon, pendant le moyen âge, Loisy, op. cit., pp. 214 et suiv.

i8G LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE

Au temps de la renaissance, Érasme (i467-i536) et le cardinal Cajétan (1469-1534) émirent bien, relativement à l'autorite de plusieurs deutérocanoniqucs, des assertions téméraires, mais ils ne furent suivis par personne chez les catholiques.

Tournons maintenant nos reg^ards vers l'Orient.

Le Canon du N. T.

en Orient depuis le iV s.

Le Canon du N. T.

i) en Palestine.

S. Cvrille de Jérus.

12. — En Orient, pendant le iv" et le v*" siècle, les Eglises de Palestine, d'Asie Mineure, d'Antioche et de Syrie SE MONTRÈRENT ENCORE DEFAVORABLES A l'aUTORITÉ DE PLU- SIEURS livres deutérocanoniques du Nouveau Testament — l'Apocalypse et les quatre petites Epitres catholiques ; —

MAIS DÈS le VI® siècle, ET SURTOUT A PARTIR DU VII*, LE DÉSAC- CORD cessa, ET LE Canon fut définitivement fixé.

13. — i) L'Église de Palestine se montra défavorable à Vx\pocabjpse. — Nous le savons par saint Cyrille de Jérusalem, qui énumère tous les écrits de la nouvelle alliance, hormis V Apocalypse (i). Ce Père dut subir en cela l'influence de Denys d'Alexandrie.

2) En Asie mineure. 14. 2) LcS ÉglisCS d'AsiE MiNEURE CUreut vis-à-vis du

même livre la même attitude. — Le concile de Laodicée, en

Le concile de Lao- . . . u • • i i • • » i s •

dicée. Phryg'ie(36o), qui exprime 1 opinion de la majorité des Eglises

de cette province, a omis V Apocab/pse dans son énumération des écrits du Nouveau Testament (2). — Saint Grég-oire de Nazianze {\ 889) l'omet également, il l'exclut même (3), et son ami saint Amphiloque (j 38o) assure qu'elle est contestée par beaucoup (4). L'Eg-lise de Cappadoce partageait donc à cet égard le sentiment de l'Eglise de Palestine.

3) A Antioche. 15. — 3) L'EgHsc d'ANTiociiE alla plus loin en rejetant avec

V Apocalypse quatre petites Epitres catholiques, — la 11^ de saint Pierre, la It e^ la HT- de saint Jean, et VÈpitre de saint Jiide.

s. Jean chrysos- Saiut Jcau Clirjsostome (347-407)? ^^ effet, ne mentionne nulle part ces écrits; Théodoret (46o) pas davantage. Peut-être

(i) Cf. Catech., IV, .V); xv, jG.

{?.) Cf. Maiisi, l. II, col. 574.

(3) Cf. S. Cjré^-. Naz. Cannina, soct. I, xii. .3o-.3o

(/». Cdi'in. uini})ii\ «laiis Mii;iii'. /V/^ <irisc., l. X.XXVII, col , lyyS-iGOS.

S. Gréf'oire de Naz.

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