VI. — Maladies des membranes internes
Les maladies du nerf optique, du corps vitré et des membranes internes : iris, choroïde, rétine, sont en trop petit nombre, considérées isolément, pour fournir les éléments d'une statistique détaillée ; je ne constate du reste, jusqu ici, aucune différence notable, sous ce rapport, entre les deux villes.
La proportion est de 6 à 7 p. 100, pour les maladies de l'iris, quelle qu'en soit la cause : rhumatisme, syphilis, perforation de la cornée, traumatisme, etc.
Pour la choroïde et les troubles du corps vitré, le chiffre est un peu moindre : 5 p. 100 environ. Un peu plus de la moitié des choroïdites se trouve liée à la myopie, et la plupart des malades qui se décident à venir consulter un oculiste, y sont amenés uniquement par les troubles fonctionnels symptomatiques de leur affection : affaiblissement de l'acuité visuelle, mouches volantes, scotomes, etc.
L'amblyopie et l'amaurose, sans lésion appréciable du fond de l'œil; l'atrophie de la papille, les différentes formes de névrite et de rétinite, atteignent à peine le chiffre de 3 p. 100.
VIL — Maladies des muscles de l'oeil.
La fréquence du strabisme parait être d'un tiers plus grande à Bordeaux qu'à Paris. Cela tient très probablement à la négligence regrettable dont font preuve les gens du peuple pour le
traitement des anomalies de la réfraction, d'où dérive si souvent le strabisme ; d'autre part, une fois devenus strabiques, ils refusent généralement de se laisser opérer.
Le strabisme interne se montre dans la proportion de 2 à 3 p. 100 ; plus de la moitié des cas se rattache à l'hypermétropie; cette relation est aujourd nui bien connue.
Le strabisme externe, moitié moins fréquent, est dû à des causes très-diverses, au nombre desquelles figure la myopie, mais sans que l'influence de cette anomalie soit à beaucoup près aussi considérable, comparativement, que celle de l'hypermétropie dans le développement du strabisme interne.
La diplopie, les paralysies d'origine cérébrale, spinale ou syphilitique, ne dépassent guère la proportion 1,5 p. 100.
"VIII. — Glaucome.
Les affections glaucomateuses, assez difficiles à classer, dans l'état actuel de nos connaissances, figurent sur ma statistique dans une proportion deux fois et demi plus considérable à Bordeaux qu'à Paris : la différence est aussi grande que pour les cataractes. Je crois qu'on peut en donner la même explication, et je suis persuadé que cet écart ne se maintiendra pas.
Chez beaucoup de ces malades, la vue est irrévocablement perdue. D'autres, chez lesquels le glaucome pourrait guérir ou tout au moins être arrêté dans sa marche, se refusent obstinément à toute opération, bien qu'ils soient prévenus du sort qui les attend. D'ailleurs, il est assez difficile de leur expliquer clairement ce dont il s'agit, et de leur faire comprendre l'utilité d'une opération dirigée contre une maladie qu'ils considèrent presque toujours comme un état nerveux.