‹ Leçons d'ophthalmologieChapitre 15 sur 45 · DIATHÉSIQUE, OU DUNE AFFECTION ORGANIQUE · texte numérisé non relu

DIATHÉSIQUE, OU DUNE AFFECTION ORGANIQUE

J'aurais voulu pouvoir indiquer la proportion des affections oculaires qui sont sous la dépendance immédiate d'un état général, ou de la lésion d'un autre organe. Cette proportion est beaucoup moins considérable qu'on ne serait tenté de le croire, d'après quelques publications récentes; elle ne dépasse guère 6 p. 100, autant que je puis en juger, d'après une statistique trop peu nombreuse; encore dois-je dire qu'un certain nombre des malades qui se trouvent dans ce cas ont été envoyés à ma consultation par les autres chefs de service de l'hôpital. Mais je dois ajouter que je ne comprends pas, dans ce chiffre, le lymphatisme et la scrofule, dont les manifestations oculaires sont d'une fréquence extrême pendant l'enfance, mais sans revêtir un caractère absolument particulier.

Le syphilis vient au premier rang : 3 p. 100 assez exactement dans les deux villes. Bordeaux ne le cède en rien à Paris.

Les maladies des centres nerveux se rencontrent dans la proportion de 2 p. 100 environ; dans le nombre, plusieurs cas d'àtaxie locomotrice, de forme rare.

Les affections du cœur et du système vasculaire atteignent à peine la proportion de 1 p. 100, et il en est de même pour l'albuminerie et le diabète réunis.

Les maladies des yeux pouvant être rapportées, sans hésitation, à une influence rhumatismale, se sont montrées en plus petit nombre encore. Je sais bien que, pour beaucoup d'ophtalmologistes, toute iritis qui n'est pas syphilitique est considérée, le plus souvent, comme étant de nature rhumatismale ; mais je ne saurais partager, en aucune façon, cette manière de voir.

L'astigmatisme paraît être fréquent à Bordeaux, si j'en juge par ce que je vois à ma consultation particulière. Il a été impossible, à l'hôpital, de recueillir des observations très pré-

cises, en raison de la mauvaise disposition du local affecté provisoirement à la Clinique ophtalmologique.

Je n'ai pas compris non plus, dans ma statistique, un certain nombre d'affections qui ne se présentent que rarement : maladies de la cavité orbitaire, tumeurs, etc.

Cette étude ne peut donner lieu, assurément, à des conclusions définitives. Ce n'est qu'après avoir recueilli plusieurs milliers d'observations à Bordeaux, comme je l'ai fait à Paris, qu'il me sera possible de dresser une statistique comparée, très complète, des maladies des yeux dans les deux villes. On remarquera cependant que, d'une façon générale, les ophtalmies contagieuses et les affections qui, de près ou de loin, sont sous la dépendance du travail oculaire, sont plus fréquentes à Paris qu'à Bordeaux.

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