ROIDEIJR ARTICULAIRE DU PIED
l'usage des immersions froides prolongées et des douches froides; l'immersion d'une denii-lieure à trois quarts d'heure a toujours utilement agi contre les douleurs, et le traitement était ainsi continué lorsque le malade dut quitter Paris le 17 juillet. Nous avions à cette époque obtenu avec le mécanisme à mouvement gradué la flexion presque complète, et le pied pouvait y être maintenu quatre à cinq minutes; les mouvements à l'aide de la tige dépassaient l'angle droit, les douleurs diminuaient, et le malade pouvait, à l'aide de sa canne, parcourir un ou deux kilomètres ; mais la marche était lente, assez pénible parfois, et les mouvements volontaires impossibles.
La direction du traitement fut dès lors confiée, à Nantes, à M, le docteur Jouon, ex-interne des hôpitaux de Paris, et ce confrère put me faire constater, le 2 août et le 19 du même mois, de nouveaux progrès. La flexion se fait complètement à l'aide des vis de pression, et l'angle aigu est facilement obtenu avec la tige; quelques mouvements spontanés peuvent être exécutés, et la marche, mieux assurée, peut être bien plus longtemps soutenue. Le malade fait plusieurs séances par jour, et a même pris le parti de porter son appareil la nuit, en se contentant toutefois d'y placer le pied à angle droit. L'appareil de nuit est en effet toujours nécessaire, la pointe du pied tendant encore à s'abaisser et ne pouvant immédiatement être relevée le matin, sans peine et sans douleur.
Nous avons cru devoir donner avec quelques détails cette observation, qui confirme d'une manière très satisfaisante les principes établis par M. Malgaigne dans le traitement des roideurs articulaires, et qui offre par elle-même plusieurs intéressantes particularités. La guérison, même après deux mois de traitement, est loin de pouvoir être déclarée complète; mais nous avons confiance qu'avec la persévérante continuation des mouvements elle pourra être obtenue, et sans vouloir revenir sur les détails de l'observation, nous appelons
ralteution sur l'ancienneté de la roideiu-, qui datait déjà de huit mois et demi, lorsque la niachiiie à mouvements gradués fut appliquée pour la première fois. Nous croyons, du reste , que l'absence d'arthrite , que les elforts persévérants du nialade pour lutter contre la position vicieuse du pied et contre l'immobilité de l'articulation tibio-tarsienne, que l'emploi du massage, ont été autant d'heureuses conditions au milieu d'un bien regrettable retard, (|ui ont pu nous permettre d'obtenir les résultats que nous venons d'exposer, alors que l'ancienneté de la lésion devait tout d'abord nous faire craindre de ne rien obtenir (1).
(4) A la date du 24 novembre, nous recevons de M. le docteur Jouon les détails suivants : « Malgré quelques contre-temps dus à des accidents arrivés à la machine, dont la privation pendant plusieurs jours fut, à la fin d'août, l'occasion d'un retour de roideur et de sensibilité qui se dissipèrent rapidement dès que l'on put en reprendre l'emploi, le malade fait aujourd'hui de longues courses, reste deux heures debout sans fatigue ; il obtient avec la tige, sans le secours des vis, les mouvements extrêmes de flexion et d'extension; la contraction volontaire des muscles produit aussi la flexion extrême, mais l'extension n'est pas tout à fait complète, en ouire les mouvements volontaires se font avec lenteur. Il y a toujours un peu d'empâtement du cou-de-pied. Le malade fait régulièrement usage de l'appareil, du massage M des bajps frais, avec une amélioration chaque jour plus frappante. »