I.'embranclicrorni cl >f» carnelcrc
I.a ralrnr <l*iin nractcrf il'auianl plu* grande qu'il a I lui de constance.
ment périgyncj un examen attentif fera reconnaître à notre élève, dans l’Adonidc et l’Anémone, plusieurs autres caractères qu’il avait déjà vus dans la Renoncule, tels que des feuilles alternes et sans stipules, des anthères continues tournées en dehors; et il dira que, si ces plantes ne sont pas des Renoncules, du moins elles se rapprochent beaucoup de ces dernières, qu’elles sont presque des Renoncules. Les caractères qui tendent à rattacher ainsi les Adonidcs et les Anémones aux Renoncules aurout évidemment bien plus d’importance pour la classification que ceux qui groupent les espèces, puisqu’ils rapprochent les genres, et qu’ils sont communs à un nombre de plantes bien plus considérable que les caractères génériques ; ce sont, en un mot , des caractères do familles [familia ), associations qui sont pour les genres ce que ces derniers sont pour les espèces.
L’absence ou la présence d’une corolle, la soudure ou la séparation des pétales, combinées avec les deux modes d'insertion, l’hypogync et la périgync, nous fourniront des caractères de classes ( classis ) dont la valeur sera encore plus grande que celle des signes distinctifs de familles.
Enfin dans l'existence d’un ou deux cotylédons nous trouverons un caractère presque invariable, qui nour servira à partager les plantes phanérogames en deux grands embranchements.
De l’exposé qui précède et n’est réellement autre chose que celui des principes puisés par Jussieu dans la nature elle-même, il résulte clairement qu’un caractère a d’autant plus de valeur qu’il se lie invariablement à un plus grand nombre d’organisations, ou, en d’autres termes, qu’il a plus de constance.
Mais on sentira aisément que, s’il était possible qu’un caractère de celte nature restât entièrement isolé, il perdrait à |>cu près toute sa force. Que signifierait, eu effet, lapré-
CLASSIFICATION
scncc d’un ou deux cotylédons, si ccs caractères ne sc rattachaient à rien de fixe; si, avec un cotylédon, par exemple, nous pouvions rencontrer tantôt la structure que nous sommes accoutumes à voir chez Icsraonocolylédones, et tantôt celle que nous observons dans les plantes à deux cotylédons? Mais il n’en est pas ainsi. Quand on me dit qu’une plante n’a qu’un cotylédon, je me la représente avec une structure intérieure différente de celle des plantes à deux cotylédons, avec une racine multiple, des feuilles simples et à nervures parallèles, une lige sans rameaux, des vcrticillps floraux composés de trois parties, et, enfin, une certaine r.poruo^ .iapparence de faiblesse et de flaccidité; qu’on m’indique une rar<ct<m . espèce comme étant dicotylédonc , elle s’offrira aussitôt à mon imagination pleine de force et de vigueur, ornée de branches nombreuses, couverte de feuilles dont les nervures, ramifiées diversement, peuvent sc répandre dans des découpures plus ou moins répétées, chargée, enfin, de fleurs chez lesquelles domine le nombre cinq. Il y a plus : ces degrés si différents de développement et de vigueur me sont déjà indiqués, dans l’embryon lui-méme, par la présence d’un ou deux cotylédons ; le nœud qui ne produit qu’une feuille ou un cotylédon a évidemment moins d’énergie que celui qui en produit deux; chez les plantes à deux cotylédons, ceux-ci ont les bords libres , cl ils ne font que se presser contre la gemmule qui reste également libre; au contraire, dans l’embryon monocotylédonc, le cotylédon unique a ses bords le plus souvent soudes, il forme une petite gaine autour de la gemmule, celle-ci n’est pas toujours très-développée , enfin toutes les parties semblent être confuses et mal dessinées. Ce n’est donc pas seulement parce que l’existence d’un ou deux cotylédons divise l’ensemble des phanérogames en deux groupes que l’un et l’autre caractère ont une grande importance; c’est parce qu’ils coïncident avec une foule
784 botanique covpahbe.
d'autres caractères, c’est parce qu’ils sont, en quelque sorte, les symboles abrégés de deux systèmes d’organisation entièrement différents.
Les caractères qui viennent après ceux dont je viens de vous entretenir n’impliquent pas sansdoute une aussi vaste coïncidence} mais pourtant il suffit de les énoncer pour que nous nous en rappelions d’autres qui ne sont point sans valeur. Qu’on me désigne une plante dicotylédonc comme ayant une corolle monopetalc hypogyne, je dirai qu’elle n'a point de stipules, que ses étamines sont probablement en nombre déterminé, qu’elles sont probablement insérées sur la corolle, et que l’ovaire est libre et unique. Quatre étamines cl un ovaire gynobasique feront naître en moi l’idée de la coexistence d’une corolle monopétale iriégulièrc, d’une tige carrée, de feuilles opposées, celle enfin de tous les caractères propres aux Labiées.
Ce que je viens de vous dire doit évidemment vous faire conclure que, si la constance d’un caractère lui donne une grande valeur, il n’en doit pas moins à sa coïncidence avec d’autres caractères. Vous conclurez encore que celle-ci L. ronttanrt- est d’autant plus étendue, souvent même d’autant plus précise, que le caractère qui l’entraîne est plus constant; de i:r;„‘.:u' l* " sorte qu’en réalité les deux conditions de la valeur marchent à peu près sur une même ligne.
Il suffit d’indiquer seul le caractère qui a le plus Un seul cuir* de valeur, la présence d’uu cotylédon unique ou celle de '"i.e deux cotylédons, pour réveiller l’idée des coïncidences les
jiour indiquer dn v r # ,
coïncidence» iœ- plus importantes; mais il n’en est pas de même quand un zé tjrr;! caractère est plus faible; alors il faut l’indiquer avec deux mim," '* ou plusieurs autres; isolés, ils ne rappelleront plus que des coïncidences vagues, et qui ne nous conduiraient à aucune connaissance réelle. Qu'on me dise , par exemple , qu’une plante a des étamines périgyncs, je ne saurai pas même si
CLASSIFICATION
elle est monocotylédone ou dicotylédone ; et, quand on ajouterait qu’elle a deux cotylédons, je ne pourrais affirmer si elle est apétale, si sa corolle est soudée ou formée de pétales libres. Un caractère de peu d’importance, isolé ou presque isolé, indique quelquefois, il est vrai, des coïncidences très- importantes ; mais c’est précisément à cause de son peu Un i-iraricn t*c-
, , - lé de peu de valeur
de valeur intrinsèque et de son extrême spécialité: comme p« •»
* m 1 «pénalité , indi-
je réveillerais bien mieux l’idée des qualités morales et pbysiquesd’un homme en le désignant par une marque parti- ***' culièrc, une difformité, par exemple, qu’en faisant son signalement avec plus de détail.
Peut-être me demanderez-vous pourquoi, lorsqu’il existe des coïncidences d’une grande valeur, je donne la préférence à tel ou tel caractère pour être l’expression de la coexistence générale, pourquoi, par exemple, je dis qu’une plante est monocotylédone au lieu de l’indiquer comme rcctinerviée.
Aucun caractère, vous le savez, pas même la présence d’un ou deux cotylédons, n’est d’une constance inaltérable; mais il est naturel que, quand nous voulons représenter l’ensemble des coïncidences, nous choisissions le caractère le moins inconstant; or, dans bien des cas, une plante monocotylédone n’a pas ses feuilles sillonnées par des nervures droites et parallèles, et, dans d’autres cas, ses ver- 'ZZ ticilles floraux sont au nombre de deux; l’unité de cotylédon, <u*c,,l"c'd*oc" au contraire, ne fait presque jamais défaut; donc elle doit, de préférence, désigner la structure générale àjlaquelle elle se montre attachée, pour ainsi dire, avec une fidélité inviolable. Si, après avoir caractérisé les embranchements par le nombre des cotylédons , nous indiquons les classes par le mode d’insertion, l’absence ou la présence des pétales, leur soudure ou leur séparation, c’est encore la même raison qui nous y détermine, c’est qu’au milieu des caractères avec lesquels ils coïncident, ceux que je viens d’é-
786 BOTANIQH COMPARÉE.
numérer montrent certainement le moins d’inconstance.
Je vous ai fait connaître ce qui constitue la valeur des caractères sur lesquels repose la classification naturelle; mais je ne dois pas vous dissimuler que quelques auteurs , insistant peu ou n’insistant point du tout sur la coïncidence, ont placé celte môme valeur dans la constance combinée avec l’importance physiologique des divers organes. Malcmi- heureusement cette importance est loin de nous être con- PÎLÿSSS nue avec une parfaite certitude, et, comme l’ont très-bien d" fait observer MM. de Candolle père et fils, des fonctions identiques sont sou veut partagées par des organes fort différents. Ceux de la nutrition, suivant la remarque trèsjuste des mômes botanistes , ont plus d’importance que ceux de la reproduction , puisque , sans eux, ces derniers n’existeraient point; d’ailleurs ils ne sont pas moins reproducteurs que les autres, et ils le sont même avec plus do fidélité , car ce n’est pas seulement l’espèce , mais la variété qu’ils perpétuent ; cependant, depuis un très-grand nombre d’années, les botanistes s’accordent à baser leurs classifications sur les diverses parties du fruit et de la fleur. Pourquoi celte préférence ? premièrement parce que les parties de la fleur, ayant à remplir des fonctions fort différentes, doivent nécessairement nous fournir des moyens de distinction plus faciles que les organes de la végétation nuancés par des dégradations insensibles ; en second lieu, parce que chaque catégorie d’organes floraux offre, en général, plus de constance dans scs caractères que n’en ont dans les leurs les parties affectées à la végétation. Ce serait à tort qu’on voudrait voir dans cette constance la preuve d’une importance physiologique supérieure à celle des organes de la nutrition ; elle est le simple résultat d’une contraction extrême ; les parties sout d’autant moins susceptibles de diversité qu’elles occupent moins d’espace; quand elles s’é-
CLASSIFICATION
tendent et se divisent, elles peuvent le faire de cent manières différentes, elles n’en ont qu’une de rester entières.
On a dit que l’embryon avait bien plus d'importance que les diverses parties de la plante, et de ce principe on a cru pouvoir conclure que les caractères fournis par lui devaient passer en première ligne. L’embryon ne saurait être comparé à aucun organe isolé, puisqu’en lui se mon- r,,our
trent réunis le système supérieur, l’appendiculaire et le (jratîoo I» rjni*~
, . . ... | i*tm liresde l’nr.-
descendant, puisqu’il est, en un mot, une plante tout entière. Nous avons vu que le nombre de ses cotylédons était l’expression abrégée de sa structure ; mais, d’ailleurs, nous devons dire de tous scs autres caractères ce que nous avons dit de ceux de la plante développée; leur importance pour la classification est en raison directe de leur constance.
Plus contracté que la plante adulte, l’embryon pourra, sans doute, nous présenter dans ses organes moins d’instabilité qu’elle n’en offre dans les siens (V. p. 786); mais nous n’établirons point , à priori, que tous scs caractères doivent être constants, parce que c’est lui qui les fournit; nous les éprouverons comme ceux de la plante développée, et, quand un caractère présenté par l’embryon manquera de constance, nous cesserons d’y attacher quelque valeur.
Sachant que la position du végétal rudimentaire dans la semence en a généralement une très-grande, je m’étais imaginé, après avoir vu, dans quelques Helianlhemum , une radicule et des cotylédons qui n’aboutissent pas au hile , que ce caractère devait appartenir au genre tout entier; des dissections faites avec soin ont prouvé que la direction de l’embryon était fort différente dans des espèces d'Heliantliemum très-voisines; dès lors, je dois m’empresser de reconnaître que cette direction n’a ici qu’une valeur spécifique comme les caractères tirés de la tige ou des feuilles.
BOTANIQUE COMPAREE
Toutes les fois que des exemples du même genre nous seront fournis non-seulement par des caractères propres à l’embryon, mais encore par ceux que peuvent offrir le périsperme, les téguments séminaux ouïe fruit, il faudra évidemment que nous appliquions les mêmes principes. Des différences isolées et sans aucune constance n’auront Dm cncOroà nos yeux qu’une importance spécifique, qu’elles nous 11»” n"X"<Ti soient offertes par le fruit, les feuilles, la graine ou les
qu'itne leur *pê- 1 ü
quiL P^la*es y nous nous garderons de séparer deux espèces ■étant empruntes, certainement congénères, uniquement parce qu’elles n’auront pas soit la même consistance dans leur fruit, soit une déhiscence exactement semblable, soit enfin des embryons formés sur le même modèle.
Les botanistes se sont accordés à répéter que le même caractère n’offrait point une égale valeur dans toutes les familles, et que tel signe distinctif, qui ordinairement en a une très-faible, pouvait quelquefois s’élever à l’un des premiers rangs ; c’est assez reconnaître la vérité des principes que je vous ai exposés. S’il fallait fonder les classifications sur l’importance intrinsèque et physiologique des caractères, nous ne serions point forcés d’altacber, suivant les circonstances , une valeur différente au même caractère. Pculêtre demandera-t-on s’il ne serait pas possible que la valeur physiologique d’un caractère augmentât réellement avec sa constance, si, par exemple, la forme des poils, uniforme chez les Malpighia , et la présence des glandes sur leur calice n’auraient pas, dans ces plantes, une importance de fonctions qu’elles n’ont point ailleurs-, je suis bien loin de le nier , mais je ne saurais l’affirmer non plus, parce que rien, jusqu’ici, n’est venu me le démontrer.
Il est incontestable que , dans certains cas , nous sommes obligés de fonder nos divisions uniquement ou presque uni-
CLASSIFICATION
quemcnt sur des caractères tirés du fruit ou de la graine ; mais c’est parce qu’alors aucun autre ne noos est offert , et qu’il faut, pour la commodité de l'étude, que quelquefois nous fassions des coupes, lors même que la nature semble Dans quel cas o ■ les désavouer. M. Mirbel a parfaitement distingué les fa- a»» <ttri«oM .»> tnilles en groupe chez lesquelles les espèces ont , dans toutes u‘* leurs parties, une extrême ressemblance, et les familles par enchaînement, celles où les genres, ne réunissant pas un très-grand nombre de caractères communs, présentent néanmoins une série de plantes dont la liaison est évidente. Les premières ne sont que de très-grands genres; mais, pour faire arriver celui qui étudie à la détermination de l’espèce, il faut que nous divisions ces genres artificiellement, cherchant des coupes dans les parties dont les caractères n’ont pas une très-grande constance et offrent, par conséquent, en réalité, une médiocre valeur. Ce seront, par exemple, les fruits dans les Malpighiées, lescaliccset les corolles dans les Labiées, lesglumes et les paillettes dans lesGraminées, etc. Mais, puisque les divisions de cette nature sont artificielles, c'est-à-diro plus ou moins arbitraires, il est évident que nous devons choisir, entre les moyens de les former, ceux qui sont les plus maiu <■*.!..!» faciles, et nous ne baserons pas nos coupes sur les graines ‘"p1"'*"1” quand nous pourrons trouver des caractères dans le fruit ou les pétales, ni sur la forme dupérisperme, quand l’in volume ou le péricarpe pourra nous en fournir. L’élève commence ordinairement ses études par la détermination des espèces, mais il est incapable de se livrer à des dissections difficiles; d’un autre côté , le botaniste déjà consommé aimera mieux faire des observations nouvelles que de vérifier péniblement celles d’autrui ; l’un et l’autre, si nous ne leur offrons que des moyens de distinction trop lents et trop difficiles, seront obligés de se contenter de la tradition, et la tradition, il faut le dire, est le tombeau de la