‹ Leçons de botaniqueChapitre 107 sur 148 · ENVELOPPES FLORALES DES MONOCOTYLEDONES · texte numérisé non relu

ENVELOPPES FLORALES DES MONOCOTYLEDONES

Je vous ai dit que le nombre trois était celui qui se rencontrait le plus souvent dans les verticilles floraux des monocotylédones (p. 42); mais vous avez dû remarquer que, toutes les fois que j’ai eu à vous entretenir du calice et de la corolle, j’ai toujours pris parmi les dicotylédones les exemples que je vous ai cités. Je ne pouvais vous donner une idée juste de la nature ambiguë des enveloppes florales chez les plantes à un seul cotylédon , avant que vous connussiez le calice et la corolle, généralement bien distincts , des dicotylédones, et que je vous eusse exposé les lois de la symétrie ainsi que les principes de la botanique comparée.

ENVELOPPES (LOAA1.ES

§ I*'. — Des enveloppes des tnonocolylédones 3 quand elles sont symétriques.

La similitude des six pièces qui, dans la (leur symétrique des monocotylédones, se trouvent au-dessous des organes sexuels et l’uniformité de leur coloration ont fait croire aux botanistes, pendant bien longtemps, que l’enveloppe florale de ces plantes était simple et unique. Jussieu, d’après des théories que l’on a été forcé de ne point admettre, considérait l’enveloppe florale de toutes les monocotylédones comme un calice. Linné, plus exact en ce point, admettait un calice et une corolle, quand il voyait bien clairement deux verlicilles, l’un extérieur, de couleur verte et d’une consistance assez ferme , l’autre intérieur , blanc, rose ou bleu , d’une coulexture plus délicate j lorsque les six pièces sont également vertes , elles ne formaient plus , pour lui , qu’un calice, et c’était une corolle quand toutes présentent une autre couleur.

Pour peu que l’on jette un regard attentif sur la fleur symétrique des monocotylédones, on ne pourra s’empêcher de reconnaître que, malgré l’uniformité si fréquente des , couleurs et la similitude des formes , cette fleur se compose

de trois pièces extérieures et de trois intérieures placées entre monocatyiédoa w . jgg premières ; or des pièces disposées sur deux rangs et alternes entre elles forment deux verticillcs; donc les six parties que nous voyons dans les monocotylédones n’appartiennent pas à une enveloppe unique, elles en constituent réellement deux, comme, au reste, la plupart des botanistes s’accordent aujourd’hui à le reconnaître.

Ici se présente une question importante. Les deux verticitles des monocotylédones doivent-ils être assimilés , l’un 'au calice cl l’autre à la corolle des dicotylédones ? tous les

DES MOWOCOTYLEDOXES.

deux sont-ils de la nature du calice ou se rapprochent-ils également de celle de la corolle?

Si les monocotylédones ressemblaient toutes aux Tradescantia et aux Alisma, la question serait facile à résoudre.

Chez ces plantes et d’autres qui leur sont analogues, on trouve, en effet, un verticille extérieur dont les trois pièces sont vertes, assez fermes, parfaitement conti- Uncjlicttt(iot guës , et un autre interne, composé de parties colorées et très-délicates. Ici il est impossible de ne pas reconnaître ltJonr' tous les caractères des deux vertïci lies des dicotylédones, et nous devons proclamer l’existence d’un calice et d’une corolle ( cahjx, corolla ).

Il s’en faut bien, cependant, qu’il en soit toujours ainsi.

Une foule de monocotylédones présentent deux verlicijles dont les pièces sont également colorées en rouge, en blanc, en jaune, etc., et ont une contexture également délicate.

On ne refusera certainement pas le nom de corolle à l’intérieur ; mais, si l’extérieur lui ressemble exactement, ce doit, sans aucun doute, être aussi une corolle; nous ne faisons pas de distinction entre deux feuilles semblables, quoique l’une soit plus élevée et l’autre moins élevée sur la tige. D’ailleurs, le verticille extérieur présente un caractère qui ne se rencontre jamais chez les véritables calices ; ses parties, dès la base, laissent entre elles un intervalle plus ou moins sensible, qui resterait vide s’il 11’était recouvert par les pièces alternes du verticille supérieur ; et nous savons qu’au contraire les parties d’un calice véritable sont toujours, du moins à leur origine, rapprochées y (

et contiguës. Mais ce caractère, qui n’existe jamais chez les **pi- <•;« ■« ■>"calices, appartient essentiellement, comme je vous l’ai dit flc“”

(p. 613), aux verticilles des corolles multiples; donc nous devons assimiler à ces corolles les deux verticilles des monocotvlédones à fleurs colorées , c’est-à-dire celles qui pré-

ENVELOPPES FLORALES

Intermédiaire entre le calice et la corolle d'un côté, et de l’autre un double calice ou une double corolle.

Par quel» nom* on doit désigner les enveloppe* florales de» monocotylédonil.

sentent une autre couleur que le vert. Ces deux vcrticilles seraient la corolle multiple ( corolla multiplex ) et trimère des Anonées , dépouillée du calice qui l’accompaguc.

D’autres monocolylédones, telles que les Joncs, offrent pour enveloppes six pièces à peu près également vertes. Les trois extérieures forment un calice, puisqu’elles sont contiguës, mais les intérieures ne le sont point, ou du moins le sont d’une manière obscure ; par conséquent , nous aurions une sorte d’intermédiaire entre le calice et la corolle d’un côté, et, de l’autre, un double calice ou même une double corolle.

Vous savez que la nature ne procède jamais que par transition ; ici vous en avez encore la preuve : on dirait presque qu’elle a voulu s’essayer dans les monocotylédones, plantes imparfaites, à former le calice et la corolle, généralement bien tranchés, des dicotylédones.

Des botanistes, qui n’admettaient qu’une enveloppe florale chez les premières de ces plantes, avaient pourtant reconnu que cette enveloppe ne pouvait être bien exactement assimilée ni à un calice ni à une corolle, et ils avaient imaginé des expressions particulières pour la désigner. Les uns proposaient le motpérianlhc (periunthïum) , que Linné prenait dans un sens plus général , d’autres le mot périgone ( perigonium ) , d’autres, enfin, périgynande(penÿyn<m«f«m), ou péristème (peristemum). Mais , puisque toutes ces expressions étaient destinées à indiquer une enveloppe unique, il est évident que nous ne pouvons nous en servir , lorsque nous reconnaissons qu’il existe deux enveloppes. Ce qu’il y a de mieux à faire , ce n’est pas d’introduire dans la science de nouveaux mots, qu’il faudrait nécessairement beaucoup multiplier, puisque nous avons des nuances nombreuses à représenter; c’est de peindre ce qui est à l’aide des expressions admises par tout le monde. Ainsi, quand nous aurons

DBS MONOCOTYLÉDONES.

évidemment un calice et une corolle, comme dans les Alisma, nous dirons que l’enveloppe florale se compose de deux verticilles, l’extérieur calicinal et l’intérieur pétaloïde ( calyci nus , petaloideus) ; dans la Tulipe, les deux| verticilles seront indiqués comme pétaloïdes ; dans le Jonc, l’extérieur sera calicinal , l’intérieur presque calicinal ( subcalycinus ).

^ II. — Des multiplications, dédoublements, soudures et défauts de développement dans les monocolylédones.

Pour me faire comprendre plus facilement, je u’ai voulu vous entretenir d’abord que des mon oçoty I éd o n es dont les deux verticilles floraux sont parfaitement symétriques cl composés de pièces libres. Mais, dans le vaste embranchement qui nous occupe, nous retrouvons réellement tous les phénomènes qui , chez les dicotylédones, déguisent ou altèrent la symétrie, savoir, comme je vous l’ai dit, la multiplication, le dédoublement, la soudure et le défaut de développement (V. p. 608 et suiv.). Je commencerai par vous entretenir de la soudure.

II est incontestable que, si les monocotylédones nous offraient toutes, comme les Muscari, une enveloppe en grelot à cinq dents fort petites, nous arriverions difficilement à l’idée d’y trouver deux verticilles ; mais, en prenant une série d’espèces, nous voyons l’adhérence se former par degrés, et , lorsqu’elle est presque complète , nous parvenons , au Soud,‘r' moyen de [l’analogie, à reconnaître encore la structure qu’elle déguise. Chez quelques Allium , les deux verticilles seraient libres, si des étamines monadelphes ne venaient se coller, pour ainsi dire, sur leur base; ailleurs une légère adhérence se montre à la partie inférieure des diverses par-

ENVELOPPE.» FLORALES

lies; ailleurs la soudure s’étend davantage, mais ou reconnaît parfaitement encore la limite des deux verticilles; peu à peu ces limites disparaissent entièrement dans l’espace soudé, mais les deux rangs de pièces se reconnaissent audessus de la soudure, aussi bien que s’il n’y avait plus bas aucune adhérence; s’étendant toujours, la soudure ne laisse plus de libres que des lobes ou des dents; néanmoins, dans la préfloraisoo, nous voyons toujours trois parties extérieures et trois intérieures; enfin, en quelques cas rares, la préfloraison elle-même ne saurait nous faire distinguer les deux rangs l’un de l’autre, et il faut que nous ayons recours à l’analogie. La soudure de deux verticilles contigus n’a rien, au reste, qui doive nous étonner; les parties, quoique superposées, peuvent se rapprocher assez pour se coller , pour se fondre, et rien , comme je vous l’ai dit, n’est plus commun dans les verticilles staminaux des dicotylédones (Y. p. 624). Je comparais tout à l’heure les deux enveloppes florales des monocolylédones à la corolle multiple des Anonécs; dans le Rolltnia, les deux verticilles se soudent, comme vous savez ( p. 634), et forment une corolle monopétale dont la préfloraison nous montre évidemment les trois pièces extérieures et les trois intérieures : c’est là ce qui arrive chez les Muscari.

Non-seulement les deux verticilles peuvent se souder entre eux, mais encore ils se soudent avec l’ovaire, ce qui, comme vous savez, a aussi lieu fort souvent chez les dicotylédones; mais, en général, chez les monocolylédones à ovaire adhérent, la soudure des pièces entre elles ne s’étend pas assez haut pour qu’à la partie supérieure on ne puisse les distinguer avec une facilité extrême (ex. Narcissus, Galanihus , Iris).

Il n’est pas extraordinaire que, chez des plantes peu élevées dans l’ordre des développements, nous trouvions plus

UES MOXOCOTYLBDONKS.

de soudures que de multiplications ; cependant les monocoly lédones ne sont point étrangères au dernier de ces phénomènes. Nous avons des ovaires multiples dans les Alisma , des étamines multiples dans la Sagittaire (Sagittaria) , des verticilles floraux quadruples dans les Narcisses.

Il est indispensable que j’entre dans quelques explications pour vous faire comprendre ce qui a lieu dans ces dernières plantes. Non-seulement nous voyons chez elles deux verticilles de trois pièces, complets et symétriques , soudés à leur base avec l’ovaire et libres au-dessus de ce dernier ; mais elles Couronne du nous offrent encore une couronne ( corana ) parfaitement fermée , soudée tout à fait à sa partie inférieure avec celle des pièces des enveloppes florales. La première idée qui se présente, c’est d’assimiler cette couronne à celte des Silcne (V. p. 629), et de la considérer comme formée par des dédoublements pclaloïdes qu’auraient formés les pièces des enveloppes florales et qui se seraient soudés ensemble. Cette conjecture ne saurait être infirmée, sans doute, par les Narcissus poeticus et Pseudo-Narcissus , car leur couronne , composée de parties intimement soudées, n’offre à son sommet qu’un grand nombre de petites dents, dont plusieurs appartiennent évidemment à la même pièce. Mais touslesNarcisses ne nous présentent pas de semblables caractères : souvent les parties qui ont formé leur couronne ne sont point, k beaucoup près, soudées dans une aussi grande longueur que chez le N. Pseudo-Narcissus , et alors on voit , à l’extrémité supérieure de cette même couronne, six lobes plus ou moins prononcés. Si ces lobes provenaient du dédoublement des pièces des deux verticilles floraux , ils seraient opposés à ces dernières ; mais ils alternent avec elles -, par conséquent, ils sont le résultat d’une multiplication, car le dédoublement, comme vous savez, amène constamment l’opposition, tandis que la multiplication amène l’alternance. La couronne

ENVELOPPES FLORALES

des Narcisses est donc composée, comme l’enveloppe qui la précède, de deux verticilles dont l’un alterne avec le verlirillc intérieur de cette même enveloppe, tandis que l’autre alterne avec le premier ; et, très-rapprochés , soudés intimement, les deux verticilles ont, ainsi que ceux du Rollinia (p. 634 ), formé une sorte d’enveloppe monopétale.

La corolle se dédouble bien évidemment en étamines dans quelques espèces de monocotylédones , par exemple, i — . dans Y Ali ma Plantago, où devant chaque moitié des trois pétales se trouve un organe mâle, et où, par conséquent, il est absolument impossible de supposer aucune alternance (V. p.;622); mais je ne saurais citer cher les plantes à un cotylédon un seul exemple du dédoublement d’un pétale en une autre expansioh pétaloïdc.

Quant aux suppressions, on pense bien qu’elles ne doivent pas être rares chez des plantes aussi peu élevées que les monocolylédoncs dans l’ordre des développements. On peut voir un des six pétales manquer complètement-, ailleurs c’est un verticille tout entier qui disparait; chez quelques Cypéracées les enveloppes florales sont réduites à de simples soies dont on ne saurait découvrir la symétrie , et qu’il faut peut-être, comme les aigrettes des Composées , assimiler à des nervures sans parenchyme; enfin, dans plusieurs genres, dans des familles même disparaissent tout à fait les enveloppes florales.

Passer en revue chacun des groupes qui nous présentent des défauts de développement, ce serait sortir des limites que je me suis tracées, et m’écarter du plan de cet ouvrage; mais, comme je vous ai déjà entretenus de la fleur des Graminées, j’achèverai de vous la faire connaître; elle nous fournira tout à la fois un exemple de soudure et un exemple de suppression. Je vous ai dit (p. 210, 288 et suiv.)

DS» MONOCOTYLÉ DOIVE».

que l’épillet uniflore des plantes dont il s'agit se composait de deux folioles extérieures et alternes qu’on appelle la glume (gluma), puis de deux paillettes ( paleœ ), l’une inférieure, l’autre supérieure, alterne avec la première; de deux paléoles (paleolœ) unilatérales très-délicates, et enfin des organes sexuels (/". 196; — id. 197, où les parties ont été artificiellement écartées les unes des autres) ; j’ai aj ou téque l’épillet mulliflorc (/". 198 ; — id. 199, où les parties ml été artificiellement écartées les unes des autres ) était l’uniflore répété un certain nombre de fois, mais sans sa glume, le long d’un axe qui porte à sa base une glume universelle. Dans les deux sortes d’épillets la glume (aa f. 1 96 et 1 97 ; bb f. 199) n’est autre chose, comme vous savez (V. p. 210), qu’une réunion de bractées; voyons à présent ce qu’il faut penser des paléoles et des paillettes. Des deux dernières l’inférieure offre une nervation impaire, et ne saurait être qu’une foliole simple : mais, dans la supérieure parinerviée, nous devons, avec Robert Brown , voir deux folioles soudées l’une avec l’autre (V. p. 192) ; et, par conséquent, nous avons réellement ici trois folioles, c’est-à-dire une enveloppe extérieure telle qu’on en trouve ordinairement chez les monocotylédones. Dans la position des deux palcoles qui, comme je l’ai dit, sont collatérales, nous trouvons un caractère qui appartient à toute paire de folioles faisant partie d’un verticille quelconque ; l’alternance des paléoles avec la paillette extérieure est, en particulier, le caractère qu’offre chaque pièce d’un verticille relativement à celles du verticille inférieur; et il y aurait évidemment une alternance complète, s’il existait une troisième paléole à la place que les deux autres existantes laissent vide "donc, les deux paléoles sont le reste d’un verticille supérieur qui alterne avec un autre verticille inférieur. En résumé, les paillettes et les paléoles (des Graminées forment leurs enveloppes florales; les pre-

ENVELOPPES FLORALES

inièrcssont l’enveloppe inférieure chez laquelle deux folioles se trouvent soudées; les paléoles sont l’enveloppe supérieure réduite à deux folioles. Au reste, ce que l’élude des positions respectives, les analogies et le raisonnement démontrent si bien, l’est encore par l’observation directe; en effet, H. Schleidcn a reconnu dans le bouton très-jeune des Graminées deux verticilles de pièces égales et parfaitement libres, et il a vu que les trois supérieures étaient alternes avec les inférieures.

Je vous ai fait retrouver les lois de la symétrie dans la fleur des Graminées, telle qu’elle se présente le plus souvent aux yeux de l'observateur; chez certaines plantes de cette famille , les soudures et les défauts de développement sont bien plus sensibles encore, mais il nous sera toujours facile de nous en rendre compte pour peu que nous prenions pour objet de comparaison la structure ordinaire que nous connaissons actuellement si bien. Ainsi, quand nous n’aurons qu’une paillette imparinerviée, nous dirons qu’à l’enveloppe florale inférieure, deux pièces ont fait défaut. Qu’il existe une seule paléole au milieu de laquelle correspondra une des étamines, nous reconnaîtrons celte paléole comme étant formée de deux paléoles soudées : quand cellesci restent distinctes, comme cela a lieu ordinairement, une des étamines alterne avec elles; si elles viennent à sc souder, l’organe mâle se trouvera nécessairement placé devant le milieu de l’organe composé, résultat de l’adhérence. ( Un coup d’œil jeté sur la fig. 199 suffira pour faire comprendre ce que je dis ici. )

lits MOSOCUTVLEDOMKS.

§ III. — De l’origine des a amines chez les monocotylêdones; de r ovaire des mêmes plantes .

Si je m'arrêtais après vous avoir fait connaître la nature et la disposition respective des enveloppes florales chez les monocotylêdones, vous n’auriez qu’une idée très-incomplète de la fleur de ces plantes , puisqu’au-dessus de leurs enveloppes elles offrent encore des étamines et des carpelles. Il me sera impossible, je dois l’avouer, de ne laisser dans votre esprit aucun doute sur l’origine des organes mâles et leur véritable position ; mais il est bon que vous sachiez quelles lacunes existent encore dans la science pour que vous tâchiez de les remplir.

Les monocotylêdones les plus complètes ont, généralement. six étamines, comme elles ont six pièces à leurs enveloppes réunies, et chacune des étamines se voit devant une des six pièces. Les botanistes, qui n’admettaient qu’un calice ou une corolle chez les monocotylêdones, devaient nécessairement dire que les étamines étaient opposées aux folioles calicinalcs ou aux pétales; mais, comme il existe deux enveloppes, il est réellement possible ou que chaque étamine soit opposée à une des pièces de l’une cl l’autre enveloppe, qu’elle en soit une dépendance, un dédoublement, ou bien qu’il existe deux vcrticillesde trois étamines chaque, dont le second alterne avec le premier, qui alternerait luimême avec l’enveloppe florale supérieure. Il estincontestable que, chez les Graminées, dont les étamines sont hjpogynes, î.’.'ur. celle qui se voit devant la paillette extérieure en est si peu un dédoublement, que souvent elle s’en trouve éloignée d’une manière très-sensible; par conséquent, ici, les organes

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mâles forment un vcrlicillc distinct, parfaitement indépendant des enveloppes florales et alterne avec l’enveloppe supérieure, c’est-à-dire avec les palèoles. Mais, comme dans JlEZur*: VAlisma Plantago et autres plantes analogues qui offrent une insertion périgyne, les étamines sont certainement, ainsi que nous l’avons vu (p. 808), le résultat d’un dédoublement des pétales, on est en droit de demander s’il n’en serait pasde même dans loulcslcs monocotylédon es à insertion également périgyne, c'est-à-dire dans les Liliacées, les Asparagées, les Amaryllidées, les Orchidées, les Iridiées, etc. Chez les jmonocotylédoncs les développements sont généralement si incomplets, les soudures confondent tellement les différents organes, que, sur le point de botanique dont il s’agit , il m’a été absolument impossible , par l’observation directe, de reconnaître la vérité avec une entière certitude. La difficulté est d’autant plus grande que, dans les monocotylédones, les deux enveloppes florales ne sont pas toujours, comme je vous l’ai dit (p. 803), exactement superposées; mais qu’entre les pièces de l’enveloppe extérieure il existe, le plus souvent, un intervalle que remplit le milieu des pièces de l’enveloppe supérieure, que, par conséquent, les verticilles sont réellement bien moins distincts que chez les dicotylédones, et que tous les rapprochements doivent nécessairement être très-intimes. Mais, quand les moyens d’observation nous manquent, nous avons, du moins, la ressource de recourir au raisonnement et à l’analogie. II n’est guère vraisemblable que, dans des plantes bien plus imparfaites que les dicotylédones, nous trouvions deux verticilles slaminaux continuant l’alternance des enveloppes florales, lorsque ce caractère ne se rencontre chez les dicotylédones que dans un petit nombre d’espèces qui appartiennent aux familles les plus élevées dans l’ordre des développements. Nous devons plutôt, ce me semble, croire que

DEA MONOCOTYI.ÉDO.NES.

les monocotylédones périgynes n’ont pas, comme les Primulacécs, de véritables vcrticillcs staminaux ; mais que ce verticille est remplacé, chez elles, par le dédoublement en étamines des pièces d’une des enveloppes ou plus souvent de toutes les deux ; genre de phénomène qui n’indique pas, ainsi que vous le savez , la même énergie que la multiplication.

Quant au verticille des carpelles, il est, chez les monocotylédoncs, beaucoup plus souvent symétrique, proportion gardée, que chez les dicotylédones, c’est-à-dire qu’il offre plus ordinairement un nombre de pièces égal à celui des parties de chacune des enveloppes. Cependant on trouve, comme vous savez, des carpelles asymétriques par multiplication dans les Alismacées ; et les Graminées nous offrent de nombreux exemples d’un verticille asymétrique par la suppression de deux carpelles. Ainsi que dans plusieurs Chénopodées, nous avons aussi , sans cordons pistillaires, dans les Cypéracées , trois feuilles carpellaires , ou deux par défaut de développcmcn t , avec un seul ovule attaché au fond de la loge, et qui n’est autre chose que l’extrémité de l’axe (V. p. 546).

§ IV. — Des rapports des monocotylédones entre elles.

A présent que nous avons su retrouver les lois de la symétrie dans la fleur des monocotylédones, autant, du moins, que le permet l’état de la science, nous n’aurons plus autant de peine à démêler les rapports, trop souvent méconnus, de ces plantes entre elles, et à déterminer le degré

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de développement qu’il a été donné à chaque famille de pouvoir atteindre.

Nous devons évidemment appliquer aux monocotylédones en particulier ce que nous avons dit des végétaux en général : celles-là seront les moins imparfaites qui présenteront le plus de multiplications, le moins de soudures et de suppressions. Or il n’est bien certainement pas de famille monocotylèdonc qui réunisse ces conditions à un plus haut degré que les Alismacées, puisque, chez elles, nous trouvons un calice et une corolle bien caractérisés, de nombreux ovaires cl quelque- QupIIm tnnnoco- fois des étamines en très-grand nombre. Mais il ne faut pas

tjlrdonn «ont tri 1

s’imaginer que ce soit avec les dicotylédones les moins com-

l"pprn''•“^■ piétés que ces plantes ont le plus de rapports; elles se rapprochent, au contraire, des dicotylédones les plus parfaites bien plus que de toutes les autres , et il faut même une grande habitude d’observer les plantes pour ne pas, au premier abord , prendre pour des Alismacées les Cazalea , qui font partie des Renonculacées et sont très-voisins du genre Ranunculus. Cependant, quand nous placerions dans la série linéaire les Alismacées à la tête des monocotylédones , elles se trouveraient nécessairement séparées des Renonculacées par toutes les autres familles dicotylédones , puisque ce sont les Renonculacées qui doivent commencer la catégorie des végétaux à deux cotylédons ; tant il est vrai que, maigre tous nos efforts, nous ne formerons jamais une série linéaire qui ne nous offre les imperfections les plus choquantes.

Mais, bien loin de rapprocher les Alismacées, au moins, des dicotylédones les plus imparfaites, les botanistes out coutume de placer entre celles-ci et les premières une longue suite de familles monocotylédones ; ce sont les Orchidées qu’ils rangeu t ordinairement près des dicotylédones, frappés de l’éclat brillant des fleurs de cette famille cl obéissant encore à quelques idées systématiques qui s’ôtaient

DES MONOCOTYLÉDOXES.

glissées dans l’ouvrage immortel d’Ântoine-Laurcnl de Jussieu. Il est incontestable, pourtant, que les Orchidées sont moins élevées , dans l’ordre des développements , que les Graminées qu’on a le plus éloignées des végétaux à deux cotylédons. Nous trouvons, à la vérité, une pièce de moins à l’une des enveloppes florales des Graminées, et il n’en manque aucune à celles des Orchidées ; mais, chez ces dernières, l’embryon est resté, pour ainsi dire, informe, tous les vcrticilles sont soudés à leur base, celui des étamines est réduit à une seule , et l’adhérence va jusqu’à la confondre avec le style; dans les Graminées, au contraire, nonseulement la structure de la tige se rapproche singulièrement de celle de l’axe des dicotylédones, non-seulement l’embryon est plus développé que chez les autres plantes à un cotylédon , mais encore les verticilles sont distincts et écartés les uns des autres, et les étamines ainsi que les pistils sont parfaitement libres. Cependant, bien loin de ranger les Graminées dans le voisinage des dicotylédones, c’est auprès des cryptogames que Jussieu, et, après lui, une foule de botanistes ont cru devoir les placer; et, auprès d’elles, ils ont mis des plantes qui , nous devons l’avouer , ont à peu près le môme aspect qu’elles, qui ont des étamines également hypogynes, et qui, en même temps, ne présentent aucune enveloppe florale. Mais, chez ces dernières, l’hypogy nie est la conséquence nécessaire delà suppression des enveloppes, car les étamines ne sauraient être përigynes , c’est-à-dire soudées avec le calice ou la corolle , lorsque ceux-ci n’existent pas; dans les Graminées, au contraire, il pourrait y avoir périgynie, puisque ces plantes sont pourvues d’enveloppes, et , par conséquent, l’hypogynie est, chez elles, un symptôme d’énergie vitale. Ainsi l’hypogynie, conséquence nécessaire d’un défaut de développement dans les premières des plantes qui nous occupent, signe d’énergie

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