NOMBRE
Augmentation
Multiplication .
étal d’anomalie ; mais un rameau fascié (V. p. 127) conservera , à (ouïes les époques de son existence, l’hypertrophie monstrueuse qui le dilate el l’aplalit.
Certaines déviations reparaissent quelquefois d’une manière périodique. Il existe des arbres qui donnent , chaque année, des étamines dilatées ou des fruits atrophiés. Dans d’autres cas, les monstruosités se présentent deux fois, a.
1 quelque*- une*.
trois fois, et disparaissent sans retour. On a vu des plantes qui, transplantées dans un autre sol ou sous d’autres climats, ont donné , la première année, des fleurs sans corolle ou sans pistils, cl sont revenues , l’année suivante , à leur étal normal.
Des monstruosités peuvent se montrer dans tout le VC- I .es mon* lino-
. * | . ,, . *'!«* général*»* ou
gelai , ou bien elles sont limitées a I un de scs rameaux , a i*ri,.iiM l’une de ses fleurs, ou même à un seul de ses organes. La lige cl les branches de certains Euphorbes sont quelquefois également fasciées , tandis que, dans la plupart des végétaux ligneux , il n’v a d’aplalie qu’une branche isolée. Chez un grand nombre de Rosiers toutes les Heurs sont doubles ; chez d’aulres, il n’y a de doubles que celles d’une de leurs branches. Tantôt la fleur du Papaver somniferum devient double ou semi-double, et tantôt une seule de ses étamines se métamorphose en pétale (1).
Je vous ai dit que l’examen des monstruosités nous dévoilait souvent les mystères les plus cachés de l’organisation
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végétale; cependant je ne vous dissimulerai pas que , pour s’éclairer des lumières qui peuvent résulter de l’observation f*'"
d’une structure anomale , il est indispensable d’avoir lait de
(t) Tout ce qui précède est extrait d’un ouvrage qui va bientôt paraître à la librairie de M. Loss, rue Haulefeuillc , sous le litre d’ Eléments de Tératologie végétale , ou histoire abrégée des anomalies de r organisation dans les végétaux , par M. Moquin-Tandon.
ANOMALIES VEGETALES.
la morphologie une profonde étude ; sans celle condition , les monstruosités favoriseraient également tous les rêves de l’imagination , et, comme disait M. Henri de Gassiui, on verrait en elles tout ce qu’on voudrait y voir. Aussi, lorsqu’on cherche dans un fait anomal des preuves en faveur de telle ou telle théorie , faut- il être sans cesse sur ses gardes pour éloigner les causes si nombreuses d’illusion et d’erreur. Qui ue croirait, par exemple, que, lorsque des sucs plus abondants ou plus rares métamorphosent un vcrticille, il prendra les formes de celui qui précède ou de celui qui suit? Cependant il n’en est pas toujours ainsi : l’augmentation ou la diminution ne se font point constamment sentir dans une proportion graduée : un vcrticille métamorphosé revêt quelquefois les formes d’un autre vcrticille éloigné de lui par des intermédiaires, ou bien il présente à la fois dans ses divers organes les formes qu’affectent habituellement les parties de plusieurs verlicilles. Les monstruosités ont leurs déguisements comme l’état habituel ; et si, par exemple, on voulait expliquer la fleur des Labiées , celle des Primulacées ou des Crucifères par certaines monstruosités , sans appeler à son secours les analogies et les principes auxquels nous a conduits l’étude de la sjmélrie végétale, on courrait le risque de donner une idée erronée de ces différentes familles.