‹ Leçons de botaniqueChapitre 41 sur 148 · TT* V · texte numérisé non relu

TT* V

I.a tige, comme vous le savez déjà (p. 95), est indéterminée, si, produisant toujours des feuilles, elle ne donne des fruilsetdesscmencesqucpar l’intermédiairede rameaux raccourcis d’une autre évolution que la sienne. Vous savez aussi qu’elleest déterminée lorsqu’une (leur, résultat de la transformation des organes appendiculaires, vient mettre un terme à sa végétation. Le rameau nous offre une exacte répétition de la tige ; il est donc bien clair qu’il doit être déterminé ou indéterminé comme elle (ramus déterminât us, indeterminafus).

Dans le premier cas , il peut produire d’abord des feuilles, puis des bractées, feuilles déjà altérées, puis des fleurs, série d’autres feuilles plus altérées encore. Mais souvent il est trop faible pour donner naissance à une longue suite d’organes passant, par degrés, de la faiblesse à la vigueur et de la vigueur à l’épuisement. Épuisé dés son origine, il ne produit

PF.nONCUI.ES.

que des organes appauvris comme lui-méme, c’est-à-dire des bractées et des vcrticilles floraux. Dans ce cas, il ressemble si peu à un rameau ordinaire, que les botanistes lui ont donné un nom particulier, indispensable pour les descriptions, celui de pédoncule (peduneulus) , nom qui remplace celui de queue de la fleur, employé dans le langage vulgaire.

§ I. — Des pédoncules proprement dits.

On pourrait définir le pédoncule un rameau déterminé,

dotKUle.

grêle et raccourci, qui, par appauvrissement, est réduit à ne

porter que la fleur ou tout au plus des bractées avec elle.

Le rameau dont les organes appendiculaires ne sont que des verticilles floraux peut quelquefois se développer si peu, que, presque à son origine, il don ne déjà naissance à la fleur, et qu’il se trouve, par conséquent, réduit à n'êtrcquc l’axe de cette dernière. Dans ce cas , on dit que la fleur est sessile à l’aisselle de la feuille (/lus sessilis), comme ou dit que la feuille est sessile quand sa lame est portée sur la tige , sans l’intermédiaire d’un pétiole.

Entre la fleur vraiment sessile et le rameau feuillé terminé par une fleur, on trouve tous les intermédiaires possibles. Pour peu qu’ou prenne une série d’espèces, on voit le rameau se raccourcir graduellement, et, en même temps, ses feuilles diminuer de vigueur ; celles-ci arrivent à n’étre qu’une oudeux faibles bractées, etenfin l’on n’a plus qu’une fleur sessile. Dans une foule de cas, on ne sait même si l’on doit dire que la fleur est sessile ou pédonculée (fl. peduncu latus), et alors on est forcé de se servir d’une expression mixte: flos subsessilis , flos subpedunculatus , fleur presque sessile, presque pédonculée, genre d’expression qui, en

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fKUUXCLI.ES.

• trahissant l’embarras où les botanistes se trouvent sans cesse,

j montre que la nature procède toujours par transition.

Tout ce que je viens de vous dire vous prouve qu'à moins d’un avortement fort rare il n’y a point de pédoncule sans fleur. Ainsi, quand on a écrit autrefois qu’un pédoncule était le support d’une fleur, on ne s’est point trompé ; mais on n’a pas remarqué que tous les supports de fleurs n’étaient point identiques; on a beaucoup trop généralisé, et l’on a oublie ce qui constitue la science véritable, savoir, la comparaison. Confusion t.n- Cette définition , le pédoncule est le support de la fleur, iion^'du^ tout exacte qu’elle est en apparence, a cependant introduit une grande confusion dans la science. En effet, quand on a vu un rameau axillaire réduit à ne porter que des verticilles floraux, comme dans le Veronica agrestis ou le Lysitnachia Nummularia(f. 1 48), on a dit que c’était un pédoncule; quand on a vu qu’au sommet d’une lige feuillée il y avait, comme dans beaucoup d’Ombcllifèrcs , la Carotte , par exemple ( Daucus Carota , f. i 49), une partie dépourvue de feuilles, on l’a encore appelée un pédoncule, et, lorsqu’on a trouvé une partie semblable au sommet d’un rameau feuille à la base ( Pyrethrum Parlhenium, f. 1 50), le mol de pédonculea aussi été employé, avec cette différence, cependant, que l’on a dit, dans les deux derniers cas, que les pédoncules étaient terminaux (ped. terminales) , et, dans le premier, que le pédoncule était latéral (ped. lateralis). Ainsi le pédoncule latéral est un rameau, c’est-à-dire un axe secondaire tout entier; le pédoncule terminal peut être ou une portion d’axe primaire, c’est-à-dire de tige, ou une portion * de rameau ; par conséquent, sous ce nom de pédoncule, on désigne des axes de deux générations différentes, et , sous « • celui de pédoncule terminal en particulier, tantôt une portion d’axe primaire et tantôt une portion d’axe secondaire. La formation de la langue botanique, comme celle de toutes

l-EUONCl l,ES.

les autres langues, a précédé l’examen philosophique: prétendre la réformer , ce serait vouloir rendre inutiles une foule de livres où l’on a employé les termes qui la composent; mais il est indispensable de donner une interprétation rigoureuse de ces termes, et de prémunir ceux qui étudient contre les erreurs auxquelles ils pourraient les conduire.

§11. — De la hampe.

Le mot hampe ( scapus ) a fait naître presque autant de confusion que le mot pédoncule. D’après une définition coDft«.uü ««•».

» 1 * t s ion née par I*- mol

vague que Linné avait donnée de ce mot, et les applications '“■r*qu’il en avait faites, ou l’a employé pour désigner tous les supports florifères qui parlent du milieu d’une rosette de feuilles radicales, cl qui en même temps sont nus ou chargés de quelques bractées. Ils’csl trouvé que le plussouvent ce genre de support appartenait à des tiges souterraines ou très-raccourcies et en même temps indéterminées, comme cela a lieu chez le Galanlhus ntvalis {f. 30), les Primula (ex. P.

Sinensis , f. 151), les Drusera; or, dans les plantes à tiges indéterminées, les fleurs ne sont jamais terminales; par conséquent, la hampe n’y est qu’un rameau ou un véritable pédoncule axillaire. Mais quelquefois aussi le support presque nu qui s’élève du milieu d’une rosette de feuilles radicales s’est trouvé dépcndri^d’une tige déterminée, cl alors ce qu’on a nommé hampe n’a été que la partie supérieure de cette mémo lige (ex. Plerotheca Nemausensis , Cas. — Andriala Nemausensi», L., f. 152). Ainsi le mot hampe a désigné tantôt une portion d’axe primaire ou de première végétation, et tantôt un axe secondaire tout entier. Des auteurs, frappés de celte incohérence, ont donné le nom de pédoncule axillaire, les uns à l’axe secondaire entier, cl les autres à la portion

l'LDO.VLLKS.

d'axe primaire. Je crois qu'au milieu de celle confusion, ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de conserver le mol de hampe Lunicjuriiaion aux pédoncules des liges souterraines ou très-raccourcies et

«loit employer co

«oi en môme temps vivaces, et de dire tout simplement, des tiges

déterminées qui ne portent point d’organes appendiculaires entre les feuilles radicales et les fleurs, qu’elles sont nues dans cet intervalle ( caulis superne tiudus).

§ III. — Des pédoncules supra-axillaires , pétiulaires, épiphylles, oppositi foliés, alaires el intra foliacés.

Pédoncule dit tup«-iul)<uc ;

Vous savez que le pédoncule est un rameau, c’est connaître la position qu’il doit nécessairement avoir sur la tige, car un rameau ne saurait naître que d’un nœud vital à l’aisselle d’une feuille.

Cependant ou voit des pédoncules qui se détachent de la tige au-dessus de la feuille, d'autres qui sont opposés à celle dernière, d’autres qui partent du pétiole, et enfin quelques-uns qui semblent devoir leur origine au bord ou au milieu d’une feuille. Dans ces divers cas, des soudures, des avortements, des dilatations extraordinaires, phénomènes si fréquents dans l'organisation mobile des végétaux, nous font seuls illusion, cl un examen attentif va bientôt nous montrer que les pédoncules placés sur la tige au-dessus de la feuille ou bien sur le pétiole sont réellement axillaires; que ceux portés en apparence par des feuilles le sont réellement par des rameaux; enfin que les prétendus pédoncules opposés à la feuille sont des extrémités de liges. Je vais successivement passer en revue ces apparentes anomalies.

Si le pédoncule semble naître de la lige au-dessus de la

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l'tDOSCLI.LS.

feuille ou 6 Ire, comme l’on dit dans le langage technique , supra-axillaire ( pcdunculus supra foliaceus , supra-axillaris), c’est qu’il a été entraîné par la force de la végétation, ou qu’il s’est soudé avec la tige , dans tout l’espace compris entre l’aisselle de la feuille et le point où il semble commencer. On a dit que c’était celte dernière cause qui éloignait de la feuille le pédoncule du Menispcrmum Canadense (/". 153), mais il n’en est réellement point ainsi. Dans celle plante, deux bourgeons naissent l’un au-dessus de l’autre , l’inférieur avorte, et c’est le supérieur, nécessairement plus éloigné de la base de la feuille, qui, se développant, devient le pédoncule. 0

Lorsque ce support est pétiolairc (pcd. peliolaris), c’est-àdire lorsqu’il parait émaner du pétiole de la feuille, comme dans le Thcsium cbraetcatum (f. 154), il est encore né du même nœud vital que celle-ci, mais il s’est soudé dans une partie de sa longueur avec le pétiole.

Que la feuille soudée soit sessile, ou que la soudure s’étende au delà du pétiole, alors le pédoncule paraîtra tirer son origine de la feuille elle-même , et pour celle raison on le dit épiphylle (pedunculus foliaris , epiphyllus). Ainsi le pédoncule des fleurs du Tilleul (T ilia Europœa, L., f. 1 55) semble sortir du milieu de la bractée; mais l’examen le plus supcrticicl suffit pour montrer que, depuis la base de cette dernière, il est soudé avec la nervure moyenne, et que ce n’est pas au point où il devient libre qu’est en réalité son commencement.

Il arrive aussi, comme vous le savez déjà(p. 226), que, lorsqu’il semble émaner d’une feuille, ainsi que celaa lieu chez le lluscus aculeatus (f. 1 56) cl les Xylophylla (ex. A'. spcciosa, f. 1 57) , la prétendue feuille est un véritable rameau qui, par suite de cette loi des balancements dont les exemples sont si multipliés, s’est dilaté outre mesure. Dans ces plantes, la

marginaux ;

P|'|K>ailifolic

feuille de la tige se réduit à une faible membrane ; par compensation, le rameau né à son aisselle prend un élargissement considérable, cl sa dilatation fait avorter à leur tour les feuilles qui émaneul de lui et restent aussi réduites à une membrane; les pédoncules naissent de l’aisselle de celte dernière, et, par conséquent, il n’y a ici que des apparences trompeuses et nulle exception à la règle générale ; mais, si nous partons delà tige mère, la fleur du Ruscus aculealus ou des Xylophylla (f. 15G et f. 157) appartiendra toujours au moins à la troisième génération, et, dans une autre plante, le Sparlium jtweeum ( f 158), par exemple, le pédoncule pourra former facilement la seconde génération. Quand la dilatation du rameau se fait également d’un côté et de l’autre du nœud vital, celui-ci reste sur le milieu du rameau dilaté ou de la prétendue feuille; c’est ce qui arrive dans le Ruscus aculealus ( f . 156). Lorsqu’au contraire la dilatation s’opère entre les nœuds, ceux-ci sont rejetés sur les bords de la feuille prétendue, et alors on les appelle marginaux (pedunculi marginales , ex. X. speciosa, f. 157).

On a dit aussi que les pédoncules étaient épipbylles dans les Phyllanthus , où l’on a cru voir des feuilles composées chargées d’un grand nombre de fleurs; mais, chez ces plantes, les feuilles sont aussi peu composées que celles du reste de la famille des Euphorbiacées, à laquelle appartient le genre Phyllanthus ,• ces prétendues feuilles composées sont des rameaux fort grêles, à feuilles simples et alternes, à l’aisselle desquelles se développent les fleurs.

Quand le pédoncule est opposé à la feuille ou opposilifolié (ped. oppositifolius-, ex. Solanum dulcamara, f. 1 59), la vérité est moins facile à découvrir; mais, dans ce cas-là même, elle ne peut échapper à l’observateur attentif. 11 ne tardera pas à s’apercevoir que le prétendu pédoncule opposé est véritablement continu avec, la lige, et qu’il en est

PEDONCULES.

le sommet; tandis que la partie qu'on prendrait, au premier coup d’œil, pour la tige véritable, appartient en réalité à un ' second degré de végétation, en un mot qu’elle est le résultat de l’allongement d’un bourgeon axillaire , c’est-à dire un rameau: la tige mère a avorte, cl la branche, véritable usurpatrice, a pris sa place, eu se développant outre mesure.

Ici se manifeste le même phénomène que dans la fausse dichotomie , avec cette différence que le sommet de tige qui semble un pédoncule opposé à la feuille cède entièrement sa place au rameau, tandis que, dans la fausse dichotomie, la branche ne fait que partager cette place. Chez certaines espèces, telles que Vyfbutilon terminale , et surtout le Cuphea muscosa, plante faible et sans énergie vitale, il arrive souvent que le rameau usurpateur ne se développe pas ou se développe mal (/". 160, 1 61 ); alors toute illusion disparaît, cl l’on voit bien évidemment que le prétendu pédoncule opposé é la feuille n’est que le sommet de la tige.

Quand les feuilles sout opposées, souvent un rameau se développe outre mesure à l’aisselle de chacune, et une bifurcation se forme; alors, par compensation, le sommet de la tige mère avorte, il cesse de porter des feuilles, il ne porte plus qu’une fleur, et semble un pédoncule placé entre deux branches divergentes ( cx.Stellaria Uolostea,f. 162) : ce sont ces sommets de tige avortés et réduits à porter uniquement des verticilles floraux , que l’on a nommés en latin pedun “ alaires ; cuit alares, et en français pédoncules alaires.

Il arrive quelquefois aussi que l’une des deux branches avorte entièrement , que l’autre se développe outre mesure, en prenant, par une direction droite, la place de la tige ; et alors le sommet avorté de cette dernière, faux pédoncule , sc trouve appliqué ou à peu près appliqué contre un des deux côtés du rameau développé outre mesure et placé à une égale distance des deux feuilles ; c’est ce qui arrive dans les

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Asclepius , chez une foule de Cupkea, VÀrenaria lateri/lora, etc. (J. 1 B 3), où l’on a dit qu’il y avait des pédoncules inlrafoliacés ou iolrapéliolaircs ( pedunculi interfoliacei , interpcliolares) , c’est-à-dire pédoncules placés entre les feuilles ou les pétioles. Que nous retranchions l’un des deux rameaux entre lesquels se trouve le pédoncule alaireà une seule fleur d’un SteUaria, et que nous redressions un peu l’autre rameau, nous aurons un pédoncule intrafoliacéjou bien, si l'on veut, supprimons dans certains sipocynum l’une des branches de la bifurcation , nous produirons la plus parfaite image du pédoncule intrafoliacc cl mullillorc d’un Asclepias.

$ IV. — bétails divers.

La direction propre des pédoncules varie suivant les espèces, et, sous ce rapport, on observe chez eux à peu près les mêmes modifications que chez les rameaux ; mais bien plus souvent il leur arrive de se courber au sommet, et alors la fleur devient plus ou moins inclinée. Ils ne présentent pas seulement des positions différentes dans les différentes plantes j ils changent souvent de direction pendant le cours de leur existence. Celui de certaines espèces, courbe durant la floraison ,sc redresse après la chute du calice ; et, au contraire, celui du Glechoma hederacca , d’abord droit, s’incline quand la corolle est touillée, comme s’il voulait répandre sur la (erre les semences mûres dont le calice est rempli. Dans le Trifolium sublerrancum (f. IGi), le pédoncule fait plus que se courber; il s’enfonce dans la terre, et , après la floraison, il s'y fixe à l’aide des bractées ou des calices auxquels il a donné naissance et qui se développent en

PEDONCULES.

espèce de racines. Le Linaria Cymbalaria (f. 165) végète sur les murs; ses pédoncules , après la chute de la corolle, s’allongent outremesure, cl vont cacher dans les trous de la muraille les graines qui doivent y germer. Le pédoncule du Cyclamen Europæum(f. 166 ), droit pendant la floraison, se contourne en spirale, durant la maturation du fruit; celui, au contraire, des fleurs femelles du Vallimcria spiralis{f. 167), tordu avant leur épanouissement, se déroule, s’allonge, pour les porter à la surface de l’eau, et, quand elles ont été fécondées , il se roule line seconde fois , et attire sous les eaux le fruit qui va mûrir. Ces divers phénomènes ne sont point le résultat d’une action mécanique; ils sont produits par cette force vitale inappréciable à nos moyens d’observation, qui se modifie de différentes manières dans les différentes espèces de plantes : il est impossible de n’y [tas reconnaître les plus admirables harmonies.

Le plus souvent les pédoncules sont cylindriques; quel- l<-u. fo™*. quefois aussi ils sont comprimés, mais ils ne le sont pas toujours dans toute leur longueur; il peut leur arriver de ne l’élre qu’à leur base, et alors l’aplatissement, comme on en a la preuve chez beaucoup de Liliacécs, n’est dû qu’à la pression exercée par les parties voisines.

ISi certains pédoncules s’aplatissent , celui des Anacardes, au contraire , se renfle , pendant son accroissement , de la manière la plus remarquable, et finit par imiter nos Poires ou nos Pèches (ex. Anacardium occidentale, f. 168, 169).

Ainsi, chez les Anacardes, la partie qu’on appelle la Noix d' Acajou est le fruit véritable, et celle qui porte le nom de Pomme d’ Acajou, quoique beaucoup plus large que ce fruit, n’est autre chose qu’un pédoncule démesurément développé. Cet état du pédoncule est le même que celui des fruits où les tissus sont gorgés de sucs; c’est une espèce d’anasarque naturelle et héréditaire un peu

252 PBUONCULtt.

analogue à celle qu’un état morbide développe chez les animaux.

La longueur du pédoncule varie singulièrement aux différentes époques de son existence. Avant que la (leur se soit épanouie, il est souvent plus court que la feuille ou la bractée qui le protège, et qui, une fois développée, reste à peu près stationnaire; puis il devient égal à elle, et enfin , après la chute des pétales, il parvient à la dépasser. On peut observer à la fois toutes ces différences chez le même individu, et par conséquent il faut, autanlqu’il est possible, éviter de prendre pour caractère distinctif des espèces la longueur relative du pédoncule et de la feuille.

Pédoncules CO- Étant , comme la fleur, le résultat de l'épuisement du végétal , le pédoncule offre souvent des symptômes d’altération semblables à ceux qui se manifestent chez elle. Ainsi , dans une foule de plantes, il se peint des mêmes couleurs que la corolle, et contribue à l’embellissement de l’individu dont il fait partie.

iw.dupidoo- Le rameau véritable se prolonge cl se multiplie; le pédoncule, au contraire, qui porte une fleur, terme de la végétation, se dessèche avec elle ou, du moins, avec le fruit qui succède à la fleur.

Pédoncules me- Chez un grand nombre d’espèces, cependant, le pèdon-

umor,;i".“. n ^ jout desséché qu’il est , persiste sur la lige , et, dans ce cas, il peut même lui arriver de prendre, après la floraison , la forme d’une véritable épine , ainsi que cela a lieu pour l’axe des feuilles de certains Astragalus.

Les pédoncules du Mesembryantlicmum spinosum et ceux du bas de la grappe de VAlyssum itpinosum ( f 170) deviennent épineux par l’avortement de la fleur, comme les rameaux de l’Aubépineet du Néflier le deviennent par celui du bourgeon terminal. Dans d’autres plantes, telles que le Car- ( Uospermum UaUcacabum ou Vl’rvtllea glabra (f. 171), c’est

Digitiz

en vrilles que se métamorphosent les pédoncules sur lesquels il ne s’est point développé de fleurs.

D’autres plantes ont un pédoncule articulé (per/, articulalus , ex. Asparagus officinalis , f. 172 ) qui se sépare de la lige à l’époque de la maturité du fruit. Chez d’autres, la désarticulation devance même la chute de la corolle; c’est ce qui a lieu principalement pour les pédoncules des fleurs mâles devenues inutiles après la fécondation, et, quand cela arrive également pour les fleurs femelles Ou hermaphrodites, il est bien évident qu’il ne saurait y avoir de reproduction : nous voyous la (erre jonchée des fleurs encore fraîches du Marronnier d’Inde (Æsculus Hippocastanum) dont le pédoncule s’est promptement désarticulé, cl à peine si, sur une grappe de Marronnier chargée de nombreuses corolles, un ou deux pédoncules persistent pour porter des fruits.

Un pédoncule peut être articulé, soit un peu au-dessus de sa base , soit au milieu de sa longueur, soit, enfin, au-dessus de son milieu. Comme il n’est pas rare de voir une articulation à l’endroit où le pédoncule naît de la tige, et qu’on en peut voir aussi aux points où le pédoncule lui mémo vient h se ramifier, on a pensé que, quand le pédoncule était articulé entre sa base et son sommet, il v avait indication d’une production nouvelle , et que toute la partie supérieure à l’articulation devait être considérée comme appartenant à un autre degré de végétation que la partie inférieure. Dans ce cas, il faudrait supposer que des bractées devaient nailre à l’articulation, qu’elles ont avorté, qu’avec elles a avorté le sommet du pédoncule, et qu’un pédoncule latéral a pris la place du pédoncule mère. Ne serait-il pas bien plus naturel de considérer un pédoncule articulé comme présentant, ainsi que tous les autres pédoncules, uu seul degré de végétation, et de croire que l'articulation indique un nouvel entre-nœud il la base duquel des nœuds vitaux, opposés ou vcrlicillés ,

Pi.lonrulr* articulé*.

n'auront point, faute d’éncrgio, émis d’organes appendieulaires?Un rameau d’Œillel( ex. Dianthus attenuatus,f. 173) présente une suite d’entrc-nœudsarticulés; si nous supposons que les feuilles avortent, nous aurons un axe semblable aux pédoncules qui nous occupent.

§ V. — 7)m pédicelles. „

Si l’articulation d’un pédoncule n’indique nullement deux axes, il n’en est pas moins vrai qu’elle indique le point où il pourrait en naitre un second , puisque là est un nœud vital. Ainsi que les rameaux proprement dits , tout pédoncule est susceptible de se ramifier ; il suffit, pour cela , qu’il se compose de plus d’un entre-nœud, ou, si l’on aime mieux, qu’il offre des nœuds vitaux , et que les bourgeons n’avortent pas.

Un pédoncule ne portant ce nom que parce qu’il n’émet point de feuilles entièrement développées, et offrant déjà en lui tous les symptômes de l’épuisement, ne pourra produire que d’autres pédoncules plus épuisés encore qu’il ne l’est lui même. Quand le pédoncule se ramifie, on réserve ce nom à l’axe de première végétation, et l’on donne le nom de pédicclles ( pedicelli ) aux rameaux qui portent immédiatement les fleurs. Quelquefois aussi, mais par abus, on nomme pédiccllcs des pédoncules de première génération , lorsqu’ils sont courts et fort grêles.

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