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souvent sont si singulières, qui se modifient de tant de façons, qu’il vaut mieux les peindre par des périphrases, qu’essajer de les rendre par un seul adjectif. On peut cependant distinguer encore, par des termes spéciaux, les pétales qui se creusent plus ou moins, comme les concaves (• concava ) du Berberis , les naviculaires ( navicularia ) du Blumenbarhia insignis, ceux en forme de cuiller ( cochleari fonnt'a) du Ceonanthus À tnericanus. On peut aussi distinguer de la même manière les pétales qui se présentent plus ou moins doublés, comme les tubuleux de Vllelleborus viridis {pet. tubulosa), les bilahiés des Nigella {pet. bilabiatà), ceux en casque des Actmitum {pet. galeata), ceux en cornet des Ancolies {pet. cucullata).
Si les pétales offrent beaucoup plus de diversité dans leur forme que les folioles caücinales, ils en présentent aussi plus qu’elles dans leurs découpures ; mais en même temps ils ne sont pas susceptibles de se diviser autant que les feuilles véritables, car les parties de ces dernières se partagent souvent plusieurs fois, et l’on ne rencontre qu’un seul ordre de divisions dans les pétales. On voit des pétales écha ocrés , comme dans le Philadelphus coronarius , I vDiantbus prolifer, plusieurs Géranium; de crénelés, tels que ceux du Ltnum usitatissimum; de dentés, comme ceux du Dian thus barbalus; de dentés en scie, comme dansle Dianthus Armeria; de laciniés, dans le Lychnis Flos cuculi ; de frangés, chez le Dianthus Alpc-tlris ; de bifides, dans le Draba verna ; de trifides, dans Vllypecoum procumbcns ; de bipartites, tels que ceux des Stellaria, et enfin de pinnalifidcs, dans le seul genre Schizopetalum {pet. emarginata , crenata, dental a , serrata , laciniata , fimbriata , bi/ida , trifida, tripartita, pinnatifida). Des pétales entiers {petala integra ) se rencontrent, sans exception , dans quelques familles ; les différents modes de découpures servent à distinguer plusieurs genres}
CUROI.1.K.
dans d’autres, on voit les divisions varier suivant les espèces.
Quand des pétales d’une consistance mince ont été plissés dans le bouton, ils conservent encore des plis après l’épanouissement de la fleur, et on les dit chiffonnés {netala corruqata) -, on en trouve des exemples dans les genres Papaver, Lythrum , Cuphea , Ihplusodon .
Plusieurs pétales offrent des appendices de différentes formes {pet. appendtculata) : ici c’est un éperon qui descend au-dessous du point d’attache du pétale, comme dans l’un de ceux de la Violette et tous ceux de Vstquilegia ou chez deux seulement du Delphinium ( petala calcarata )■ là c’est une sorte de duplicaturc ou d’écaillc, comme dans les Résédas; ailleurs ce sont des franges élégantes qui se montrent au sommet de l’onglet , comme dans le genre Lychnis {squa mæ, lamelles'). Une foule d’Ombellifèrcs présentent au milieu de leurs pétales une espèce de lame perpendiculaire qui, comme une bride, tient leur sommet infléchi. Dans plusieurs Polygala, un des pétales se termine par une crête finement découpée ( crista ). J’aurai occasion de vous faire connaître plus tard quelle est la véritable nature de ces diverses productions.
Dans différents genres, les pétales sont étalés {pet.patula)-, dans d’autres, ils s’inclinent sous différents angles ; et, en formant une série composée des PotentUla, des Malva, des Linum , des Citrus , des /Hmeidea, des Geutn, des Hermannia, on aurait à peu prés tous les degrés d’inclinaison depuis la ligne horizontale jusqu’à la verticale. Il y a même certains pétales qui se rejettent en arrière , tels que ceux de YÂralia arborea {pet. re/Iexa ) .
Si nous considérons isolément l’onglet des pétales, nous le trouverons susceptible aussi de différentes sortes de modifications. Tantôt il se termine brusquement {f. 277), tan-
PrUlrj chiffon né*.
Appcudu . » ih > étain*
ptUlu
Direction Jn pétales .
Modifications de l'on glrt.
COROLLE
Nombre Je»
taie* tlam U rolle.
tôt il passe à l’état de lauie par des dégradations insensibles (/'. 274); tantôt il est plus long, tantôt il est plus court que celte dernière ; tantôt la lame se continue dans le même plan que lui , tantôt elle se plie, elle s’étale et forme avec l’onglet un angle de 90 degrés, comme chez les Œillets. C’est dans les Hermanniées, tribu des Malvacées, qu’il présente les particularités les plus remarquables. J’ai décrit, dans le Bultneria , un pétale élargi, cuculliforme, se prolongeant en une languette souvent simple, et, dans le Guazumn, un pétale à peu près de môme sorte, chargé d’une languette bifide : la partie inférieure et élargie est évidemment l’onglet, et il est impossible de ne pas voir une lame simple , bifide ou Irifidcdans la languette; mais ici la nature a procédé en sens contraire des cas ordinaires, c’est la lame qui s’est rétrécie, et, par compensation , l’onglet a pris une largeur insolite.
§ II. — Des pétales libres réunis en corolle.
Le nombre des pétales varie dans les diverses espèces de fleurs, depuis l’unité jusqu’à douze et davantage. Comme nous le verrons plus lard , il y a toujours défaut de développement, quand une corolle ne présente qu’un pétale, et il y a toujours excès, ou, pour mieux dire, multiplication, quand il s’en trouve plusieurs rangs (v. le chap. intitulé Symétrie). L’unité et les nombres deux et trois ne caractérisent qu’un petit nombre de genres. Le nombre quatre est commun dans la famille des Borraginécs; cinq caractérise plusieurs familles tout entières ; six se trouve chez les Salicariées. On dit qu’une corolle est dipétalée comme dans le Circæa Lutetiama , tripétalée comme dans le
COROLLE
genre Casalea, létrapélalée dans les Onagres (OEnothera) , penlapétaléc dans la Rose ou l’Œillet, hexapétalée dans le Lylhrum Salicaria, suivant qu’elle se compose de deux, trois, quatre, cinq ou six pétales (cor. dipetala, Iripelala,
Mrapetala , pentapetala , hexapetala ).
Un pétale isolé est régulier, comme je vous l’ai dit , lors- coroii» ^..nique scs deux moitiés, pliées l’une sur l’autre dans leur w.oro11' longueur, se recouvrent exactement (f. 272, 276), et irrégulier, au contraire, quand elles sont dissemblables ( f. 277,
280). Par une conséquence naturelle du même principe , on a appelé régulière une corolle dont tous les pétales sont semblables (cor. regularis, ex. Cheiranthus Cheiri, f. 278), et irrégulière (c. irregularis, ex. Pélargonium cordi folium , f. 279) celle qui se compose de pétales qui ne sont point parfaitement égaux pour la grandeur et pour la forme. Une corolle à pétales irréguliers peut être régulière, quand tous présentent absolument la même irrégularité. Ainsi , dans certains Sida, chaque pétale a la figure d’un S, cl pourtant la corolle est régulière, parce que cette même figure se répète exactement autant de fois qu’il y a de pétales. Le Fagoxi a sulphurea nous fournit un exemple du même genre (, f . 280, 281).
Tourneforl distinguait autrefois les corolles régulières à Classification plusieurs pétales en cruciformes, caryophyllées et rosacées, TWm Zà' et les irrégulières en anomales et papilionacées ( corolla , fine cruciformis ; corolla caryophyllea , fl. cary ophy Iléus ,• cor. rosacea, fl. rosaceus ; cor. anomala, flos anomalus , cor. papilionacea , fl. papilionaceus ). Les cruciformes, composées de quatres pétales en croix (f. 278), appartiennent à la famille des Crucifères de Jussieu ; les rosacées devaient avoir des pétales disposés en cercle à la manière de ceux de la Rose, comme cela a lieu dans les Renoncules, la Quintefeuillc ( Potentilla repens) , la Potentil(c prinla-
CÜllOLLE.
Corolle japilii uacée.
nièrc ( P. cerna , f. 287) el la Pivoine ( Pæonia officinal) $ )■ les caryophyllées différaient des rosacées, parce que leurs pétales sortent du fond d’un calice tubuleux, supportes par de longs onglets, comme la famille du même nom en fournil de nombreux exemples (ex. Silène Italica, f. 289) ; les anomales cnGn étaient celles qui ne peuvent être rangées dans aucune des classes qui précédent , ni dans celle dont je vais vous parler tout à l’heure ( ex. Pélargonium cordi folium, f. 279). Ces dénominations ont été à peu prés abandonnées parce qu’on les a trouvées trop vagues, et qu’on a mieux aimé peindre par des phrases et des descriptions une foule de nuances qu’un mot seul ne saurait rendre. La seule expression de papilionacée représentait une forme bien tranchée, et elle seule a été conservée.
Unecorollc papilionacée (f. 230) se compose de cinq pétales inégaux ; l’un supérieur ou plus voisin de l’axe de l’iufloresccncc, seul régulier , ordinairement plus grand que les autres et redressé, qu’on appelle étendard ( vexillum ); deux inférieurs, qui, perpendiculaires au premier, enveloppent les organes sexuels, et dont la réunion porte le nom de carène (carina), parce qu’cffectivement tous les deux ensemble présentent la forme de cette partie d’un vaisseau; enfin deux intermédiaires qui sont plus ou moins appliqués contre la carène, et qu’on nomme les ailes ( alœ , f. 230, 277). Le premier de ces pétales est sessile, ou supporté par un onglet court; les autres en ont un beaucoup plus prononcé. Tous d’ailleurs offrent une multitude de nuances différentes. L’étendard est droit ou recourbé, allongé ou arrondi, entier ou échancré, presque toujours beaucoup plus ample que les ailes, quelquefois leur égal en grandeur. Les ailes ordinairement oblongues , munies d’une dent à leur base , portées latéralement par leur onglet, sont plus longues ou plus courtes que la carène. Les pétales de cette dernière ne diffèrent pas
(.nHOl.LE.
iniiniiocnt des ailes, ils présentent un demi-cercle ou une demi-ellipse; ils sont obtus au sommet ou très-pointus; droits ou quelquefois tordus en spirale, comme dans les Doliclws et les Phaseolus. Presque toujours les couleurs varient dans une même fleur papilionacéc ; l’étendard qui, lors de la préfloraison, enveloppe les autres pétales, et est, avant eux, exposé à l'influence de la lumière, est aussi le plus coloré, et la carène qui occupe le centre du bouton l’est moins que les ailes. Des fleurs papilionacécs caractérisent un immense groupe auquel elles donnent leur nom, et qui fait partie de la famille des Légumineuses. Par d’insensibles nuances on arrive des Papilionacées les plus irrégulièresaux plantes de la même famille qui offrent une parfaite régularité.
§ III. — Des pi1 taies soudés.
Nous avons vu deux feuilles opposées se souder par leur cwibase, des bractées s’entre-greffer pour former un involucrc fâsru,,m‘ monophyllc, les folioles calicinales se souder en coupe ou en tube : très-souvent aussi les pétales se soudent entre eux par leurs bords. La corolle, formée par leur mutuelle adhérence, n’offre plusqu’uu même tout, et c'est en un seul temps qu’cllc se détache de son réceptacle. Les anciens botanistes, v voyant une pièce unique, l’ont appelée corolle monopétalc c’est-à-dire ù un seul pétale ( corolla monopetala) , et, par opposition, ils ont donnéle nom de polypétalc (c. pohjpelald) à la corolle dont les parties n’offrent aucune soudure. La dernière de ces expressions est rigoureusement exacte, l’autre ne l’est pas ; mais ici peut s’appliquer encore ce que j’ai déjà eu l’occasion de vous dire plusieurs fois : le terme
COHOLI.K.
de inouopélale est consacré depuis un très-grand nombre d’années ; nous savons aujourd’hui quel sens il faut lui attribuer, et il y aurait plus d’inconvénients que d’avantages à y substituer, comme on le propose, le mot gamopétale (c. gavtopetala) , dont la seule supériorité, due à sa composition étymologique, ne saurait être sentie par les personnes qui ne sont pas versées dans l’étude du grec. i.ori.il. mon®. Une foule de faits prouvent assez que la corolle mono-
roiV.1' pétale est presque identique avec la pohpétale , et que la
différence consiste uniquement dans une soudure organique plus ou moins prononcée. La famille des Rutacées présente généralement des corolles poly pétales ; cependant on trouve des pétales cohérents ou agglutinés dans le genre Galipca, qui appartient à cette famille, et le genre Ticorea, le plus voisin du Galipea , offre une corolle décidément monopélalc. Chez plusieurs l’apilionacées, la corolle est à cinq pétales distincts comme ceux d’un grand nombre de Légumineuses régulières , et la carène en offre deux simplement rapprochés, portés chacun par son onglet; chez d’autres i’apilionacées, il n’y a plus que quatre pétales, la carène en présente un seul , mais il a deux- onglets, ce qui n’arrive jamais quand un pétale est décidément simple. La plupart des Cucurbitacées ont une corolle monopétale bien prononcée; quelques Cucurbita en offrent une dont la forme est semblable à celle des autres, mais dont les parties sont si peu soudées, qu’on distingue parfaitement leurs limites du moins au sommet, et enfin le Momordica Sencgalcnsis a cinq pétales parfaitement distincts. Les Trifolium , comme les autres Papilionacées , sont généralement polypélalcs-, le Trifolium pralense a une corolle qui ne diffère aucunement de celle des autres espèces; cependant , avec quelque attention, on voit que les pétales qui la composent adhèrent les uns aux autres parleur base. Dans les Poly-
CURULLt. 3U1
gala , il existe trois pétales soudés ; mais les limites de ces pétales sont tellement faciles à reconnaître, qu’on ne sait trop si l’on doit donner le nom de monopétalc ou celui de polypélale à la corolle qu’ils forment par leur réuniou. Le genre Pellettera est habituellement à trois pétales parfai tentent libres ; entre une foule de fleurs, j’en ai trouvé une où les pétales s’étaient soudés cl formaient une corolle munopétalc à trois divisions. D’un autre côté, dans l’i4Maÿa//fs arvensis, le Solarium tuberosum, le Convolvuius amenais , le Phlox «maffia , le Rhodora Canadensis , VAzalea nudi/lora , le Campanula Ijledium , plantes à corolle habituellement monopétalc , on a vu quelquefois des pétales entièrement libres. J’ai moi-méme trouvé deux fleurs de Convolvuius Cantabrica dont les corolles présentaient cinq parties distinctes presque jusqu’à la base cl taillées de telle manière, que, soudées artificiellement, elles eussent repris la forme ordinaire des corolles monopétales de Convolvuius (f. 282, 283). Tant de faits prouvent suffisamment, ce me semble , que la corolle monopétale n’est qu’une réunion de pétales soudés ; mais, s’il était possible que l’on conservât encore quelques doutes, ils seraient bien certainement levés par les belles observations de M. Schleiden, qui déclare avoir toujours vu, chez le bouton naissant, des pétales parfaitement distincts, comme le sont aussi, dans l’origine, dit le même botaniste, les folioles calicinales.
Les pétales peuvent présenter tous les degrés de soudure, depuis celle qui unit à peine la base de la corolle des llex , jusqu’à la soudure parfaitement complète, qui forme uu capuchon des pétales du Marcgravia umbellata.
Vous savez déjà que, jusqu’à nos jours, les botanistes considéraient la corolle monopétalc comme une pièce unique; parlant de cette idée fausse, ils ont imaginé , pour peindre les diverses adhérences des pétales entre eux , une
terminologie analogue à celle qu’ils ont consacrée [mur les calices, c’est-à-dire que procédant, en quelque sorte, en sens contraire de la nature, ils ont vu des découpures formées de haut en bas, là où il ne fallait voir que des soudures s’étendant plus ou moins de bas en haut. On a donc dit qu’une corolle était parlitc ou partagée, lorsqu’elle n'est Tu.,‘£w’u.irni“' soudée qu à la base (ex. Anagallis fruticosa , f. 28*); fenrollc miinopclalr. duc, quand la soudure s’étend à peu prés jusqu'à moitié , et que les sinus, ainsi que les parties libres, sont plus ou moins aigus ( ex. Campanula lùnoselloides , f. 285 ) ; lobée , quand les parties qui restent libres sont obtuses; dentée, lorsqu’elles sont très-courtes (ex. Gaylussacia cenluncult folia , Aug. S.-Hil .et Gir., f. 286 ) (corolla parlita, fissa , loba ta , dentata ). Toujours, d’après les mêmes principes , on a dù dire les lanières, les divisions, les lobes et les dents de la corolle ( lai-iniie, divisurœ, lobi, dentes). Enfin une corolle a été appelée bi- tri-quadri-quinquépartite, etc., bilri-quadriquinquélide, etc., bi tri -quadri-quinquélobée, bi-lri-quadri-quinquédentée (cor. hi-trt-quadri quinquepartita , etc., bi-tn-quadri-quinquefida , etc., bi-tri quadri-quinqucloba , bi-tri-quadri-quinquedcntata) , suivant que ses pétales, plus ou moins soudés, sont au nombre de deux , trois , quatre , cinq ou davantage. Toute cette terminologie est en elle même extrêmement défectueuse, mais nous pouvons nous y conformer, puisque nous en connaissons le véritable sens; il y aurait bien plus d’inconvénients à en imaginer une autre qui nous mettrait en désaccord avec tous les auteurs qui nous ont précédés.
Nous avons vu qu’un pétale libre pouvait être plus ou moi ns découpé. Dans la corolle monopétalc ou soudée, toute division n’indique donc pas nécessairement un pétale. En général, celles qui sont formées par la partie terminale et moyenne sont plus grandes que les autres. Dans les cas qui,
COROLLE
d’abord , paraissent douteux , la corrélation du calice avec la corolle et l’analogie ont bientôt éclairé l’observateur.
Puisque la corolle monopétalc n’est qu’une réunion de ?C-rvalion «le la
s COiullc ii»ono| * -
pétales soudés, elle doit naturellement offrir des nervures <*i. dans les pièces dont elle se compose. Ces dernières, comme les pétales libres, sont traversées par une nervure moyenne, et offrent, quoique d’une manière généralement beaucoup moins prononcée, les mêmes sortes de nervation que les pétales libres cl distincts. L’existence d’un long tube dans les corolles nionopétalcs fait cependant que les nervures se montrent , chez elles, beaucoup plus souvent parallèles, dans une grande partie de leur longueur , qu’elles ne le sont chez les corolles polypétales. Vous sa-.ez que, dans les calices monophyllcs, il n’est pas rare de trouver entre les folioles soudées une nervure très-marquée : tantôt aussi les corolles monopélalcs offrent une nervure entre les pièces qui les composent, et tantôt on n’en voit aucune. On a cité les Composées et les Primulacèes comme offrant seules des nervures entre les pièces soudées de leur corolle monopétale; mais ce caractère existe encore dans d’autres corolles où la petitesse des parties l’a dérobé aux yeux des observateurs.
La corolle monopétale est régulière ou irrégulière ( cor. Coiol,e .r. regularis, irrcgularis) , suivant que les parties dont elle se |iè„ « ’ùtlàTcompose sont égales ou inégales , et qu’elles sont soudées d’une manière inégale ou uniforme. Une corolle monopétalc peut cependant, comme cela a lieu pour les calices, of Irir des divisions inégales cl être régulière; c’est lorsque les grandes et les petites sont, entre elles, en uombre égal . que les premières sont parfaitement semblables, que les petites, de leur côté, le sont également, et qu’elles alternent les unes avec les autres. Ainsi la corolle d’un assez grand nombre de Gentianes a des lobes fort inégaux, et cepen-
COHUM.I-:.
ilaul clic est régulière, parce que cinq de ces lobes sont plus grands, cinq plus petits, et qu’entre deux grands se trouve un petit et vice versd. Je suis tenté de croire que chaque pétale organique des Gentianes dont il s’agit est ter mine par trois lobes, un grand intermédiaire et deux petits latéraux , et que, dans la corolle soudée, chaque petit lobe appartient par moitié à deux pétales. Je reviendrai plus tard sur ce sujet.
Nous avons vu qu'une corolle polypétale pouvait être régulière, quoique composée de pétales irréguliers, lorsque ceux-ci étaient parfaitement semblables entre eux. Ce principe peut s'appliquer aux corolles monopétalcs. Chaque division de la corolle des Vinca , des IS'erium, des Echites est irré guliércj mais leurs divisions forment un ensemble régulier, parce que toutes ont exactement la mémo grandeur et la même forme.
Fuime de la t-o- l-a corolle moiiopélale régulière affecte une foule de for- ::t,rp01’"41' mes différentes : elle est globuleuse (cor. globosa ), comme dans VAndromeda poli folia ; ovoïde ( ovata ) , comme dans VErica cinerea ou le Gaylussada centunculi folia, A . S. -H . et Gir., f. 286 ; urcéolée, c’est-à-dire renflée dans le milieu cl rétrécie à son entrée ( cor. urccolala ), ainsi que cela a lieu dans le Vaccinium Myrtillus ; campanuléc ou en forme de cloche (c. campanulala ) , comme celle des Campanula et du Linnœa borealis.
c. coroii.- nw- Souvent elle se rétrécit inférieurement en un tuyau liil'uln ; a. i par. égal , et s’élargit au sommet de diverses manières Le tujau
tir* ; le» modifies- # , »• » • \ • •
Itou» quVIIc offre. qui est cylindrique ( cyltndncus) , ou rarement prismatique (prismaticus) , porte le nom de tube (t ubus). la partie élargie celui de limbe ( limbus ) ; et l’on donne le nom de gorge (faux) à l’entrée du tube. Celui-ci a une longueur plus ou moins sensible ; il est large ou étroit, grêle ou ventru (f ubus gracilis, venir icosut), cl même quelquefois filiforme (filifor-
COROLI.K.
mis). Le limbe peut être plane ( planus), comme dans le Myosotis palustris , ou concave ( concavus ), comme dans le Primula officinalis ; il peut être dressé (erectus) tel que celui du Cerinthe major, étalé (patens), ainsi que cela a lieu dans la Pervenche ( Vinca ), ou réfléchi ( re/lcxus), comme dans le Cyclamen ; enfin il admet les mêmes genres de divisions que la corolle tout entière, et peut être parlite ou divisé jusqu’à l’entrée du tube , fendu , lobé ou denté de diverses manières ( limbus parlitus , /issus, lobatus, dentatus). La gorge est également susceptible de quelques modifications; elle se rétrécit ou se dilate (faux angustata , ampliata) , cl quelquefois elle se montre prismatique (prismatica) , quand même le corps du tube forme le cylindre.
Quand on veut simplement faire entendre qu’inférieuremeu tune corolle forme le tube, on la dittubulée(fwiu/a/«); lorsque le tube est allongé, on l’appelle tubuleuse (tubulosa).
Parmi les corolles tubulées , il faut distinguer celle qui est en massue (cor. clavata), la corolle infundibuli forme ou en entonnoir (infundibuli formis), comme dans les Pulmonariu et le Nerium Oleander, l’hypocratériforme (hypocraleriformis), dont le tube est plus ou moins long cl le limbe plane ou peu concave, par exemple, chez les Vinca ou le Primula elatiorff. 290); enfin la corolle en roue (c. rotala), qui a le tube fort court cl le limbe étalé, comme celle des Galium et des sdnagaltis (ex. Anagallis fruticosa , f. 288, 28 S-).
Il ne faut pas s'imaginer que ces diverses formes soient i .c» ilivew»
1 ° 1 t forme» de la co-
toujours bien tranchées; elles se nuancent, au contraire, par ",»ooi>el*1" des dégradations insensibles. La corolle globuleuse passe à ,llM l’ovoïde et à l’urcéolée; il n’y a point de limites entre la corolle lubulée cl celle qui ne l’est pas; il n’en existe pas davantage entre la campanuléc et l’infundibuliforme, celleci et l’bypocratériformc, cette dernière cl la corolle en roue.
Au milieu d’une terminologie dont l’exactitude est sans
MIKOI.I.K.
cesse mise en défaut par la nature elle-même, les botanistes ont souvent caractérisé la même forme par des expressions différentes, ou des formes différentes par la même expression ; ils sont continuellement obligés de recourir à des mots composés qui indiquent des intermédiaires, ou bien ils modifient l’épithète principale par d’autres épithètes, i l',„‘ M:,;/': Quoi qu’il en soit, il est impossible de ne pas voir, daus
Ib'.ïi :::xr l<>s diverses nuances des corolles globuleuses, ovoïdes , urm^uie. céolées ou campanulées, une réunion de pétales scssilcs, et, dans les corolles plus ou moins lubulécs, un assemblage de pétales onguiculés. Si, par la pensée, nous soudons les diverses corolles poly pétales que je vous ai fait connaître, nous aurons des monopolalcs que vous connaissez égale ment, l.a corolle rosacée soudée par scs onglets à peine sensibles deviendra une corolle en roue (ex. Polenlilla verna, f. -287,- — Anagallis' fruticosa , f. 288); la corolle caryophylléc sera hypocratériformc (ex. Silene Italica, f. 289,- — Vrimula dattor, f. 290), et, en soudant les pétales du Lin ( Linum ), de la Mauve ( Malva ) ou de VOxalis , nous formerons une corolle campanuléc(cx. Oxal\$biparlüa,f. 291; — Campanula Trachelium, f. 292). Ceci achève de nous démontrer la presque identité des deux sortes de corolles, •.'.■roc. Comme les pétales libres, ceux qui sont soudés à une hau-
teur plus ou moins considérable peuvent être aigus ou obtus. Mais les corolles monopélales régulières de quelques Apory nées présentent uneparlicularitéqu’on n'observe point chez les polypélales ; leurs divisions se terminent par des espèces de queues ( laciniœ caudnlw ) qui quelquefois ont plusieurs pouces de long.
Corme de L co- Je ne vous ai encore entretenus que des corolles mono-
lotie nionoj*eta|c 1
iiiégaiüre. pétales régulières. Des formes non moins variées et souvent fort bizarres se rencontrent parmi les irrégulières.
Non -seulement ces dernières, suivant les genres et les
(OROIXK.
espèces , offreril , dans leurs parties , des différences de figure et de grandeur plus ou moins sensibles ; mais très-souvent encore leurs soudures s’étendent plus entre certaines parties qu’entre les autres.
C’est l’inégalité de soudure qui, comme nous l’avons vu, produit les calices bilabiés; c’est également il elle que sont ducs les corolles il deux lèvres, où trois pétales d’un côté et deux de l’autre sont beaucoup plus soudés que les deux groupes ne le sont entre eux. Toutes les corolles à deux lèvres sont (uhulécs; ces corolles, d’ailleurs, présentent entre elles une foule de différences, mais pourtant elles peuvent être à peu près ramenées à deux formes principales, la corolle labiée proprement dite et la personnée.
La corolle labiée (labiata) ou plutôt bilabiée ( bilabiata ) est Corolle libier. celle dont le limbe offre deux divisions principales ou lèvres placées presque toujours l’une au-dessus de l’autre, et dont le tube reste ouvert (ex. Rosmarinus officinatis , f. 293;
Métissa Calamintha, f. 1 91 ; Lamium album, f. 1 90). C’est la lèvre supérieure {labium superius), ainsi nommée à cause de sa position, qui est composée de deux pétales, et l’inférieure qui l’est de trois; mais souvent les deux pétales delà première sont tellement soudés qu’elle parait entière (lab. superius inlegrum ), comme dans les Lamium (f. 190); et souvent aussi le pétale mojen de la lèvre inférieure est divisé, ce qui peut la faire paraître quadrilobèe, comme dans les Stackys La lèvre supérieure ascendante dans le Belonica officinalis ( asceiidens ), et étalée ( païens ) dans plusieurs l.o nicera, est beaucoup plus souvent droite à sa base, ensuite portée en avant et plus ou moins courbée en voûte ( labium porreclum, concavum, fornicalum), comme dans les Salvia, le Galeubdolon, les Lamium (f. 190); elle est plane, presque plane ou comprimée (planum, rompressum ); sa forme est également fort variable ; ses deux pétales dans les Marrubium
COROLLE
Corolle
né«-.
ne sont guère soudés que jusqu’à moitié ( lab . sup. bifidum ), et chez d’autres genres ils ne laissent entre eux qu’une échancrure (lab. sup. emarginatum) ; tantôt celle même lèvre est écartée de l’inférieure, tantôt elle se porte sur elle, comme dans les Phinanlhus ou les Phlomis (lab. sup. incumbens ). La lèvre inférieure offre aussi de grandes différences, suivant les genres et les espèces; les trois pétales qui la forment, soudés dans une longueur plus ou moins sensible, la font paraître tripartitc chez les Leonurus , trifide chez les Galeobdolon, trilobée dans le Melitis (lab. inf. tripartilum, trifidum, (rilobum); ses divisions latérales (loin , laciniœ latérales) sont généralement plus petites que l’intermédiaire (lobus intermedius, lacinia intermedia), dans les Lamium ce sont deux dents étroites qu’on aperçoit à peine , et on a dit fort inexactement de ces plantes que leur lèvre inférieure était à deux lobes, cl que l’entrée du tube était, de droite et de gauche, garnie d’une dent (labium inferius btlobum, faux utrinque margine dent ata); la lèvre inférieure est, en général, plane; mais, dans les Stachys, ses deux divisions latérales sont réfléchies (lobi latérales re/lexi), le lobe ou pétale moyen est très-concave dans les Nepeta cl les Hyplis (lobus médius concavus), il l’est encore, mais moins, dans le Suivi a pratensis ; ce même lobe, généralement échaneré, est simplement crénelé (crenatus) dans les Nepeta, il est tout à la fois échaneré et crénelé dans VHyssopus. La corolle labiée caractérise la plupart des plantes de la famille qui portent le même nom, et, en outre, un certain nombre de genres épars dans d’autres familles.
• La corolle personnée ou en masque (corolla personata, ex. Linaria triphylla, f. *296) diffère de la bilabiée, parce que l’entrée de son tube est fermée par une saillie de la lèvre inférieure appelée palais (palatum) -, d’ailleurs elle est également tubuléc et à deux lèvres composées, la supérieure, de
r.OROIXIi.
deux pélales, el l’inférieure de trois. Le palais se forme de dehors en dedans : ainsi c’est la face des pétales soudés, ou, si l’on veut, le côté intérieur de la corolle qui lui donne naissance, et, tandis que ce côté intérieur se relève en bosse, il laisse un creux à l’extérieur j mais une autre circonstance accompagne celte singulière expansion; elle se fait du bas vers le haut, de sorte que le palais, en s’élevant, se montre tout à fait en dehors, et que le sommet de la lèvre reste audessous de lui, devenant horizontal ou réfléchi. Dans le Pingutcula LusUanica , il existe réellement un palais ; mais il échappe facilement à l'observation , parce qu’il est petit, horizontal, cl ne s’élève point au-dessus du limbe peu découpé. Le palais des corolles personnées n’offre qu’un petit nombre de modifications peu remarquables ; mais on en retrouve qui le sont davantage dans la soudure plus ou moins prolongée de leurs pélales organiques, dans la forme de ceux-ci el dans leur direction. La corolle porsonnée se trouve dans la famille des Lentibulariées et dans celle des Scrophularinèes.
Outre les corolles personnées et labiées, on a encore indiqué, parmi celles à deux lèvres, la corolle ringente ou en gueule ( corolla ringens ) ; mais, comme les uns ont appliqué ce nom à des corolles bilabiées qui seulement sont fendues davantage, que d’autres en font un simple synonyme du mot personné, et qu’on a été jusqu’à l’admettre sous ces deux acceptions dans certains ouvrages , je crois qu’il est bon de In faire disparaître de la terminologie.
Je vous ai montré, dans les corolles à deux lèvres, des inégalités de soudures très-prononcées ; il en est qui le sont davantage encorc.On avaitdit que, dans les Oeytnum, la corolle était renversée (corolla resupinata ), parce que sa lèvre supérieure, lo:n d’èlre plus étroite que l'inférieure, est, au contraire, beaucoup plus large; mais, dans ces plantes, comme
Corolle dite rin* gente.
Kicmplai de très grandes inégalité! de «ultimes iUn« la iorollemt»nopétnlr.
COROLLE
l’a fait observer M. Moquin, les deux pétales qui, chez les autres Labiées, se soudent intimement avec l’inférieur, si* sont soudés bien davantage avec les deux supérieurs, et ont laissé l’inférieur isolé; de sorte que la lèvre supérieure, au lieu d’élre formée de deux pétales, l’est réellement de quatre, et l’inférieure, au lieu d’en offrir trois, n’en présente qu’un seul. Nous allons voir maintenant ce qui se passe chez les Teucrium , genre de la famille des Labiées, non moins anomal que celui dont je viens de vous entretenir. Entre les deux pétales supérieurs, petits et aigus des Teucrium (ex. Teucrium breti folium, f. 291), la soudure s’arrête assez bas, et ils sont beaucoup plus soudés avec les autres qu’ils ne le sont entre eux; de là il résulte que ces deux mêmes pétales, séparés l’un de l’autre, se trouvent en quelque sorte entraînés par la lèvre inférieure, ou, pour mieux dire, il n’existe réellement ici qu’une lèvre à cinq divisions Un grand nombre de Lobéliacées ont une corolle à deux lèvres; mais le défaut de soudure est souvent complet entre les deux (létales organiques de la lèvre supérieure, et la corolle semble fendue d’un côté (ex. Jjobeliafulgens, f. 295); chez ces plantes les deux lèvres se conservent , parce que les [létales supérieurs ne sont pas assez soudés avec les autres pour être entraînés par ceux-ci du même côté qu’eux. Dans le genre Scœvola, très voisin des Lobéliacées, il n’v a non plus aucune soudure entre les deux pétales supérieurs; d’ailleurs la soudure de ces pétales avec les autres, et des autres entre eux, est égale, et la forme de tous est la même; séparés du côté supérieur , ils se jettent nécessairement ensemble du côté inférieur, et présentent une corolle régulière fendue d’un côté et étalée presque à la manière d’un éventail.
(àimllf île s rom Ce sont des différences de soudure qui constituent prin
# 1 cipalcmcnl les trois sortes de fleurs, ou, comme on dit communément en emplojant un diminutif, les trois sortes de
COROLLE
fleurons (/Iosculi) qu’on observe dans l’immense famille des Composées. Lorsque la corolle csl irrégulière et à deux lèvres, on dit que les fleurons sont bilabiés (/ Iosculi bilabiati ) ; si elle est régulière, et que ses pétales organiques soient soudés en entonnoir à une égale hauteur, les fleurons sont tubuleux (/Iosculi tubulosi , f. 297). Enfin, quand, les pétales étant encore égaux, les deux supérieurs n’adhèrent l’un à l’autre que vers leur base , mais qu’en même temps ils se soudent, dans presque toute leur longueur, avec les autres pétales, comme ceux-ci entre eux, on donne aux fleurons le nom de ligulés (/ Iosculi ligulali), parce qu’ils offrent réellement la forme d’une languette étalée et dentée finement ( f 299). Vous remarquerez que, dans ces expressions, on substitue avec assez d’impropriété le tout à la partie ; car, lorsqu’il s’agit seulement de la corolle, on indique des fleurs tout entières. Mais il est bien plus inexact encore de se servir des mots semi/losculus , flos semi/Iosculosus (demi-fleurons, fleurs semi-flosculeuses), pour désigner les corolles ligulées, car ces corolles sont aussi complètes que les tubuleuses.Toute cette terminologie si défectueuse est un reste de celle de Tourucfort, qui, considérant comme des fleurs les capitules des Composées, indiquait Ira corolles partielles comme des fleurons, lorsqu’elles sont régulières (/Iosculi), et qui, voyant les fleurons faire le tour des organes sexuels, devait se croire autorisé à appeler demi-fleurons les corolles qui ne les enveloppent qu’à moitié. Tournefort, d’après sa manière de voir, distinguait ses fleurs composées en flosculeuses ( flores flosculosi), celles dont l’involucre ne contient que des fleurons (ex. Agératum conizoides , f. 297, 298) j en semi-flosculeuscs, celles qui offrent uniquement des demi-fleurons (/ 1 . scmi/losculost) (ex. Pterotheca Nemaucensis , f. 152), et, en radiées enfin ( / 7 . radiait), celles qui ont des demi-fleurons à la circonférenceet des fleurons sur le reste du réceptacle (ex.
CUROLI.E.
Uellisperennis, f. 299, .100). Ces expressions peu vent tout au plus être conservées dans le langage usuel, mais elles doivent être bannies de celui de la science, puisqu’un capitule de Composée n’est point une fleur unique ; et on ne doit pas dire davantage, en parlant d'un fleuron isolé, que c’est une fleur llosculeuse ( jlos /losculosus)', car ce terme, en lui-méme insignifiant, ne peut êlre ici employé que par opposition à celui si inexact de flos s emi /losculosus. Je suis loin, cependant, de prétendre qu’il faille entièrement exclure de la terminologie botanique les mots /losculosus et scmi/losculosus ; mais on ne doit les appliquer qu’au capitule. Ainsi on dira capitule flosculeux, scmiflosculeu.x ( capitulum flosculosum, semiflosculosum) , pour indiquer les capitules composésde fleurons tubuleux ou ligulés, et capitule radié {cap. radialum), pour désigner ceux qui renferment des fleurons inégaux entre eux , c’est-à-dire ligulés ou bilabiés à la circonférence , et tubuleux sur le reste du réceptacle ; enfin à ces expressions on pourra ajouter celle de capitule labiatiflore ( capitulum labialiflorum) lorsque l’on voudra faire entendre que des fleurs toutes bilabiées sont placées sur le réceptacle. Après avoir ainsi exprimé de quelle nature sont les fleurs renfermées dans le capitule, on n’aura plus que quelques légers détails à donner sur la corolle, et l’on évitera de substituer a ce dernier nom celui Aoflosculus. Les expressions de bi labié, tubuleux, ligulé, appliquées aux capitules ( capitulum bilabialum, tubulosum, ligulalum), seraient moins convenables que celles qui précèdent, parce qu’elles peuvent ici présenter un double sens.
Les seules Composées suffiraient pour vous donner uu exemple des deux sortes d’irrégularité que je vous ai indiquées. Quand leur corolle estbilabiéc, il y a inégalité dans les pétales organiques; quand elle est liguléc, l’irrégularité procède d’un défaut de soudure.
COROLLE
Au reste, entre les corolles monopétales régulières elles ir- i,„ ror„n„m„. régulières, on trouve toutes les nuances possibles. L’irrégu- r.'« niuncrr* avvr larile est beaucoup moins sensible dans les Verbascum que lr* dans une foule de genres voisins; et on ne la soupçonne même pas dans le Genliana Pneumonanihe,où pourtant une très-grande attention peut la faire découvrir. Corolle éjveron-
. , 1» I . » •! nee; f0rol,p R'*’"
Nous avons vu que, parmi les corolles polypetales , il y en avait où tous les pétales se prolongeaient au-dessous du point d’attache en une sorte de tube que l’on nomme éperon ( calcar ), et d’autres où un seul pétale présentait ce prolongement. Il n’est point, à ma connaissance, de corolle soudée ou monopétalc dont tous les pétales soient éperonnés, du moins à l’état habituel; mais, dans la famille desScrophularinées et celle des Lenlibulariées, on trouve un grand nombre de plantes où l’un des cinq pétales, l’intermédiaire de la lèvre inférieure, se prolonge en éperon (corolle éperonnée, corolln calcaraia , ex. Linaria (riphylla,f. 296); chez d’autres, le prolongement est beaucoup moins long, beaucoup moins pointu , et ce n’est plus qu’une bosse ( corolle gibbeuse , corolla yibba ). De deux genres de la famille des Scrophularinées, extrêmement voisins, l’un , VAntirrhinum, n’a qu’une bosse ; et l’autre , le Linaria , a un éperon , ce qui prouve combien il y a peu de différence entre l’éperon et la bosse. De même que l’éperon calicinal des Delphinium reçoit dans sa concavité un prolongement des deux pétales voisins; de môme, dans le genre Viola, un appendice dorsal de deux des étamines va s’enfoncer dans l’éperon du pétale appcndiculé; mais je ne sache pas qu’il y ait aucune corrélation entre l’éperon des monopétales et les parties du vcrticillc supérieur. Comme chez les poly pétales, celle espèce d’appendice varie dans les monopétales pour la forme, la direction cl la longueur.
Plusieurs corolles polypélales , telles que celles des Silene,
COBULLE.
offrent , au sommet de l’onglet de leurs pétales , et, par conséquent, à la base de leur lame, une sorte d’appendice droit cl découpé ( lamella ). Que l’on suppose ces pétait» soudés entre eux , l’on aura un tube terminé par une sorte de couronne (corona) droite, frangée et élégante. C’est ce qu’on peut observer dans le Nerium Oleander.
Unc foule de corolles monopétales présentent, à l’entrée de leur tube, des espèces d’écailles qui, souvent, la bouchent, et mettent à couvert les parties que le tube renferme : leur consistance est à peu près semblable à celle de la co-
, rollc clIc-mémc; cependant elles ont fort souvent plus d’é-
paisseur. Elles son t placées tantôt exactement au-dessous de9 divisions et tantôt entre elles : dans le premier cas, elles ont souvent beaucoup de rapport avec la couronne des pétales des Silene ,• dans le second, on ne trouve jamais leur aualogue chez les corolles polypé taies. Ces écailles, dont je vous ferai connaître la nature plus tard , portent , en latin, le nom de squamœ , squamulœ , fomices : on les observe dans le Samolus , chez plusieurs Sapolées, principalement dans les Borraginées, et l’on distingue les geures de celte dernière famille, en disant des uns qu’ils ont l’entrée du tube nue ( faux nuda ), et des autres, qu’ils l’ont garnie d’écaillcs, ou, comme cela arrive le plus ordinairement, fermée par des écailles {faux squamulis s. fornicibus obsessa, faux fornicibus clausa ).
Prt.in.di,i- Je vous ai montré des corolles soudées à leur base: il en
rrnta à leur toni •
'"rt- est aussi quelques-unes qui offrent à leur sommet une adhé-
rence plus ou moins sensible. Celle des Phylcuma. est nonseulement soudée à la base et, par conséquent, monopétalc; mais, comme j’ai déjà eu occasion de vous le dire, ses pétales organiques sont intimement unis à leur extrémité supérieure. Parmi les polypétalcs, je puis nommer la Vigne ( Vitis vint fera ) , dont les pétales, libres à la base, offrent à
COIIOI.I.K.
leur sommet une véritable adhérence : ceux du Syzygium et des Caryophyllus ont encore été cités comme soudés en forme de capuchon. On a dit, de plus, que dans le Calyptranthes le capuchon était formé tout à la fois par le calice et les pétales ; mais ici il y a erreur, du moins pour le Calyptranthes aromatica ,• car, si l’on n’y voit point de pétales , ce n’est pas parce qu’ils sont soudés avec le calice, mais parce que la séparation de l’opercule avec le reste de l’enveloppe calicinalc se fait au-dessous du point où la corolle est insérée, et que celle-ci reste dans l’opercule ou tombe lorsque le calice se déchire.
§ IV. — Détails divers.
Nous avons vu les feuilles, les stipules , les calices se métamorphoser en épines. Si les pétales n’éprouvent pas, dans toute leur étendue , un changement semblable, quelquesuns cependant , tels que ceux du Cuviera, se terminent par une pointe épineuse. Mais ce n’est pas la seule métamorphose dont la corolle soit susceptible; il en est encore une autre qu’elle peut éprouver, comme tous les organes que je vous ai cités plus haut. Déjà une foule de pétales, soudés ou non soudés, se courbent ou s’enroulent; une des lèvres de la belle Composée, appelée Stiftia aurea, extrêmement longue, fait sur elle-même plusieurs tours de spirale, comme un ruban sur sa bobine; les longs prolongements qui terminent les parties de la corolle de plusieurs Apocynées se tordent saus se rouler sur eux-mêmes ; enfin , dans le Strophanthus hispidus , espèce de la même famille, on voit ces prolongements atteindre jusqu’à sept pouces, et, transformés en vrilles à peu près comme les feuilles du Lalhyrus Aphaca ou les stipules des Cucurbi lacées, s'entortiller autour des branches voisines. Ces expansions diffèrent des épines qui pro-
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longent assez sauvent la nervure moyenne des feuilles véritables et des folioles calicinalcs, non-seulement eu ce qu’elles u’en ont point la dureté, mais en ce qu’elles ne sont pas réduites à la seule nervure moyenne, et que, de droite et de gauche, elles offrent encore du pareuchyme.
Couleur Je b eu- La couleur des corolles ne contribue pas moins que leur
forme à la beauté des fleurs; elle peut varier depuis le blanc le plus pur jusqu’au pourpre noir; mais le noir sans mélange et les diverses combinaisons de noir et de blanc parfaitement purs ne se sont encore jamais vus sur aucun pétale. La surface inférieure de ces feuilles modifiées, comme celle des feuilles véritables, n’est pas aussi brillante et d’une teinte aussi foncée que la supérieure. Celle-ci est quelquefois luisante et vernissée comme dans plusieurs Ranunculus, quelquefois veloutée comme dans la Pensée ( Viola tricolor ) et l’Oreille- d’Ours ( Primula Auricula), beaucoup plus souvent male. Chez la Ficaire ( Ficaria ranunculoides) , la partie des pétales qui était luisante dans le bouton devient mate dans la fleur épanouie, et la partie qui était mate, avant l’épanouissement, devient ensuite luisante. Tantôt la teinte d’une corolle tout entière est à peu près uniforme; tantôt la couleur varie dans les différents pétales d’une même corolle; tantôt, enfin, le même pétale est de diverses couleurs. Une fleur peut changer plusieurs fois de teinte aux différentes époques de sa vie ; quelques Crucifères , V Hibiscus mutabilis et V Hortensia nous en fournissent des exemples frappants ; j’ai trouvé au Brésil une Mélastoméc (Rhexia mutabilis, Aug. S.-Hil.)donl les fleurs nombreuses présentaient, sur un même pied, diverses nuances de couleur, suivant l’époque h laquelle elles s’étaient épanouies. La même espèce de plante peut offrir des fleurs de diverses couleurs ; il n’est aucun botaniste qui , dans scs herborisations, n’ait trouvé des fleurs blanches sur le Viola odorata,
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sur des Canqtanules, VErica cinerea, le Thymus Serpyllum, le Jasione montana , etc., où communément on en voit de bleues, de violettes et de roses; j’ai observé des corolles couleur de chair dans VEchtum vulgare et Vu4juga Geneven sis j qui ordinairement en ont de bleues, etc.; tout le monde sait enfin combien la culture nous procure de variétés de couleur daus l’Oreille-d’Ours ( Primula Auricula), l’Œillet ( Dianthus Caryophylhts) , la Renoncule, les Pavots, les Dahlia , elc. Il est cependant des fleurs dont la rouleur ne varie jamais; on a métamorphosé en pétales les étamines du Ranunculus acris , et il est toujours resté du même jaune. Cette dernière couleur est, en général, une de celles qui changent le moins; le bleu elle rouge sont, au contraire, fort variables; mais il c-tà remarquer qu’en général le bleu ne passe point au jaune, comme le jaune ne passe point au bleu , quoiqu’on puisse les trouver ensemble dans uue même corolle, ainsi que le Convolvulus tricolor et les Myosotis en fournissent des exemples. Si, chez beaucoup d’espèces, la couleur de la corolle est susceptible de varier, il en est une foule d'autres où elle ue change jamais. Dans le même genre, on peut trouver une ou plusieurs couleurs; et, dans le premier cas , c’est le plus souvent le jaune qui se présente. Il est rare de rencontrer ensemble dans le même genre le jaune et le bleu , cependant cette espèce de règle n’est poinlsans exception : ainsi I cScabiosa succisa a les fleurs bleues et le centaurioides les a jaumltres; les Cent aura Cyanus et montana présentent des corolles bleues, le coltina cl le diffusa eu ont de jaunes; le Viola hiflora a des pétales jaunes, une foule d’autres espèces en ont de bleus ; les genres G entiana, Linum et sJnchusa offrent à la fois des espèces bleues et d’autres jaunes, et si, dans les Linum, nous faisons deux sections des espèces jaunes et de celles qui sont bleues, c’est uniquement pour la commodité de l’élude. Excepté
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peut-être quelques familles à corolles verlcs, il u’en esl pas une où (ouïes les espèces présentent la môme couleur ; cependant le purpurin se montre le plus souvent chez les Labiées et les Bruyères, le bleu chez les Campanulacées, le jaunechcz les Hypérici nées, chez les Chicoracées, et la teinte générale d’un pays se ressent assez souvent de la couleur des genres qui y donnent le plus de fleurs ; ainsi le jaune domine dans nos prairies à cause de nos Renoncules, et le bleu dans celles de quelques parties méridionales du Brésil à cause des Eryngium. Schubler a calculé que, parmi les 2726 plantes phanérogames delà Flore d’Allemagne, il y en avait 601 à fleurs verdâtres, 667 jaunes, 536 blanches, 489 rouges, 210 bleues, 6 noirâtres ou grisâtres; il a reconnu que la couleur blanche devenait plus commune à mesure qu’on s’avance vers le pâle, et enfin que , sur 499 plantes phanérogames, il y en avait en Laponie 178 de verdâtres et 109 de blanches. Ces calculs sont , sans doute, intéressants; néanmoins ils ne nous donnent pas l’exacte proportion des diverses sortes de couleurs dans les corolles, car ils embrassent à la fois les fleurs qui en sont pourvues cl celles qui n’en ont pas.
Grandeur rela- Nous savons déjà que souvent le calice prend plus de dé-
ire dr la corolle J I 1 1
iducai.ee. vcloppcmenl que les bradées. Eu général, la corolle est aussi plus grande que le calice; cependant elle peut lui être égale ou mémo être moins grande, comme on en voit surtout des exemples dans les fleurs très-petites. C’est avec précaution qu'il faut indiquer la différence relative des deux enveloppes, quand elles ne diffèrent pas beaucoup pour la grandeur; car le calice croît encore, lorsque la corolle est déjà stationnaire. Si, ordinairement, celle dernière est plus ample que les foliolcscalicinales, quoique plusélc\éesur l’axe de la fleur, il y a, comme vous le savez (p. 334, 356), une sorte de compensation dans sa coloration cl dans la ténuité de son tissu.
CORUl.Lt:.
La coloration des organes est un symptôme de maladie cl de dépérissement, comme le prouvent les feuilles rouges et jaunes qui, en automue, se détachent des arbres, comme le prouve encore la couleur verte que prennent les organes de la fleur, lorsque, sans doute par une surabondance de sucs, ils retournent à leur forme originaire, celle de la feuille.
La durée des corolles est fort inégale : il y en a qui se cou- ,u la ™ servent plusieurs jours sur leur réceptacle, et qui, pendant cet intervalle, restent toujours ouvertes, ou s’ouvrent et se ferment tour à tour; d’autres, au contraire, tombent le jour même où elles sc sont épanouies. Celles des Lins cl des Cistes durent à peine quelques heures; celles du Vilis vinifera et des Thalictrum sc détachent au moment mémo où elles viennent de s’ouvrir. V II elianthemum guttatum, extrêmement commun dans les champs de la Sologne, produit un grand nombre de fleurs dont les jolis pétales s’étalent au matin, et, vers midi, couvrent déjà la terre, ce qui, dans le pays, a valu à la plante le nom de Grille-midi.
Tandis que la plus grande partie des calices sc dessèchent autour du fruit, presque toutes les corolles, articulées à leur point d’attache, tombent plus tôt ou plus tard, après la fécondation. Le plus souvent elles sont encore fraîches lorsqu’elles se détachent ; mais il arrive aussi qu’alors elles sont déjà flétries, comme dans les Lathyrus, les Vicia et les Pisum. Pour exprimer la durée relative de leur existence, on se sert des mots que l’on applique au calice. Ainsi la corolle du Lobelia urens , des Campanules ( Campanula ), des Erica, du Trifolium badium , est dite persistante (cor. persistons), parce qu’on la trouve encore autour du fruit; celle de la plupart des fleurs est tombante ( decidua ); elle est caduque (caducd) dans quelques pavots (Papaver) et le Myriophyllum spicatum .
Nous avons vu que la base de certains calices persistait ,