CHAPITRE XXI
ORIGINE UT CAUSES DK L’IRREGULARITE DANS LES DEUX PREMIERS VERTICILLES DE LA FLEUR.
Vous savez ce qui fait qu'un calice cl une corolle sont réguliers ou irréguliers. Je ne passerai pas au troisième verlicille de la fleur sans vous avoir indiqué l’origine de l’irrégularité dans les deux premiers verlicilles cl sans avoir recherché les causes de celte irrégularité.
§ I . — Origine de F irrégularité.
Pendant longtemps on a pu croire que les botanistes qui choisissaient la régularité pour terme de leurs comparaisons cédaient seulement au désir de les rendre plus-faciles, et que regarder les formes irrégulières comme une déviation d’un type régulier, c’était se laisser aller à des idées mélaphysi-
■nncr.i i.aiuté.
quesà peu près étrangères à l’étude des plantes. Mais on a fini par remonter à l’origine des choses ; et , aujourd’hui , arl"u*'r*' nous devons reconnaître que, quand M. Alfred Moquin a écrit, d'après des considérations théoriques, qu'il existait un type régulier antérieur au type irrégulier, il n’a fait que devancer l’observation. En effet, M. Schleiden, étudiant le bouton qui commence à poindre, s’est convaincu que les pièces des deux premiers verlicillcs, c’esl à dire du calice cl de la corolle, étaient, dans l’origine, non-seulement distinctes, mais encore parfaitement régulières.
Puisqu’une corolle et un calice commencent par être ré- Lt’ pièce* les
1 1 plus développées
guliers, il est clair que la régularité n’est pas un terme de J“ comparaison que nous puissions choisir à notre gré, et que, d7au“r*jXi sans des inégalités d’accroissement plus ou moins sensibles, p"“ nous n’aurions que des enveloppes florales parfaitement régulières. De là il résulte que les pièces les plus développées d’un calice ou d’une corolle sont celles qui se rapprochent le moins de la régularité primitive, et que les moins développées, au contraire, sont les plus voisines de celte même
régularité. L’irrégularité ne
° provient pas d’un
Cependant, pour que certaines parties prennent moins
■ ' * 1 * » nient dans les par-
d’accroissement que d’autres, il faut nécessairement qu’elles aient été arrêtées dans leur développement par quelque cause; et, si cette cause n’eùt pas existé, nous aurions eu des vcrticilles dont toutes les pièces eussent été semblables aux plus développées. On pourrait demander, à la vérité, s’il n’y a pas eu plutôt excès de développement dans quelques pièces que défaut chez les autres; mais, si l’irrégularité provenait d’un excès d’accroissement, et que les parties les moins développées fussent à l’état normal , toutes deviendraient semblables à ces dernières quand, par quelque circonstance, une fleur irrégulière retourne à la régularité.
Or c’est, au contraire, la forme des pièces les plus dévelop-
AU
ORIGINE DE L’iRRÊGCLAMTÉ
poes que prennent alors toutes les autres. Il arrive assez souvent que les corolles du Linaria vulgaris se régularisent, se pélorient, comme disent les botanistes. Dans ce cas, les cinq pétales deviennent à peu près semblables au pétale moyen de la lèvre inférieure qui est le plus développé, et ils sont éperonnés comme lui : donc c’est ce pétale qui, dans la fleur irrégulière, était le seul normal. Le Linaria vulgarts n’est pas l’unique plan le à fleurs irrégulières qu’on ait trouvée à l’étal de réguralité. Plusieurs espèces à'Antirrhinum, de Viola, de Digitalis, le Chelonia barbata, le Linaria spuria, etc., se sont péloriées, et tous leurs pétales avaient alors la forme du pétale le plus développé de la corolle irrégulière.
Pourquoi 1rs p f- Il parait, à la vérité, que chacun des pétales d’une co- II'10';;' rolle péloriée peut ne pas atteindre le degré de développement auquel parvient le pétale correspondant de la corolle Si1.:, Vrai; régulière; mais il n’est pas étonnant que , quand plusieurs des pétales sont génés dans leur développement, le seul qui ne le soit pas prenne plus d’accroissement qu'il ne ferait si les sucs étaient répartis avec égalité.
Puisque, dans toute corolle irrégulière, quelques-uns des pétales ne se développent qu’incomplélemcnt, il faut bien que d’autres arrivent à peu près à l’étal de développement auquel ils sont susceptibles de parvenir, quand ils ne rencontrent aucun obstacle, c’est-à-dire à l’étal normal. Sans celle différence, en effet , il n’y aurait pas d’irrégularité.
§11. — Place qu’occupent dans les fleurs irrégulières les pétales les plus développés.
Le pétale ou les pétales à l’état normal occupent toujours une place semblable dans chaque espèce, et cette place