‹ Leçons de botaniqueChapitre 62 sur 148 · DANS LB CALICE ET LA COROLLE · texte numérisé non relu

DANS LB CALICE ET LA COROLLE

certainement à l’esprit que le défaut de développement tient à la pression qu’cxcrccnl les parties les unes sur les autres ; car, dans ces inflorescences dont le centre nous offre une régularité parfaite , les pétales les plus développés , ceux qui, chez quelques fleurs, constituent l’irrégularité, se trouvent à la circonférence, la seule place où l’accroissement a pu s’opérer en toute liberté. Une presssion égale a agi sur les corolles du centre, et il en est résulté une parfaite régularité; mais ces corolles, quoique régulières, n’ont absorbé qu’une partie des sucs qu’elles eussent reçus dans d’autres circonstances, et ceux-ci ont dû nécessairement refluer vers la circonférence; ainsi les fleurs du centre sont réellement restées au-dessous des limites naturelles du développement, et les autres les ont dépassées. D’un autre côté, la substance nutritive, une fois détournée vers les pétales extérieurs des fleurs de la circonférence, a souvent continué à suivre la même route, et il en est résulté des avortements dans les verlicilles supérieurs de ces mêmes fleurs.

La gêne causée par l'extrême rapprochement des parties .1.

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peut encore expliquer, ce me semble, pourquoi, lorsque le seul pétale extérieur est plus développé que les autres dans les corolles irrégulières pcnlapélales, labiées et personnées ( f . 293, 296), les deux pétales supérieurs sont égaux entre eux, et les deux intermédiaires aussi égaux. Dans ces corolles, les pétales supérieurs étant alternes avec l’axe de l’inflorescence, celui ci a dû, nécessairement, avoir sur tous les deux une influence égale -, celte influence, quoique moindre, a dû se faire sentir aussi d’une manière uniforme chez les deux pétales intermédiaires également éloignés des deux supérieurs, et, ensuivant le même raisonnement, on trouverait encore pourquoi l’intermédiaire, plus développé que tous, est toujours égal dans ses deux moitiés.

Il faut bien cependant que la cause que nous venons

ORIl,I\L lit 1.' IRRÉGULARITÉ

d’assipnor à l'irrégularité soit souvent dominée par quelque autre cause qui nous échappe ; car, sous des influences semblables .à celles où les pétales les plus développés se voient à l’extérieur, nous pouvons trouver le plus de développement du côté où il y a le plus de pression . Nous voyons même une régularité parfaite dans des inflorescences fort compactes, où. ordinairement, l’irrégularité se manifeste à l’extérieur, ou bien une grande irrégularité chez des plantes qui nous offrent une fleur solitaire à l’extrémité d’une hampe allongée. Dans le Lysimachia Ephcmervm , les fleurs sont régulières, quoique disposées en grappe très-serrée; une foule de Composées ont les corolles de la circonférence qui restent libres à l’extérieur, aussi pcudéveloppéesquecellesdu centre, pourtant (rés-rapproehées ; certains calices sont plus développés du côté de l'axe de l’inflorescence que du côté extérieur, tandis que le contraire a lieu pour la corolle; comme vous le savez déjà , le plus grand pétale se trouve être , chez les I’apilionacées , le plus voisin de l’axe ; chez une foule de Phlomis , de Lamium , de Marrubium, etc., dont les faux verlieillcs comprennent des fleurs nombreuses, la pression doit agir, dans le milieu des verlieillcs, bien autrement qu’à la circonférence, et cependant les fleurs sont toutes semblables; enfin, au sommet de la hampe fort longue des Pxuguicula, nous trouvons une fleur unique, et pourtant très-irrégulière. Il nous est donc impossible, dans une foule de cas, d’expliquer la régularité ou l’irrégularité par une cause purement mécanique ; pourquoi voudrions-nous y voir autre chose que l’empreinte de ce cachet de variété , dont la puissance créatrice a marqué les espèces qu’elle a répandues sur notre globe; diversité qu’elle a offerte à notre admiration, et dont elle s’est réservé le secret merveilleux. Nous ne songeons point à expliquer, par des causes mécaniques et extérieures, la différence des feuilles du

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