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L<* miirllc i»lil »»*i»|»l«- el arties.
enfin, au centre, un dernier vcrticille complet, formé aussi de cinq corps entièrement libres , dont chacun présente au sommet un lilet termine par une glande , et inférieurement uue cavité qui contient de jeunes semences attachées longitudinalement, du côté le plus voisin du centre de la fleur. Chacun de ces corps est un carpelle ou pistil simple ; la partie qui renferme les jeunes semences est l’ovaire ( ovarium ) , le filet est le style (stylus) , la glande , le stigmate ( stigma ) ; enfin la portion de l’ovaire à laquelle sont intérieurement attachées les jeunes graines ou ovules ( ovula) est le placenta {placenta).
Ce que nous voyons au vcrticille des organes femelles ou gynécée du Crassula rubens , nous le retrouverions à celui de toutes les plantes où ce même vcrticille est complet et formé de parties distinctes.
Nous devons dire, en general , que tout carpelle, c’està-dire tout organe libre, faisant partie d’un gynécée ou vcrticille femelle , se compose de l'ovaire, du style et du stigmate ■ que l’ovaire est la partie inférieure et creuse du carpelle qui renferme les jeunes semences ou ovules ; qu’il a le dos ( dorsum ) tourné vers les envelopi>es florales, et le ventre ( t enter) vers le milieu de la fleur ; que le style est une sorte de colonne qui s’élève au-dessus de l’ovaire ; que le stigmate est la partie terminale ou presque terminale du style , qui , glanduleuse ou du moins humide et sans épiderme, est destinée à recevoir le pollen. On peut trouver des carpelles sans style; mais le stigmate et l’ovaire constituent essentiellement l’organe femellcet ucmanquentjamais.
Ce que je vous ai montré dans le Crassula rubens suffit pour prouver que chaque carpelle est , dans le gynécée, ce qu’une étamine est daus son verticillc, un pétale dans la corolle et une foliole dans le calice; c’est un des organes isolés du verticillc femelle , comme l’étamine est l’organe
cistii.n.
isolé du verticille mâle ou le pétale uu organe détaché de la corolle.
Nous avous vu que les pièces dont se compose , soit le calice, soit la corolle, soit le verticille des étamines ou le disque, se soudaieul souvent entre elles. 11 en est de même des parties qui forment le verticille femelle. Ici cependant il y a une différence : les folioles calicinalcs, les pétales, les étamines , comprenant au milieu d’eux d’autres verlicilles, cl ne pouvant se rencontrer que par leurs bords, doivent former une couronne ; mais il n’en est pas de même des organes femelles ; ils terminent l’axe de la fleur, et rien ne s’oppose à ce qu’ils se soudent par tous les points de leur surface , si ce n’est , comme on le conçoit aisément , par la partie qu’ils prèsenlen t au dehors, c’est-à-dire lcdos (f. 360). D’autres circonstances accompagnent nécessairement cette soudure. L’ovaire d’un carpelle n’offre point une surface plane , puisqu’il renferme les ovules ; c’est un corps plus ou moins arrondi dans scs contours ; or plusieurs corps ainsi formés et rangés en cercle autour d’un centre commun doivent , lorsqu’ils exercent quelque pression les uns sur les autres, s’amincir en coin ou en biseau de la circonférence au centre, cl c’est ce qui, par exemple, arrive effectivement pour les cinq ovaires des Sedum album et reflexum , parfaitement libres, mais pourtant fort rapprochés les uns des autres ; si ces cinq ovaires qui sont oblongs se fussent soudés, ils auraient formé tous ensemble une sorte de cylindre, chacun d’eux eût été un segment de ce ejdindrc, et la reucontre des cinq segments par leur angle interne eût formé un axe. A de légères nuances près, cela a lieu sans exception pour tous les ovaires soudés d’un ver ticille complet d’organes femelles.
Comme chaque carpelle ou pistil simple présente une loge unique dans son ovaire, il est bien clair que le pistil composé
Le carpelle est <lao< le gyuevec ce
3ue le pétale cal au* la corolle-
No U. lu te (ici carpelle».
l’ISMI.9.
puni lompMr. ( pis! ilium compositum), formé de la soudure de plusieurs carpelles, offrira autant de loges rayonnantes (/ocm/us, loculamentum ) qu’il est entré de carpelles dans sa composition (/". 357, 363). Non-seulement chaque loge sera séparée de la voisine par une des deux portions latérales de son carpelle, qui, rendues planes ou à peu près planes par la pression, s’étendent de la circonférence au centre, mais encore elle en sera séparée par la portion semblable cl contiguë du carpelle voisin. Ainsi nous aurons, entre deux loges, une séparation ou cloison ( dissepimentum ) qui, dans son épaisseur, appartiendra par moitié à deux carpelles, et chaque pistil composé, lorsqu'il sera formé de plus de deux carpelles, présentera autant de cloisons rayonnantes que de loges également rayonnantes. Par conséquent, nous pouvons définir les cloisons des lames, qui, formées par des portions de carpelle soudées entre elles, divisent l’ovaire composé ( ovarium compositum), en autant de loges qu’il existe d’ovaires simples dans sa composition. Quand donc nous trouverons dans un ovaire des séparations qui n’offriront pointées caractères, nous dirons que ce sont de fausses cloisons ( dissepimenla KjwuciriuMB». ftpuria), et, si nous voulons désigner d’une manière spéciale les cloisons qui résultent de deux portions de carpelle soudées cl rentrent dans l’intérieur de l’ovaire, nous les appellerons, par opposition aux cloisons fausses, des cloisons véritables ( dissep. légitima ). J’ajouterai que, puisque les organes d’un même verlicillc sont toujours rangés côte à côte et que la soudure des uns avec les autres sc fait longitudinalement, les cloisons véritables d’un pistil composé doivent toujours être verticales, et ainsi toute séparation transversale ou, si l’on veut, horizontale ( dissep . transversum, horizontale ) sera nécessairement une cloison fausse.
De même que la soudure des folioles calicinalcs, des pétales et des étamines s'étend plus ou moins du bas vers le
pisms
haut, de mémo aussi on voit la soudure des carpelles prendre, suivant les genres et les espèces, différents degrés de force et d’étendue. Elle est à peine sensible dans quelques plantes ; ailleurs elle s’étend jusqu’à moitié , jusqu’aux deux tiers , jusqu’aux trois quarts, laissant encore parfaitement libres des têtes ou sommets coniques plus ou moins longs (ex. Nigella arvensis , f. 357); enfin elle arrive à comprendre toute la longueur des ovaires (ex. Agrostemma gythago . f. 358). Mais ce n’est pas seulement dans ce sens qu’elle se forme : elle peut aussi s’étendre du centre à la circonférence , et alors elle dessine des lobes (ex. Sida auranliaca, f. 359) ou des côtes, selon qu’elle a gagné plus ou moins de largeur. Quand enfin les ovaires sont soudés à la fois dans toute leur longueur et dans toute leur largeur, ils ne font qu'un seul tout dont les parties originaires ne se distinguent plus à l’extérieur (ex. Arbutus densi/lora, f. 3 CO).
Ce n’est pas seulement par les ovaires que se soudent les carpelles; souvent la soudure comprend encore leurs styles, et ceux-ci, comme les ovaires eux-ménies, peuvent être unis à la base seulement, jusqu’à la moitié, aux deux tiers, aux trois quarts ; ils peuvent enfin comprendre les stigmates euxmêmes, et alors il n’y a plus en apparence qu'un pistil (ex. trois styles libres dans /eSilene Cisplalensis, f. 361 ; soudés jusqu’à plus de moitié dans le Fritillaria Meleagris, f. 362; entièrement soudés dans le Scilla amœna, f. 363).
Si très-souvent les carpelles se soudent uniquement par leurs ovaires et offrent des styles et des stigmates parfaitcment libres, quelquefois aussi ce sont les styles et les stigma les qui seuls se soudent entre eux. C’est là ce qui arrive dans la famille des Apocynécs , celle des Asclépiadécs , les Simaroubées (ex. Simaroubu ferruginea , f. 352) et plusieurs Cusparices. De même, dans certaines Légumineuses, les pétales
carpelle* peuvent v souder dans une étendue plus ou moins considérable.
La soudure peut comprendre nonseulement les ovaires,mais encore les styles et les stigmates.
Les styles soudés quand les os aires «ont libres .
PISTIt-H.
de la carène se soudent par leurs lames, tandis que les onglets restent libres; et lesétamines des Composées, libres par leurs filets, s’unissent par leurs anthères.
Nous savons que , quelquefois , dans un verlicille de pétales ou d’étamines, un ou plusieurs de ces organes ne se développent point, et que le verlicille reste incomplet. La môme chose arrive bien plus fréquemment encore pour les carpelles, parce qu’au poiul du réceptacle où naissent ces organes, l’énergie vitale est, pour ainsi dire, arrivée au deru , y <i'» nier degré d’épuisement. Entre des verlicilles incomplets de
■ >'j- II- « tuuvt-nl I K
nco»(.irt. pétales ou d’étamines et un verlicille incomplet de carpelles, il y a cependant une grande différence : dans les premiers, la symétrie des pièces restantes continue souvent à subsister relativement aux autres verlicilles, et alors ou retrouve sans peine la place de celles qui manquent (V. le chap. intitulé. Symétrie); au contraire, dans un verlicille incomplet de carpelles, les pièces restantes s’arrangent toujours réguliément aux dé|»cns de la place qu auraient occupée celles qui manquent, elles premières sont opposées, s’il en restedeux, ou verlicillécs, s’il en reste davantage. Ainsi, dans les Polygala, ou il n’y a que trois pétales, ils sont rangés du môme côté de la fleur, cl une lacune m’indique bien clairement la place de ceux qui ne se sont point développés, aussi bien que la position qu’ils auraient eue relative mentaux autres verlicilles ; au contraire, dans un Sulanum , dans un Pcdicularis , dans un Vcrbascum (ex. V. nigrum, f. 364), où l’on sait, comme nous le verrons plus tard, que, sur cinq carpelles, il en manque trois, les deux restau ts, qui, dans l’état normal, n’auraient jamais pu être opposés, sont pourtant devenus tels; de cinq carpelles, il n’en est resléquc trois dans le Paliurut aculealm, cl ils sont régulièrement verlicillés. Quand le verlicille des carpelles est réduit à l’unité (ex. Delphinium Consolida, f. 365), ce qui arrive extrô-
PISTII.S.
meinent souvent , le seul carpelle qui se développe devient central ou à peu près central, tandis que le pétale unique du Noblevillea, du Qualea, de V Amorpha, est nécessairement toujours latéral, parce qu’au-dessus de lui se trouvent d'autres verticilles dont il est impossible qu’il usurpe la place.
Le calice, la corolle, les étamines et le disque , ne sont pas seulement soumis à des relranehemens partiels , ils peuvent ne se développer en aucune manière : il en est de même du verticille des carpelles , et c’est cette suppression totale qui constitue les fleurs mâles. En général, cependant, on I.Kiilr df. .rp. I II-'
...... romlitae Ici Don
trouve dans ces fleurs quelque indice du pistil , comme dans les fleurs femelles on trouve souvent des indices d’étamines: tantôt c’est un petit ovaire creux , mais presque flétri ; tantôt c’est un simple filet, tantôt une petite masse charnue et sans cavité. Les filets qu’on voit dans les Arum, au-dessus des carpelles, ne sont certainement pas autre chose que des rudiments de pistil.
Si, fort souvent, il n’existe dans une fleur qu’un carpelle, ou que même il ne s’en trouve pas du tout, souvent aussi on en voit un très-grand nombre (ex. Casalea ascendms , f. 351). Dans ce dernier cas, ils n’offrent point, comme les corolles multiples, des verticilles superposés , mais une disposition spirale où les parties sont extrêmement rapprochées, comme colles d’un cône de Pin ou de Mélèze.
Le plus souvent, les carpelles en nombre indéfini restent libres, ainsi que cela a lieu dans les Renoncules, les Anémones ou les Fraisiers ; mais quelquefois on les voit se souder plus ou moins, comme dans plusieurs Ànonées.
Le calice et la corolle sont très-souvent composés de parties dissemblables, et par conséquent ils peuvent être irréguliers; au contraire, l’irrégularité est fort rare au verticille carpcllaire : cependant les ValcriancUa cl les Anlirrhinum nous en fournissent des exemples.
PISTII.S.
N ombre <Ul cloison» <lan« le» ovairr* coai|H<K-t.
Explication tic la terminologie admise par le» botanistes.
Je vous ai dit que, quanti il y avait plus de deux carpelles, le nombre des cloisons était égal au leur (/". 357, 362) ; lorsqu'au contraire il y en a seulement deux , il ne se trouve jamais quTune cloison (/". 364). Dans un verticille de trois , quatre ou cinq carpelles , chacun d’eux ne peut être soudé avec le voisin que par un côté, et par conséquent l’ensemble doit présenter autant de moitiés de cloisons que de côtés , ou autant de cloisons que de carpelles. Dans un verticille réduit à deux carpelles , ils se font face et ne sauraient former qu’une cloison, puisqu’ils sont soudés à la fois par les deux côtés.
Pendant longtemps les botanistes restèrent étrangers à la théorie que je viens de vous développer. Dés 1790, Goethe en avait jeté les premiers fondements dans son livre de la Métamorphose des Plantes ; mais, comme je vous l’ai déjà dit, cet ouvrage ne parut aux savants qu’une rêverie ingénieuse, et il fut négligé. Cependant le Généra plantarum d’Anloine-Laurent de Jussieu accoutuma peu à peu les botanistes à repousser les coupes brusquement tranchées ; ces transitions ménagées si heureusement , que leur avait montrées Jussieu dans le règne végétal tout entier, ils finirent par les chercher dans la plante isolée , et de bons esprits, qui n'avaient aucune eonnaissancedes écrits dcGoëlhc, arrivèrent à peu près au même résultat que lui. M. Dunal proposa le mot carpelle pour distinguer le pistil simple du pistil composé; celte expression fut généralement adoptée, et une révolution s’opéra dans la earpologic(carpo/ogia), ou la connaissance des pistils et des fruits.
Si, pendant un grand nombre d’années, on prit pour un seul tout, soit le calice monophylle, soit la corolle monopétale, à plus forte raison dut-on s’imaginer que le pistil composé était un organe unique. Maisici on alla beaucoup plus loin que pour les autres vcrticillcs de la fleur ; car jamais il
PISTILS
n'est arrivé qu'on ait assimilé ic pétale isolé à une corolle entière, et l’on confondit le pistil simple avec le composé. Dans le premier, on voyait un ovaire uniloculaire ou à une seule loge ( ovarium uniloculare , f. 365), et, dans le second, on en voyait un à deux, trois, quatre, cinq ou plusieurs loges ( ovarium uni-bi-tri-quadri-quinque-mulliloculare^f. 364, 36 1 , 360). Par une conséquence naturelle, quand la soudure des ovaires ne s’étend pas de la base jusqu’au sommet, on a dit que l’ovaire était à deux, trois, quatre ou plusieurs têtes ( ovarium bi-tri-quadri-mullicephalum), ou bien encore qu’il était partile ou fendu (ovarium partitum, /issum, f. 357). Lorsque, dans la largeur, il n’y a soudure qu’à la partie tout à fait antérieure, l’ovaire a été appelé didyme, tridyme, ou bien à deux, trois ou cinq coques ( ovarium di-tridymum ; ovarium di-tricoccum), si l’adhérence s’étend davantage, et que les carpelles puissent cependant encore être bien distingués, on a dit que l’ovaire était lobé, ou plus spécialement à. deux, trois, quatre, cinq ou plusieurs lobes (ovarium lobatum, bi-tri-quadri-quinque muUilobatum, f. 362, 359); et, si une petite portion de la largeur des carpelles est seule restée libre, l’ovaire a été à trois, à quatre, à cinq, à plusieurs côtes ( ovarium tri - quadri - quinque multicoslatum ). Quand les ovaires des carpelles sc sont soudés , et que leurs styles sont restés libres, on a dit qu’il y avait un ovaire unique et plusieurs styles ( ovarium unicum ; styli plures , f. 358); lorsque les styles se sont soudés à leur base, il y a eu un style partitc; il a été fendu si la soudure s’est étendue davantage (f. 362), et les termes numériques, combinés avec ces expressions, ont indiqué en même temps le nombre des styles Stylus bi-lri-quadri-quinque-multiparlitus ; Stylus bi tri quadri-quinque multifidus. Il en a été de même pour les stigmates ; cette portion d’organes a été parti te, fendue, lobée, dentée (stigma partitum , / issum ,
P1STII.H.
lobatum , dentatum) , suivant le degré de soudure auquel elle a été soumise. Enfin , quand l’union des carpelles a été complète, on a dit du pistil composé, comme du pistil simple, qu'il était à un seul ovaire entier, à un seul style, à un seul stigmate; dans ce cas, l'indication du nombre des loges a pu seule montrer la différence , et c’est uniquement lorsque les carpelles ont été libres qu’on a reconnu qu’il y avait plusieurs pistils, comme dans les Renoncules et les Anémones.
Il est clair que toute cette terminologie est radicalement défectueuse. Si l’on voulait mettre le langage descriptif d’accord avec la théorie, il faudrait n’employer le terme de pistil que pour désigner l’ensemble plus ou moins soudé du verlicille carpcllairc, cl jamais le carpelle isolé, ou pistil simple ; il faudrait indiquer le nombre des carpelles (carpellum unicum, carpella 2, 3, V, etc., plura), dircs’ils sont distincts ou soudés ( carpella t listincta,coalita ), et ensuite faire connaître comn.rm;if.a- le degré de la soudure. Ainsi, pour peindre trois carpelles
puut rlf détord dont les ovaires seraient soudés jusqu’au milieu, et les sty-
avec la Tenir. , ‘ t
les libres, on pourrait dire en latin : Carpella tria : ovarta usque ad medium coali ta , sty h distincts ; si les trois carpelles étaient entièrement soudés, et que les styles le fussent seulement jusqu’à moitié, on dirait : Carpella tria : ovaria in unum plane coalita; styli usque ad medium coaliti , et ainsi de suite. Mais je n’ai point moi-même adopté ce mode de s’exprimer dans les descriptions que j’ai publiées jusqu’ici; l’ancienne terminologie peint parfaitement les apparences; elle n’exclut point les explications qu’on peut en donner, et, connue l’a fort bien dit M. de Mirbel, lorsque, dans une science, on est d'accord sur les idées, la langue dont on se sert pour les exprimer n'importe guère. Le puritanisme n’est, à cet égard, qu’amour-propre ou pédanterie.
imstii s.
§ II. — De la nature du carpelle.
Vous savez à présent comment se composent les pistils : je vais vous faire connaître la véritable nature du carpelle.
Puisque cet organe est, dans son verlicille, ce que sont, dans les leurs, la foliole calicinale, le pétale , l’étamine, et que nous devons voir en ceux-ci une feuille métamorphosée, tious avons déjà une forte induction pour croire que le carpelle n’est pas non plus autre chose.
Dans un grand nombre d’espèces de Croton, j’ai vu une étamine centrale à la place qu’occupe ordinairement le pistil ; et chez une foule de plantes que la culture rend plus vigoureuses, les carpelles, comme tout le monde sait, deviennent des pétales; mais il n’est pas même nécessaire de recourir à des métamorphoses pour se convaincre de l’extrème analogie de ces organes avec les feuilles. Tandis que, dans la (leur, les étamines atteignent le dernier degré du développement, parce que c’est dans la fleur qu’elles remplissent les fonctions qui leur sont dévolues, les carpelles n’y sont, pour ainsi dire, que dans l’enfance, et alors , à la vérité, leur ressemblance avec la feuille n’est jamais bien sensible ; qu’on examine les carpelles du Colutea arborescent î et sur tout du Sterculia plalani folia (f. 366), lorsqu’ils ont acquis toute leur croissance, qu’ils sont devenus des péricarpes et se sont ouverts pour laisser échapper les graines , on sera étonné de leur ressemblance avec l’organe appendiculaire de la tige. Mais qu’était celle feuille que représente si bien le carpelle du Sterculia plat ani folia avant qu’il se fût ouvert? C’était, comme tous les autres carpelles, une sorte de coque
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parfaitement close, où l’on voyait deux sutures opposées ('sutura exterior seu dorsalis, sutura interior seu ventralisj , l’une du côté extérieur de la fleur et l’autre du côté intérieur, à laquelle étaient, sur deux rangs, attachées les se mences ; lorsque la coque s’est ouverte et étalée, la déhiscence s’est opérée par la suture intérieure ou ventrale , celle-ci a cessé d’exister, et la suture extérieure ou dorsale s’est montrée ce qu’elle est réellement, une nervure moyi nne placée à distance égale des deux bords chargés de graines.
Tout ici prouve jusqu’à la dernière évidence qu’un carpelle est une feuille pliée sur elle-même dans son milieu, dont les bords soudés se sont chargés de graines, et qui, comme toutes les feuilles, a sa face tournée vers l’axe de la plante, en même temps que son dos est tourné vers l’extérieur.
Un autre exemple va nous rendre bien plusscnsible encore la nature du carpelle et de scs diverses parties. A l’état sauvage, le Merisier présente dans sa fleur un carpelle unique : si l'on examine celle d’un Merisier double, on verra, au milieu de cette multitude de pétales blancs comme la neige qui la rendent si belle, deux ou trois petites feuilles vertes, ordinairement dentées comme celles de la tige dont elles offrent la miniature (f. 367); ces petites feuilles sont pliées par leur milieu de dehors en dedans, elles présentent leur dos à l’extérieur, et leurs bords sont rapprochés, mais sans aucune soudure : la plante n’était pas tout à fait assez affaiblie pour produire de véritables carpelles ; ce qu’elle nous montre, c*cst, en quelque sorte, cet organe retournant à l’état de feuille; c’est, pour mieux dire, le carpelle entièrement dévoilé. Il est encore ici une circonstance importante que je ne dois pas omettre : ces petites feuilles que nous voyons occuper la place des pistils ne sont pas, comme celles de la tige, simplement aiguës; elles se terminent par un
1*1 SJ ILS.
loug filel qui porte uuc glande à son extrémité. Pour peu que nous recherchions l’origine de ce filet, nous voyons avec certitude qu’il n’est pas autre chose que le prolongement de la nervure moyenne, et, comme il ne diffère en aucune façon d’un style de carpelle, pas plus que sa glande terminale ne diffère d’un grand nombre de stigmates, nous pouvons dire en général que, si l’ovaire est le limbe de la feuille séminifère, le style est la nervure moyenne plus ou moins prolongée.
Ce que le raisonnement, l’analogie et l’étude des métamorphoses viennent de nous démontrer jusqu’à la dernière évidence, l’observation directe l’a confirmé. En effet, MM. Guillard frères, Schleidcn et Vogel, étudiant le bouton naissant, se sont convaincus que les carpelles s’y montrent étalés comme de véritables feuilles , et que les parties se soudent seulement à mesure qu’elles grandissent (1).
§ III. — De V ovaire uniloculaire formé de plusieurs carpelles soudés bord à bord , et des trois diverses sortes de placentas.
Pour avoir des carpelles étalés, dont les deux bords ne se soudent point, et qui, par conséquent, se rapprochent encore plus que les autres des feuilles delà tige, il n’est pas nécessaire de recourir à des plantes métamorphosées par la culture. Dans l’état habituel, une foule de fleurs nous offrent, chez un pistil composé, des feuilles carpellaires qui, quoique soudées entre elles, restent étalées à peu près comme de véritables
(l) Je dois faire remarquer que dans le carpelle fermé les nervures latérales n’ont plus la même direction que dans les feuilles de la tige, ni même dans la petite feuille carpellaire ouverte du Merisier à fleurs doubles.
Tous les intermédiaires possibles entre l'ovaire uni.
(oculaire formé de plusieurs feuilles carnellaires étalées et royaire multiloculaire | cloisons incomplètes.
IMS1II.S.
fouilles, et nous trouvons, en outre, tous les intermédiaires possibles entre les ovaires à feuilles dont les deux bords sont soudés l’un avec l’autre et ceux à feuilles entiéremcntélalécs. Chez quelques espèces, les carpelles d'un même pistil, encore fortement pliés de dehors en dedans, se soudent, comme à l'ordinaire, par leurs côtés rentrants; mais les deux bords séminifércs de chaque carpelle , quoique très- rapprochés, n’adhèrent pourtant point l’un à l’autre, cl, si l’on doit dire qu’il existe encore des loges, du moins elles ne sont pas fermées du côté de 1 axe; ailleurs, les carpelles se plient beaucoup moins, et nous n’avons plus que des cloisons incomplètes (dissepimenta incompleta , ex. Iltj])cricum linoides , /'. 368), qui, suivant les espèces, s’avancent jusqu’aux deux tiers, jusqu’à la moitié, jusqu’au quart du rayon du pistil; plus souvent encore les feuilles indiquent, à la vérité, par leur courbure des lobes extérieurs, mais les cloisons disparaissent tout h fait et il n’y a bien évidemment qu’une loge ; souvent, enfin, les carpelles s’étalent encore davantage, chacun d’eux adhère à son voisin parla seule extrémité de ses bords, les lobes extérieurs disparaissent, et nous avons alors dans tout l’ensemble de l’ovaire un seul contour ar rondi sans aucune déviation, comme celui d’une cuve formée de l’assemblage de plusieurs douves (ex. Passi/Iora gratissima,f. 369). Les seuls genres Uypericum et Saucagesia suffisent pour nous donner une idée de toutes ces nuances qui achèvent de nous montrer ce qu’est véritablement le carpelle. L’ovaire uniloculaire du Pamassia pahislris est composé de quatre carpelles presque étalés, celui des Droserac l des Viola de trois, celui des Crucifères, de la plupart des Gesnériécs et des Orobanchées de deux; enfin M. Brown regarde, comme étant un seul carpelle étalé, un organe qui, dans les Conifères, avait été considéré par d’autres botanistes comme appartenant aux enveloppes florales. Je crois aussi que l’o-
PISTILS
vaire uniloculaire des Plombaginces est composé de cinq carpelles; Brown a démontré que celui des Composées était formé de deux , j’ai prouvé la même chose pour le Liltorclla, et il doit en être de même des Chenopodium, etc.
Il est bien évident que, quand les carpelles étant étalés n’adhèrent plus que par l’extrémité de leurs bords et que l’ovaire composé est devenu uniloculaire, les ovules ne peuvent se présenter disposés comme ils l'étaient dans l’ovaire multiloculaire. Pour mieux vous faire connaître la différence, je vais vous donuer, sur leur position dans ce dernier ovaire, quelques détails qui n’ont pu trouver leur place jusqu’à présent.
Vous savez déjà que la partie à laquelle sont attachés les ovules dans l’intérieur du carpelle porte le nom de placenta (placenta) , plus généralement adopté que ceux de trophosperme , sporophore , spermophore ( trophospermum , sporophorum , spermophorum) , qui ont été proposés également. Dans un pistil composé de plusieurs carpelles soudés, chacun en particulier, par ses deux bords, et ensuite soudés entre eux par les côtés, il est clair qu’un axe central résulte nécessairement des bords unis de tous les carpelles , et qu’ainsi cet axe ou columcllc (columella) comprendra six ou dix bords, par exemple, si le pistil est a trois ou à cinq carpelles (f. 361, 362, 363, 357, 359). Il est clair aussi que, chaque carpelle portant, comme je vous l’ai dit , des ovules à la partie la plus voisine de l’axe , il doit sc former, par la soudure des carpelles entre eux , autant de placentas rangés autour de ce même axe qu’il y a de loges et de cloisons (mêmes fig-). Les placentas ainsi disposés portent le nom d’axiles (placenta; axilcs) , expression que souvent l’on traduit, en disant que les ovules son.1 attachés dans l’angle interne des loges (ovula angulo interno affixa).
Nous avons vu que les bords soudés des carpelles du Ster-
4'olumrlli'.
Plzcentataiili 9.
PISTILS
culia plat ani folia (f. 366) portaient l’un et l’autre des ovules ; mais cette organisation n’est point particulière au Slerculia ; sans aucune peine ou la reconnaîtra dans les carpelles d’une foule de plantes. Les placentas axiles sont donc généralement doubles, c’est-à-dire qu’ils présentent des ovules fournis , du moins en apparence, les uns par un bord et les autres par l’autre bord de chacun des carpelles. Mais, si les carpelles s’étalent pour former un pistil composé uniloculaire , les deux bords du même carpelle s'éloigneront nécessairement l’un de l’autre, et , avec eux , les ovules dont chaque bord est chargé. Cependant , tandis que les deux bords d’un môme carpelle se sépareront, chacun d’eux restera soudé avec le bord le plus voisin du carpelle contigu , et , comme chaque bord porte des ovules, nous verrons se former des groupes d’ovules dont chacun appartiendra à deux carpelles. Alors, comme vous le savez déjà, il n’y aura plus d’axe, plus de cloison, plus de loges distinctes ; on ne verra qu’une cavité commune à tous les carpelles, et, comme ils se seront étalés et que leurs bords se trouveront au pourtour de l’ovaire composé, il est clair que c’est à ce pourtour que se trouveront les ovules eux -mêmes, ou, pour mieux dire, ils seront attachés à la paroi intérieure de l’ovaire devenu uniloculaire (/". 369 )* Les placentas ainsi disposés sont, r.nc. Pour celle raison, appelés pariétaux {placenta; pariétales) : ainsi l'on dit que la Violette et les Passiflores ont trois placentas pariétaux , et que l’Orobanchc en a deux.
L’ovaire composé uniloculaire ( ovarium uniloculare cornpositum) présente, comme l’ovaire multiloculaire , autant de placentas que de carpelles (f. 368, 369); mais, dans les ovaires multiloculaires ( f. 357, 363) , chaque placenta axile est fourni par un même carpelle, tandis que, dans l’ovaire composé uniloculaire, chaque placenta pariétal appartient à deux carpelles différents : dans l’un et l’autre,
PISTILS
le placenta est double, mais la composition n’est pas la
même. Attachés du côté de l'ave dans les ovaires mullilo- Poiiliou tic l’o -
. , . , . . tuleiUm l'ovairr
culaires (/. 359, 363 ), les ovules auront nécessairement multiloculaire rt
' ' dans l'ovairr rom*
le côté opposé au point d’attache ou leur dos tourné vers r«* »»uc«.ui.c. la circonférence ; dans l’ovaire composé uniloculaire où ils sont attachés à la circonférence, ils auront ce môme côté tourné vers l’axe rationuel, celui qu’on supposerait traverser l’ovaire, à défaut d’un axe réel ( f . 369).
Lorsque les carpelles ne se seront pas entièrement étalés, et qu’ils formeront des cloisons incomplètes ou , si l’on veut, des demi-cloisons, l’extrémité de celles-ci présentera évidemment les deux bords les plus voisins de deux feuilles carpcllaires contiguës (/. 368) ; ce sera, par conséquent, à cette môme extrémité que se trouveront les placentas, et chacun d’eux sera composé par moitié, absolument comme les placentas décidément pariétaux (/) 369 ), d’ovules appartenant à un carpelle, et d’autres ovules fournis par un autre carpelle. Il est bien clair que si nous trouvons, relativement au degré de déploiement , toutes les nuances entre le pistil composé uniloculaire et le pistil multiloculaire, nous aurons aussi toutes les nuances entre les placentas axiles et les pariétaux. Les placentas seront presque axiles, quand les f bords des carpelles , sans être soudés , s’écarteront fort peu "• l’un de l’autre; ils seront presque pariétaux, quand les carpelles seront peu pliés, et que, par conséquent, les cloisons n’auront qu’une faible largeur.
Ici , il est nécessaire que je vous mette en garde contre une confusion qui résulte des idées fausses que l’on a eues longtemps sur les pistils, et de la terminologie qui en a été la conséquence. Quaud je coupe transversalement l’ovaire du carpelle unique du Delphinium consolida (f. 365 ), ou, si l’on veut, un carpelle détaché du vcrticille carpcllairc du Crassula ruhens ( f . 356), je trouve dans la loge, hécesssaire-