‹ Leçons de botaniqueChapitre 75 sur 148 · PIM II. S · texte numérisé non relu

PIM II. S

sur colle dernière (/. 364), cl <|uelquefuis ils la couvrent presque entièrement; les Plantago en out bien certainement deux avec une cloison et deux loges; mais on a cru qu’il y avait chez eux un placenta central libre dans une loge unique, parce que chacun des deux existants couvre une grande partie de la cloison , qu’on aperçoit à peine ce que celle ci conserve de libre, qu’elle est fort mince et se brise très-aisément. U arrive souvent que les placentas, quoique fort larges, ne tiennent que par un point à la partie de laquelle ils émanent; ainsi ceux du Campanula glomerata, attachés tout à fait au sommet de l’angle interne des loges, descendent parfaitement libres jusqu'au fond de ces dernières, en formant un cône renversé.

La formedes placentas proéminents est assez variable; ils sont, le plus ordinairement, hémisphériques, mais on en voit aussi d’elliptiques , de coniques ou semi coniques , d’oblongs et de linéaires ( ' placent ie promin ente s hemisphœricœ , elliplicœ , conicœ , semiconicœ, oblongœ, lineares ). Appliqués dans les ovaires biloculaircs, contre la cloison dont la surface est plane, ils 11e soûl convexes que du côté extérieur (/". 364 ), cl ne peuvent présenter que des moitiés de solides réguliers, de sphère, de cône ou de cylindre.

Ce ne sont pas seulement les placentas asiles qui peuvent être proéminents, épais et charnus; on en trouve de pariétaux qui présentent les mêmes caractères. Ceux des Pavots, au nombre de quatre à vingt , naissent d’épais cordons pislillaires qui constituent la charpente de l’ovaire; ils présentent la ligure d’une lame ou d’un coin, s’avancent vers le centre du péricarpe, s’j rencontrent souvent et forment de fausses cloisons sur la nature desquelles ou ne saurait se méprendre, puisqu’elles n'alternent point avec les stigmates.

I a manière dont ils sont courent attachés.

I*euf forme.

Le placenta na rietai peut être rliarnn et proéminent.

Nous avons donc, soit dil en passant, une quatrième espèce de fausses cloisons à ajouter aux trois autres que vous connaissez déjà, et qui correspondent, comme ces dernières, yu.i,r wrir.de aux stigmates ou aux lobes stigmaliques. Commcje n’en con-

fausse' i luisons. . 1,1*1* •

nais aucune autre sorte dans Fovaire, du moins encore jeune, je vais, en peu de mots, vous rappeler leurs caractères, et vous les présenter d’une manière comparative ; ce sera un moyen de vous les faire mieux connaître. Ou les fausses cloisons doivent leur origine à un parenchyme qui s’étend d’un cordon pislillaircà l’autre entre les deux bords des feuilles ovariennes, ce qui a lieu chez les Crucifères; ou elles résultent d’une expansion de la nervure médiane, comme dans les Linum ; ou elles sont formées par les bords des carpelles qui, rentrant dans les loges, se reportent du centre à la circonférence; ou enfin elles le sont par des placentas pariétaux , qui s’étendent de la circonférence au centre.

Les placentas proéminents et charnus, soit pariétaux, soitaxiles, sont des expansions, en grande partie celluleuses , des cordons pislillaircs , et nous allons voir qu'une 4'omparaiMm du organisation à peu prés semblable se retrouve dans le plaf,‘, i.T’i'h- centa central, libre et en même temps épais des Primupariétaux. lacées et des Myrsinées. Chez ces plantes , une sorte de pédicule assez grêle et cylindrique, continuation de l’axe de la fleur et du pédoncule, s’élève au centre de la loge unique de l’ovaire , et bientôt un corps charnu , le plus souvent globuleux ou ovoïde, naît du sommet du pédicule ; il le déborde, s’épanche autour de lui, et se termine par un filet grêle qui s’enfonce dans l’intérieur du style (/■. 382). Ce corps épais porte seul les ovules ; c’est lui seul qui forme le placenta , et, par conséquent, il est analogue aux placentas proéminents et charnus, soit pariétaux, soit axiles. Mais , puisque ceux-ci naissent des cordons pislillaircs , le

pi.ntius.

pédicule du placenta central libre doit être assimilé à ccs mêmes cordons : or nous savons qu'il est une continuation de l’axe; ainsi nous trouverions ici une raison de plus, si nous en avions besoin , pour prouver que les cordons pistillaires sont également la continuation de l’axe de la fleur, soit qu’on les trouve à la circonférence de l’ovaire , soit qu’ils en traversent le centre à l’extrémité des cloisons. Il v a cependant une différence entre le placenta central libre , épais et charnu, et ceux de même nature qui naissent de la paroi d’un ovaire uniloculaire ou de l’axe d’un ovaire à plusieurs loges ; c’est que ceux-ci , appuyés d’un côté contre un autre corps, ne peuvent guère être convexes que du côté opposé à ce corps, tandis que le placenta central libre drs Primulacécs, naissant au centre d’une loge unique, et n’étant gêné en aucune manière , s’arrondit également dans tous ses contours. Une autre différence existe encore : le filet qui, chez les Primulacées et les Myrsinées, met le placenta en communication avec le strie, naît du sommet du placenta , et c’est de celui du cordon pislillaire qu'il émane dans les plantes à placentas pariétaux ou axilcs.

Je vous ai déjà dit que les Primulacécs , les Myrsinées et les Lentibulariées n’étaient pas les seules familles où l’on trouvât des placentas libres et centraux , qu'il en existait encore chez les Cary ophy liées , les Porlulacées, les Salicariées, les Sanlalacées; mais l’organisation des uns et des autres est loin d’être la même. Celui des Caryophyllées (ex. Lychnis dioica, f. 383), en forme de colonne, se compose d’autant de filets blancs extérieurs et écartés qu’il y a de styles, cl, déplus, d’une substance verte placée au milieu d’eux; de celle ci, dans chacun des intervalles que les filets laissent entre eux, naissent deux rangées longitudinales d’ovules; la substance verte s’arrête souvent fort loin du sommet de la loge, et, où elle cesse, il n’y a plus d’ovules ;

l'Islll.S.

quant aux filets, ils s’élèvent jusqu’au sommet de la loge; là ils se confondent, puis ils se divisent de nouveau pour pénétrer chacun dans le style qui lui correspond; et, après la fécondation, ils se brisent au-dessus du tissu vert interposé. Le placenta des Portulacécs, en forme de colonne, comme celui des Caryophy liées , en diffère pourtant en plusieurs points; cinq filets s’élèvent du fond de l’ovaire uniloculaire des Portulaca (ex. P. pilosa , f. 381), aucune substance n’est interposée entre eux , ils sont simplement appliqués les uns contre les autres, portent des ovules à peu près dans les deux tiers de leur longueur , se confondent pour pénétrer dans le style, et, se divisant de nouveau, passent dans les cmq branches de ce dernier; dans le Montia , les trois filets ne portent des ovules que tout à fait à leur base, et, chez les Claytonia, ils sont soudés en un seul. Les Cuphea, genre de la famille des Salicariées (ex. Cuphea viscosissima , f. 385), ont un placenta libre et en forme de colonne, qui présente d’autres particularités ; au lieu d’être central , il se trouve rejeté contre la paroi de l’ovaire , il n’atteint point le sommet de celui-ci et ne correspond pas à la base du style ; mais , un peu au-dessous de sou extrémité supérieure, naissent deux filets blancs, parfaitement distincts, qui, s’élevant obliquement , vont s’enfoncer dans le style, et reprèsen ten l à peu près l’effet que produit la bride entre les mains du cavalier. Si le placenta globuleux ou ovoïde des Primulacées (f. 382) a beaucoup de rapport avec ceux qui , axiles ou pariétaux , sont en même temps proéminents et charnus, le placenta , en' forme de colonne , offre la plus grande analogie avec l’ensemble des placentas non proéminents cl de la columclle des ovaires à plusieurs loges. Je vous ai dit qu’en général les placentas de ces ovaires paraissaient être chacun le produit

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de la moitié des deux cordons pistillaires les plus voisins; l’organisation des Caryophyllécs uniloculaires confirme cette opinion. Si , en effet, nous supposons que, dans le Lychnis dioica ( f. 383), les cinq cloisons que semblent supposer ses cinq styles existassent réellement , il est bien clair qu’elles ne tomberaient pas sur les filets blancs , puisqu’ils se continuent dans les styles, et que ceux-ci alternent toujours avec les cloisons ; ces dernières tomberaient donc nécessairement entre les deux rangs longitudinaux de chacun des cinq groupes d’ovules, et ainsi il y aurait dans chaque loge des ovules appartenant par moitié à deux groupes ou, pour mieux dire, à deux cordons pistillaires.

Vous savez que les placentas et les ovules correspondent généralement à l’cxlréme bord des feuilles carpellaires ; cependant il n’en est pas toujours ainsi. Dans les carpelles distincts des Butomées , les ovules couvrent toute la paroi de la loge. Ceux des Nymphéacées sont attaches aux cloisons, et celles-ci sont bien certainement véritables, car elles alternent avec les stigmates. Dans chacune des deux loges des Bignoniacées les semences naissent dans les angles formés par la rencontre de la cloison et de la partie non rentrante de l’ovaire. L’ovule unique de chaque carpelle de P Aslrocarpus scsamoides est porté par le milieu de la feuille carpellairc, et non par l’un de scs bords. Dans l’ovaire àcinq loges du Vasconcellea ASH., l’angle des loges reste entièrement vide , et les placentas sont pariétaux , c’est à-dire portés, comme l’ovule de V Aslrocarpus , par le milieu delà feuille carpellairc. Il en est de même d’une foule de Mesembryanthemum que je propose de distinguer des autres sous le nom de Renatea ; et , comme nous ne devons jamais rien trouver dans la nature de brusquement tranché , le Mcsembryanthemum liguli forme unit les vrais Mesembryanthemum aux Renatea , car, dans la même loge, il présente à la fois

Les placentas occupent quelque, fois toute la surface de la cloison ou le milieu d» la feuillu carpellairc.

l'INTII.8.

des placentas asiles et des pariétaux. Puisque les cordons pistillaires d’où émanent les placentas et les ovules ne sont, dans toutes les positions qu’ils affectent, qu’une continuation du système axile , il est bien évident qu’il est assez égal qu’ils se combinent avec les bords ou le milieu des feuilles carpellaircs.

Caractères tirés Le nombre et la structure des ovaires fournissent des

des ovaire*. . . ,

caractères excellents ne genres et souvent de familles. Le verlicille symétrique de carpelles libres, c’est-à-dire celui où ils sont égaux en nombre aux pièces du calice (1), est assez rare, et ne caractérise qu’une famille entière, celle des Crassulacées ( f. 356). Une foule de familles excluent un nombre de carpelles libres dépassant celui des pétales; mais celles qui sont le plus élevées dans l’ordre des développements présentent , avec des genres à carpelles soudés, d’autres genres qui en offrent de libres , et en môme temps de très-nombreux. Plusieurs familles, telles que les Liliacécs, les Géraniées proprement dites, et une foule de genres épars, offrent des verlicillcscomplets d’ovaires soudés. L’ovaire réduit à trois loges, par suppression de deux, se rencontre très-fréquemment; celui qui n’en a que deux, par la suppression de trois, caractérise entièrement la plupart des familles de monopétales. Parmi les polypétales, il caractérise les Ombellifères, les Saxifragéescl un grand nombre de genres particuliers. L’unité de carpelle ne trouve d’exception parmi les Légumineuses que dans le genre s4ffonsca(2 ) et un très-petit nom-

(1) Les pistils doivent être divisés, ainsi que les fruits, en symétriques et en asymétriques ; mais , comme ces considérations exigent quelque connaissance de la symétrie de la fleur, je les développerai plus tard dans le chapitre intitulé Fruit.

(2) Ce genre se distingue des Inga , non-seulement par ses s carpelles, mais encore par son calice vésiculeux.

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brc d'espèces isolées. Des plantes qui n'auraient point un placenta central libre, plus ou moins épais et charnu , tic pourraient appartenir ni aux l’riinulacees, ni aux Myrsinées, ni aux Lenlibulariées. Le placenta en forme de colonne se trouve dans les Caryophyllécs, les Salicarices et les Portulacées ; mais il n'est général dans aucune de ces familles. Une multitude de groupes n’admctlcnl que des placentas axiles; un petit nombre n’en veut que de pariétaux , tel que les Grossulariécs, les Passiflorées, les Papavéracées , les Samydées, les Bixinécs ; et quelques uns admettent tout à la fois des placentas pariétaux et d’autres axiles, tels que les Cistées. Le gynobase est presque général dans les Labiées, les Borraginées, les Ochnacées; mais pourtant ces familles admettent quelques genres dont la columclle est bien développée. Une foule de familles ne présentent pas de placentas proéminents et charnus : on en trouve de tels dans plusieurs autres, mais ils n’y existent point sans exception ; ainsi, à côté des A éroniques, qui ont un placenta proéminent, on trouve le Sibthorpia, dont les ovules sont immédiatement attachés au milieu de la cloison sur deux rangs accolés; ainsi V Euphrasia officinalù a ses ovules disposés comme dans le Sibthorpia, et ceux de V huphrasia Odonltles émanent d’un placenta oblong cl assez proéminent. La seule espèce de fausse cloison qui ait une constance parfaite dans toute une famille est celle qui se trouve chez les Crucifères, et en même temps elle n’appartient qu’à ces plantes.

§ VI. — Détails sur les styles.

Après vous avoir donné des détails sur la structure de . l'ovaire, je dois naturellement passer au style.

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style

Ni s tOQtOjli ».

Celui-ci, le plus souvent, n’occupe qu’une très-faible partie de la surfaccdu premier, et est parfaitement distinct; u.tyiro.din.;- mais quelquefois, comme dans V Impatiens noli me tanqere

rr ment dislinrt de * » 7 * J

rr^r’r;; cl lcs Tulipes, tous les deux se fondent, pour ainsi dire, l’un dans l’autre, et l’on dit alors que le style est continu avec l’ovaire (si. ovario continuum).

Celui du carpelle simple présente un faisceau centrai de Structure du libres vasculaires entouré de cellules. Fidèle à son origine, le si) le composé est formé d’autant de faisceaux placés autour d’un centre médullaire ou souvent d’un canal vide, qu’il est entré, dans sa formation, de styles simples.

Ces derniers peuvent être arrondis ou aplatis ((si. teres, compressas)-, mais ils ne présentent jamais de côtes ni d’angles, ni de cannelures. Le style composé est arrondi quand ceux qui entrent dans sa-formation sont intimement soudés entre eux, cl il offre, comme l’ovaire, des côtes plus ou moins prononcées, lorsque la soudure a été dans la largeur plus ou moins incomplète ( st. costatus ). Vous savez que, dans le sens de la longueur, la soudure des carpelles n’entraîne pas nécessairement celle des styles, et réciproquement ; mais, dans celui de la largeur, il y a, en général, des rapports entre le degré de souduredes deux parties; ainsi l’ovaire des Tropœolum est formé de trois carpelles qui restent distincts depuis la circonférence jusqu’à l’axe, et leurs trois styles laissent entre eux des angles profonds. L’ovaire de YAnagalUs est arrondi dans ses contours ; son style est cylindrique.

Ainsi que vous le savez déjà, le style composé répond toujours à l’axe géométrique de l’ovaire , ou , si l’on veut, il est central ( Stylus centralis) -, le style simple, ou contraire, est plus ou moins latéral (si. lateralis), comme nous pouvons le voir dans la famille des Rosacées. Souvent celte position latérale est à peine seusible; mais quelquefois elle

Stvlc latéral style ftaiilaire.

risTiLs.

devient telle, que c’est presque de lu base de l’ovaire que le style prend naissance, et alors on le dit basilaire ( Stylus busilaris), comme cela arrive dans Y Alchemilla, YUirtella, le Chrysobalanus (ex. Alchemilla vulgaris , f. 386).

Dans ce dernier cas, il est bien clair que le sommet géo - Le ioninu-t Oi-

9 ° ganirjue de l'otui-

métrique de l’ovaire n’en est pas le sommet orgauique, car ri ot“ r** lnu

* 1 u ' joirr* tou «omin't

ce dernier doit toujours être le point d’où part le style, «*on,è"’i"rpuisque le style est la continuation du sommet de la feuille.

Mais, dira-t-on, comment se fait-il qu’une partie de la feuille vienne à s’élever au-dessus de son sommet? Il faut se rappeler que les plantes à style basilaire sont eu même temps stipulées j or nous savons que, dans les bourgeons de certains arbres, dont les feuilles sont munies de stipules . on trouve, pour écailles, des feuilles mal développées réduites à deux stipules adnées au pétiole (F. p. 217); supposons que la nervure de celui-ci seprolougc, et que les deux stipules se soudent entre elles parleurs bords, nous aurons une coque absolument semblable, pour la forme, au pistil «,:»«■ ,u iodes Alchemilla. Certaines écailles sont des feuilles dont le uir”* limbe avorte par faiblesse; le carpelle des Alchemilla est une feuille où il avorte par appauvrissement.

Quand il y a plusieurs styles libres, soit entièrement , soit dans une partie de leur longueur, ils s’étalent, deviennent p.1?1" ’ divergents ou même réfléchis (slyli divergentes , patuli, re- uâ».1""'"" r° flexi)-, le style simple peut être, au contraire, infléchi ( st . inflexus), comme dans plusieurs Légumineuses, c'est-àdire, incliné vers le centre de la fleur, ou, si l’on aime mieux , du côté auquel sont attachés les ovules; il va même jusqu’à devenir presque horizontal (st. horizontalis ), comme dans les Lathyrus. Le style simple et le composé peuvent être également dressés (st. ercctus ), ou arqués ( arcualus ) ; le dernier est plus particulièrement susceptible de se montrer flexueux ( flexuosus ) , ascendant (asccndens) ou décliné (de-

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clinalus), c’cst-à dire abaissé sur la partie inferieure de la fleur. Diverses modifications de courbure sont communes aux deux espèces de styles, parce qu’on trouve des enveloppes florales irrégulières dans les plantes à style simple, comme dans celles à st vie composé, cl que , le plus souvent , c’est l’irrégularité de la corolle qui détermine cclic du style. La carène des Papilionacécs force le style qu’elle enveloppe à s’incliner; celui de la plupart des Orobanchces, des Labiées et des Scrophularinées se courbe avec la lèvre supérieure de la corolle qui gène ses développements, et, dans les Dolichos et les Phaseolus , où la carène se contourne en spirale, le style est forcé de se contourner comme elle. Parmi les styles diversement courbés, je puis vous citer encore ceux qui présentent la forme d’un S, ceux qui forment l’hameçon ou se roulent sur eux mêmes (st. sigmoi~ ilcus , hamatus, circinalis), et qui sont plus souvent simples que composés.

i.. eouitiuu di-* Quoique l’irrégularité de la corolle ait une très-grande toujour* due » influence sur la courbure des styles, je suis loin de prétendre

!3iT c qu’il n’y en ait que de droits dans les fleurs régulières. Ceux

qui sont libres sur un ovaire multiloculaire se courbent très-souvent , en même temps qu’ils divergent (slyli recurvi), comme cela se voit chez les Caryophy liées. Le style composé du Citrus, est arqué, au milieu d’une fleur régulière, et ceux du Aigella sont tordus, quoique aucune autre partie de la fleur ne le soit comme eux. Quelquefois le style éprouve une légère torsion dont on ne s’aperçoit qu’avec unealten- Torwor. «u» .1»- lion extrême; mais il est essentiel de ne pas laisser échapper ce caractère, qui peut modifier entièrement la position relative du stigmate et des autres parties delà fleur, comme une faible torsion de la tige altère la nature de la spirale à laquelle elle se trouve soumise. Le style de Vs/myydalus communis se lord un peu plus ou un peu moins; mais ce changement

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de direction resterait, sans doute, iuaperçu s’il n’était révélé par celui qu’il détermine dans le sillon qui s’étend du stigmate vers l’ovaire.

Les styles peuvent être épais ou filiformes ( st . crassus, filiformis). Le plus souvent ils sont cylindriques ou, du moins, égaux dans leur longueur ( Stylus cylindricus , œqualis ) ; mais les coniques sont communs chez les Ombelliféres (styli conici ) j ailleurs on en trouve de subulés , d’ovoïdes, de tur- 1 binés ou en forme de toupie, de claviformes ou en massue, et d’infundibuliformcs ou en forme d’entonnoir (si. subulalus , ocoideus , turbinalus , cia cal us , infundibuliformis ) ; quelques-uns sont rétrécis à leur base seulement, d’autres le sont à la base et au sommet (st. basi angustior, utrinque attenuatus), ceux de quelques Labiées sont, tout à lait à leur origine, d’une excessive ténuité (tma basi angustata gracillimus). Quelques-uns sont réellement articulés; d’autres semblent l’être, parce qu’ils se dilatent immédiatement audessus du point d’attache. Celui des Geum est géniculé, c’est-à-dire plié brusquement avec articulation (st. geniculalus) ; ceux des Canna et des Iris sont pélaloïdes (ex.

Iris Susiana , f. 393).

Un style peut être long, très-long, court ou très-court L,u, l0D,,«.lir. (st. lungus, longisstmus, brevis, brevissimus), soit par rapport à l’ovaire qui le porte, soit comparait cment à la généralité des autres styles; il est inclus (inclusus) lorsqu’il ne s’élève pas au-dessus de l’enveloppe florale où il est renfermé, il est sortant ( exserlus ) lorsqu’il la dépasse.

Je ne reviendrai pas sur les divers degrés de soudure que peuveut présenter les styles; je me bornerai à ajouter que si,i« «..m.- » Irès-souvcul on a pris ceux-ci pour distincts, lorsqu’en réalité ils étaient, comme dans les Drosera, soudés à la base, et lorsqu’on aurait du dire, en employant la terminologie con-

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Du mon' Itjlfl.

sacrée par l'usage, qu’il y avait un seul style très-profondément divisé ( slyhis profonde par titus).

Il faut se donner de garde de prendre pour des styles soudés les divisions d’un mémo style, telles qu'on en rencontre dans un petit nombre de genres , par exemple , les Ürosera cl les Euphorbia (ex. E. segetalis , f 390 ). Toutes .if. les fois , eu effet , que des défauts de développement ne viennent point troubler la symétrie organique, ou , si l’on aime mieux, toutes les fois qu'un ovaire composé est parfaitement régulier ( f . 357, 361), on ne sauraily voir qu'un nombre de styles égal à celui des loges et des cloisons, ou du moins des placentas cl des feuilles carpellaires, puisque ordinairement, comme nous le savons, le style est le prolongement de la nervure moyenne de ces mêmes feuilles. Or, dans les Euphorbia (J. 390), nous avons trois loges ; par conséquent, nous ne pouvons y trouver plus de trois styles organiques, cl nous ne devons pas en avoir davantage cbez les Drosera dont l’ovaire uniloculaire offre trois placentas pariétaux. Si donc, dans ces genres, il existe six branches chargées de stigmates, c’est que chaque style s’y est divisé. Ainsi dans le genre Guazuma on voit le pétale terminé par un filet bifurqué (f. 391); supposons ce pétale plié par scs bords, nous aurons une coque terminée par un style bifide comme un carpelle A' Euphorbia. Peut-être aussi le nombre des divisions de chaque style a-t-il ici quelque rapport avec celui des cordons pistillaires auxquels répondent lesplacenlas, si, en effet, nous avons dans les Euphorbia des styles à deux branches et à deux stigmates, nous trouvons, chez ces plantes, deux cordons pistillaires pour chaque placenta.

Ce qu'il y a de réellement essentiel dans l'organisation du style, c’est la communication des cordons et des placeutas avec les stigmates. Le style, comme nous le verrons plus tard, est si peu indispensable, que souvent il n’existe pas

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(styhif nul lu s) ; il ne fait réellement qu'allonger la roule que doit parcourir la substance fécondante, pour parvenir aux ovules; mais, établissant une communication entre Communication ceux-ci et les stigmates, il est bien clair qu'il doit être, à plus u.rc.°i,« iA ,.yforte raison, en contact avec les cordons pislillaijes, puisque ces derniers donnent seuls naissance aux jeunes graines.

Celle communication, je vous l’ai montrée dans les ovaires à placenta central libre de plusieurs familles, les Myrsinécs, les Primulacées ( f . 382), les Lenlibulariées, les Caryopbyllécs (f. 383), les Portulacées (/". 384), les Salicariées f. 385 ), et elle existe également dans les plantes où le pistil est à deux ou plusieurs loges. Les Ombellifércs cl les Scrophularinécs offrent, dans Taxe de leur ovaire biloculaire, deux cordons qui se réunissent au sommet pour pénétrer dans le style; lors même que la cloison du Vlantago s’est brisée de droite et de gauche, les deux placentas, qui alors forment une seule masse libre, tiennent pourtant encore à l’ovaire par le lilet qui passe de leurs cordelettes dans le style; M. Mirbel a vu que celui du Lis reçoit l’extrémité des six cordons pistillaires réunis deux à deux ; une observation semblable a été faite par M. Roeper sur les Euphorbia; enfin Robert Brown décrit les deux cordons des Composées comme suivant les parois de l’ovaire etsc soudant au point où ils entrent dans le style. Par conséquent, lorsque I.i* fjstrnir axiir celui-ci est le sommet prolongé de la feuille carpcllaire, il p, uiiicul.iie cons’opére dans sa substance une fusion des systèmes axile et appendiculaire, fusion qui prépare l’acte de la fécondation, cl se répète dans cet acte pour perpétuer la plante.

Mais celte dernière fusion est seule indispensable, et, Dms aortes »!<•

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puisque le style est uniquement un véhicule destiné peut- iH10°«,*î 1 '*

1 1 «* ■ * Ion le *y «terne axi-

être à uuc plus grande élaboration de fluides, on sent qu’il n’importe guère eu soi-méme qu’il soit le prolongement .rulrmrnl I. »y«de la feuille carpcllaire, ou qu’il ait une autre origine.

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