‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 21 sur 102 · PATES CRUES · texte numérisé non relu

PATES CRUES

Les considérations que nous venons de présenter, relativement à la composition des pâtes céramiques cuites , nous empêchent de distinguer, parmi les éléments qui les composent, des principes essentiels et des principes accessoires. En ne considérant comme essentiels que la silice et l'alumine, on se formerait une idée fausse de la fabrication des porcelaines dures et tendres qui doivent à d'autres éléments, alcalis et chaux, leur caractère principal ; on ne pourrait saisir la fabrication des faïences communes, qui ne possèdent les qualités qu'on en réclame, qu'autant que leurs pâtes sont calcaires.

Quant aux pâtes crues, elles contiennent, en plus des éléments que nous venons d'indiquer, un principe à peu près essentiel, qui joue dans la fabrication un rôle important, tant au point de vue de l'économie du façonnage qu'à celui de la réussite des pièces : je veux parler de l'eau.

Ban. -— L'eau que la cuisson chasse de sa combinaison avec le silicate d'alumine n'existe plus dans la pâte cuite, si toutefois la cuisson a dépassé i5o degrés. Quelques poteries en retiennent encore comme 0,10 environ ; mais ces poteries sont à peine cuites, et rien ne prouve qu'elles n'aient été simplement soumises à l'influence solaire.

L'eau développe la plasticité dans les argiles; il est essentiel, par conséquent, d'imbiber la pâte, comme nous le verrons; et comme cette eau ne se dégage pas sans effort, il est convenable encore de prendre, au moment de la dessiccation et de la cuisson , certaines précautions sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Mais hâtons-nous de le dire : la plasticité qui rend économique la fabrication de la grande généralité des poteries n'est indispensable que lorsqu'on fait usage de certains procédés; dans d'autres conditions, elle n'est pas absolument nécessaire, comme par exemple lorsqu'on opère au moyen du coulage ou par moulage mécanique effectué sur pâte pulvérulente. D'ailleurs , disons eu passant qu'il est possible de communiquer aux pâtes céramiques une plasticité tout artificielle, comme on le fait pour les porcelaines tendres ou les pâtes à boutons, qui n'en ont aucune, au moyen d'additions de matières mucilagineuses , telles que le lait, l'huile, la colle de peau, le savon vert , etc. Dans certaines limites , Teau combinée dans les pâtes crues n'est donc pas elle-même absolument essentielle.

béterminons maintenant sous quelle forme on introduit dans les pâtes céramiques les éléments que nous venons d'y constater,

PRÉPARATION DES PATES

HATÉBIAITX QUI EUTRENT DANS LA GOMPOSITIOU DES PATES.

Parmi les matériaux qui entrent dans la composition des pâtes , et qui fournissent les éléments de ces pâtes, les uns sont pris dans la nature, et c'est le plus grand nombre, les autres proviennent d'ateliers particuliers ; ils sont préparés artificiellement. Ces divers matériaux nous sont connus ; il nous suffira de les nommer ici. On peut les classer sous le point de vue de leur nature ou du rôle qu'ils jouent dans la fabrication; et cette dernière méthode serait de beaucoup la plus normale s'il ne s'agissait dans ces Leçons que d'un genre ou d'une espèce de poterie. Mais à

no TREIZIÈME LEÇON.

titre général , il ne paraît pas possible de négliger Tinfluencé de la température à laquelle la pâte est soumise, température qui modifie du toQt au tout le rôle des éléments. C'est ainsi, par exemple , que 1$ chaux qui ne fond pas devient un élément trèsactif pour faciliter la fusion, quand elle est unie à des proportions convenables d'argile , et que le mélange subit en même temps une chaleur suffisamment intense.

Toutefois, en regardant comme essentielle la plasticité de la pâte, nous sommes autorisés à distinguer parmi les matériaux employés ceux qui sont plastiques et ceux qui ne le sont pas : ces deux sortes de matériaux ont, en effet, leur utilité, leur rôle dans la fabrication.

Si d'une part la plasticité de la pâte permet un façonnage rapide, une ébauche facile, une trop grande plasticité d'autre part s'oppose à la promptitude du tournage, et principalement à la dessiccation uniforme de la pièce fabriquée. Il existe donc pour le fabricant un intérêt réel à diminuer la plasticité lorsqu'elle est trop développée dans les matériaux plastiques qui composent la pâte dont il fait usage. On donne le nom de matières dégraissantes aux substances qui remplissent ce double but, d enlever une trop grande plasticité, et de faciliter le départ de l'eau d'imbibition ou de combinaison, soit à la dessiccation, soit au four. M. Malaguti fait usage du mot antiplastique pour désigner la qualité de ces matières; nous emprunterons souvent cette expression, qui peint parfaitement le but qu'on veut atteindre.

Nous pouvons donc distinguer les matières plastiques et les matières antiplastiques ou dégraissantes.

Matières plastiques. — Ces matières , dont nous venons d'expliquer le rôle, appartiennent toutes sans exception au règne minéral ; ce sont des dépôts plus ou moins plastiques suivant leur degré de pureté. Nous les nommerons donc en indiquant leurs principaux usages et les classant par ordre de plasticité :

1°. Les argiles plastiques (terres cuites en grès);

Page 1