‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 22 sur 102 · Les argiles figulines (terres cuites · texte numérisé non relu

Les argiles figulines (terres cuites

3**. Les argiles marneuses ( faïences ) ;

4'*. Les marnes argileuses (faïences fines);

5°. Les collyrites (rarement employées);

6°. Les cymolites (quelques terres cuites);

7°. Les kaolins (porcelaines dures);

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. ai

8". Les marnes calcaires (faïences communes);

9". Les talcs argileux (porcelaines d'Italie);

lo*'. Les marnes limoneuses (poteries communes).

Ces matériaux sont employés en très-grandes quantités.

Les argiles plastiques et fîgulines entrent dans la composition de presque toutes les poteries , à petite dose dans les poteries communes à pâte tendre, en plus forte proportion dans les compositions des grès cérames fins et communs.

Les kaolins forment la base des pâtes à porcelaine.

Les marnes calcaires introduisent l'élément calcaire dans les pâtes de faïence fine dans lesquelles on n'ajoute pas de craie.

Les collyrites, les cymolites sont très-rarement employées.

Les talcs sont d'un broyage -pénible et peu plastiques.

Matières dégraissantes. — Les matières dégraissantes sont beaucoup plus nombreuses; nous les indiquerons en les classant par nature :

1*. Le quartz (porcelaines dures);

2°. Le sable (porcelaines dures, terres cuites, briques);

3". Le silex ( caillou tages anglais) ;

4°. Le feldspath ( porcelaines dites parian ) ;

5". La pegmatite (porcelaine dure);

6". Le ciment (généralité des terres cuites),

f. Les escarbilles (briques de pays);

8^ La craie (porcelaines et faïences);

9°. L'amiante;

Io^ Le gypse (porcelaines);

11°. Le sulfate de baryte (grès anglais);

12**. Le phosphate de chaux (porcelaines tendres anglaises);

i3°. Les frittes vitreuses (porcelaines tendres françaises);

i4**. La sciure de bois (alcarazzas et poteries perméables).

Le sable, lorsqu'il est suffisamment fin, doit entrer directement dans la fabrication des poteries qui ne peuvent supporter un prix élevé.

Le quartz et le silex, qui doivent subir une calcination, puis un broyage préalable, entrent dans les pâtes qui, par leur blancheur, peuvent supporter une certaine dépense.

Le feldspath et la pegmatite figurent au nombre des matériaux les plus importants des pâtes à porcelaine dure.

Le ciment ou terre cuite, qu'on appelle encore charmoty offre un moyen très-simple de dégraisser une argile plastique sans en modifier la composition. On fait calciner une portion de cette argile qu'on pulvérise, La perte de Teau prive, comme nous l'avons déjà dit bien souvent, l'argile de la plasticité qu'elle possède.

Les escarbilles, qu'on nomme encore mâchefer, et qui proviennent des foyers dans lesquels on brûle de la houille, servent efficacement à dégraisser des pâtes trop plastiques , mais on ne peut évidemment les ajouter qu'à des pâtes très-grossières.

La craie ne possède aucune plasticité ; nous savons qu'elle figure au nombre des éléments nécessaires des faïences communes à glaçure stannifère : la porcelaine en renferme quelquefois.

L'amiante ne se trouve que rarement au nombre des matériaux employés par le potier : cependant quelques poteries en renferment ; elles jouissent alors d'une très-grande résistance à la rupture par le choc.

Le gypse et le sulfate de baryte sont employés quelquefois dans la composition de pâtes très-fines , comme par exemple celle des porcelaines allemandes et des grès anglais. Ces matériaux n'introduisent souvent que les oxydes fixes qu'ils contiennent , chaux et baryte.

Les frittes vitreuses n'ont pas pour seul effet de dégraisser les pâtes dans la composition desquelles elles entrent; mais elles n'agissent nécessairement pas comme fondant dans les pâtes qui ne reçoivent que des feux inférieurs à la température de fusion des frittes. Nous insisterons tout à l'heure sur ce rôle.

La sciure de bois, évidemment dégraissante, est employée dans des cas particuliers, pour obtenir des pièces de poterie qui soient très-poreuses ou qui résistent bien aux changements brusques de température, comme les plaques pour les émailleurs. La sciure, détruite au feu , laisse une infinité d'interstices dont le but est d'arrêter les fentes qui tendraient à se former. On sait que dans une glace ou dans une poterie , on s'oppose aux progrès d'une fente en perforant un trou sur son extrémité. La multitude de cavités imperceptibles dont la terre cuite dégraissée par la sciure se trouve comme criblée, produit un effet tout semblable.

Parmi les substances qui précèdent , nous ne trouvons pas de matières fusibles à basse température. Au rouge blanc, au con-

traire, plusieurs prendraient l'aspect vitreux, et quelques-unes enfin associées aux matières plastiques , conformément aux faits que nous avons exposés longuement dans Tune des précédentes Leçons , formeraient des composés extrémeiment fusibles. Nous ne croyons donc pas rationnel de diviser en deux classes les matières dégraissantes, Tune comprenant les matières réfractaires, l'autre lés substances fondantes; nous rappelons que le ciment et la chaux parfaitement réfractaires deviennent , Tune par rapport à l'autre, d'excellents fondants. Nous nous bornerons à présenter ici relativement à la fusibilité des pâtes quelques observations

Le feldspath et la pegmatite sont les matériaux alcalins qui fournissent à la pâte de porcelaine dure la potasse et la soude qui manquent aux kaolins. On les a récemment introduits dans la composition des pâtes de faïence anglaise pour les durcir et les décolorer»

Le quartz , le sable , le silex , qui n'ajoutent rien à la fusibilité des pâtes tendres cuites à basse température, deviennent des fondants énergiques lorsque la pâte est alcaline.

Le ciment ne devient fusible que lorsqu'il rencontre ou des alcalis ou de la chaux dans les limites que nous avons données plus haut; cette observation comporte nécessairement l'action fondante de la craie dans les pâtes céramiques.

Le gypse et le sulfate de baryte, perdant leur acide sulfurique si la température est suffisamment élevée , n'agissent pas autrement qu'agiraient la chaux ou la baryte caustique.

Le phosphate de chaux devient un fondant énergique lorsque l'on atteint la température à laquelle il se fond ; ce sel est la base des porcelaines tendres anglaises.

Les frittes vitreuses jouent dans les porcelaines françaises et dans quelques pâtes anglaises de grès ou de porcelaines, peut-être même de faïences, un rôle analogue. Les frittes doivent être convenablement lavées et présenter une composition telle, qu'elles ne subissent de la part de l'eau , dans laquelle on les broie et sous laquelle on les conserve, qu'une altération peu profonde. Nous avons déjà dit de quelle nature était cette décomposition.

Nous terminerons ce que nous avons à dire des matières dégraissantes, en faisant remarquer qu'elles ont encore dans la con-

fecliou des poteries une fonction très-importante , celle de diminuer la retraite que les pâtes céramiques prennent toutes à la cuisson. Une retraite considérable entraîne des déformations, du gauche, quelquefois des fentes qui augmentent le nombre des rebuts , c'est-à-dire diminuent le bénéfice du fabricant.

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