‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 30 sur 102 · FAÇONNAGE DES POTERIES COMPOSÉES · texte numérisé non relu

FAÇONNAGE DES POTERIES COMPOSÉES

Là se terminent toutes les diverses opérations qui constituent le façonnage des poteries simples; il suffit de les laisser sécher lentement pour n'avoir plus qu'à les porter au four dans lequel elles prendront toutes les qualités qu'elles reçoivent d'une cuisson appropriée. Mais aujourd'hui, dans les arts céramiques, les poteries simples ne font que l'exception ; car on sait généralement recou-

i4a SEIZIÈME LEÇON,

vrir toutes les poteries simples, à quelque genre qu'elles appartiennent, d'une glaçure vitreuse, ajoutant à leurs qualités, imperméabilité, éclat, propreté; \es poteries composées sont en effet de beaucoup les plus importantes.

Pour ne pas nous écarter du programme de généralité que nous nous sommes imposé, nous nous occuperons donc immédiatement des glaçures, en rejetant, après lenr étude, l'examen des divers appareils dans lesquels on procède à la cuisson des poteries ; nous sommes d'autant mieux fondé à suivre cette méthode , que ces appareils ne diffèrent pas dans leurs formes, qu'il s'agisse de cuire des poteries simples ou des poteries composées. Bien plus, on peut cuire simultanément, dans le même appareil, dans le même espace ou dans des compartiments séparés, des objets appartenant à ces deux sortes de poteries. Cuire une poterie, en effet, c'est déterminer l'état particulier qu'on développe dans les poteries façonnées, lorsqu'elles doivent acquérir par l'action d'une chaleur convenable la porosité nécessaire à leur mise en glaçure, tout en perdant la propriété de se ramollir et de se déformer pendant leur contact avec l'eau , tout aussi bien que lorsqu'elles doivent , au contraire , perdre cette porosité soit par le ramollissement et la vitrification de la pâte , soit par la fusion des glaçures.

GLAÇURES.

En résumant ce que nous avons dit de la classification des poteries , nous pouvons voir que la nature chimique des enduits vitreux forme la base des espèces que nous avons admises.

Nous rappellerons que nous avons distingué ces glaçures en quatre sortes : vernis, émail ^ glaçure boracique et couverte.

Vernif. — Le vernis est une glaçure transparente et plombifère, plus ou moins résistante et plus ou moins fusible, suivant sa composition et suivant la nature de la poterie sur laquelle on l'applique ; il contient quelquefois de l'acide boracique.

Émail. — L'émail est une glaçure opaque ordinairement stannifère , cachant la couleur désagréable de la pâte.

Couverte. — On donne le nom de comene à toute glaçure terreuse , plus ou moins fusible , plus ou moins transparente.

Quelle que soit la composition de ces glaçures , lorsqu'elles sont mises sous une épaisseur très-mince, elles prennent le nom de

Uustres ; mais généralement les lustres sont alcalins : ils sont quelquefois ajoutés à la surface des pièces façonnées ; ils proviennent quelquefois aussi du simple transport sur cette surface , pendant la dessiccation , de matières salines ou contenues dans la pâte , ou provenant de la décomposition par Teau de quelques-uns des éléments altérables qui constituent cette pâte.

Dans tous les cas , les glaçures sont de véritables verres souvent formés de toutes pièces , fondus ou non fondus avant leur application sur la poterie façonnée , mais . qui souvent aussi se composent au moment même de la cuisson par la combinaison de l'enduit non vitreux avec la silice de la pâte réagissant à la température rouge. Les glaçures des poteries anglaises , celles des porcelaines dures , l'émail des faïences communes appartiennent aux premiers enduits; l'alquifoux, dont on forme la glaçure des poteries communes , le sel marin en vapeur qu'on met au contact des poteries de grès, composent la deuxième sorte d'enduits. L'addition de l'acide borique ou de l'acide phosphorique ajoute aux variétés que peuvent présenter chimiquement les glaçures considérées comme matières vitreuses.

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