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MOULAGE

Le procédé du tournage ne peut être employé dans toutes les circonstances pour ébaucher les pâtes céramiques. Certaines formes de révolution même, comme les tubes , les colonnettes d'une grande hauteur et d'un petit diamètre ne pourraient être façonnées, de cette manière, exemptes de tout défaut. Toutes les pièces dont les surfaces ne sont pas de révolution, comme les garnitures, sont généralement dans ce cas , et ne peuvent s'ébaucher sur le tour.

Ces considérations ont fait rechercher d'autres procédés : on a trouvé tout de suite dans la plasticité de la pâte , dans le liant qu'elle acquiert par un malaxage convenable, la possibilité de lui faire épouser une forme donnée, par la compression sur un appui de forme voulue. De là, le procédé de moulage anciennement connu. On appelle moule l'appui qui donne la forme ; le moule implique l'idée du modèle. Nous aurons donc à connaître dans cette méthode d'ébauchage les modèles, les moules et le moulage proprement dit. Dans ce dernier acte, nous distinguerons, avec M. Brongniart (Traité des Arts céramiques y tome I, page 127), la préparation des pâtes, le moulage, le démoulage, et, comme la pâte peut se présenter sous des états bien différents, suivant qu'on l'emploie sèche, molle ou liquide, c'estrà-dire à l'état de bouillie plus ou moins claire , nous distinguerons encore :

I**. Le moulage à la presse, s'exerçant sur pâte sèche ou simplement mélangée de substance agglutinative ;

2"^. Le moulage en pâte molle (à la balle, à la croûte, à la II. 9

FIg. 167.

housse ) s'exerçant sur la terre réduite à la consistance pâteuse ,

molle et plastique ;

FiR. !«•. 3°. Enfin , le coulage ou procédé de moulage avec

des pâtes liquides.

Modèles. — Dans tous les cas, il faut commencer par établir le modèle. Toute pièce d'une forme quelconque peut servir de modèle ; généralement on les obtient par modelage; ils n'entraînent aucune construction essentiellement particulière; les pièces pleines demandent un modèle unique [fig. 166); les pièces creuses en exigent quelquefois deux. Exceptionnellement , les moules s'établissent sans modèle par tournage, lorsqu'ils doivent fournir, soit l'extérieur de pièces pleines à surface externe de révolution [fig, 167), soit inversement l'intérieur de pièces creuses à surface interne de révolution (y%-. 168); on les tourne en plâtre.

La matière du modèle peut être indifféremment choisie : on en fait en argile, en cire, en plâtre, en métal.

Argile. — Les modèles en argile offrent l'inconvénient de ne pouvoir être terminés avec netteté.

Cire. — Les modèles de cire et d'argile offrent aussi de grands désavantages lorsqu'on doit mouler des pâtes céramiques dans les moules faits sur ces modèles; la cire abandonne quelques principes huileux qui restent dans le moule et s'opposent à la rapidité des moulages ; l'argile est délayée par l'eau du plâtre liquide qui forme le moule, et le modèle est altéré.

Plâtre. — Les modèles de plâtre ont plus de solidité, surtout lorsque le plâtre est durci par un enduit d'huile siccative. Métaux. — Les modèles sont en métal , étain ou bronze, lorsqu'ils sont destinés à fournir des moules

en nombre considérable [fig, 166) ; on

r ^ -X se borne à les faire en plâtre durci ,

gâché serré [fig, 169), lorsqu'ils n'ont que des formes unies et simples.

Fis. 168.

Flp. 169.

Kéres. — Le modèle sert d'abord à faire des mères, c'est-àdire des moules qui ne sont pas destinés à produire des pièces de poterie, mais de nouveaux modèles.

Pour une assiette, par exemple, le relief A [fig, 169) donnera des mères B [fig, 167), dans lesquelles on moulera les moules C (fig, 168).

S'il s'agit de mouler une anse [fig. 166), on fait sur ce modèle un moule en deux parties ; chaque partie donne la moitié de l'anse en creux A [fig. 170), en vue latérale et en plan [fig. 171); on laisse dans chaque moule une portée B, et des tenons C qui servent de repère, on vernisse ces pièces qui sont destinées à fournir chacune un relief A [fig. 172) en plan. Les portées B et les cavités C s'assemblent avec les parties correspondantes du premier moule (fig. 173). On vernit ces nouveaux modèles qui servent à leur tour à faire les moules pour la pâte.

Fig. m.

Fig. 178.

Moules. — Tous les matériaux ne peuvent servir pour faire des moules propres à mouler les pâtes céramiques ; la condition essentielle d'être absorbants limite à deux substances, le plâtre et la terre cuite, les matières qu'on peut employer pour mouler des pâtes molles, encore faut-il que le plâtre ait été bien cuit, qu'il soit gâché clair; encore faut-il que la terre cuite soit suffisamment sableuse, sans apparence de vitrification pour rester convenable-

loo QUINZIÈME LEÇON,

ment poreuse. Les moules en plâtre s'altèrent plus facilement que les moules en terre cuite , mais ces derniers demandent, à cause de leur retraite à la cuisson, qu'on les fasse avec des modèles de dimensions calculées à l'avance. Lorsqu'on moule des pâtes sèches , on peut se servir de métal. Que les moules soient en plâtre ou qu'ils soient en terre cuite , leurs formes varient suivant la forme et la dimension des objets à mouler. Ils peuvent être d'une seule pièce [fig, 174), ou de deux pièces (Jîg, 175 et 176), ou d'un plus grand nombre de pièces [fig. 177 et 178) réunies dans une sorte de boîte moulée sur ces diverses parties à laquelle on donne le nom de chappe [fig, 179 et 180). Cette chappe s'ouvre

Flg. 175.

Flf . 176.

souvent en deux parties qu'on nomme coquilles et qui partagent

FIg. 177. Fig. 178.

Fis. 180.

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. loi

à peu près en deux parties égales la pièce à mouler pour faciliter rintroduction de la pâte dans les diverses cavités du moule. On peut réunir les deux coquilles A et B au moyen de tringlettes en bois [fg, i8i) CEF ajustées et serrées en F.

La forme des pièces du moule, les coupures du modèle ont une grande importance sur la réussite du moulage.

M. Brongniart résume ainsi les préceptes que sa longue expérience lui a permis d'élablir au sujet de cette opération délicate (tome I, page iSa) : a I®. Les pâtes céramiques prenant toujours de la retraite, même en se ressuyant , on ne doit jamais laisser dans une coquille du moule des parties saillantes qui, gênant le rapprochement des deux parties latérales, solliciteraient une fente dans la partie la plus mince des parois ; il faut faire autant de coupes qu'il y a de ces parties , et autant de moules qu'on a fait de coupes.

» a°. Par le même motif, comme il faut toujours laisser de la dépouille dans les cavités, c^tte dépouille peut être moins grande dans le moulage des pâtes céramiques que dans tout autre moulage.

» 3°. Il faut éviter de faire pénétrer la pâte dans des cavités trop profondes.

» 4*». Comme le réparage ou l'effaçage par frottement, à Taide d'un corps dur, des lignes saillantes laissées par les coutures des moules sur la pièce I cuite est très-difficile et souvent impossible à réaliser complètement , il faut éviter de placer ces coutures sur des parties trop visibles.» (Brongniabt.) Il est indispensable de mettre dans le moule plus de pâte qu'il n'en faut pour occuper toute la capacité du moule; on réserve, sous forme de rigoles, des vides C dans la longueur des parties moulées A pour recevoir l'excédant de pâte [Jîg. i8o).

Flg. 181

•O oi

Moulage des pâtes sèches et pulvérulentes. — Quel que soit l'état de la terre, sèche, en pâte, en bouillie, on conçoit qu'on puisse lui faire prendre la forme de tout appui sur lequel on l'applique; le contact doit être accompagné de pressions plus ou moins énergiques.

Avec les pâtes pulvérulentes et sèches, il faut une pression considérable à laquelle ne résisteraient ni les moules en plâtre , ni les moules en terre cuite. On se sert dans ce cas de moules en métal, et c'est à l'aide d'une presse ou d'un levier qu'on comprime la pâte dans le moule. On fait surtout usage de cette méthode dans la fabrication des briques ou des tuiles et des carreaux.

M. Bapterosses s'est servi de moules métalliques pour façonner les boutons en pâte de feldspath ; la matière sèche est mêlée d'une matière agglutina tive, telle qu'une petite quantité d'huile siccative ou de lait. Le moule a la forme d'une capsule qui donne au bouton sa forme unie ou gaudronnée ; des picots réservent les trous nécessaires pour fixer le bouton sur l'étoffe à laquelle on veut l'attacher.

Antérieurement aux travaux ingénieux de M. Bapterosses, on avait appliqué la pression mécanique à la confection d'objets de poterie ; mais on n'a pas donné suite à ces essais qui sont décrits longuement dans le Traité des Arts céramiques de M. Brongniart auquel je renvoie (tome I, page i4i); les figures, accompagnées d'une explication de planche très-étendue, permettent de saisir comment les mécanismes peuvent agir. Je crois pouvoir me borner à dire que le moulage à la presse entraîne des embarras sérieux , et que l'expérience a prouvé qu'il était très-difficile de l'introduire avantageusement dans la pratique des arts céramiques. Il est à peu près démontré, au moins jusqu'à ce jour, qu'il est impossible de faire par ce procédé des pièces de plus de o™,i5 de côté ou de diamètre, si la pâte est fine et qu'elle exige pour se cuire des températures élevées. La solidité des moules, l'égalité de la pression qui ne peut être exercée avec égalité que dans quelques cas par- . ticuliers, limitent le succès qu'on peut obtenir.

Moulage de pâtes molles. — On a cherché par cette même méthode à mouler des pâtes molles, mais on ne pouvait éviter que difficilement le gauche et les fêlures. La méthode la plus simple pour façonner ces pâtes est le moulage à la main qui

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. io3

s'exécute avec des précautions différentes suivant que la pâle est préparée sous forme de balles ou de croûte ; on appelle ces divers moulages, moulage à la balle, moulage à la croûte.

Nous allons les étudier isolément en prenant quelques exemples. La forme de l'objet fait choisir la méthode qui paraît la plus économique et la plus avantageuse.

Moulage à la balle. — Lorsqu'on a battu la pâte , qu'elle est Fig. 182. en état d'être façonnée, on prend une petite

balle qu'on comprime avec force dans le moule [fS-M^] s'il n'est composé que d'une seule pièce : on peut augmenter la plasticité de la pâte en ajoutant un peu d'eau gommée.

Si le moule est en deux parties [fig, 176,

176, 182), on ouvre le moule, puis on imprime

fortement dans toutes les cavités de ce moule ,

avec le plus d'égalité possible , le colombin ou

les petites balles qui se soudent les unes aux

autres. On met entre les doigts et la pâte une

éponge ou de la toile grossière pour empêcher

l'adhérence à la peau qui déterminerait des contre-moulages. On

rapproche ensuite les deux coquilles en laissant entre elles un

Fiï.188. P^tit ®xcès de pâte, et, par la pression

exercée de la supérieure sur l'inférieure,

on réunit les deux parties moulées. L'excès

de pâte se rend alors dans la rigole D qui

borde la pièce, comme l'indique \9ifig, i83.

Moulage à la croûte. — On appelle croûte

la lame ou feuille de pâte bien battue, bien

maniée, égale d'épaisseur en tous ses points,

dont ou se sert pour ébaucher par moulage

la pièce qu'on veut obtenir.

On peut faire ces croûtes par plusieurs moyens. Dans la fabrication des poteries communes, des faïences et des porcelaines anglaises, on fait un ballon qu'on aplatit sur une plaque de marbre au moyen d'une batte; cette batte a généralement la forme d'une molette {fg, 184). En même temps que d'une main le mouleur soulève la batte, il imprime à la croûte de Tautre main un mouvement de rotation sur

io4 QUINZIÈME LEÇON.

elle-même qui force chaque partie de cette croûte à se présenter à Taction de la batte; il l'amène ainsi, par petits chocs glissés de Tarrière à l'avant, à n'avoir que l'épaisseur voulue.

Fig. 18*. Les pâtes de porcelaine dure doivent être

préparées avec beaucoup plus de précautions ; la croûte se fait au moyen d'une table de marbre et de rouleaux , on en régularise l'épaisseur à ^ l'aide de règles disposées à cet effet [fig. i85). Une peau A, étendue mouillée, reçoit le ballon de pâte B sur lequel on passe un rouleau C, muni de deux poignées D; le rouleau glisse sur deux séries de règles £ disposées latéralement, de même épais- ^ jgj seur deux à deux, et dont

les dernières , en contact immédiat avec la table F, serveijt â régler l'épaisseur de la croûte. On passe une ou deux fois le rouleau sur les règles ; on en enlève deux , une de chaque côté , puis on passe le rouleau , le ballon s'aplatit ainsi jusqu'à ce qu'il n'ait plus que l'épaisseur demandée. La peau sert à transporter la croûte. On voit une coupe [fig, i86) de la table et de la croûte.

A Mettlach, on fait les croûtes avec une bien plus grande célérité par le moyen d'un plateau tournant dont M. Brongniart a

Dl^

Fig. 186.

donné le dessin à l'échelle et que nous reproduisons en le faisant suivre de quelques mots d'explication.

Le plateau A [fig, 187) tourne au moyen de l'arbre B dans la crapaudine C; la manivelle D leur imprime son mouvement; les poulies F transmettent à l'arbre I une vitesse déterminée par les

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. lo/i

courroies engagées dans des poulies G de différents diamètres;

l'arbre pivotant sur une crapaudine H porte en J un renflement à pas de vis qui force le système L à s'élever plus ou moins avec la vitesse de rotation : les parties M, M glissent sur Tarbre B entraînées par récrou 0 qui porte un fil N tendu par le ressort S; les planchettesK soutiennent les courroies; elles sont assujetties dans les jours R de la boîte QQ. A chaque tour que fait le plateau A sur lequel sont placés les ballons de pâte qu'il faut débiter en croûte , le fil les coupe à des hauteurs variables avec les fig ^^^ vitesses relatives des

deux arbres. On conçoit ainsi la possibilité de couper des croûtes d'épaisseurs déterminées. On voit en plan (Jîg. i88) et en vue ;f|T latérale (fig. 189) les dispositions de cet appareil, qui fonctionne avec une grande régularité.

Pour faire les croûtes destinées à la fabrication de la porcelaine dure, on peut les tourner en prenant les précautions usitées actuellement à la manufacture de Sèvres. Le tour A est, comme toujours, surmonté de sa girelle B (fig» 190); on fixe au moyen d'un tenon G le rondeau en plâtre qui doit recevoir la peau sur laquelle on ébauche la croûte.

FIg. lOT.

La peau F est tendue sur un cercle de laiton E, puis bandée par un autre cercle de même matière D. La peau, bien imbibée d'eau,

se trouve placée sur le plateau C. Le mouleur place au centre un ballon de pâte qu'il monte et qu'il élève comme s'il s'agissait de faire une pièce tournée, c'està-dire à plusieurs reprises; il l'aplatit ensuite avec la paume de la main et l'étalé avec une lame de couteau, dont il se sert pour égaliser la surface supérieure ; le double châssis circulaire ED sert à transporter la croûte sur le moule.

Lorsque la croûte est faite, on l'applique sur l'appui qui doit lui donner la forme. Nous prendrons comme exemple le moulage d'une saucière et celui d'une assiette.

Le moule d'une saucière se conipose d'un noyau A [fig, 191) sur lequel on étend la croûte B et qui donne l'intérieur de la pièce. Un moule creux donne la partie extérieure [fig. 192 et 193). Lorsqu'avec une éponge on a, par de petits chocs répétés, fait épouser à la croûte toutes les surfaces unies ou ornées du noyau, on enlève les parties de pâte qui débordent le Fig. 191. moule et, en retournant le noyau ,

on le place dans la cavité du moule creux; on rabat la pâte pour faire abandonner le noyau qu'on retire :

il est indispensable , pour éviter la déformation, que les coups de l'éponge soient parfaitement égaux.

Fig. iw.

Le moulage des assiettes s'exécute de la même manière; la

croûte, posée sur le noyau, reçoit de ce noyau, placé sur la gi-

Flg. 198. Fig. 198.

1 yh

relie du tour [fig, 194), sa face intérieure unie ou décorée des reliefs que porte le moule ; la partie extérieure s'obtient en faisant Fig ^94. tourner cette croûte et le moule qui le

soutient devant un calibre [fig. 196 ) préparé généralement en terre cuite trèsdure. Lorsqu'on veut faire des pieds saillants, on les rapporte sur la croûte, en ajoutant un colombin qui se soude et qui reçoit sa forme à'ym-calibre métallique C

[fis- «96).

On ébauche de même les pièces du genre des assiettes, comme

plats ovales, en donnant au moule A [fig, 197) une portée G qui

Fig. 195. sert à guider, par la partie inférieure, le calibre B

3 conduit sur la partie supérieure par un mandrin E,

qui pose sur le fond de la pièce. On réserve dans

ce mandrin une ouverture convenable, pour qu'en

soufflant on puisse le séparer de la pièce moulée.

Tournette. — Afin de faciliter l'exécution de ces moulages et

Fig. 196. ¥\%.\Vt,

d'éviter de déranger le mouleur qui doit examiner successivement chaque partie de son travail, on pose le moule sur un tour léger, auquel on donne le nom de tournette; ce tour est disposé comme

io8 QUINZIÈME LEÇON.

on le voit (^. 198). A est Tarbre qui tourne dans une crapaudineB; C est la girelle du tour; Tarbre est maintenu dans la position verticale au moyen de coussinets fixés sur la table et qu'on voit isolés [Jig, 199), avec les pattes de fer servant à les boulonner.

Fig 198.

Flg. 199

On peut désirer changer de place cette toumette; on Tisole de la table en lui donnant Tembase nécessaire à ce qu'elle se maintienne, et la consolidant au moyen d'un bâtis [fg. aoo).

Fig.îoi. On trouve représenté [fig. 201) un moyen d'as-

TL semblage plus simple que celui de la fig. 199.

Les plateaux tournants [fig. 101) suffisent pour

le moulage et le travail des pièces d'un petit volume.

Moulage des pâtes liquides. — Les pièces de peu d'épaisseur,

celles de formes très-étranglées, celles qui présentent des saillies

très-prononcées ne peuvent être faites par ce moyen, la pâte molle

ne pouvant alors pénétrer dans les dernières cavités du moule. On les ébauche à l'état liquide; la pâte est bien dépouillée de bulles et de mattons; à cet effet, on l'agite jusqu'à

ce que la spatule ne dégage plus de bulles , puis on la fait passer par un tamis de fil de laiton: on la remue de nouveau pour l'employer au coulage des pièces.

On a remarqué qu'une pâte liquide, mise en contact avec une surface de plâtre suffisamment sèche , est promptement ramenée à l'état de pâte raffermie et ressuyée. On a pensé pouvoir mettre à profit cette propriété pour faire quelques pièces délicates, qui ne pouvaient être moulées qu'avec difficulté par le moulage en pâte molle tel que nous venons de l'étudier. Cette méthode , en pratique depuis plus de soixante-dix ans, a conduit à des résultats trèsremarquables, surtout dans Tébauchage des pièces de porcelaine dure et tendre.

Pour être d'une application facile, la pâte doit être suffisamment plastique ; nous nous bornerons à dire ici qu'on ajoute à cette qualité par le mélange à la pâte de moitié son poids de copeaux provenant du rachevage des autres pièces.

Nous choisirons , comme exemples , le coulage de quelques-unes des pièces qui se font à Sèvres par cette méthode, et dont la réussite est généralement constante. Nous décrirons le coulage des tubes et des cornues , parce qu'on en fait un grand usage dans les laboratoires; nous dirons quelques mots du coulage des colonnettes et colonnes ; nous indiquerons l'emploi qu'on a fait de cette méthode au coulage des tasses minces.

Coulage d*iin tube. — A [fig, 2o3 ) représente une des coquilles du moule ; B est le tenon qui sert de repère ; D est un canal cylindrique qui formera le tube. Les deux coquilles sont réunies au moyen de brides C, qu'une tringle G et des écrous E peuvent serrer convenablement [fig, 204 et ao5). L'ouverture F permet d'introduire la barbotine. Lorsqu'on veut mouler, on place I I *^i — I — \ ^•^^* ^^^^ *® moule dans une position verti-

I Ht I I I cale, l'ouverture inférieure bouchée par

■^ - -^ un tampon N fixé sur une planchette M

dont on recouvre le seau L; en ouvrant le robinet I, la barbotine contenue dans la bâche supérieure H s'écoule et remplit le moule ;

Fig. 10s.

ir

Fig 204.

SBB — Q — as6

Ffg S06.

on attend quelques instants : une portion de la pâte s'attache aux Fig. î06. parois par suite de l'imbibition dans le plâtre do Teau qui la maintenait en dissolution ; pour écouler l'excédant de pâte, il suffit de lever le moule; l'orifice inférieur se débouché, et la barbotine en excès tombe dans le seau. L'absorption de Teau, et, par conséquent, l'épaisseur de la pâte déposée, se trouvent être proportionnelles à la durée du temps de contact : la couche est plus épaisse en bas qu'en haut ; on retourne le moule , et , répétant le moulage , on obtient un tube fait en quelque sorte de deux tubes ,

disposés comme l'indiquent les lames G, G' [fg, -207), A étant le moule de plâtre et D l'intérieur du tube coulé.

Coulag-e d'une coraue. —

Les cornues qu'on faisait anciennement par le moulage en deux coquilles en soudant les deux moitiés, comme nous l'avons expliqué déjà, se réussissent aujourd'hui parfaitement au moyen du coulage; on fait deux demiparties symétriques qu'on réunira. Pour faire chaque demi-cornue, on dispose un moule {^g. 208 et 209) avec son creux A, sa portée B et son tenon C ; sur ce moule on adapte une fausse coquille (^g. 210 et 211) qui complète la cornue et qui n'a d'autre but que de maintenir le niveau de la barbotine au-dessus du plan de réunion des deux parties qui, soudées, complètent la cornue. Le trou D permet d'introduire la barbotine ; l'armature F permet de

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. m

réunir les deux coquilles et de fermer l'ouverture E. On voit [fig, 208) la manière dont la coquille est surmontée de ^^ fausse Fig. 807. coquille pour le coulage. Cette dernière ne doit pas être absorbante, on la fait en plâtre vernis ou en métal. Lorsque Ton juge , par le temps que le moule est resté rempli , que l'épaisseur de la cornue est suflBsante , on écoule par ï) l'excédant de barbotine; le démoulage donne deux demi-cornues qu'on réunit comme dans tout autre moulage; pour obtenir un collage complet, on introduit par le bec E des deux coquilles symétriques {fig, 208) de la barbotine très-claire qu'on promène dans le plan de jonction.

Cooiaire de oolonnet. — Poor couler des colonnes dont la hauteur est assez considérable, on évite les éclaboussures et les bulles

Fig. f08.

FIg. MO.

qui occasionneraient des trous, en faisant arriver dans le moule la barbotine de bas en haut, soit par simple équilibre hydrosta-

Fig. J09.

Flg. «1.

tique ^fig, 212), soit par pression au moyen d'un piston [fig, 21 3). Dans la première disposition {fig. 212) la cuve A,. qui contient la barbotine destinée au coulage d'une colonne dont le moule est B , se trouve placée bien au-dessus du sommet de ce moule. La cuve C, qui doit recevoir l'excès de la barbotine E , est au-dessous d'une

ouverture bouchée par un tampon. La barbotine D , agitée par une

spatule, est prise par la partie inférieure du réservoir, c*esl-à-dire

Fig. jiî. sans bulles ; un robinet F la laisse

descendre, puis remonter dans le

moule par Touverture I. Lorsque

le moule est plein, on ferme le

robinet F, le tampon H étant placé ;

on attend quelques instants, et

Ton rétablit le niveau : ce n*est que

lorsque l'épaisseur de la pâte est

jugée suffisante qu'on referme F en

ôtant le tampon H.

Lorsque l'introduction de la barbotine se fait au moyen d'un piston (fig, 2i3) , le corps de pompe vertical A reçoit le piston B. La pâte s'écoule par le tuyau EF pour se rendre dans les moules. Pour éviter la longueur des tuyaux 1EF nécessaire pour faire équilibre à la colonne de barbotine contenue dans le corps de pompe lorsqu'on vient de le charger, on peut disposer un système de robinets {Jig, 214). A représentant le moule de la pièce à façonner, on le place sur la boîte B sans qu'il y ait perte en le posant sur des disques en cire à modeler qu'on écrase afin d'avoir une fermeture hermétique; la barbotine s'échappe par C de la boîte D lorsque le robinet E se trouve ouvert. Un robinet F permet l'expulsion de la barbotine en excès.

Coulagre d'un beo. — Lorsqu'on veut obtenir un bec de théyère, par exemple (fig* 21 5), on emplit de barbotine le moule A par l'ouverture ; elle s'écoule par B, si c'est par C qu'on l'a fait entrer. Le procédé de moulage avec la pâte liquide a reçu depuis plusieurs années, dans la manufacture de Sèvres, une extension considérable; on s'en est servi dans plusieurs circonstances avec avantage pour obtenir soit des pièces si minces, qu'il eût été difficile de les avoir par les procédés du tournassage ordinaire , soit

Fiff. SIS

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE, u3

des pièces d'une dimension et d'une épaisseur telles, qu'il eût été de toute impossibilité de les mouler ou de les ébaucher au tour. La fabrication de la porcelaine offre cela de remarquable que , encore bien que tous les pro- 'cédés qu'on y emploie puissent se rattacher à des principes généraux , néanmoins ce n'est que par des moyens variables avec les formes et les dimensions des pièces qu'on peut en obtenir une fabrication régulière. Il faut à chaque forme nouvelle des modifications spéciales pour rendre les procédés convenables ; on ne saurait donc trop multiplier les exemples à mettre sous les yeux des fabricants. Je prends parmi les applications nou- "^ velles du procédé de coulage quelques-unes de celles qui ont été pratiquées, avec le plus de succès , c'est-à-dire le coulage des tasses minces, des grandes jattes, des plateaux et des vases dits vases Berlin.

Taiief minoei. — Des tasses minces comme des coquilles d'œuf ont été faites avec une rare perfection par le procédé du tournassage , en imitation des pièces de même forme apportées de la Chine , où elles sont nommées to^aï,

La difficulté d'obtenir une couverte bien étendue qui ne se retirât pas, surtout sur les soucoupes, a fait recourir, pour la confection de ces petites pièces , au procédé du coulage.

Le moule A est en plâtre ; il donne intérieurement la forme que la tasse doit avoir extérieurement (^g. 216); une ligne B tracée à la partie supérieure du moule, un peu au-dessous de son extrémité, donne la hauteur de la pièce. On l'emplit de barbotine, on verse, après quelques minutes, l'excédant de pâte, puis on la laisse , adhérente au I moule ijtg. 217) , se ressuyer un peu. On met sur le tour le moule , on le centre , et avec une lame on détache , sans forcer, le bord supérieur de la pièce moulée (^. 218); la dépouille se fait tout naturellement, et, pour éviter la déforma-

Flff. 918.

Fig. S16.

tion, on place sur un renvereoir (^g-. 219) la tasse retirée du

moule ; la dessiccation s'opère spontanément. Le pied de la tasse se papporte quand la tasse est sèche ; on le prend dans un mandrin de pâte ébauché sur le tour, oii le colle comme à l'ordinaire, et l'on finit l'ouverture de la tasse en coupant suivant la ligne E [fig, aao) et parant les bords à hauteur convenable.

Les anses sont creuses ; on les fait par coulage dans des moules

en plâtre [fig. 221); mais comme la barbotine qu'on verserait dans ces moules, qui ne laissent qu'un vide de très-petite dimension, ne tar-

0» M derait pas à se prendre tout à l'entrée B c R ^** moule , on l'injecte à l'aide d'une BL Jfc P®tit6 pompe aspirante et foulante. On ■]Z5i H ajuste, à cet effet, sur l'ouverture d'entrée E et sur celte de sortie D [fig, 222), deux tubes minces en cuivre , et par l'un de ces tubes on chasse avec la petite pompe assez de barbotine pour qu'elle s'élève au niveau supérieur du second tube. Si l'anse doit avoir une certaine épaisseur, on répète l'injection , mais en prenant pour orifice d'entrée l'orifice de sortie , et opérant comme il vient d'être dit. Si la largeur du canal évidé de l'anse est considérable , on .doit avoir soin de retourner

Fig. fis.

FIg. MO.

le moule de façon que la face supérieure devienne l'inférieure , afin

Fig. ssi.

que toutes les parties aient bien la même épaisseur; on évite ainsi que le liquide ne séjourne dans les parties inférieures, et, par conséquent, que ces parties ne prennent plus d'épaisseur que les points donnés par la coquille supérieure.

Les soucoupes des tasses minces sont de même obtenues par coulage. On les fait, comme les tasses, dans des moules qui donnent par leur intérieur l'extérieur des soucoupes; mais il faut éviter que le flot de barbotine, en arrivant dans le

Fig. M3.

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. ii5

moole, n'éclabousse et n'occasionne un frémissement qui se traduit sur la pièce cuite par des ondulations. Dans ce but, on dispose sur le bord du moule un faux bord incliné, métallique, sur lequel le jet de barbotine s*aplatissant déverse sans secousse le flot dans l'intérieur du plâtre. Le démoulage et le collage du pied sont faits avec la même précaution que s'il s'agissait de la tasse. Les tasses cuisent à boucheton, et la soucoupe sur son pied.

Le même procédé peut servir à faire des tasses à pieds et collets ovales; en supposant la tasse représentée ySig'. 2a3, le corps de la tasse se ferait dans un moule de la forme yi*^. 224, le collet dans un moule ayant la disposition /g^. ii5, et le pied dans le moule /g'. 2^6. Pour couler le collet, on emploie le moule L, en faisant écouler par K ; pour le pied, on remplit le moule par l'ouverture H, en faisant écouler l'exeédant de barbotine par l'ouverture G.

Grandes jattes. — L'opération du coulage des grîindes jattes chinoises dont on a pu voir des exemples aux expositions de i85o etde i85i, à Londres ( /g'. 227), offre de l'intérêt, non à cause du coulage proprement dit, mais à cause du démoulage, qui n'est pas sans présenter quelques diflficultés , en raison du poids considérable des moules et de la dimension de la pièce moulée. Les pièces cuites ont 83 centimètres de diamètre , ce qui exige pour la pièce entière et pour le moule un diamètre de 100 centimètres. Le coulage exige aussi quelques tours de mains particuliers pour boucher le trou par lequel la barbotine a pénétré dans l'intérieur du moule.

Le moule est en deux parties, l'une supérieure A, ouverte, et l'autre inférieure, ayant la forme d'une calotte sphérique C, percée à sa partie la plus basse et dans Taxe de la jatte d'une ouverture circulaire par laquelle on fait arriver la barbotine. Les deux parties du moule sont

rif. îM.

Fig. as.

ta^ Ip

FIg. Î27.

ii6 QUINZIÈME LEÇON,

réunies par des tenons qui assurent le placement et Tassemblage régulier des deux parties. Ces deux moules assemblés sont placés sur une table D percée à son centre d'un trou par lequel on fait arriver la barbotine de bas en haut en régularisant l'arrivée à l'aide d'un robinet F. Le moule repose sur un anneau en cire molle qu'il comprime de manière à fermer toute issue qui permettrait au liquide de s'échapper ailleurs que dans l'intérieur du moule.

On élève par le jeu du robinet la pâte liquide à la hauteur du moule, et on laisse l'absorption s'effectuer; on maintient, en ouvrant le robinet, le niveau constant, et quand on s'est assuré que la couche de pâte adhérente et raffermie sur la surface du plâtre est sufinsamment épaisse , on ouvre le robinet E de manière à rejeter l'excédant de la barbotine , qui tombe dans un baquet L roulant sur des rails de fer M et garanti par un couvercle N contre toutes les poussières de l'atelier.

La cuve H , qui sert de réservoir, est suspendue par les armatures I et les planches J ; les planches K qui la couvrent arrêtent les corps étrangers qui peuvent se détacher du plafond. Des cercles B , coulés avec le moule , en facilitent le maniement. La jatte est coulée , mais elle est percée d'un trou qu'il convient de boucher. A cet effet , après avoir nettoyé le moule , c'est-à-dire après avoir enlevé avec une lame coupante la partie de pâte qui s'est épanchée sur la surface horizontale qui le termine , et coupé les bavures de l'ouverture qui est pratiquée dans le fond et qu'il s'agit de boucher, on laisse tomber dans le fond du moule par cette même ouverture un bouchon de plâtre parfaitement sec et bien ajusté pour qu'il complète la calotte sphérique que présente la partie inférieure du moule. On verse alors de la barbotine très-

épaisse qu'on mélange légèrement avec les parties un peu raffer mies qui limitent l'ouverture* à boucher et qui vient s*y souder d'une manière complète. On donne au fond formé de la sorte une assez grande épaisseur, et on le finit par un toumassage qui le. ramène à une épaisseur convenable. Le pied de la jatte est coulé d'autre part et sert de support aux pièces pendant la cuisson au grand feu ; il reste indépendant ; on le réunit par des liens métalliques après toute cuisson.

Lorsque la pièce a pris dans le moule une consistance convenable, on procède au démoulage; c'est une opération très-délicate. Par suite du raffermissement dans le moule , la jatte se contracte sur elle-même et elle ne pose plus que sur le fond. On saupoudre, entre le moule et la pièce, du dégourdi pulvérisé finement sur toute la zone correspondante à la partie supérieure A du moule. C'est cette partie qui doit servir à dégager la partie inférieure B du moule. On soulève légèrement la partie A de manière à faire porter la jatte sur tous les points , puis on la soulève : la jatte quitte la partie B du moule et suit dans le transport la partie A qui maintient invariablement éloignés de l'axe tous les points du bord supérieur. La partie A du moule est soutenue par des tréteaux , et le fond de la jatte maintenu par un anneau d'un diamètre plus faible que la circonférence qui termine inférieurement la partie A; en sorte que cette partie, abandonnée à elle-même, peut descendre jusqu'à terre en laissant isolée la jatte suffisamment raffermie pour se soutenir seulement sur son fond. Lorsque le raffermissement est suffisant, on procède au tournassage dii fond , et on pare le bord supérieur en le taillant légèrement pour l'arrondir.

PUteavz. — Quelques mots suffiront pour faire comprendre la manière d'obtenir les plateaux si minces qui complètent les cabarets composés uniquement de pièces d'une grande légèreté. Ces plateaux sont faits par coulage ; mais, au lieu de remplir le moule de pâte liquide, on fait glisser légèrement ce moule dans un bain de barbotine. Le moule se recouvre extérieurement et intérieurement de pâte raffermie d'une épaisseur proportionnée au temps de l'immersion. On nettoie le moule au dehors : on enlève avec un couteau la pâte adhérente sur la face horizontale , en même temps qu'avec une pointe on détache légèrement, pour faciliter la

nS QUINZIÈME LEÇON.

dépouille , le faux bord du plateau. On examine attentivement s'il ne se fait pas quelques fissures pendant la dessiccation et la retraite qui l'accompagne, et l'on arrête par un trait de pointe en travers et à l'extrémité de la fente touUiS celles qii'on aperçoit. Ce plateau n'a pas de pied.

Quels que soient les avantages dii procédé de coulage , on ne saurait toutefois l'appliquer indistinctement et avec avantage à toute espèce de forme. L'état de finesse dans lequel il faut employer la pâte s'opposera toujours à ce que ce procédé pénètre daÈs les fabrications communes , et l'encombrement résultant de l'emploi des moules, sans parler de la perte due, dans tous les cas, à leur prompte détérioration, mettra souvent obstacle à ce qu'on Tétende au delà de la fabrication de la porcelaîne de luxe.

Moulage à la h6u«ie. — On combine souvent les deux méthodes du moulage et du tournage pour obtenir dans une même opération des ébauches plus finies et de réussite plus certaine. On nomme moulage à la housse l'opération qui consiste à faire une ébauche aussi finie que possible et à la terminer par moulage. On place, suivant le cas, la housse tantôt sur \e moule, qui a la forme d'un noyau et peut servir, dans ce cas, à mouler des ornementa visibles à l'intérieur des pièces, et tantôt aussi dans l'intérieur du moule creux , qui donne alors par moulage les ornements dont peut être décorée la surface extérieure de la pièce. Le tourneur commence par ébauchef sa pièce comme s'il s'agissait de faire une pièce tournée (^g. 2^8). A est la girelle du tour, B le rondeau sur lequel la housse C est ébauchée; on la place ensuite encore molle ou sur le moule ou dans le moule {fig, 229), pour la comprimer à l'aide d'une éponge , comme on le ferait d'une croûte.

Calibrage. — Nous avons dit en parlant des assiettes qu'elles étaient moulées, puis terminées au moyen de calibres; il arrive souvent que le calibre au lieu d'être mobile est fixe et rigide , ce qui donne à la pièce moins de pressions inégales; on donne le nom de calibrage à cette méthode qui résume en quelque sorte un moulage et un tournage simultanés.

Dans le calibrage, tantôt le moule donne l'extérieur de la pièce, tantôt il donne l'intérieur. Nous présenterons ici différents exemples de ce mode de façonnage; nous commencerons par la descrip-

lion du calibrage tel qu'il est exécuté dans la manufacture de Sèvres; c'est le système qui nous paraît le plus perfectionné.

rig. M8. Fljç. Î29.

^Caiibrage des aifiettes. — Lorsque la croûte est préparée comme nous l'avons dit {fi§, 190), on la transporte avec précaution sur le moule qui donne la partie intérieure (/g*. 194). Ce moule est assujetti sur le tour A dont la girolle B porte un tenon C qui s'emboîte dans le moule D : on renverse la croûte sur le moule , puis, à l'aide d'un couteau de corne qu'on pousse entre les deux en partant de la circonférence pour arriver au centre, on détache la peau. On a régularisé la surface de la croûte sur la peau même et sur le tour dans la position primitive à l'aide d'une lame rigide descendue sur le calibre [fig, ï3o) et fortement comprimée sur

la pâte. A proximité du tour fixé sur la table du tourneur se trouve un bâti de bois porte-calibre, composé de deux montants H s' élevant à hauteur convenable pour que le calibre mis en place exerce la pression voulue sur le moule. Ce calibre peut descendre plus

KriH

iio QUINZIÈME LEÇON,

ou moins sur la barre B tournant autour du point C au moyen de vis à oreilles qui serrent un talon N pouvant se mouvoir dans deux petites coulisses. On règle l'épaisseur de l'assiette avant de mettre la croule sur le moule à l'aide d'une petite jauge qu'on pose sur le moule; on abaisse le calibre, on le met en contact avec la jauge, puis on fixe le talon; on relève le calibre pour placer la croûte sur le moule. Lorsque la croûte est détachée du tambour de peau sur lequel on l'a préparée, on la comprime avec une lame pour la faire adhérer, puis on abaisse la tringle B pour poser le calibre de la main droite en pressant légèrement jusqu'à ce que le talon porte sur la tringle ; en même temps, avec la main gauche, on imbibe de barbotine épaisse la surface de la pâte en contact avec le calibre. On obtient de cette façon des moulures trèsnettes F, qui forment le pied des assiettes calibrées. On se rend Fig 282 compte de la forme du calibre

par la figure qui le représente en vue (^g, 23 1). On voit {^g, 282) le porte-calibre dégagé ^ du calibre proprement dit.

On se sert en Allemagne d'un calibre très-simple (^g. 233) qui donne encore l'extérieur des pièces. Le tour A porte le moule qui Fig. 238. Fig. 884. ^èglo la surfaco inté-

rieure de l'assiette unie ou décorée par des reliefs de peu de saillie ; B est le calibre fixé sur une tringle tournant autour d'un axe C, chargée à son extrémité d'un poids D qui facilite la manœuvre, et glissant entre les coulisses G (^g, 234).

On comprend qu'en abaissant la tringle F (Jig. 235) le calibre vienne comprimer la pâte placée sur le moule A. Quelquefois le calibre règle la forme intérieure lorsque la pièce

Fig. S85.

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. lai

est façonnée dans un moule qui donne l'extérieur. Le poids agit à

l'extrémité J [fig* a36) pour faciliter la pression du calibre en bois sur la croûte placée dans le moule. La tringle F est percée de trous qui permettent de rapporter les calibres propres à l'exécution de différentes formes; on les fixe au moyen de vis en bois.

Enfin, c'est quelquefois encore sur le moule lui-même que le calibre est fixé', ce qui simplifie l'appareil. Dans cette disposition [fg, iZ'j ) , la tête du tour A porte une sorte de mandrin B dans lequel s'engage le moule C de l'assiette D; l'intérieur

Flg. S86.

U\yN

est réglé par un calibre E en bois, portant sur l'une des extrémités un talon dont le biseau ^^^' ^' pose sur le mandrin et s'adapte

au moule lui-même.

MM. Bougon et Chalot ont disposé le calibre d'une manière fort ingénieuse pour ébaucher au calibre même les pièces creuses; le calibre [fig, 238 et 239] est assujetti sur un montant H brisé en G ; les char-

iTi QUINZIÈME LEÇON

nières H et G satisfont aux mouvements

Fig. 238.

pour l'ébau-

Flg. 239

chage. Les fg. Mo et 241 font voir le calibre dans la position qu'il occupe lorsque la pièce est animée du mouvement imprimé par le tour A; elle est supportée par le rondeau D.

Fig. 240.

Fig. 241

DÉMOULAGE. — On donne le nom de démoulage à Topération qui consiste à dégager la pièce moulée de l'appui sur lequel elle a pris sa forme. Quelle que soit la méthode qu'on a suivie pour le moulage , il convient de ne démouler que lorsque par un séjour suffisamment prolongé, que l'expérience fait connaître pour chaque

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. ï23

forme, la pièce a pris une certaine retraite; elle est alors assez raffermie pour se dégager avec facilité.

Lorsque le moule est d'une seule pièce, on facilite la séparation avec une petite balle de pâte humide; lorsque le moule est composé de plusieurs pièces, on enlève la chape, puis successivement toutes les parties du moule jusqu'à ce que la pièce moulée soit entièrement dégagée. Les pièces démoulées doivent sécher lentement : lorsqu'elles sont plates, on les pose sur des rondeaux déplâtre; on les retourne souvent, et lorsqu'elles peuvent se déformer en se relevant, on les ch'arge de petites pelotes de pâte humide.

On a rarement une mauvaise fabrication , lorsqu'on n'a fait usage que de moules dans l'état convenable. Il faut éviter l'emploi des moules graissés, c'est-à-dire qui, par suite d'un service prolongé, se sont recouverts intérieurement d'une sorte d'épiderme compacte, manquant alors de la perméabilité dont ils étaient doués primitivement. On enlève cette croûte surtout pour les pièces rondes, soit en mettant le moule sur le tour et l'usant avec une lame coupante , soit en délayant cette croûte par des lavages à l'eau.

Si la condition du bon choix des moules a été remplie et si la balle, la croûte ou la housse n'ont reçu dans le moulage, quel qu'il soit, que des pressions uniformément égales, on n'aura que rarement des fentes et du gauchissage; il faut néanmoins tenir compte de l'habileté du mouleur.

Pour résumer ce que nous avons dit des divers procédés à l'aide desquels on ébauche les pièces, nous rappellerons que le tournage se prête au façonnage des pièces à surface de révolution , mais qu'il peut donner lieu soit à des vissages, des déformations, des fentes. Le moulage est d'un usage plus général , car il s'applique à des formes plus variées; il n'occasionne jamais de vissage, et, lorsqu'il est pratiqué sur des pâtes à l'état de barbotine, on peut éviter plus sûrement que par le moulage ordinaire les inégalités de pression , c'est-à-dire le gauche et les coutures du moulage. Mais le coulage offre lui-même des inconvénients qui limitent l'emploi de ce moyen. La pâte doit être bien préparée; il faut un nombre considérable de moules ; on doit éviter les éclaboussures et surveiller la qualité du plâtre.

Au reste , toute l'intelligence du fabricant consiste à bien choi-

sir la méthode la plus convenable pour ébaucher une pièce de forme donnée ; et cette recommandation s'étend non-seulement à l'ébauche de la pièce entière, mais même à l'ébauche de chacune des diverses parties dont elle est composée.

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. ia5

TECKHOLOGIE CÉRAMIQUE.

Rachevage ; tournassage, gaillochage et gaudronnage. — Réparage, grattage, remplissage, évidage, collage, applicage. — Glaçures; vernis, émail, couvertes; éléments qui les composent; quartz, feldspath, acide borique, borax ^ alcalis, chaux, magnésie, étain, oxyde de plomb, oxyde de fer, oxyde de niangauèse; ocres. — Fabrication des glaçures. — Leur posage par volatilisation , saupoudrât! on, immersion, arrosement. — Retouche, réserve. — Cuisson des poteries. Combustibles. — Degré de chaleur, quantité de chaleur, unité de chaleur, température, pouvoir calorifique.

FAÇONNAGE DES PATES

RACHEVAGE.

Nous avons vu que pour quelques fabrications grossières, Té-

• bauchage sur le tour pouvait suffire pour amener immédiatement

les pièces à la forme demandée , mais que généralement, pour iés

poteries fines surtout, on ne considérait la pièce tournée que comme

une simple ébauche.

Pour les pièces ébauchées par moulage, quel que soit le procédé de moulage dont on ait fait usage, le moulage entraine sur l'ébauche des imperfections apparentes qu'il faut faire disparaître. C'est ainsi que les coupures du moule laissent toujours des traces qu'il faut enlever; c'est ainsi que des parties saillantes sont engraissées, c'est-à-dire moulées avec plus d'épaisseur qu'elles n'en doivent avoir; il faut diminuer leur volume; c'est ainsi encore que les pièces coulées présentent toujours des faux bords , ou des appendices qu'il faut nécessairement enlever.

Il faut enfin réunir les diverses parties qui composent la pièce complète , coller les garnitures , appliquer les moulures en relief qui décorent les pièces tournées.

C'est à l'ensemble des opérations qui ont pour but de finir et

de compléter dans sa forme l'objet qu'on veut fabriquer que nous

donnerons le nom de rachcvage.

Le rachevage se compose d'opérations bien distinctes; nous rappellerons que nous avons distingué piour les étudier séparément :

Le tournassage, comprenant le guillochage et le gaudronnage;

Le réparagCy comprenant le grattage, le remplissage et Vétfidage, V estampage et le modelage;

Le collage, comprenant Vapplicage,

Tournassage. — Les pièces de poterie fine ébauchées sur le tour, comme les grès , les porcelaines et les faïences fines, reçoivent leurs arêtes vives , leurs contours purs d'une opération particulière qfui consiste à leur enlever à l'aide du tour les parties en excès que le tourneur a laissées à l'ébauche , soit pour ménager une dessiccation plus lente, soit pour faciliter son travail, soit pour éviter le vissage et la déformation auxquels sont sujettes lea pâtes ramollissablés. En général les pâtes très-plastiques sont ébauchées presque à leur épaisseur ; les pâtes de porcelaine au contraire présentent souvent une épaisseur telle, qu'on a peine à distinguer sur l'ébauche la pièce qu'on veut fabriquer.

Tournasser les pièces, c'est trouver, à l'aide d'outils branchants, la pièce qu'on veut obtenir dans l'ébauche plus ou moins épaisse. ' On pratique cette opération sur les pièces auxquelles leur con- Fig. 242. sistance permet de résister à la pression du tournassin;

non appelle ainsi l'outil dont on se sert pour tournasser. Ces outils sont de la plus grande simplicité : les uns pour dégrossir sont des plaques d'acier à bord tranchant [Jig, 24a), minces et provenant ordinairement de vieilles lames de scie; les tournassins A sont quelquefois placés perpendiculairement à l'extrémité d'un manche B. Les uns carrés A, les autres à contours courbés C [fig, 243); il y en a de toute forme , surtout pour terminer ; le tourneur les ajuste Fig 548 lui-même sur le profil que lui donne

B * i^ r^ son dessin. Il se guide pour l'épais-

Il LÎJ seur, le diamètre et la hauteur des

bC rr~i3 I Pôn pièces qu'il tournasse, au moyen des

^ ^ compas que nous avons décrits pour le tournage.

Tour. — Le tour dont on fait usage est souvent le même que celui dont on se sert pour ébaucher; mais aussi quelquefois il est différent: dans un cas, Taxe de la pièce est vertical; dans le cas contraire , il est homontal : c'est aux tours de cette dernière espèce qu'on a donné le nom de tours anglais ou de tours en l'air : (m les emploie de préférence toutes les fois que la consistance de la pâte permet une vitesse considérable du tour : on ne saurait les employer au toumassage des pâtes de porcelaine qui n'ont en général que peu de liant; les fabricants de faïence fine ont tous adopté le tour anglais pour toumasser les pièces: tantôt il est mis en mouvement par un enfant sauteur (\\i\ agit sur une pédale, tantôt par une femme tournant ime manivelle , tantôt enfin par un moteur mécanique dont le tournasseur règle l'action au moyen de freins sur lesquels il presse à volonté , tout en restant debout.

L'axe du tour A (fig. ti44)» horizontal, se termine par un mandrin B sur lequel on fixe les pièces et qui tantôt pénètre dans leur

FIg. Î44.

Hig^SL

intérieur quand on tournasse l'extérieur, tantôt au contraire les prend par l'extérieur, lorsqu'on tournasse l'intérieur; un certain nombre de poulies C placées sur l'axe en règlent la vitesse de rotation; les montants D portent les coussinets, ils s'engagent dans la table E et sont fixés par des épaulements et des coins en bois.

Fig. Î45.

Ffg. 246.

La pédale F est attachée au levier coudé G qui fait l'office de manivelle et transforme en mouvement circulaire continu le mouvement alternatif du pied ; une vis engagée dans un écrou L (^^..245) resserre à volonté le pivot dans sa crapaudine I; les poulies J font tourner Taxe A par l'intermédiaire des poulies C.

La pièce se fixe sur le mandrin soit par la seule humidité de ce dernier, soit au moyen d'un peu d'eau mise avec un pinceau , soit avec une légère compression exercée circulairement par une pointe sur les surfaces de contact.

Lorsque le toumassage se fait sur un tour ordinaire , le mandrin placé verticalement maintient la pièce plus sûrement.

Pour donner un exemple, supposons que le tourneur, après avoir ébauché la soucoupe [fig. 246), ait à la terminer ; il devra chercher dans l'ébauche la soucoupe ellemême , il commence par la placer sur un mandrin [Jig, 247) » ^ais l'intérieur en dedans, puis avec la lame de scie [fig, 242) qu'il applique bien horizontalement, quand l'axe de la pièce coïncide avec l'axe du tour, il détermine un plan qui va servir de repère pour faire l'intérieur et l'extérieur de la soucoupe : à cet effet , il retire la soucoupe, la place, renversée, devant le porte-mesure et trace avec l'aiguille fixée à la hauteur convenable un trait D [Jig, 249 ) ; il place de nouveau l'ébauche sur le mandrin et avec la lame il enlève toute la pâ te qui se trouve au-dessus du trait D.

Fig. S47. Fig. 248.

Fig 249.

L'ébauche prend la forme (Jig, 248 ) d'un bloc de l'épaisseur de la soucoupe et de son pied; le compas (fig, 25o) est ouvert sur le trait pour donner le diamètre; il le présente à l'extrémité C en abattant l'angle jusqu'à ce que le diamètre de la pièce soit bien

exactement celui du trait ; il détermine de la sorte la petite surface cylindrique C {fig, aSi). L'ouverture du compas lui donne

Fis. aSO. Fig. S51.

Ji

Fig. 152.

le diamètre du pied [fig, 262), il forme de la sorte la surface cylindrique E et la surface conique qui réunit les deux parties E et C; il creuse le pied en se réglant pour la profondeur avec le tenon D de la mesure (/g-. 253) et termine le profil au moyen du tournassin [fig, 254 ) qu'il a taillé d'après le dessin suivant la ligne

Fis. tS6

Fig. 158.

Fig. SS4.

Fig. fU.

Jl!

XÂL

fc^

coupante G. Pour faire l'intérieur, il retourne l'ébauche dans le mandrin , il la centre et la fixe , puis il la finit avec le calibre {fig, 255 ) qui donne le contour I et la dépression centrale J [fig. 256) . C'est en tournassent ainsi qu'on forme sur les pièces les filets et les gorges , qu'aucune sorte d'ébauchage ou de moulage ne pourrait donner avec la netteté voulue.

Lorsque la pièce est amenée de la sorte aux dimensions exactes qu'elle doit avoir, on remplit avec une corne ou une lame d'acier les petites cavités pouvant se présenter sur la surface qui se trouve comme polie. Cette opération a pour les faïences communes l'inconvénient de s'opposer à l'adhérence de la pâte avec la glaçure. On ne la pratique plus aussi généralement qu'autrefois.

GuiLLOCHAGE ET GAUDRONNAGE. — Lc moulage Ordinaire peut donner le moyen d'obtenir sur des pièces de forme donnée des gaudrons ou des demi-cylindres qu'on nomme cannelures; le moule donne soit en creux les parties qui doivent être en relief, soit en relief les parties qui doivent être en creux ; il suffit de terminer l'ébauche au moyen d'un réparage. Mais ce procédé, prompt et convenable dans beaucoup de cas, ne peut être appliqué

i3o SEIZIÈME LEÇON,

dans beaucoup d'autres , car il laisse visibles sur l'autre surface des pièces les inégalités de celle qui est décorée de gaudrons et de cannelures. On a proposé le tour à guilhcher, dont on fait usage dans quelques industries pour canneler, guillocher et gaudronner le bois , les métaux , le plâtre et l'albâtre, pour remédier à ces inconvénients majeurs pour les tasses , les soucoupes , en général pour tous les objets légers qu'on peut prendre à la main. M. Baudet a décrit un tour qui lui a permis de réussir le gaudronnage des pâtes céramiques , et la manufacture de Sèvres établit aujourd'hui d'une manière courante un grand nombre de pièces guillochées au tour. Entrons ici dans quelques détails et commençons par le tour à guillocher de la manufacture de Sèvres, dont l'explication fera mieux comprendre les outils de même nature dont on s'est anciennement servi.

La table du tour A [fg, aSy) est percée dans sa longueur et au milieu de sa largeur d'une ouverture qui laisse passer les tour-

Flg. 257.

nassures dans un coffre B, et sert à fixer un appui qui peut être alors, à la volonté du tourneur, éloigné plus ou moins du support D. Ce support , qui sert à déterminer la eourse régulière et

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. i3i

contournée, commande une rosette £ ; la course, se traduit par les gaudrons et guillocbages de la pièce que le mandrin présente sous Toutil du tourneur. L'axe F du tour tourne entre les tourillons de deux poupées G et H qui peuvent recevoir un mouvement circulaire autour d'un axe I tournant dans les tourillons J et K. Deux ressorts L maintiennent constamment le contact entre le support qui presse sur le contour de la rosette et la rosette elle-même. Une disposition particulière et très-simple permet de guillocher avec ce tour les surfaces planes , comme dessous de tasses , de coupes, etc. Les poupées possèdent encore un mouvement de translation suivant la direction de Taxe en glissant dans les tourillons J et K : un ressort M ramène les poupées dans leur position respective lorsque la pointe du support les a poussées pour les faire reculer, au moment où la partie saillante de la rosette se présente à cette pointe. L'axe du tour porte deux poulies N qui , correspondent à la poulie 0 de l'axe moteur, et la poulie P , d'un petit diamètre, qui correspond à celle Q d'un diamètre plus grand fixé sur l'axe brisé R mis en mouvement par la pédale S. On a deux cordes qui s'enroulent à volonté sur les poulies N et 0 ou P et Q ; de cette façon le mouvement de la pédale se transforme, soit en un mouvement rapide, soit en un mouvement trèslent : le premier mouvement permet de tournasser en rond, après qu'on a fixé par des cales les poupées mobiles ; le second mouvement permet de guillocher, lorsque les cales ont été retirées et que les poupées peuvent tourner autour de leur axe L

Les détails qui suivent rendent facile à comprendre le mouvement des poupées. L'outil du tourneur, coupant , est fixé presque immobile sur l'appui [fig. 258) en élévation et [fig. a59 ) en plan : dans une colonne creuse A se meut une tige B terminée par une sorte de traverse C ; une vis à clef presse sur la tige pour la maintenir à la hauteur que le tourneur désire ; un socle £, qui sert de base à l'appui, se termine par deux branches en forme de fer à cheval F, sur lesquelles on place une plaque carrée G traversée par un boulon qu'on serre au moyen d'un écrou dans la fente qui coupe la table du tour.

Fig. SS8.

FIg. Î59.

FIg 2eo.

i32 SEIZIÈME LEÇON.

En face du tournassin se présente la pièce solidement emmandrinée sur le nez de l'arbre. Ce nez {fig, 260) ne se pose qu'après que la rosette a été mise en place. On a des rosettes de toutes formes et de toutes grandeurs, guillochées sur la circonférence et guillochées sur leur plan. Dans - ce dernier cas , elles peuvent engendrer des solides plus variés. La même rosace peut donner des cylindres [fig, a6i ou 262) suivant qu'on guidera la poupée par le support antérieur ou par le support postérieur. Les surfaces cylindriques peuvent, avec la plus grande facilité , se transformer en surfaces conoïdes : il faut alors

Fig. S61,

FIg. Î62.

que la pression sur la rosette puisse s'exercer, soit perpendiculairement, soit parallèlement à l'axe de rotation. La tête du sup- Fig. «es. port porte à cet effet deux coulisses dont les

axes mobiles dans un plan horizontal se coupent à angle droit.

La tête du support A [fig, 263 ) se termine par une tige taraudée B dans laquelle on engage l'œil de la plate-forme G qui porte les coulisses D ; pour fixer cette plate-forme on la surcharge d'un écrou E qu'on serre lorsque les coulisses occupent la position voulue. De petites lames de buis bien dur G [fig, 264) qu'on met au contact de la rosette impriment à l'axe du tour le mouvement nécessaire au guillochage. Lorsque ces lames sont placées

Fig. 264.

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. i33

à la longueur voulue, on les fixe dans le support au moyen des vis F qui traversent les coulisses dont le chapeau forme écrou.

On a figuré [fig. 265 ) une vue de la poupée G qui porte le coussinet de l'arbre du tour, afin de faire saisir comment on peut tourner rond , en serrant les vis X et Y qui traversent les montants U et V solidement fixés sur la table du tour.

Lorsqu'on veut guillocher, les vis X et Y étant dévissées , on met la lame de buis au contact de la rosette de manière que sa pointe corresponde au fond des gaudrons ; on enlève la fourchette Z qui existe du côté de la lame qui presse en plaçant la fourchette opposée T; on la fixe sur le tenon A et le ressort B; on ajuste la vis

à oreille C; quand le tour est en mouvement, le diamètre de la rosette augmente, l'arbre se recule , le ressort cède , et, l'obstacle* passé, la force élastique de ce ressort ramène en avant l'arbre qui suit à chaque instant un mouvement variable avec la distance du point de contact et l'axe du tour.

La fig, 266 fait voir le détail de la fourchette qui fait agir le ressort C.

La poupée H [fig, 267 ) qui fait corps avec la poupée G, par l'intermédiaire d'une traverse coulée d'une seule pièce, reçoit les mêmes mouven^ent^ d'oscillation ; nous n'en donnerions pas

i34 SEIZIÈME LEÇON.

le dessin si le ressort qui ramène les poupées dans leur posi- Fig. t€6. tion primitive , lorsque la pression de la lame sur la B B rosette agit dans la direction de l'axe, n'y était adapté.

XI Ce ressort M s'engage dans une gorge qui termine Taxe , I et est réglé par une vis P serrée par une manivelle R dans un écrou 0 venu de fonte avec la poupée G ellemême. Lorsque la rosette est mise en contact avec la lame de buis dans la partie la plus déclive , on amène par la vis P le ressort M à presser contre la gorge de l'arbre en forçant la rosette sur la lame; lorsque les parties saillantes passent devant le support l'arbre recule, et l'élasticité du ressort le ramène sur lui-même quand la saillie de la rosette diminue. La description que je viens de donner est complétée par la vue longitudinale des poupées (^g, 268) qui laisse voir la tra- ^ A verse qui les réunit et les coussinets dans lesquels elles éprouvent leur double mouvement rectiligne et circulaire alternatif. Le tour imaginé par M. Baudet, pour le guillochage des objets en pâte céramique, a sans doute été le point de départ des perfec- Fig. 267. tionnements que nous venons d'in-

diquer; il est en effet facile de retrouver dans les dessins de celui qu'il a fait breveter en 181 7 les dispositions dont nous avons fait ressortir les avantages. Je me borne donc à donner un simple croquis (Jîg. 269) pour faire comprendre la manière dont on peut à volonté changer la ^itesse rapide du tour pour tourner rond en une vitesse moindre pour guillocher. Le tour est établi sur la table A, très-près de deux armatures en fer B, B, entre lesquelles sont logés les coussinets de deux axes, installés aux extrémités d'une tige qui glisse entre les deux montants et pouvant se lever ou s'abaisser tout. en conser\ant leurs distances respectives. Les roues C et D sont en communication; elles entraînent chacune une poulie, l'une E d'un grand diamètre , l'autre F d'un petit rayon. Sur l'arbre du tour sont deux poulies à gorge, l'une G communiquant avec la

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. i^5

poulie F, l'autre H communiquant avec la poulie È. Lorsqu'on

FIg. Î68.

agit sur le bras du levier I tournant autour de l'axe J fixé sur l'une

des armatures, on soulève le coussinet de la roue C, la corde L est distendue, la corde M est tendue et le tour tourne lentement; quand on laisse retomber la tige qui porte les coussinets , la corde L se tend, la corde M devient lâche et l'arbre du tour prend une vitesse considérable qui permet de tourner rond.

On doit à M. Baudet une forme particulière de mandrins qui jouissent d'une certaine élasticité , et sont moins sujets que les mandrins ordinaires à briser les pièces.

Ces mandrins , à vis ou à collier, reçoivent les pièces, soit intérieurement [Jig, 270), soit en dessus [fg, 271). Ces mandrins à ressort, au moyen de leurs bagues unies ou à vis que l'on peut avancer ou reculer à volonté, pour le tournage tant intérieur qu'extérieur, compriment ou relâchent la pièce, suivant le besoin, et la laissent

i36 SEIZIÈME LEÇON,

tomber dans la main; il n*y a pas d'effort à faire pour la dévêtir, contrairement à ce qui se passe avec les autres mandrins ordinaires qui font casser un grand nombre de pièces.

Nous terminerons ces indications sur le guillochage en rappelant qu'il est indispensable que les pièces soient ébauchées assez épaisses , et qu'elles aient pris par la dessiccation une consistance suffisante pour résister sans se briser aux secousses du tournassin. RÉPARAGE. — On désigne principalement sous ce nom les opérations de rachevage qui s'appliquent aux pièces moulées. Les principaux actes du réparage consistent, suivant les cas, à faire disparaître les appendices nécessaires à la réussite du moulage, à gratter les coutures du moule , à boucher les trous ou 1^ bulles que le démoulage a mis à découvert; à percer les jours indispensables à l'usage ou à l'ornementation de la pièce.

On procède à ces diverses opérations par grattage^ remplissage, é vidage, etc.

Grattage. — On Opère par grattage l'ablation de toutes les coutures, de toutes les saillies nécessaires au moulage, mais qui altèrent la forme et les contours des pièces ; on enlève encore en grattant, après avoir coupé par le moyen d'un instrument coupant et dentelé, qu'on nomme gradine^ les masses volumineuses qui demanderaient trop de temps si l'on se bornait à gratter. On enlève ainsi les masses ajoutées aux moules pour engraisser certaines parties qui gerceraient ou gauchiraient dans le moule; dans ces dernières conditions, ce réparage exige certaines connaissances des beaux-arts; il appartient, en quelque sorte, à l'art du sculpteur.

Le grattage doit être fait avec une grande délicatesse; on l'opère généralement sur les pâtes fines presque aussitôt après leur sortie du moule ; il faut procéder sans effort pour ne pas déformer la pièce molle qui gauchirait au feu , malgré le soin qu'on aurait pu prendre de la ramener dans sa forme primitive.

Remplissage. — H faut une grande habileté pour faire disparaître les trous occasionnés par l'air engagé dans le moule ou que

la pâte contenait , et que le grattage et souvent encore le tournassage ont rendus visibles : il est indispensable que la pâte mise dans les cavités ait la même densité que celle de la pièce même , et qu'elle n'ait pas été comprimée; il faut en mettre un léger excès qu'on enlève avec la gradiue; le rebouchage opéré sans ces précautions laisse reparaître, soit en creux, soit en saillie, les défauts qu'on a voulu masquer.

Sculpture. — Nous pouvons placer ici , dans les procédés de rachevage , la méthode à laquelle on a donné le nom de sculpture cru sur cru; elle participe à la fois des méthodes de remplissage et de grattage ; elle exige le même soin et la même habileté.

On a fait pendant ces dernières années, à la manufacture de porcelaine de Sèvres, dés pièces de dimensions très- variées au moyen de cette méthode. Elle donne des objets d'une valeur artistique réelle et d'une grande importance industrielle, si celui qui la met en usage joint au talent d'un sculpteur de mérite la science d'un praticien intelligent.

La première idée de ce genre de décoration se trouve très-nettement dévoilée dans quelques poteries fines de l'époque romaine. Les Chinois en ont certainement tiré le parti le plus avantageux , et le musée céramique en offre assurément des exemples fort remarquables.

On établit, par l'un quelconque des procédés décrits précédemment, la pièce que l'on veut décorer avec des ornements en relief. On maintient la pâte humide, pour appliquer au pinceau avec précaution et par couches successives, en évitant les bouillons et les trous, un relief de pâte qu'on peut modeler ensuite, comme s'il s'agissait d'une ébauche moulée, par incision et grattage. On obtient de la sorte des saillies assez vives, très-nettes si elles ont été réparées avec toutes les précautions convenables. Cette méthode permet de conserver religieusement la touche du sculpteur, touche si souvent altérée par les opérations du moulage ; elle ajoute encore à la valeur artistique de la pièce faite par ce moyen le mérite de constituer en quelque sorte une pièce unique , puisqu'elle n'a pas été confectionnée dans le but de multiplier les épreuves. Le même motif, encadré différemment, ajusté dans d'autres données , peut présenter, sans frais de composition , la plus grande variété d'aspects. Par le moulage, au contraire, pra-

i38 • SEIZIÈME LEÇON.

tiqué comme on est dans l'usage de le faire , on n'obtient qu'une

multiplicité fâcheuse pour des objets d'art.

Le plus grand emploi qu'on ait fait à Sèvres jusqu'ici de ce mode de décoration est l'ornementation des vases en pâte dite céladon. Ce ton est légèrement verdâtre , agréable par sa finesse et sa légèreté; les ornements en pâte blanche, modelés à différentes épaisseurs, qu'on peut appliquer dessus, se marient avec la couleur de la façon la plus heureuse. On pourrait avoir. des effets semblables avec toute autre pâte de couleur comme excipient ; on pourrait de même varier la nuance des reliefs : mais il faut observer que l'oxyde colorant la pâte soit fixe , c'est-à-dire qu'il n'entraîne pas aux environs des pomts que l'artiste décore une coloration obtenue par vaporisation. L'oxyde de cobalt , qui a la propriété de jeter une vapeur bleuâtre autour des points qui le renferment, ne peut convenir pour ce genre d'ornementation.

La pâte céladon s'obtient avec la plus grande facilité en introduisant dans la pâte 5 millièmes d'oxyde de chrome. Cette pâte cuit généralement bien ; elle n'exige d'autre soin que celui d'être assez triturée pour répandre uniformément l'oxyde colorant , et bien lavée pour éloigner les dernières traces du chromate de potasse que l'oxyde de chrome , par une affinité puissante analogue à ce que M. Chevreul nomme les pfiénomènes de teint ure, retient toujours en quantité très-appréciable. Le mélange avec la pâte blanche rend soluble le chromate qui résiste au lavage par l'eau bouillante. Ce sel doit être enlevé , car il s'étendrait par capillarité jusque sur la surface des reliefs de pâte blanche, et les teinterait en vert par sa transformation en oxyde de chrome sous l'influence de la chaleur. Il arrive cependant quelquefois, lorsque, pour une cause ou pour une autre , le four se charge pendant la cuisson d'une grande quantité d'humidité, qu'il se développe et se répand sur les reliefs blancs ou sur certaines parties de la pâte un sel soluble de chroiiie qui dépose plus tard de l'oxyde vert ou brun. La pâte céladon cuit généralement avec un ton plus agréable dans une atmosphère réductive que dans une atmosphère oxydante : pour les motifs précédemment énoncés, elle doit cuire autant que possible dans une atmosphère dépouillée d'humidité.

Évidage. — Quelques pièces offrent des ouvertures ou jours qu'on fait à la main; le moulage indique généralement par un

trait les contours qu'il faut découper; c'est avec une lame bien F!ç. s7f. effilée qu'on perce les jours; il faut une

grande légèreté dans la main : pour les pâtes peu plastiques, comme les pâtes de porcelaine , on confie ce travail à de jeunes filles dont la main est généralement assez légère. La fig. Tj'i. donne la coupe d'un pot à l'eau forme chinoise, formé de deux enveloppes dont l'une C extérieure est découpée.

Estampage et moletage.— Ces opérations, dont on fait usage pour la décoration d'un grand nombre de poteries simples, exigent quelques précautions pour conduire à des résultats industriels. La pâte doit être assez molle pour recevoir facilement l'empreinte du cachet ou de la molette ; mais il faut en même temps qu'elle ait assez de résistance pour ne pas adhérer à l'instrument; on évite en partie cet inconvénient en frottant ce dernier avec une matière grasse (essence, huile, graisse). Ces difficultés sont telles pour la porcelaine , qu'on n'a pu réussir à les estamper que sous une épaisseur très-considérable ; l'ébauche est alors très-sujette à se fendre pendant la dessiccation.

Collège. — Nous avons vu comment se préparaient les diverses pièces de poterie; nous avons fait comprendre que peu d'objets céramiques, à cause de leurs formes, de leur usage, des procédés économiques à l'aide desquels on doit les établir, pouvaient être formés d'un seul morceau. Lorsque par le rachevage les divers fragments d'une même pièce sont terminés , il faut les réunir ; on donne le nom de collage à l'opération qui permet la réunion des diverses parties composant un même tout. On donne en général le nom de garniture aux becs , anses , manches de divers ustensiles, et le nom plus particulier de garnissage au collage des garnitures. La pièce fig, 273 , par exemple , est formée de trois parties collées ensemble.

Nous n'établirons ici de distinction qu'entre l'applicage et le collage proprement dit; le garnissage ne pourrait d'ailleurs s'opérer qu'avec des collages et des applications dépendant de la forme des garnitures; dans tous les cas, la barbotine sert pour réunir solidement,

Fig. «73.

i4o SEIZIÈME LEÇON.

même avant la cuisson, les garnitures et les pièces qui doivent

les recevoir; mais il est certaines précautions que nous allons

résumer.

Il faut autant que possible que les parties à réunir se présentent dans le même état de dessiccation , soit également humides , soit également sèches; lorsque les pâtes sont également humides, la barbotine suffit pour coller solidement, même avant la cuisson, les deux parties qui doivent être soudées; lorsque les pâtes sont toutes deux sèches, elles absorberaient rapidement l'eau de la barbotine , avant même qu'on ait eu le temps de présenter l'une sur l'autre les surfaces de contact : on obvie à cet inconvénient en gommant les surfaces d'application et la barbotine elle-même; Teau gommée fait contracter aux deux pièces une adhérence provisoire qui suffît pour maintenir les parties dans leur position respective pendant la cuisson.

Lorsque les pièces sont réunies , il est indispensable que le feu ne dérange ni l'une ni l'autre ; il convient que les pâtes mises en contact aient la même retraite et qu'elles aient été façonnées par la même méthode; car on comprend que la pièce tournée, qui prend sa retraite suivant une spirale, n'est pas dans les mêmes conditions qu'une rosace moulée , qui se retire régulièrement sur son centre de figure : cette dernière condition n'est pas souvent remplie.

Appiîoage. — Lorsqu'on veut coller une pièce sur une autre , on commence par ajuster les deux surfaces de contact. On les présente l'une sur l'autre ; quand l'une d'elles est moulée , le moule indique souvent l'inclinaison et la courbure du point d'attache; on détermine la place ; puis , après avoir présenté la plus petite sur la plus grande, on trace sur les surfaces d'application des raies croisées en tous sens , qui multiplient les points de contact ; on place sur les surfaces rugueuses- ainsi formées une couche mince de barbotine, soit avec une petite palette, soit avec un pinceau. Cette couche ne doit être ni trop mince ni trop épaisse : trop mince, elle ne donne pas une réunion suffisante ; trop épaisse, elle met entre les surfaces à réunir de la pâte d'une densité différente entraînant des gerçures , des fentes et quelquefois séparation. L'application est réparée comme une pièce sortant du moule : on enlève en grattant l'excédant de barbotine que la légère com-

pression exercée pour déterminer le contact a fait s'épancher tout à Fentour des surfaces d'application.

Lorsqu'on veut appliquer des anses moulées sur des tasses tournées, il faut faire attention que la retraite entraînera les anses en les inclinant ; il faut savoir prévoir le sens et l'angle de l'inclinaison que présentera le cru pour que l'anse sorte droite du four après la cuisson. L'expérience seule peut donner ces indications ; elles varient avec chaque forme , avec chaque dimension. Nous devons borner ici les observations relatives à ce sujet ; on trouvera de plus amples détails dans le Traité des Arts céramiques de M. Brongniart, t. I, p. i65 et 168.

Ck>iiage. — Nous avons vu que la hauteur des pièces, leur forme, s'opposaient fréquemment à ce qu'elles fussent ébauchées d'un seul morceau. On est alors obligé de réunir ces diverses parties comme les collets et les culots d'un vase ; c'est alors surtout que

le collage exige une grande habileté pour qu'il n'altère pas les contours de la pièce ; les pieds des tasses coulées sont collés ; les becs, anses et fonds des pièces réticulées sont également collés [fig. 274 ).

Il importe, pour obtenir un collage invisible et complet, que la retraite des pièces soit exactement la même sur les surfaces de contact. En général, on ne doit présenter que des pièces dans le même état de dessiccation lorsqu'on les taille en biseaux.

Quelques collages se font avec la glaçure ; mais il faut éviter une trop grande épaisseur, qui occasionne des fentes et quelquefois la casse des objets, lorsque les surfaces de contact sont un peu considérables.

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