‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 38 sur 102 · CENDRE · texte numérisé non relu

CENDRE

42, 'ig

Ces chiffres légitiment, sans aucun doute, les conclusions que nous venons de présenter.

Puissance calorifique. — Le calcul permet d'établir en carbone pur l'équivalent de chaque espèce de bois. Pour les principales matières ligneuses cet équivalent varie entre o,55 et 0,4 4»

En admettant que les principes constituants de l'eau qui entre dans la composition du bois, peuvent être considérés comme ne produisant pas de chaleur, soit qu'on les suppose réunis à l'état d'eau avant la combustion, soit que la combinaison qu'ils formaient change d'état pendant que la combustion a lieu ; en admettant en outre que le carbone et l'hydrogène en excès contenus dans tous les bois dégagent, lorsqu'ils sont combinés en une proportion quelconque, la même quantité de calorique que s'ils étaient isolés, on peut calculer le pouvoir calorifique d'un stère de bois. En effet, connaissant d'une part le poids du bois sec contenu dans un stère des différents bois, et d'autre part la quantité de carbone et d'hydrogène en excès qui entre dans la composition de chacun d'eux, on a pu déduire le poids du carbone et de l'hydrogène en excès contenus dans le stère. Multipliant ces poids par les nombres qui représentent le pouvoir calorifique de l'hydrogène et du carbone, la somme de ces deux produits donne un nombre exprimant à son tour la puissance calorifique du stère. On a pris pour puissance calorifique du carbone 8,086, et pour l'hydrogène 34,555, d'après MM. Favre et Silbermann; M. Chevandier a de cette manière établi le tableau suivant , dans lequel la dernière colonne donne les rapports du pouvoir calorifique des différentes essences mises en essai :

NATDKB DBS BOIS.

Chêne h glands sessiles (quart.)- Chêne, deux Tariétés (quartiers).

Chêne, glands pédonc. (quart.).

Bouleau ( quartiers)

Bouleau (quartiers et rondins

mêlés)

Sapin (quartiers et rondins mêlés de brins)

Chêne/deux variétés (quartiers

et rondins mêlés de brins). . .

Sapin (rondinage provenant de

branches)

Pin (rondinage provenant de

brins)

Pin (rondinage provenant de

branches )

Sapin ( quartiers)

Bouleau (rondinage provenant

de branches)

Tremble (quartiers et rondins

mêlés)

Chêne ( rondinage de branches ).

Pin (bois de quartiers)

da stère

de bols sec.

PUISSANCB

calorlflqae d'un stère.

calories.

,25i,58i ,23o,8oo

On peut, à Taide d'un calcul très-simple, comparer les pouvoirs calorifiques de chaque stère, consignés dans ce tableau, aux pouvoirs calorifiques réunis dans l'ouvrage de M. Brongniart , t. I , p. 212. La densité donnée dans la première colonne du tableau qui précède est tirée des travaux de MM. Chevandier et Wertheim sur les propriétés mécaniques des bois ( Comptes rendus de l'Académie des Sciences, tome XXIII, page 667).

Cendres. — La partie minérale des bois qui reste après la combustion ne représente que rarement une partie notable du poids de la matière végétale.

Xnoinération. — Lorsqu'on chauffe le bois en présence d'un courant d'air en excès, les principes combustibles disparaissent; il ne reste qu'un résidu qu'on nomme cendres.

La proportion des cendres varie du reste non-seulement avec l'essence des bois, mais encore avec l'âge et les diverses parties d'un même végétal. C'est ainsi que les feuilles et l'écorce d'un même bois donnent plus de cendres que les branches , ces dernières plus que le tronc. D'après M. Berthier, voici la teneur moyenne en cendres des diverses essences utiles aux potiers et qui nous intéressent :

Chêne, bouleau , sapin , pin 0,004

Tremble 0,006

La nature de ces cendres est très-importante à connaître , car elles exercent sur la durée des fours et sur celles des étuis , surtout au devant des feux , une action destructive très -prononcée. Ces cendres forment avec les parois et les voûtes du four un verre plus ou moins fusible, détruisant les formes et produisant des gouttes dont l'inconvénient est d'altérer les matières , pièces et cazettes sur lesquelles elles peuvent tomber. Elles ajoutent à la fusibihté des étuis qui sont en regard des alandiers et qui peuvent se trouver coupés, s'ils ne sont par eux-mêmes assez réfractaires. Les cendres des bois sont variables du reste dans leurs proportions et dans leur nature avec les diverses essences et les conditions de sol et de climat dans lesquels le bois a végété. On trouverait à l'appui de cette assertion des faits intéressants consignés dans le Traité des essais par la voie sèche, tome I , page 269. Nous ne pouvons les citer ici, nous renvoyons à l'ouvrage de M. Berthier.

Les cendres contiennent généralement des sels alcalins solubles et des matières insolubles. Les sels alcalins solubles sont formés de potasse et de soude combinées avec les acides carbonique, suU furique, chlorhydrique. Les matières insolubles sont des carbonates et des phosphates terreux de magnésie et de manganèse; les cendres sont quelquefois siliceuses^

La proportion d'acide carbonique contenue dans les cendres dépend évidemment de la température à laquelle la calcination a lieu; la quantité des alcalis est très-variable; elle s'élève jusqu'à moitié du poids total pour descendre à 10 pour 100.

La composition des cendres de bois explique les précautions qu'il faut prendre pour garantir de leur contact les pièces à cuire, lorsque, comme la porcelaine, ces dernières doivent être exemptes de tout défaut ; des cendres, alcalines et calcaires ajoutent assez à la fusibilité de la couverte pour faire des trous partout où elles tombent ; des cendres ferrugineuses ou manganésifères font des taches brunes qu'on peut rarement dissimuler sous la décoration.

Bistîiiation. — Lorsqu'on soumet le bois à l'action de la chaleur, il commence à s'altérer vers 140 degrés; il brunit en abandonnant de l'eau, des produits empyreumatiques et du gaz acide carbonique. Ces résultats font pressentir ce qui se passe dans les foyers ou dans les alandiers: à l'air libre avec un excès d'air, il n'y a pas d'oxyde de carbone formé; mais dans un foyer ardent, il se fait, en même temps que la combustion complète dans le foyer même , une sorte de distillation en vase clos : les gaz qui s'échappent du foyer , incomplètement brûlés , qui ne se brûlent qu'au contact de l'air plus ou moins loin du lieu de la combustion, sont alors de l'oxyde de carbone, de l'hydrogène et peut-être de l'hydrogène carboné ; il se fait un résidu de charbon qui constitue la braise incandescente et qui réagit à la température rouge sur l'acide carbonique formé , comme carbone en s'y dissolvant, La texture de cette braise , serrée dans les bois durs , lâche dans les bois tendres ou blancs , rend compte tout à la fois de la rapidité plus ou moins considérable de la combustion et de la longueur de la flamme fournie par ces derniers. Ces faits nous permettront de présenter la théorie de certaines manœuvres adoptées dans la pratique des fours à porcelaine chauffés avec le bois.

TOtlRBE.

L'apparence de ce combustible, son gisement dans les lieux humides , marécageux , sur les bas-fonds dans lesquels coulent des cours d'eau peu rapides, prouvent suffisamment son origine et sa formation pour ainsi dire contemporaine.

Composition. — La tourbe diffère d'aspect suivant son état de décomposition ; tantôt elle est noire ou brun foncé, compacte : on n'y reconnaît plus qu'avec difficulté les débris des végétaux qui lui ont donné naissance; tantôt elle est d'un brun clair, d'un tissu tendre, lâche par la présence d'un grand nombre de parties herbacées.

La tourbe est caractérisée par la forte proportion d'itlniine ou d'acide ulmir/ue qu'eWe abandonne aux alcalis. Cet acide, qui n'est composé que de carbone, d'hydrogène et d'azote, contient l'hydrogène et Toxygèue dans les proportions convenables pour faire de l'eau. Sa composition , déduction faite des cendres , ne diffère pas beaucoup de celle de la tourbe : je la mets en regard des analyses faites par M. Regnault sûr deux variétés de tourbe présentant des états différents d'altération :

CENDRES, p. 100.

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