‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 54 sur 102 · II · texte numérisé non relu

II

Dans la première cuisson , on a dû chauffer plus lentement à cause des réparations nouvelles motivées par la transformation da four; de là, l'excès dans la quantité du combustible brûlé.

La cuisson à la houille exerce sur les couleurs de fond une influence tantôt nuisible, tantôt favorable. Les fonds bleus ne prennent aucun glacé et sortent noirs et altérés. On a remarqué que les fonds céladon, au contraire, cuisaient avec une nuance et une teinte beaucoup plus agréable; il en est de même du vert de chrome, dit vert au grand feu. Nous chercherons à nous rendre compte de ces phénomènes ; l'explication peut être prévue d'ailleurs par les notions générales que nous avons déjà présentées au sujet des divers oxydes métalliques employés dans la décoration des poteries.

La possibilité de cuire la porcelaine dure au moyen des flammes combinées du bois et de la houille , procédé pour lequel M. Chevandier a pris un brevet le 29 mars i85i, doit permettre de donner économiquement à l'atmosphère du four à porcelaine une composition telle, qu'on y puisse cuire avec succès et à volonté les couleurs qui exigent, pour être complètes, soit une atmosphère réductrice, soit une atmosphère oxydante.

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Les meilleures houilles qu'il convient d'employer dans cette méthode sont les houilles grasses à longue flamme ou les houilles maréchales; on donne la préférence aux variétés reconnues bonnes pour les grilles des fours à réverbère. On trouve le type des bomies houilles pour cet usage dans le flénu de Mons.

En comparant la cuisson à la houille dans des fours qui marchaient au bois avant de chauffer à la houille, on voit que i,5 hectolitre de houille remplace un stère de bois. — 120 kilogrammes de houille remplacent dans le Cher i stère de bois (chêne et charme) qui pèse 35o kilogrammes. Nous avons vu i^'^'jgo remplacer I stère de bois , dans le Cher, par les expériences faites dans un des fours Noirlac ayant 5™, 66 de diamètre.

A la manufacture de Sèvres, 60 stères de bois ont été remplacés par 80 hectolitres de houille, ou i**^,33 de houille a remplacé I stère de bois. — 210 kilogrammes de bois (tremble et bouleau) ont été remplacés par 106 kilogrammes de houille.

L'économie d'argent doit être variable non-seulement avec la disposition du four, mais encore avec les prix des divers combustibles dans la localité que l'on considère :

A Sèvres, 60 stères à i5 fr. font. . . 900 fr. 80 hectolitres à 3''^38'' font 270 ce qui forme une différence de 63o fr.

c'est près de 70 pour 100.

En supposant 800 kilogrammes de marchandise et 6,5oo kilogrammes de combustible brûlé , on trouve que i kilogramme de porcelaine exige pour être cuit 8 parties de houille; c'est ce que nous avons admis précédemment.

Quoi qu'il en soit de ces différences , qui dépendent encore des dimensions respectives des fours mis en expérience , il en résulte qu'il doit y avoir incontestablement avantage à rapprocher les manufactures de porcelaine des exploitations houillères, et l'industrie de la porcelaine subirait une modification de même ordre que celle qu'ont éprouvée les industries du verre éparses autrefois dans les forêts, réunies aujourd'hui vers le centre des bassins houillers.

Cuisson par les gaz. — - Nous avons fait pressentir les avantages qu'un jour ou l'autre les fabricants de porcelaine retireront de la

cuisson par les gaz. Quelques tentatives ont été faites pour atteindre ce résultat. Les premières paraissent avoir été dirigées par M. Renard, de Saint-Gond près Étoges (Marne); elles ont été suivies de succès. Depuis cette époque, divers brevets ont été pris, et je crois qu'on s'occupe à Limoges, en ce moment, de la solution de cet intéressant problème.

Influences qui modifient le tirage des foubs. — Nous avons dit qu'il était indispensable de répandre la flamme dans tout l'intérieur des fours pour obtenir des cuissons égales. Lorsque la combustion est tout à fait complète à peu de distance de l'alandier, la température , très-élevée dans son voisinage , diminue sans cesse en se rapprochant du centre du Cour; la petite quantité des gaz combustibles en permanence dans l'atmosphère du four indique qu'on n'est pas éloigné pendant le grand feu de la composition correspondante au maximum de la température théorique.

Influence des bouches et des cheminées. — Quel que SOlt le combustible brûlé , la composition de l'atmosphère des fours est déterminée par le rapport entre les surfaces des orifices d'entrée de l'air, les surfaces des orifices de sortie des produits de la combustion, et la composition des combustibles. Pour un même combustible , lorsque la capacité du dégourdi communique avec Fair extérieur, comme dans les fours du commerce , la cheminée centrale et les carneaux de la voûte déterminent principalement le tirage ; lorsque le dégourdi ne communique pas avec l'air extérieur, comme dans les fours de Sèvres, c'est la cheminée supérieure qui détermine le tirage.

En appliquant aux dispositions particulières des fours à porcelaine les notions théoriques que nous avons présentées page i86, on comprend que l'élargissement des orifices de sortie augmente le tirage ; le rétrécissement des orifices d'entrée de l'air augmente la vitesse de l'air froid à travers l'orifice d'admission.

Si cette vitesse devient très-considérable , l'oxygène dominera dans les" produits de la combustion, tous les produits combustibles disparaîtront, et le maximum de température aura lieu près des alandiers , la flamme ne pouvant s'allonger que par la combustion tardive des produits combustibles; un inconvénient de cette allure est une cuisson inégale et trop de chaleur devant les feux;

les piles peuvent être coupées, si par certaines manœuvres on ne change pas ces circonstances de combustion.

Supposons, au contraire, une vitesse trop faible de l'air extérieur à son passage par l'alandier, ce qui arrive avec une cheminée trop étroite, avec des surfaces des alandiers ti*op larges, les produits de la distillation incomplètement brûlés se maintiendront dans le four, la température ne s'élèvera pas. Il y aura dans le cendrier accumulation de braise , et cette braise agissant sur l'acide carbonique contribuera certainement encore, en régénérant de l'oxyde de carbone, à diminuer la chaleur. On est obligé de débraiser ; cette manœuvre occasionne évidemment une perte dans la puissance des effets calorifiques que le bois possède.

Une atmosphère oxydante résultera donc ou d'une cheminée trop large, ou d'alandiers à surfaces trop rétrécies; une atmosphère réductrice doit correspondre à des cheminées trop étroites ou à des alandiers trop larges.

Ces faits connus, on pourra modifier dans tel sens qu'on voudra, soit les orifices d'admission, soit les orifices de sortie de l'air pour régler le tirage convenablement pour une bonne cuisson. Dans tout four bien construit, on se réservera la possibilité de changer les surfaces des cheminées , car pendant l'été le tirage est moins actif par suite de la température plus élevée de l'air extérieur.

Aux allures extrêmes correspondent dans la composition des gaz des différences notables qui peuvent avoir sur la réussite des objets à cuire une influence considérable ; il faut savoir les apprécier.

Influence d'un bois trop seo.— Les fabricants reconnaissent en général que pendant l'été surtout le bois trop sec ralentit la marche du four. Supposons les ouvertures réglées convenablement pour un bois suffisamment humide; un bois sec distillera plus vite ; les gaz combustibles rempliront le four, et si l'on n'active pas le tirage pour augmenter la quantité d'air nécessaire pour une combustion plus complète , soit en ouvrait la cheminée , soit en rétrécissant les alandiers, la température ne s'élèvera pas. Dans cette condition, on remarque que le laboratoire inférieur reste stationnaire, et que la chaleur s'élève dans le dégourdi ; la continuation du feu tend en effet à rendre égales les températures des deux compartiments, la température maxima correspondant à la transformation complète des gaz combustibles sous l'influence de l'air

en eau , azote et acide carbonique ; les gaz traversent alors toute la partie inférieure du four sans abandonner leur chaleur, pour arriver dans la capacité supérieure pourvus de presque toute celle qu'ils avaient au départ.

Jugement du feu. — Il faut une très-grande expérience , un coup d'oeil sûr pour apprécier convenablement la marche du feu , son accélération; il faut une habitude qui ne s'acquiert qu'après de longues années pour savoir reconnaître si la température s'élève également dans toutes les parties du four, et s'il convient, les poteries ayant atteint leur degré de cuisson, d'arrêter le feu brusquement.

On juge si le tirage est bon et égal au feu des cheminées et des carnoaux, c'est-à-dire à la longueur de la flamme qui s'en échappe, à sa couleur plus ou moins bleuâtre, plus ou moins fuligineuse.

Couleur du feu. — Lorsque les pièces qui sont dans te four commencent à rougir, on examine, par des ouvertures réservées à cet effet dans les différentes parties du four, la couleur du feu ; l'état d'incandescence des pièces placées dans le four peut donner au praticien expérimenté le moyen de juger la force et la régularité du feu.

D'après M. Pouillet, les divers degrés d'incandescence correspondent à des températures que nous réunissons dans le tableau suivant , en plaçant en regard du nombre de degrés centigrades le point de fusion de quelques métaux :

Rouge naissant. . . 525 degrés.

Rouge sombre.... 700 »

Cerise naissant... 800 »

Cerise 900 »

Cerise clair 1000 » fusion de l'argent.

Orange très-foncé. io5o » fusion de la fonte blanche.

Orangé foncé. . . . iioo » fusion de la fonte grise.

Orangé clair 1100 » fusion de l'or.

Blanc naissant.... i3oo » fusion de l'acier.

Blanc éclatant. . . 1400 «

Blanc éblouissant . 1 5oo » ) fusion du fer forgé ; cuisson

Blanc éblouissant. 1600 » ^ de la porcelaine dure.

Montres ou pyroscopes. — Pour ne pas être exposé, dans toutes

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les fabriques , aux erreurs auxquelles la vue seule pourrait donner lieu , on place dans divers endroits du four des pièces de même nature que les poteries à cuire, destinées à quitter le feu ; on les retire vers la fin de la cuisson pour les examiner avec attention ; ces petites pièces prennent le nom de montres ou pyroscopes; elles diffèrent de forme avec les fabriques et les usages des pays. Fig. 88S. A Sèvres , ce sont des fragments d'assiettes percés d'un

m trou [Jig. 385) qui permet de les aller saisir dans le four au moyen d'un ringard en fer, et placés sur un patin de terre à cazette. Pour que le four ne refroidisse pas par le courant d'air qui pénétrerait dans le laboratoire, chaque fois qu'on veut juger la couleur du feu , on empêche l'air froid d'avoir accès dans l'intérieur du four ; on dispose à cet effet des visières qu'on enlève au moment de retirer les montres; ces visières s'engagent par un talon carré A [fig, 386) dans un trou de même Fig. m Fig. S87. forme réservé dans la porte ; la partie

conique est terminée par un verre à vitre B qui bouche complètement l'ouverture. Lorsqu'on veut voir la couleur du four, on soulève un petite plaque de fer D qui glisse dans une rainure C [fig* 387).

Dans quelques fabriques les montres sont de petites tasses carrées ou légèrement coniques qu'on enlève , soit par un trou fait exprès, soit au moyen de l'anse.

L'état dans lequel sont ces pièces fait connaître assez exactement le degré de cuisson de la poterie qui remplit ce four, car les changements physiques qu'elles éprouvent indiquent la manière dont la température s'élève : en comparant entre elles les montres d'une même fournée , dans un même moment , on voit comment la chaleur s'est distribuée dans les diverses parties du four ; en comparant entre elles les montres de plusieurs fournées consécutives, on établit expérimentalement à quel degré de cuisson il faut les amener pour donner à chaque fournée le feu qui lui convient.

J'ai dit que les montres faisaient connaître assez exactement l'état de cuisson des pièces placées dans le four ; il est évident qu'étant mises dans des étuis ouverts , recevant directement l'air froid quand on les retire, refroidies promptement, elles doivent

être généralement un peu moins cuites et peut-être aussi moins

brillantes que les pièces contenues dans le four.

Plusieurs fabriques jugent Tétat d'avancement du feu d'après la coloration d'un mélange de terres plus ou moins ferrugineuses et la retraite qu'elles prennent par la cuisson. On façonne ces pyroscopes sous forme de sphères ou de boules creuses qui doivent, lorsque la pâte est cuite, passer par un trou déterminé ; elles sont percées de part en part. Après la cuisson, elles prennent une couleur qui varie du rouge pâle au rouge brun, en passant par le ton rougeâtre qui dénote une cuisson convenable. Pour cuire le vernis , on a recouvert les pyroscopes rougeâtres d'un vernis plombifère très-fusible , qui prend une couleur déterminée sous l'influence d'une même température. La coloration de ces boules varie alors du rouge clair au brun rouge très-foncé suivant la température qu'elles ont reçue.

Quoiqu'on admette aujourd'hui que ces méthodes de juger le feu soient les plus convenables , il serait erroné de penser qu'on n'ait jusqu'à ce jour fait aucunç recherche pour doter les arts céramiques des pyromètres exacts ; mais les conditions que ces instruments ont à remplir suffisent pour faire comprendre les difficultés du problème , augmentées encore par la haute température à laquelle il s'agit de monter. L'exposé fait par M. Brongniart des conditions auxquelles un bon pyromètre doit satisfaire indique les obstacles à surmonter ; il faut , en effet :

1°. Qu'il soit d'un emploi facile , c'est la première de toutes les conditions auxquelles il doive satisfaire, pour que son usage puisse s'introduire dans l'industrie ;

2**. Qu'il fasse connaître promptement la température du four dans lequel sont placées les poteries à cuire;

3°. Qu'il indique sûrement la marche du feu dans le four ;

4". Qu'il donne ces indications avec exactitude, d'une manière précise, absolue , transmissible dans tous les lieux et dans tous les temps. ( Brongniart. ]

Le premier pyromètre employé fut celui de Wedgwood {Ji^, 388) ; il est fondé sur la propriété qu'ont les pâtes argileuses de diminuer de volume sous l'influence de la chaleur; les indications de cet instrument, dont on ne se sert plus guère qu'en Angleterre, ne sont pas assez précises pour qu'on puisse recommander actuel-

lemcnt le pyroinètre de Wedgwood ; la nature de l'argile dont on ^,j ^ ^^^ a fait usage pour former les billes pyromé-

triques a des influences sur la retraite de la pâte pour une même température donnée; d'ailleurs , suivant qu'on élève la température plus ou moins rapidement, suivant que les cylindres ont été moulés ou tournés , les indications de l'instrument pour une même température, et pour une même pâte argileuse, sont très-variables. (Fourmy.)

Sur une plaque métallique A, ordinairement en cuivre , on soude deux règles B , B dont l'une est divisée en deux cent quarante divisions égales; ces règles forment entre elles un canal C de 61 centimètres; l'extrémité la plus large donne une ouverture de 14 millimètres; on compte les degrés depuis l'ouverture large jusqu'à la plus étroite. Cette dernière correspond à 240 , la* première indiquant o degré ; c'est sur cette extrémité que doit être ajustée la bille pyrométrique avant d'être mise en usage.

Wedgwood composait ses billes pyrométriques avec un mélange à parties égales d'argile de Cornouailles et d'alumine calcinée provenant de la décomposition de l'alun par l'ammoniaque et lavant à l'eau bouillante. On mélange l'alumine et l'argile , on forme des cylindres par le moyen d'un moule , on les égalise pour la longueur, on les aplatit sur une face et on les fait rougir faiblement en les soumettant à la température du rouge naissant. On les ajuste alors pour les faire entrer dans le canal du pyromètre jusqu'à la division marquée o degré. Lorsqu'on veut employer un cylindre pour le pyromètre, on l'expose au feu dont on veut connaître l'intensité. On retire le cylindre au bout de quelque temps; quand il est froid , on l'introduit dans la rainure, on examine à quelle division il s'arrête. C'est la température qu'il a dû subir exprimée en degrés de Wedgwood. Mais comme le retrait que prend l'argile est variable avec la température suivant une loi qui n'est pas connue, ces indications ne peuvent être comparées rigoureusement aux indications des thermomètres ordinaires. Il n'est pas possible

26o DIX-HDITIÈME LEÇON.

de calculer à combien de degrés centigrades correspond i degré de Wedgwood. Si Ton admettait ao degrés pour la valeur moyenne du degré correspondant aux températures inférieures à la fusion de l'argent, en supposant que zéro correspond à 5^5 degrés , on trouverait moins de lo degrés pour la valeur moyenne du degré correspondant aux températures comprises entre la cuisson de la porcelaine et le zéro de l'échelle. Il est probable que la contraction est plus sensible vers les températures basses qu'à colles qui sont très-élevées, le coefficient de contraction n'étant pas le même pour toute la longueur de l'échelle.

Quoi qu'il en soit, on admet les indications suivantes comme suffisamment exactes :

Cuisson de la porcelaine de Nankin 160''

Cuisson de la porcelaine chinoise commune 140

Fusion de la fonte de fer 1 35

Cuisson de la porcelaine anglaise Chelsea io5

Cuisson de la porcelaine anglaise de Worcester . . . 94

Cuisson du grès anglais 86

Cuisson de la faïence commune. 5y

Fusion de l'or fin Sa

Fusion de l'argent 28

MM. Appolt, fabricants de produits chimiques, ont disposé, pour mesurer les chaleurs intenses qu'ils veulent régler, une série | d'alliages de zinc et de cuivre dont le point de fusion est exprimé par comparaison aux degrés centigrades. |

I partie de zinc, 4 de cuivre fondent A io5o°

I » 5 » iioo

I » 6 )> ii3o

I ». ao » i3oo

Ces indications paraissent donner au cuivre un point de fusion moins élevé que celui qu'on admet généralement.

Pour employer ces alliages, on creuse sur une large barre de fer, à quelques centimètres de son extrémité , plusieurs cavités hémisphériques dans lesquelles on place une parcelle de chaque

alliage. Ces parcelles sont environ de la grosseur d'un pois ; on les choisit de telle sorte, que leur degré de fusion ne soit pas éloigné de la température du fourneau. Un peu d'habitude permet bientôt de faire ce choix sans se tromper. On couvre les grains d'alliage avec une plaque de fer pour les garantir de l'oxydation , puis on place la barre dans le fourneau. Pour que l'expérience soit concluante, il faut qu'une partie seulement des alliages se fonde , et l'on apprécie la température en choisissant dans le tableau celle qui correspond à la moins fusible des parcelles qui sont liquéfiées.

On a fait à Sèvres l'essai du thermomètre à air ; mais il se présente pour cuire la porcelaine la difficulté de trouver une enveloppe parfaitement imperméable pour conserver la même quantité d'air pendant toute la durée d'une même fournée, et pendant les fournées subséquentes. On conçoit qu'on doive rencontrer des obstacles sérieux dans la mesure des températures capables de faire fondre des alliages contenant 53 parties de platine pour 47 d'or.

La température indiquée par le point de fusion de certains alliages, très-convenable théoriquement, présente encore pratiquement des embarras tels , qu'ils n'ont pas encore été mis en usage dans les industries céramiques.

26a DIX-NÈOVIÈME LEÇON.

TECH»IOI.OGZB CÉRABKZQtlE,

Défournement. — Défauts des pâtes et des glaçures. — Poteries simples. Fentes , déformations , vissage, taches, trous, cloques, jaune, enfumage. — Poteries composées; bouillons, coque d'œuf, coulage, écaillage, grains, ondulations, ponctuage, ressuie, retirement, tressaillures, trous, sucé.— Modification des pâtes par la cuisson.— Plasticité. Retraite. — Densité.

DÉFOURNEMENT.

Lorsque les pyroscopes ou montres ont indiqué qu'il était convenable d'arrêter le feu, on cesse de mettre du combustible dans les foyers ; on ferme avec de la terre toutes les ouvertures par lesquelles Tair froid pourrait pénétrer dans l'intérieur du four et compromettre la réussite des pièces par des refroidissements trop rapides; en général, un refroidissement lent est une garantie contre certains accidents dont la fréquence compromet les intérêts du fabricant.

On laisse à Sèvres le four se refroidir environ huit jours. La veille ou l'avant-veille du défournement , on enlève le mur des portes, l'air extérieur pénètre alors plus librement entre les piles qu'il refroidit lentement ; on ménage par ces précautions toute la cazetterie, et je crois pouvoir affirmer que les difficultés rencontrées dans les fabriques particulières pour trouver de bons étuis, résident moins dans la nature des terres qu'elles ne proviennent de l'empressement que l'on met à défourner.

Le défournement doit être fait avec la lenteur compatible avec une bonne administration; il ne doit pas être efifectué, dans tous les cas', avec une rapidité qui s'oppose à l'examen des causes des avaries dont aucune fournée n'est jamais coniplétement exempte.

Lorsque les pièces ont été dégagées de leurs étuis et de leurs supports, on les débarrasse du sable adhérent aux pieds et à tous les points par lesquels elles étaient supportées ou maintenues dans

TECHNOLOGIE CÉRAMIQUE. a63

leur forme; on les frotte à cet effet avec un grès artificiel dur, mais friable, qu'on fabrique exprès en faisant fritter un mélange de sable quartzeux brut et de porcelaine ; on mélange

Sable quartzeux 96 kilogrammes.

Pâte de porcelaine 4 »

On prend évidemment des soins différents pour les poteries de différentes valeurs. Nous avons indiqué ceux dont la porcelaine est Tobjet, comme offrant un exemple de ce qu'il conviendrait de faire dans tous les cas, si le prix de vente de toutes les poteries permettait ces dépenses de main-d'œuvre. Dans quelques fabriques , on défourne lorsque les poteries sont encore assez chaudes pour que les ouvriers ne puissent les saisir qu'avec de forts gants de peau ou des linges mouillés. Cette mesure, si mal raisonnée qu'elle puisse paraître, est expliquée par la nécessité de faire des cuissons répétées avec des fours peu nombreux.

On procède à l'examen des pièces, à leur classement en pièces de premier, de deuxième, de troisième choix ou de rebut, suivant qu'elles présentent tel ou tel défaut.

C'est ici le lieu d'examiner les défectuosités que peuvent présenter les poteries et leurs glaçures , quelles que soient les classes auxquelles elles appartiennent. Nous retirerons de cette étude la connaissance des moyens d'éviter ces défauts, en cherchant à déterminer leurs causes. Nous ferons suivre cet examen de celui des modifications que la chaleur a fait naître dans les pâtes et les diverses glaçures dont elles sont recouvertes.

DÉFAUTS DES PATfeS ET DES GLAÇURES.

Nous rappellerons ici que nous avons distingué parmi les produits céramiques les poteries simples et les poteries composées; évidemment les poteries simples seront d'une fabrication plus facile que les dernières, puisqu'il faut ajouter aux défauts inhérents aux pâtes elles-mêmes ceux qui ont leur origine dans les glaçures.

Nous envisagerons donc isolément les défauts des poteries simples et les défectuosités des glaçures ; nous étudierons ces dernières dans leurs rapports avec les pâtes sur lesquelles on les applique et les températures auxquelles on les a soumises.

DÉFAUTS DES POTERIES SIMPLES. — Les avarios que les poteries

simples peuvent présenter sont variables elles-mêmes avec la nature des poteries, et plus ou moins graves , plus ou moins fréquentes avec les diverses compositions chimiques des pâtes.

Nous pouvons admettre à l'avance que ces défauts sont , en les nonunant par les termes dont on fait journellement usage :

1°. Les fentes en cru ;

2®. Les gerçures ou fentes au feu ;

3**. Les déformations ;

4"*. Le vissage ;

5**. Les taches ;

6". Les trous;

7**. Les cloques ;

8**. Le jaune.

Lorsque les pâtes sont naturellement colorées, les fentes, les gerçures, le vissage sont ceux de ces défauts qui se manifestent le plus souvent après la cuisson ; les fentes qui se déclarent existaient quelquefois avant ; dans ce cas on évite la dépense que la cuisson entraîne , en remettant la pièce avec les tournassures pour être relavée ; on ne perd que la façon : et c'est perdre son temps que de chercher à boucher ces fentes, surtout pour les fabrications de poteries communes. Il n'y a que des cas particuliers de pièces ayant coûté des dépenses considérables de moulage, de réparage, etc., d'une poterie de luxe sur les prix de laquelle les frais de cuisson n'ajouteraient que peu de chose , qu'on peut vouloir cuire après avoir arrêté ou fait disparaître la fente ; ces restaurations réussissent généralement peu souvent.

Les taches, les cloques, les trous, le jaune sont des défauts très-graves , qui sont surtout à craindre pour les poteries à pâtes incolores.

Fentes en cru. — Les fentes se présentent souvent dans les pièces lorsque la dessiccation est inégale et trop prompte. On sait que des courants d'air desséchant une partie trop rapidement s'opposent à ce que la retraite qui résulte de la simple évaporation de l'eau d'irabibition , se fasse avec égalité d'un côté comme de l'autre. Le même défaut se présente dans les pièces moulées et dans les' pièces tournées lorsque la composition de la pâte est trop plastique, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a pas assez d'élément antiplastiqiie. La dessiccation extérieure étant rapide et entraînant

TECHNOLOGIE CERAMIQUE 266

une retraite rx)iisidérable dans Tépiderme de la pièce, cet épiderme se contracte sur la partie centrale et molle qui force Textérieur à se crevasser. L'introduction du ciment dans la pâte , non-seulement diminue cette contraction de la croûte extérieure, mais détermine encore une infinité de canaux capillaires conduisant du dedans au dehors l'humidité centrale qui se dégage avec plus de facilité.

Les fentes ne sont pas rares lorsqu'on soumet à la cuisson les pâtes très-argileuses venant d'être exposées à la gelée.

Lorsque la pâte se fend au feu, les fentes peuvent encore s'expliquer par des obstacles aux mouvements de retraite, soit de la part des anses et des autres pièces de garniture, soit de la part des supports, soit enfin de la part de collages mal faits.

Les gerçures peuvent être regardées comme des fentes à leur origine.

Ces défauts entraînent bien souvent un défaut plus grave, celui des déformations , surtout lorsque la pâte est ramoUissable.

Béformaticmi.— Lorsque la poterie est composée des éléments voulus dans des proportions convenables , lorsqu'il ne s'est produit ni fentes ni gerçures qui peuvent expliquer les déformations observées, on peut attribuer ce défaut à des accidents de feu, par exemple â des coups de fiamme ou à la trop grande chaleur développée dans toute la capacité du four.

Lorsqu'au contraire le feu s'est trouvé convenable comme durée, comme intensité, il faut en conclure que la pâte est trop fusible; on a souvent des observations de ce genre à faire, lorsque dans une fabrication courante on fabrique avec des pâtes nouvelles : il est important de ne jamais mettre dans les travaux de pâte neuve sans , au préalable , l'avoir essayée par comparaison avec bon nombre de pièces façonnées avec des pâtes qui ne peuvent laisser aucune inquiétude sur leurs qualités.

Nous compléterons ces notions en ajoutant que, pour certaines pièces de forme déterminée , la déformation peut ne dépendre ni de la composition de la pâte ni de la température à laquelle elle a dû cuire ; elle peut tenir à la forme elle-même : il est bon alors de corriger par prévision cette déformation, surtout pour les pâtes ramollissables , soit en redressant par approximation les parties qui doivent s'affaisser, soit en augmentant l'épaisseur des parties II. 33

en porte à faux : d'ailleurs, comme nous ne nous occupons ici que de poteries simples , il est toujours assez facile de s'opposer à la déformation par affaissement ou par repoussement. Peur les pièees rondes de cette nature on peut facilement s'opposer par des supports à ce gauche de la bouche qui provient de ce qu'un diamètre diminuant, l'autre s'accroît d'une quantité telle, que les périmètres du cercle et de l'ellipse qui en dérive restent égaux. Les assiettes sont surtout sujettes à l'affaissement du bassin , qui prend alors Pi^ 3g, une surface ondulée lais-

|i ^j^^ (. sant voir une sorte de

couronne [Jig* 3^9). On doit prévoir cet affaissement en relevant légère-

ment le fond ; à cet effet, le calibre ne doit pas le former complètement horizontal ; il faut au contraire que l'assiette crue présente un fond légèrement relevé vers le centre.

Vissage. — Nous avons fait connaître , en parlant de l'ébauche sur le tour, la cause de ce défaut : il tient à l'inégalité de pression des doigts sur les parties de la pâte qui s'élève pendant l'ébauchage ; il est à peine visible sur les pièces de pâte non ramollissable, il est au contraire très-souvent apparent sur les poteries à pâte translucide lorsqu'elles n'ont pas été préparées avec toute l'habileté voulue. Il est impossible du reste de rejeter sur la faute du feu ce défaut, lié d'une manière très-intime avec le procédé de tournage.

Taohet. — On donne le nom de taches aux maculatures que présentent les poteries colorées ou blanches, ramollissables ou non. Ces taches peuvent provenir , soit de la pâte elle-même , souvent quand elle est grossière et qu elle admet dans s§ composition, dos parties impures que le lavage n'a pas éliminées , comme les grains calcaires et pyriteux dont les argiles peuvent être souillées. Quelquefois ces taches proviennent des étuis, cazettes, etc., dans lesquels les pièces ont reçu l'action du feu ; ces cazettes peuvent projeter des éclats qui, s'ils sont fusibles, tachent les poteries sur lesquelles ils prennent adhérence. Ces défauts n'ont que peu de gravité lorsqu'ils s'attaquent à des fabrications communes , peu soignées et colorées, lis ont une gravité très- considérable , lorsque la poterie tire son principal mérite d'une blancheur irréprochable. Celles des

percetaînes qu'on fabrique avec des argiles à mica noir, ont une pât€} couverte de points produits par des parcelles de mica qui ne peuvent se dissoudre parce que le broyage ne peut les (Jiviser aussi finement que la masse argiloïde ; Toxyde de fer se trouve ainsi réuni sur une multitude de points perceptibles après la ouissoB , même k Toeil nu.

Lorsque les taches ne sont pas produites par des matériaux fusibles, et qu'elles ne proviennent pas d'une pâte défectueuse, elles ne sont que superficielles^ et si la poterie simple ne se ramollit pas elle-même, il suffit de la frotter avec un grès artificiel pour enlever la tache; si la pâte se ifamollit et si l'oxyde colorant ne donne pals de vapeurs colorantes , on le fait disparaître encore, même sans pénétrer trop profondément dans l'intérieur de la pâte.

Il est un genre tout particulier de taches qui ne dépendent ni de la pâte ni des étuis, mais qui résultent de l'action de la fumée sur la poterie. Une atmosphère fuligineuse colore la pâte des porcelaines en gris de fumée souvent très-prononcée par du charbon très-divisé qui reste disséminé dans la pâte qu'il a pénétrée sous forme de vapeurs hydrocarburées , lorsque la pâte était encore poreuse et que la chaleur a décomposées postérieurement avec dépôt de charbon. Le carbone ne se brûle plus lorsque la pâte a perdu sa porosité.

Ce défaut est plus fréquent sur les poteries composées que sur les poteries simples; la glaçure fondue s'oppose à la combustion de ce carbone emprisonné sous une masse vitreuse; une température plus élevée, loin de le rendre moins visible, le fait apparaître plus intense , parce que sous l'influence d'une chaleur élevée la couverte des porcelaines prend une plus grande limpidité. Cependant alors cette coloration grise, ou souvent noire, est accompagnée d'une infinité de petites bulles emprisonnées dans l'intérieur de la couverte et qui paraissent dues à la volatilisation des métaux alcalins sous l'influence du carbone sous-jacent et d'une température très-élevée. J'ai vu de ces bulles transformer en surface rugueuse la surface de certaines porcelaines, surtout sous l'influence de plusieurs passages au feu. On trouvera dans les méthodes que nous avons données plus haut , pour modifier l'allure des fours, le moyen de s'opposer à ces accidents.

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Troot. — La cause des trous, c'estrà-dire des cavités irrégulières que présentent accidentellement les poteries à leur sortie du four, tient , comme les taches , soit à des particules plus fusibles , telles que de petites masses calcaires que la pâte conti^it lorsqu'elle est faite avec des éléments qui n'ont pas été lavés, soit à des fragments qui se détachent des étuis et qui, s'ils ne sont pas fusibles par eux-mêmes , peuvent prendre la fluidité vitreuse sous l'influence de la température à laquelle on cuit la poterie.

On les évite par un tamisage de la pâte et par un encastsi^e soigné.

doquei. — Certaines pâtes ferrugineuses , contenant du fer en proportion assez considérable, sortent des fours avec une multitude de cloques, et trèa-souvent comme scorifiées. Nous ne croyons pas possible de nier ici l'intervention de l'atmosphère du four sur le fer disséminé dans la masse. Des expériences, faites par M. Ebelmen , ont prouvé que l'oxyde de carbone pouvait ramener à l'état de fer magnétique le peroxyde de fer. Cette réduction se fait avec dégagement d'oxygène ; il se forme donc des bulles qui font éclater les parties de la pâte dans lesquelles elles se concentrent, et comme la pâte elle-même conserve la fusion pâteuse, il ne se forme pas de verre fluide ; la poterie conserve l'aspect d'une masse à surface rugueuse.

J'ai bien souvent remarqué que les pièces faites avec des argiles réfractaires colorées ne donnent , dans les fours à porcelaine cuisant à la houille, aucun résultat satisfaisant, tandis que, dans les fours au bois, ces mêmes compositions conduisaient â des produits commerciaux.

Un grand nombre d'essais de grès cérames qui cuisaient avec toutes les qualités désirables dans les fours avec excès d'air, c'està-dire dans des étuis en communication constante avec l'air extérieur pendant toute la durée de la cuisson du four à porcelaine, avaient la surface noire et boursouflée lorsqu'on les plaçait dans des étuis lûtes.

Quelques argiles grisâtres, quoique peu ferrugineuses, ont l'inconvénient de cloquer toutes les fois qu'on les mélange , môme en petite proportion , à des pâtes de porcelaine. L'argile de Dreux est dans ce cas ; mais je n'ose affirmer que c'est à cause du fer qu'elle contient que ce défaut se présente.

Jamae. — On donne le nom ^ enfumage à la cause qui communique à la porcelaine dure ce que Ton appelle le jaune. Ce défaut, qui est tellement grave , qu'il peut perdre souvent des fournées entières, n'a pas encore reçu d'explication satisfaisante. La bizarrerie des effets qu'il produit, l'inégale répartition dans le four des pièces qui en sont entachées, rendent incomplètes ou difficiles à accepter toutes les suppositions avancées. La fréquence de son apparition a rebuté plus d'un industriel.

Je réunis ici quelques expériences faites à Sèvres, iant par M. Laurent que par moi ; elles me semblent de nature à faire résider la cause de cette coloration dans l'état particulier d'oxydation du fer contenu dans la pâte ; elles rendent compte , aussi bien que possible, de tous les caractères du jaune y de l'aspect sous lequel il se présente et de la bizarrerie avec laquelle on le rencontre, non-seulement dans quelques-unes des pièces d'une même fournée, mais encore sur certaines parties d'une même pièce. Les mêmes expériences ont été, depuis dix ans, répétées plusieurs fois , et toujours avec les mêmes conséquences.

Neuf petits pots de porcelaine de Sèvres, de la même forme, de la même pâte et façonnés par le même ouvrier, ont été marqués des lettres A, A', A", B, B', B", C, C, C"; on les mit au dégourdi de la manière suivante :

A, A', A" ont été placés, l'ouverture en bas, sur un même rondeau de porcelaine, de manière à recouvrir chacun un petit godet rempli de peroxyde de manganèse.

B, B', B" ont été placés de la manière ordinaire, sans autre précaution que celle qu'on observe en pareille circonstance.

C, C, C" ont été mis dans la même condition que les pots A, A', A", mais avec cette seule différence que les godets contenaient, à la place du peroxyde de manganèse , de l'huile à brûler et du charbon de terre.

Au défoumement, on a trouvé:

A, A', A" couleur ordinaire du dégourdi ;

B, B', B" couleur ordinaire du dégourdi ;

C, C, C couleur grise très-prononcée.

Tous ces pots de porcelaine ont été recouverts d'émail par immersion, comme on le pratique ordinairement. On les a placés,

%7o DIX-NEUVIÈME LEÇON.

pour les faire cuire, dans le grand feu , savoir :

A, B, C dans une atmosphère oxydante comme A, A', A"; A', B', C dans une atmosphère ordinaire comme B, B', B'^; A", B", C dans une atmosphère réductrice comme C, C, C.

Au défournement, les pots étaient colorés:

A", B^C''en gris;

A', B', C en bleuâtre clair;

A, B, C en jaune.

Tous les pots gris n'avaient pas la même intensité; les bleus et les jaunes présentaient de même quelques diff^ences. Voici les détails présentés par chaque pot :

A" était gris, B" plus gris, C* très-gris;

peu translucide , très-peu tran^ucide , opaque ;

gïésillé, plus grésillé, très-grésiHé;

A' bleuâtre, B'bleu, C'bleu;

non grésillé , non grésillé , coquille d'oeuf;

A plus jaune que B , B jaune , C jaune ;

non grésillé, non grésillé, coquille d'œuf.

L'influence de l'oxygène du dégourdi parait s'être fait sentir sur le grand feu , puisque A est plus jaune que B et C , A' moins bleu que B' et C, et A" moins gris que B" et C".

Le carbone du dégourdi a exercé sur le grand feu de la cuite une influence fâcheuse; toutes les pièces G , C, C" ont grésillé. On en peut conclure que toutes les fois qu'une porcelaine contiendra^ même au dégourdi , assez de charbon pour être de couleur grise, la couverte fera coque d'œuf.

Ces expériences ont reproduit les mêmes résultats à diverses reprises et avec une netteté remarquable.

On peut conclure des expériences qui précèdent que le jaune n'est pas dû , dans ces circonstances , à la fumée qui remplit le four. La fumée peut bien jaunir à cause des huiles empyreumatiques qu'elle renferme, mais à la seule condition que la porcelaine ne possède pas une température supérieure à celle à laquelle les huiles se volatilisent ou se décomposent. A la chaleur rouge , ces huiles ne peuvent donc laisser de traces si elles se volatilisent,

TECHNOLOGIE CÈRAMtQtlE. i-jx

et si elles se décomposent, elles ne peuvent que donner une coloration grise ou noire, et non jaune.

D'ailleurs, lorsqu'on permet un courant d*air froid dans les étuis qui contiennent les pièces à cuire, la porcelaine n'a pas l'aspect blanc laiteux exempt de jaune que le consommateur préfère.

Si Ton suppose que la porcelaine jaune ou bleue doive sa couleur au fer qu'elle renferme, les résultats s'expliquent très- Éacileraent.

Le fer à l'état de protoxyde colore peu , tandis que le fer à Tétât de peroxyde colore beaucoup plus fortement et en rouge. La fumée d'huile ou de bois réduit le peroxyde de fer, par son carbone et son hydrogène , à l'état de protoxyde. En présence d'un grand excès de silice , la réduction ne passe pas ce terme ; il n'y a donc pas de coloration.

Dans cette manière de voir, une atmosphère oxydante donnerait du jaune ; tine atmosphère chargée de gaz réductifs , au contraire, contribuerait à blanchir la porcelaine. D'autres expériences viennent encore s'accorder avec cette hypothèse.

I**. Pendant toute la durée du feu, on a fait passer dans une cazette contenant des pièces de porcelaine un dégagement d'hydrogène , de manière à remplir de ce gaz toute la capacité de la cazette. La porcelaine a cuit avec une grande blancheur sans coloration jaune.

2°. On évite beaucoup de jaune quand , un peu avant que la couverte entre en fusion , on lave le four.

3°. Dix capsules dégourdies ont été distribuées dans le grand feu de la manière suivante :

A dans une atmosphère dépouillée d'oxygène par de l'huile et du

charbon ; B dans une atmosphère dépouillée d'oxygène par de l'essence et

du charbon; C dans une atmosphère dépouillée d'oxygène par du bois et du

charbon ; D dans une atmosphère dépouillée d'oxygène par du eharbon ; E et F dans une atmosphère en contact avec du peroxyde de manganèse ; G, H, I, J dans l'atmosphère libre du four, par conséquent dans les conditionsde toutes les autres pièces de la fournée.

Pour les quatre premières pièces , les corps réducteurs n'étalait pas placés sous les capsules , mais dans Tintervalle laissé libre par les deux étuis qui renfermaient les capsules.

Au défoumement,

A, B, G, D étaient bleuâtres :

E, F étaient jaunes; G, H, J étaient bleus ; I était jaune.

On peut donc admettre qu'on obtient en général : Avec plus de gaz réducteurs que le four ne peut en donner, une

couleur bleuâtre ou blanche , le fer étant protoxydé. Avec plus de gaz oxydant que le four ne peut en donner, une couleur jaune , le fer étant peroxyde.

L'irrégularité de la nuance des pièces cuites dans un même four, les unes jaunes , les autres blanches ou bleuâtres, dénote dans ces appareils une très-grande variabilité pour la composition des gaz brûlés; la flamme n'est pas homogène, mais mêlée de gaz réducteurs ou de gaz oxydants.

Les gaz réducteurs sont l'oxyde de carbone et l'hydrogène carboné ; ils se produisent lorsque tout l'oxygène de Tair qui entre par les alaudiers est entièrement en combinaison avec un excès de carbone , c'est-à-dire lorsque le bois est en excès relativement à l'air. Le gaz oxydant ne peut être que de l'air qui ne s'est pas entièrement combiné lors de son passage par les alandiers. La disposition des bûches, leur quantité, la braise des divers alandiers varient à chaque instant; l'air peut donc être à chaque instant en excès ou non dans l'intérieur du four. II ne suffît donc pas , pour que le jaune ne se reproduise plus dans un four à porcelaine, que la composition moyenne des gaz présente un excès de carbone sur l'oxygène que ces gaz renferment; il faut que toute la masse présente, en outre, une composition bien homogène.

n ne paraît pas nécessaire , du reste , que cette uniformité de composition , ni même que la nature réductive de l'atmosphère se maintienne pendant toute la durée de la cuisson. La porcelaine blanche ou bleuâtre cuite en couverte ne peut être jaunie, môme dans les circonstances d'enfumage forcé dont j'ai parlé plus haut, pas plus que de la porcelaine jaune cuite en couverte ne peut être

bleuie on blanchie, même dans les circoustances de réduction exagérée qu'on peut produire avec les huiles ou les essences. La couche vitreuse de la couverte doit, en effet, protéger, dans un cas comme dans l'autre, contre Faction de l'atmosphère, quelle qu'elle soit , l'oxyde de fer contenu dans la pâte sous quelque degré d'oxydation qu'il se présente.

n importe donc peu que l'atmosphère soit oxydante ou réductive pendant les quelques heures qui suivent le moment où la couverte entre en fusion , mais il est de la plus grande nécessité que les gaz soient uniformément réducteurs , mais sans hydrocarbures volatils , jusqu'à l'instant où l'émail commence à se ramollir.

J'ajouterai que la composition de la porcelaine ne parait pas sans action sur le phénomène de l'enfumage. L'expérience prouve que les pâtes très-siliceuses donnent généralement une porcelaine plus blanche. Or on sait qu'à une très-haute température la silice tend à ramener^ sans autre influence, le fer à l'état de protoxyde. Une fusion facile entraînerait donc la décoloration.

On voit une application remarquable de ces principes dans la confection de pipes blanches avec une argile sensiblement ferrugineuse ; on explique de la sorte la précaution que prend M. Bapterosses pour enlever tout le fer que contient le feldspath avec lequel il confectionne ses boutons en pâte céramique. On lave la pâte avec de l'acide sulfurique. On peut ainsi fabriquer des boutons d'une belle apparence incolore , en les cuisant dans les fours continus , dans un moufle où l'atmosphère est évidemment oxydante.

Ces réactions de l'atmosphère du four sur l'état d'oxydation du fer contenu dans la pâte ont de l'importance au point de vue économique , même pour des poteries communes comme les faïences à glaçure stannifère. L'étain est un métal d'un prix élevé qui doit entrer dans la composition des émaux en quantité d'autant plus grande, qu'on a besoin de masquer la couleur d'une pâte plus colorée. Or les pièces de biscuit de faïence sont , quoique faites avec la même pâte et cuites au même feu, colorées en rouge foncé, rouçe brun, même quelquefois sur une seule pièce; les grès cérames communs présentent les mêmes accidents de coloration trèsirrégulièrement. La bizarrerie des effets qu'on remarque prouve combien il est rationnel de rapprocher ces défauts de celui de l'enfumage , en leur assignant la même cause.

DÉFAUTS DES POTERIES GOMPOséss. — AUX iioitibreux défauls que nous venons d'énumérer en cherchant à donner les moyens de les éviter, défauts qui peuvent tout naturellement se présenter dans la fabrication des poteries composées , puisquMls ne dépendent que du corps de la pâte, il faut ajouter ceux plus nombreux encore qui tiennent à la nature de la glaçure, soit dans ses rapporte avec la température de cuisson, soit dans ses rapports avec ^ pâte sur laquelle elle est appliquée. D'ailleurs, les défauts observés sur les glaçures peuvent dépendre de la pâte, de la glaçure elle-même, du feu , de Tencastage ; il fout les étudier avec soiUj car un même défaut peut être occasionné par des causes de nature trè&-différente.

Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit de l'objet de la glaçure et des conditions recherchées dans les enduits vitreux pour satisfaire aux exigences d'une bonne fabrication présentant toutes les qualités voulues; mais de l'absence de ces qualités résultent des défauts qu'il faut connaître pour apprendre à les éviter.

Toute matière céramique composée doit, à moins qu'on n'ait voulu qu'il en soit autrement , retenir la glaçure sur toute sa surface ; on obtient cette adhérence toutes les fois que la glaçure et la pâte présentent l'affinité convenable. Sans cette affinité, qui résulte tantôt de la nature de la glaçure, tantôt de la composition de la pâte, les deux substances se séparent, la glaçure lève, bouillonne, ou se détache complètement ; les faïences communes ont souvent ce défaut, qn'on évite en introduisant dans la pâte la quantité voulue de chaux , sans qu'il y en ait un trop grand excès. Lorsque l'affinité de la glaçure pour la pâte est trop considérable , le vernis pénètre cette dernière et peut même disparaître complètement.

Les rapports de fusibilité des pâtes et des glaçures doivent être parfaitement établis. Un vernis trop dur, comparativement, ne fond pas , reste sans éclat, mal étendu ; les vernis trop lisibles , au contraire , coulent ou pénètrent dans la pâle qu'ils peuvent lais^ ser à nu.

Les rapports de dilatabilité des enduits vitreux avec celle des pâtes sur lesquelles on les applique , exercent une influence très» remarquable sur le brillant de la poterie: que la glaçure n'ait pas la même dilatabilité que la pâte dont elle cache la couleur ou doat elle avive l'éclat , elle ne pourra conserver la même surface à toutes lés températures; il résultera de ces compositions mal appropriées

TECHNOLOGIE CÉllAMiytiE. ujS

des fentes qui se couperont en tous sens, et qui donneront à la poterie l'aspect d'un objet fait en mosaïque plus ou moins régulière , avec des matériaux de volumes plus ou moins équivalents. On donne le nom de tressaillures à ces réseaux qui se dessinent sur les produits céramiques.

Nous rapporterons à ces trois chefs tous les défauts que peuvent présenter les poteries composées, et que nous indiquerons par les noEDS aous lesquels les fabricants les connaissent. Pour présenter ici toutes les considérations qui se rapportent à chacun de ces défauts , nous les étudierons , quelle que soit la cause qui les occasioi^) par ordre alphabétique; ce sont:

1**. Les bouillons;

a**. La coque d'œuf ;

3°. Le coulage;

4**. L'écaillage;

5**. Les grains;

6''. Les ondulations;

7**. Le ponctuage ;

8°. Le ressuie;

9**. Le retiremenl;

io°. Le sucé;

11°. Les tressaillures.

12**. Les trous.

Bouillons. — Les bouillons sont d^ accidents qui se présentent dans plusieurs circonstances , et tiennent à diverses causeB.

La pâte peut dégager des gaz sous l'influence des éléments des glaçures, et si le feu n'est pas assez vif pour faire tomber ces bouillons , si la glaçure n'est pas assez ûuide , les bouillons ne crèvent pas et restent visibles après le refroidissement.

Les bouillons peuvent être le résultat d'un feu trop vif sur une pâte ou des glaçures bien convenablement choisies; ils peuvent enfin être la conséquence de glaçures mal composées , surtout dans des conditions particulières d'enfumage. On sait que toutes les matières vitreuses ne passent pas de la même manière de l'état solide à l'état de fusion ; les unes ne subissent qu'un ramollisse» ment sans bulles permanentes, les autres se ramollissent en se chargeant de bulles, d'autres prennent un état pâteux, d'autres enfin acquièrent rapidement l'état vitreux ûuide. Ces divers états,

liés avec la composition des enduits vitrifiables, donnent naissance à des accidents variables avec les températures auxquelles les poteries sont soumises.

Coque d'cBuf. — La coquo d'Œuf est un défaut qui retire le brillant de la glaçure ; les porcelaines dures le présentent souvent. Lorsque le vernis n'est pas assez fusible, lorsque la cuisson n'a pas été complète, ou lorsque sous Tinfluence des gaz réducteurs ou de certains agents il s'est dégagé des alcalis qui ont fait perdre à la glaçure une partie de sa fusibilité primitive , la poterie peut faire coque d'œuf. On dit alors que la glaçure est ^résiliée.

Coulage. — On appelle coulures les amas de glaçures quî se forment, au détriment des parties voisines, dans les cavités et parties déclives des poteries; ces coulures tiennent à. trop de fusibilité, à trop de feu, à trop d'épaisseur des glaçures; elles sont souvent le résultat d'une retouche faite après la mise en couverte avec trop peu de soins : ce défaut peut être évité très-facilement

Soailiage. — L'écaillage est un défaut des plus graves auxquels puissent être soumis les produits céramiques. Les porcelaines dures et tendres en sont rarement affectées lorsqu'elles sont bien fabriquées , mais il est fréquent dans la fabrication des faïences com- ' munes. La glaçure ne prend aucune adhérence avec la pâte; on évite ce défaut en rendant cette dernière assez calcaire pour qu'il y ait suffisamment d'affinité chimique entre les deux éléments, pâte et glaçure. L'écaillage se déclare souvent quelque temps après le refroidissement ; c'est une défectuosité d'autant plus à redouter, qu'elle apparaît généralement dans des produits reconnus de bonne qualité , quelquefois même longtemps après qu'ils ont été livrés.

Graîni. — Nous avons dit ce qu'il fallait entendre par grains; actuellement qu'on sait appliquer le tour du lapidaire au polissage des grains, ce défaut a beaucoup perdu de sa gravité; mais conune il entraîne toujours un surcroit de main-d'œuvre , il est ui^ent d'en connaître la cause pour la faire disparaître. *

Les grains sont tantôt incolores, et tantôt colorés.

Dans le premier cas , la roue du tour à polir peut les enlever et les faire disparaître entièrement; ils proviennent du sable du terrage qui s'échappe des pièces supérieures pour tomber dans les pièces inférieures ; on peut les éviter en apportant du soin à l'encastage. Quelquefois le sable sautille sous la première impres-

sion de la chaleur et quitte le porte-pièce pour retomber dans la pièce elle-même ; on retient ce sable en Tengommant avec un peu d'argile plastique.

Dans le second cas, c'est-à-dire lorsque les grains sont colorés, on peut difficilement les faire disparaître, car la place qu'ils occupaient se trouve profondément colorée; les grains sont, dans ce cas, presque toujours le résultat d'accidents de cuisson arrivés à la cazette ; la fente des étuis , le frottement des fragments qui en résultent l'un contre l'autre , forment une poussière ou des éclats plus ou moins grossiers et ferrugineux dont l'inconvénient est de ternir le brillant des porcelaines. On évite ces accidents en attachant une grande importance au choix de la terre à cazette, en enduisant l'intérieur des cerces, rondeaux, etc., qui sont en regard des pièces , d'un enduit vitreux , en plaçant ce même enduit sur les cassures et fentes offertes par toute la cazetterie. On devrait ne refroidir le four que très-lentement, pour ne pas étonner par un refroidissement rapide les étuis qui doivent casser dans la cuisson subséquente.

Onduiationt. — Il arrive souvent que les pièces, surtout lorsqu'elles sont plates, ne présentent pas une glaçure bien étendue. Les ondulations tiennent, soit au peu de fusibilité de la glaçure, soit au manque de feu ; nous savons maintenant comment on augmente cette fusibilité. Les ondulations se présentent plus fréquemment sur la platerie que sur le creux ; on doit de préférence mettre la platerie dans les places du four où la température est la plus élevée.

Ponctuage. — Nous nommerons ponctuage le défaut que présentent certaines poteries qui sortent du feu comme criblées de taches noires ; ce défaut peut avoir la même origine que celui que nous avons fait connaître sous le nom de taches, soit qu'elles proviennent de la fumée , soit qu'elles soient dues à la présence du mica dans la pâte : il arrive quelquefois aussi que le ponctuage est le résultat de la décomposition dans l'intérieur de la pâte, ou sous la glaçure , de matières d'origine animale ou végétale introduites depuis la fabrication ; c'est alors par le fait de la cuisson , pendant la décoration , qu'on le voit apparaître. Le ponctuage se présente encore sur la glaçure des poteries à vernis plombifères, lorsque la glaçure cuit dans une atmosphère enfumée. La colora- II. 24

tioa peut même être noire ; elle est causée par du plomb réduit en

poussière impalpable disséminée dans la masse.

Ressuie. — Le ressuie donne à la poterie, quelle que soit la nature de sa pâte et de sa glaçure, un aspect plus ou moins mat; on peut l'attribuer soit à la minceur, soit à la dureté du vernis, soit à rinûuence des matières terreuses qui regardent la pièce pendant la cuisson , soit encore à la présence dans le four d'une atmosphère réductrice.

Retirement. — Il arrive souvent que la glaçure mise uniformément sur la pièce ne se trouve pas étendue partout , après la cuisson , sotis une épaisseur uniforme ; des parties sont comme dénudées; les parties voisines sont d'une épaisseur double et quelquefois triple de ce qu'il conviendrait, ce qui provient du déplacement de la glaçure comme retournée sur elle-même ; on donne le nom de retirement à ce défaut surtout fréquent dans la fabrication des faïences communes : il est alors connu sous le nom particulier à'escoussage. On ne peut dire exactement à quelle pratique on doit l'attribuer. Il paraît être le résultat d'un écaillage, car l'escoussage se présente, lorsqu'on les fait passer au feu de moufle après les avoir décorées de couleurs vitrifiables, sur des faïences terminées paraissant bien fabriquées. Le retirement, dans la généralité des cas où ce défaut apparaît, peut èlre attribué, soit à la trop grande dureté du biscuit qui ne se laisse pas mouiller par le vernis , soit à des poussières adhérentes au biscuit lorsqu'on a posé la glaçure , soit à des corps gras provenant des mains des ouvriers et qui en enduisaient la surface.

On évite les retirements en no polissant pas à la corne les pièces tournassées , en brossant convenablement les biscuits , en ne les maniant qu'avec des mains très-propres.

Sucé. — Lorsqu'une poterie possède une porosité trop grande pour la fusibilité de la glaçure qu'on superpose, ou lorsque la glaçure est de beaucoup trop fusible, quel que soit l'aspect du corps de la pâte, cette glaçure est absorbée par la pâte ; on dit que la glaçure est sucée; ce défaut peut provenir d'un excès de feu; il est assez fréquent dans les pâtes de porcelaine tendre, et lorsque la couche de vernis qui reste n'est plus assez épaisse pour donner le brillant à la poterie, la surface devient rugueuse, bulleuse même , à cause de la réaction chimique qui s'opère entre les sili'

cates alcalins terreux qui font la base de la poterie et les silicates alcalino-métalliques qui composent le vernis. Ces accidents se produisent fréquemment sous l'influence de la multiplicité des feux au moment de la décoration.

Tretsaiiiures. — Lorsque les pâtes et les glaçures ne présentent pas un rapport convenable dans leur coefficient de dilatation , on observe une série de fentes qui se coupent en tous sens sur les glaçures et qu'on nomme tressaiUures, Que la pâte soit perméable, les tressaiUures permettront Tinfiltration des graisses qui doivent empuantir la poterie ; que la poterie soit imperméable , l'éclat et le brillant de la glaçure disparaîtront sous les gerçures qui se convertissent en lignes noires, absorbant par capillarité les liquides colorés au contact desquels l'usage les place jour* nellement.

On fait naître les tressaiUures pour des poteries et des glaçures de composition convenable , soit par une trop grande épaisseur de la glaçure, soit par un défaut de feu. Sous l'influence d'un feu convenable, la glaçure tressaillera, si sa fusibilité n'est pas assez grande ; elle présentera le même défaut si cette fusibilité se trouve trop considérable , ou bien encore si le biscuit sur lequel on l'ap^ pîique n'a pas été cuit d'une manière assez énergique. Un biscuit trop cuit conduit encore aux mêmes accidents.

Lorsque les tressaiUures sont nombreuses, régulièrement disposées, elles donnent de la valeur à la pièce qui présente ce défaut et qu'on appelle tniitée. Les porcelaines chinoises traitées sont assez estimées; les Chinois les savent produire à volonté, car ils ont réservé sur des vases truites des zones à glaçures sans défauts. Pour rendre apparents les réseaux de craquelures , on les colore en immergeant la pièce dans une décoction bouillante d'encre noire ou d'encre rouge.

Trotu. — Nous avons indiqué les causes des trous dans les poteries simples; les poteries composées peuvent présenter le même défaut, car les mêmes causes peuvent agir ici : en génénl, on les évite avec des soins et de l'attention.

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