‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 60 sur 102 · POIDS · texte numérisé non relu

POIDS

de

la brique

sèche.

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Eau.

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pour

100 briques

sèches.

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On répète les mêmes expériences, mais en négligeant les pesées, avec de l'eau chargée de sulfate de soude.

Ce sel donne le moyen de voir si les briques peuvent résister à l'action de la gelée. D'après M. Brard, on fait bouillir les briques en essai pendant une demi-heure dans une dissolution saturée à froid de sulfate de soude ; on les retire ensuite ; puis on les suspend à des fils au-dessus de la capsule dans laquelle ils ont bouilli. Au bout de vingt-quatre heures, leurs surfaces se trouvent recouvertes de petits cristaux que Ton fait disparaître en les plongeant de nouveau dans la dissolution ; plus tard les cristaux reparaissent encore ; on les fait disparaître par le même moyen. On répète la même opération pendant cinq jours , à chaque nouvelle apparition des cristaux. Lorsque les briques sont gélives, elles abandonnent de petits fragments qu'on trouve réunis au fond de la capsule. Lorsque les briques sont résistantes à l'action de la gelée, la cristallisation du sulfate de soude n'en détache aucune particule; les arêtes ne s'émoussent même pas.

SYNTHÈSE CÉRAMIQUE. Sig

de la nature du oomimsUbie. — On regarde les briques cuites à la houille comme supérieures à celles qui sont cuites au bois; la vitrification qu'elles prennent sur leur surface les protège contre l'action destructive de la gelée. On préfère dans le Nord, pour ce genre de travail, la variété de houille maigre, voisine de l'anthracite , qui s'étend très-bien sur les assises de briques, et laisse mieux passer l'air nécessaire à la régularité de la cuisson. Les briques réfractaires sont généralement cuites dans les fours ronds cuisant à la houille.

La tourbe donne aussi de très-bons produits ; elle est employée principalement en Hollande pour cuire les briques. On l'avait proposée chez nous, dès i8o5, pour la cuisson de ces mêmes matériaux; plusieurs fabricants en font usage aujourd'hui.

Quant à l'anthracite , la première trace de l'usage qu'on en a fait pour la cuisson des briques parait remonter à 1839, en France du moins; elle est due à MM. Delminique et Laurençon. Ils cuisaient alors cent trente mille briques avec 65 francs de combustible. La cuisson des briques, commencée au bois dans les parties inférieures, se terminait, dans le haut du four, avec l'anthracite mêlée à la matière à cuire , comme on l'eût fait s'il se fût agi de cuire avec la houille. La qualité de ces briques vaut à peu près celle des briques cuites à la houille.

Les tuiles exigent, pour présenter la durée et la solidité nécessaires, une argile meilleure et préparée plus soigneusement que pour les briques; aussi la prépare-t-on presque toujours à l'aide du tonneau malaxeur que nous avons décrit. Leur moulage n'offre rien de particulier, si ce n'est que le moule donne , par une entaille faite dans l'une des traverses A (fig, 4*7 ) , le crochet que

Flg 1417. Fig. 4».

Fig. 4M.-

le gamin relève , en portant la tuile sur l'aire à sécher au moyen d'une planchette (fig, 428). On les cuit ordinairement dans des

3ao VINGTIÈME LEÇON.

fours, concurremment avec des briques, en plaçant les briques à la partie inférieure , et les tuiles à la partie supérieure , parce que, par suite de leur moindre épaisseur, elles n'ont pas besoin d'être soumises à une chaleur aussi considérable. La fi^. 4^9 ^^' dique comment on les place les unes à côté des autres sur Taire de dessiccation.

Lorsqu'on veut donner à la masse des tuiles une couleur grisâtre , on charge sur la grille , aussitôt que la cuisson est terminée et lorsque les briques sont encore à la température rouge , des branches d'aune ou de tout autre bois vert avec leurs feuilles, puis on ferme aussi complètement que possible toutes les ouver» tures du fourneau. La fumée qui en résulte forme dans la masse poreuse des briques un dépôt de charbon très-divisé qui la colore en gris ; peut-être aussi le fer se réduit-il à l'état d'oxyde magnétique. On recouvrait souvent autrefois les tuiles d'une couverte plombeuse fortement colorée qui leur donnait un aspect très-agréable, et qui les rendait plus susceptibles de résister à l'influence des agents atmosphériques. On formait un mélange de ao parties d'alquifoux (plomb sulfuré) et 3 parties de peroxyde de manganèse, que l'on pulvérisait finement sous des meules verticales , et auquel on ajoutait une quantité suffisante d'argile obtenue par lé^igatioIl et un peu d'eau ; de cette manière on formait une bouillie moyennement épaisse , dans laquelle on plongeait les tuiles séchées à l'air avant de les porter dans le four ; on avait soin de les y disposer de telle sorte qu'elles eussent entre elles aussi peu de contact que possible. Ces tuiles ne se fabriquent plus guère maintenant que sur commande , parce que leur prix est notablement plus élevé que celui des briques ordinaires. Elles exigent plus de soin pendant l'enfournement ; il faut les espacer davantage pour qu'elles ne se collent pas. Elles ont l'avantage de s'opposer à la végétation qui se développe trop facilement sur les briques poreuses.

FI;. 480. L6S faîtières sont des tuiles ar-

c rondies en demi-cylindre couché; la fig. 43o fait voir comment on les fabrique et comment on les courbe sur le modèle A en les transportant avec wn bâton C4.

SYNTHÈSE CÉRAMIQUE. Sai

TinfADX.

Nous entendons ici par tuyaux les tubes creux de diamètre plus ou moins grand , destinés à conduire par-dessous la surface du sol des eaux ordinaires ou des eaux minérales.

Nous ne parlerons pas ici des assemblages de briques formant tuyaux pour la conduite de la fumée; inventés, en iSaS, par M. Gourlier, architecte , pour servir à la construction simple et solide des tuyaux de cheminée dans Tépaisseur des murs, puis modifiés par M. Courtois, en i825, et par M. Fontrouge, en 1829, ils s'exécutent par moulage sous une forte épaisseur.

Les tuyaux de poterie exigent une assez complète imperméabilité, et généralement on les fait en grès; les procédés employés à leur confection ne varient pas, et la différence tient, comme on le sait, à la température plus élevée qu'exige la cuisson des tuyaux en grès : il est inutile de dire que cette circonstance exige une composition de terre appropriée.

Lorsque Teau ne fait que traverser sans pression les tuyaux qui la conduisent , on préfère des tubes en terre cuite , pourvu qu'ils présentent le tissu le plus serré possible. Les tuyaux de latrines ou boisseaux sont faits de cette terre, et, bien cuits, ils offrent une imperméabilité suffisante.

MM. Payan et Charnier, à Gap, ont modifié, vers i833, le procédé de façonnage alors en usage pour obtenir exactement et sans difficulté la forme conique nécessaire pour l'emboîtage des boisseaux.

Ce procédé , qui paraît propre à abréger la fabrication, consiste à faire des croûtes trapézo'idales, et plus minces à une extrémité qu'à l'autre. En enroulant ces croûtes sur le moule , l'extrémité mince recouvre l'autre extrémité; elle y est soudée par une légère pression , et le tuyau prend tout de suite la forme d'une portion de cône tronqué très-aigu , dont la base la plus large s'emboîte dans le sommet plus étroit de la pièce qui lui est inférieure.

La forme des tuyaux se prêtant facilement au façonnage mécanique , nous retrouvons ici l'application des machines.

Les premières tentatives faites en France et suivies d un succès complet paraissent remonter à i838; elles sont dues à M. Reichenecker, fabricant à Ottwiller (Haut-Rhin).

Fig. 481.

32a VINGTIÈME LEÇON.

. La machine établie opérait comme une filière ou comme une presse à macaroni. C'est sur ce même principe qu'ont été construites beaucoup de presses destinées , soit en France , soit en Angleterre , à la confection des tuyaux en grès cérame.

Après avoir cité la machine de M. Reichenecker, nous citerons celle de M. Boch- Buchman, à Mettlach, en nous bornant à décrire celle de M. Ziegler, à Voisinlieu, près Beauvais.

Au fond d'un cylindre A [fig. 43 1) on place un noyau B, suspendu par une lame transversale F, autour de laquelle l'argile peut circuler; le noyau B forme avec le fond de la boîte un espace annulaire [fig, 432), qui doit servir de filière lorsque la pâte comprimée par le plateau C, faisant fonction de piston, descendra dans le cylindre; pour charger la boîte on soulève le piston en tournant la vis qui Fig. K%% dégage la boîte , on la retire pour la rem-

plir à l'aise et la replacer au moment de travailler de nouveau.

Tuyaux de drainagre. — C'est surtout dans ces dernières années , en Angleterre d'abord, en France bientôt après, que la fabrication mécanique des tuyaux de terre cuite s'est considérablement développée; on a demandé pour l'agriculture des tuyaux dits de drainage, bien cuits , à bon compte , en grande quantité : on les nomme drains.

Les tuyaux de drainage, employés à peu près partout aujourd'hui, sont en terre cuite [fig, 433), ils ont de o",3o à o",4o de

Fig. 488.

longueur; leur diamètre extérieur varie de 0,026 à o",2o, suivant le volume d'eau dont ils assurent le débit : leur épaisseur est d'environ 0,01. Ces tuyaux A [Jîg. 434) s'engagent par leur extrémité dans des tuyaux en terre cuite B de 0,07 à o, 10 de longueur

qu'on nomme colliers, et dont le diamètre est tel, que le tuyau puisse

FIg. 434.

facilement y pénétrer. Ces colliers ne sont donc que des tuyaux plus courts qui se fabriquent exactement comme les drains eux-mêmes. Leur emploi devient général, parce qu'il n'est pas coûteux. Ces mêmes tuyaux, percés d'une ouverture pour le raccordement d'une ligne de drains perpendiculaire et d'un' diamètre plus petit , se fabriquent simplement en pratiquant sur le tuyau , pendant qu'il est encore mou , l'ouverture nécessaire au passage du drain ; ils ne coûtent ainsi qu'un tiers en sus du prix des tuyaux ordinaires de même dimension.

On a beaucoup varié la forme des tuyaux en terre cuite destinés au drainage. Une forme ovoïde préconisée pendant un certain temps (^g, 435), parce que l'eau s'y réunissait en conservant

Vïg 435.

une vitesse opposant une résistance à l'incrustation , n'offre pas autant de facilité pour le posage que la forme circulaire donnée plus haut. Toutes les autres formes, comme celle (/g. 436) qui

Flg. 436.

possède un empâtement pour ajouter à sa résistance au déplacement par les causes étrangères , ajoutent sans beaucoup d'avantages au poids et au prix. Ces dispositions sont abandonnées presque partout. Nous en dirons autant du procédé que la ^g. 437

Flg. 437.

représente, dont l'effet était de supprimer l'ampleur du collier. Ces tuyaux , obtenus comme les autres , n'exigeaient de modifi-

cation que dans les parties des machines exécutant le coupage

des tuyaux.

Les tubes coniques qui se fabriquent (y%. 438) par des procédés coûteux, ainsi que les tuileaux A (/^. 439) recourbés pour rac-

Fig. 488. Flg. 489.

cordement des drains perpendiculairement à leur direction , sont abandonnés actuellement et ne peuvent fixer ici notre attention.

Le diamètre des tuyaux qu'on obtient par les filières peut aller jusqu'à 3 décimètres / et leur longueur jusqu'à 2 mètres ; elle est ordinairement de i",5o à i",70-

Les drains doivent être faits en grande quantité; c'était assurément là le cas d'appliquer les procédés mécaniques : aussi y en a-t-il eu de vingt systèmes différents. Ce n'est pas ici le lieu de les décrire ni de les énumérer tous ; leur étude est trop directement liée à celle des procédés qu'il convient d'introduire dans les pratiques agricoles. Nous devons nous borner à dire qu'en général la terre est placée dans une caisse carrée ou dans un cylindre percé par les deux bouts ; d'un côté sont des ouvertures au nombre de quatre à huit, et placées sur une même ligne horizontale: ce sont des trous faits dans une plaque circulaire , réguliers, dont le centre est occupé par une espèce de tampon qui forme, avec la surface intérieure, un espace annulaire par lequel la terre se moule. Un piston s'ajuste à l'autre extrémité pour forcer la terre à s'échapper par les filières; on en a de plusieurs diamètres et de rechange , pour tous les genres de tuyaux qu'on veut obtenir.

Les tuyaux sont de longueur en quelque sorte indéfinie , ils sont reçus sur une toile sans fin ; des fils ou des lames les coupent de 1 longueur. Ces machines agissent d'une manière intermittente ; il | y en a dont l'action est continue ; nous décrirons celle d'Ainslie.

La machine d'Ainslie ijig. 440 ) , dont on a vu différents modèles à toutes nos expositions, se compose de deux cylindres en fonte tournant en sens contraire ; ils forment en quelque sorte l'un des côtés d'un coffre prismatique , dans la face opposée duquel sont ménagées des ouvertures annulaires présentant la section de$

SYNTHÈSE CÉRAMIQUE. 3a5

tuyaux qu'il s'agit de faire : ce sont des espèces de filières. La

pâte argileuse est déposée sur une toile sans fin , placée devant les deux cylindres et poussée par un ouvrier. La pâte s'échappe par les filières en se moulant sous forme de tuyaux , qu'on coupe de longueur au moyen d'un fil métallique animé d'un mouvement calculé de telle sorte, que, malgré le mouvement de translation, le fil soit coupé parallèlement à la section génératrice. Avec cette machine , un seul homme produit 11^ mètres de tuyaux de o", o3o de diamètre intérieur, et o", o45 de diamètre extérieur. Les tuyaux, de o", 36o de longueur, pesaient chacun iSSa grammes ; ils ne pesaient que 534 grammes , après une dessiccation de quarante-huit heures. La pâte doit donc être travaillée dans un état d'humidité considérable. La force dépensée pour ce travail , mesurée par le dynamomètre de M. Morin, représentait 186 kilogram mètres par mètre courant 4le tuyaux, ou 106 kilogrammètres par kilogramme de tuyaux mous sortant de la machine ; ce travail est supérieur II. 28

à' celui qu'on peut exiger de l'homme travaillant dix heures par jdur.-

La machine, qui coûte 65o francs, est ordinairement servie par quatre hommes et trois ou quatre enfants. Un ouvrier coupe les tuyaux, un autre l'argile, deux font alternativement mouvoir la manivelle. On peut obtenir ainsi 2,^00 mètres Xle tuyaux.

Dans la machine de M. Clayton, deux cylindre^ sont accouplés de telle sorte, que, lorsque la pression agit dans'uii cylindre pour opérer le moulage, l'autre se trouve vide et peut être rempli. Les cylindres sont Verticaux , et les tuyaux s'échappent horizontalement.

Dans la machine de M. Calla , le réservoir est cubique , la marche du piston est horizontale; il semble chasser devant lui les tuyaux, ■ qu'on fait ainsi par homme et par jour au nombre de mille. Cette machine exige un temps d'arrêt pour le nettoyage et le chargement à nouveau. Aussi M. Whitehead a-t-il , par un accouplement de deux réservoirs, trouvé le moyen de recommencer d*un côté, quand on a fini de l'autre.

Les machines importées d'Angleterre par M. Thackeray ont été très-employées en France, et maintenant on préfère celles de MM. Calla, Clayton, Exall, Benoit, Randell et Saunders, Ainslie, Vincent, etc.

La machine de M. Exall est petite , simple , facile à transporter et à manier ; on peut la faire arriver au milieu des campagnes, et les pauvres ouvriers pourront ainsi , pendant l'hiver, occuper avec profit leurs trop longues soirées.

C'est par l'emploi de ces machines qu'on est parvenu , ce qui eût été regardé comme impossible, il y a vingt ans, à vendre, en France, les mille tuyaux de 25 millimètres de diamètre intérieur et d'environ 28 à 33 centimètres de longueur à raison de 21 à 26 francs, et ceux de to centimètres à raison de y 5 francs.

Les frais de cuisson sont peu considérables; on cuit à la fois vingt-cinq ou trente mille tuyaux de diamètres différents, les uns dans les autres , dans des fours chauffés à la houille , dont la disposition rappelle celle des fours employés en Angleterre à cuire la faïence ine.

Tous les fours à briques peuvent également servir pour cuire les drains; on les place verticalement dans le four, les uns à côté

des autres; les petits dans les grands pour régulariser le tirage. Fig. 441. En Angleterre, on adopte généralement

pour le four la forme de coupole {fig, 44 1). ^ ^^ .\ Les alandiers sont en saillie surlaba^; les briques qui forment le four sont en briques communes, garnies intérieurQment [fig, 44^^) d'argile réfractaire. La cuisson dure de trente-trois à trentem AI I A m ^^"^ heures, et consomme 4 tonnes de ^ ^ houille de qualité moyenne. On n'en-

fourne les tuyaux qu'après leur dessiccation complète dans des étuves chauffées à 70 degrés, ou sous des hangars fortement Fig. 44î. aérés. On défourne vingt-quatre heures

après l'extinction des feux.

M. Rodier a fait, dans son usine du département de la Nièvre, des tuyaux de grès qui peuvent" supporter une charge de 5oo kilogrammes suspendue sur leur milieu, les deux extrémités étant supportées; un tuyau de 76 centimètres, rempli d'eau, peut éprouver une compression de 10 atmosphères sans la moindre avarie.

De telles épreuves parlent en faveur de la qualité des produits et peuvent en étendre l'application.

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