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Si les pâtes qui précèdent offrent une grande finesse , une grande homogénéité, le caractère sableux disparaît et n'est plus appréciable que par l'analyse. On voit du reste que la teneur en acide silicique est variable entre des limites assez éloignées; on peut même se demander si des pâtes contenant, comme les poterie? égyptiennes, comme ces petites figurines qu'on trouve dans les ruines de l'ancienne Egypte, 0,92 de silice et 0,04 d'alumine, sont bien réellement des poteries dans l'acception qu'il convient de donner au mot, tel que nous le comprenons. Je serais porté, même après examen, à les regarder, au moins pour quelques-unes, comnle des pierres de la nature des grès naturels , concrétionnés et très-siliceux, qu'on a débités sou's forme soit de vases, soit de plaques propres à recevoir des glaçures de nature très-variée.
Ces compositions très-siliceuses ne comporteraient en effet ni la plasticité nécessaire au façonnage facile, ni le liant indispensable aux autres opérations qui se succèdent dans la fabrication.
Nous n'avons pas eu dans les poteries précédentes à distinguer les espèces créées par l'application des diverses sortes de glaçures ♦ que nous avons appris à connaître.
Mais ici nous voyons apparaître des produits variés par là glaçure qui les recouvre ; nous trouverons en effet des glaçures silicoalcalines, des glaçures plombifères , des glaçures stannifères , enfin des glaçures alcalino-lerreuses , appliquées sur ces poteries à pâte
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sableuse. Mais , hâtons-nous de le dire , nous n'avons encore affaire ici qu'à des poteries primitives , c'est-à-dire en grande partie fabriquées par des peuples d'une antiquité plus ou moins reculée, et qui ne sont plus qu'historiques, au moins pour le plus grand nombre d'entre elles.
Poteries tendres à pâte sableuse, à glaçure silîoo-aloaline. — A cette première espèce appartiennent un grand nombre de poteries romaines à glaçure tellement mince , qu'on n'en peut apercevoir l'épaisseur ^tantôt noire et tantôt rouge. Tous les chimistes qui se sont occupés de cette question après Dolomieu , n'ont trouvé dans ces vernis , quelque nombreux que soient leurs essais , aucun indice de la présence du plomb ; on sait les reproduire maintenant au moyen du silicate de soude , dont la transparence rehausse la coloration de la pâte. L'oxyde de fer contenu dans le silicate vitreux remplit sans doute le but de la chaux dans les verres ordinaires, qui, comme on le sait, perdent beaucoup de leur altérabilité dans l'eau par l'introduction dans le mélange d'une certaine proportion de cet oxyde. On peut admettre, d'après les analyses qu'on a faites antérieurement à l'époque actuelle des diverses laves, obsidiennes, basaltes, etc., que la couleur noire que certains de ces vernis présentent est due à la présence de sulfures métalliques emprisonnés dans la matière vitreuse, et cuite en l'absence d'un excès d'oxygène.
Poterie tendre à pâte sableuse, à glaçure plonobifère. — LeS exemples de ces poteries ne sont pas rares. Le type pourrait en être fourni par les briques et les tuiles vernissées au plomb, tout aussi bien que par une grande quantité de poteries communes fabriquées dans les localités qui présentent ou des limons sablonneux ou des argiles figulines.
On applique très-facilement sur ces sortes de produits céramiques des glaçures plombeuses ; il suflBt de les arroser ou de les asperger par une simple couche de sulfure de plomb naturel réduit en poudre plus ou moins fine , comme encore à l'état de lait plus ou moins épais : sous l'influence de la chaleur, le sulfure se grille, le soufre se brûlant à l'état d'acide sulfureux disparaît , et l'oxyde de plomb formé par le contact d'un excès d'oxygène se combine avec les éléments de la pâte pour former un silicate multiple d'alumine , d'oxyde de fer , de chaux , etc. , qui , suffisamment fusible
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par suite de l'oxyde de plomb qu'il contient, s'étend uniformément sur la poterie, et retire au corps de pâte l'inconvénient de sa porosité.
Ce que nous avons dit et répété tant de fois de l'influence qu'exerce sur le tressaillage de la glaçure la composition de la pâte, nous empêche de présenter des dosages d'une exactitude absolue. Nous ne donnerons donc ici que des compositions générales , mais à titre d'exemple. Lorsque sur la poterie on se sert d'alquifoux pur, il est indispensable d'introduire dans la pâte assez de silice à l'état de sable, pour que le silicate de plomb puisse se former facilement. Dans la fabrication de quelques poteries, on remplace l'alquifoux par de la litharge ou du minium. Sous l'influence de la chaleur, il se forme avec la plus grande facilité des silicates métalliques , fusibles aux dépens de la silice de la pâte elle-même.
Lorsque la couche de minium est suffisamment épaisse, sans l'être ni trop ni trop peu, et lorsque, du reste, la composition de la pâte elle-même est convenablement appropriée, le vernis est suffisamment glacé sans tressaillures ni ressuie. Cependant, j'ai vu ^ 'exemple d'une litharge que j'ai reconnue pure, ne pouvoir donner de bons résultats sur certaines terres auxquelles on l'appliquait.
La pâte des poteries vernissées qu'on fait à Paris et dans les environs se compose de terre de Vanvres et d'Arcueil , dégraissée par du sable de Belleville. Ce mélange, dans lequel le sable domine, est recouvert d'une glaçure formée de la manière suivante. On mélange sans fondre :
Terre ordinaire ferrugineuse. 29
Oxyde de plomb 71
Lorsqu'on n'a pas à sa disposition un mélange naturel de terre donnait de bonnes glaçures , on peut la composer elle-même de toutes pièces et former, par exemple, un bon vernis, en mélangeant ensemble :
Minium ou litharge 70
Argile plastique de Vanvres 16
Sable de Belleville i4
La quantité d'oxyde de plomb que renferme ce vernis et la coloration de la pâte elle-même généralement très-ferrugineuse,
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s'oppose à ce que ce vernis s'oit incolore; il offre généralement
Taspect d'une glaçure d*un jaune plus ou moihs vif.
Poteries tendres à pâte sableiuei à glaçure stannifère. — Quelques faïences arabes à pâte très-sableuse, comme les carreaux du tombeau de Mahomet à Médîné, renferment dans leur glaçure de Toxyde d'étain , qui communique à Témail assez d'opacité pour masquer la couleur jaunâtre de là poterie. La nature siliceiise de la pâte s'accommode assez bien de la composition nécessairement alcaline de la glaçure , en sorte qu'il n'est paâ difficile de composer un émail qui puisse s'appliquer sans accident, c'est-à-dire sans tresSaillage ni ressuie , sur les poteries que nous considérons. Au reste, les poteries de cette nature ne présentent actuellement aucun intérêt réellement pratique.
Maîâ elle en prendrait un considérable si l'on donnait suite à remaillage des blocs de grès psammites ou autres, qu'il est facile de débiter sans trop de dépenses, en lames, carreau^, plaques, etc., répondant aux besoins des constructions salubres, satisfaisant avec une grande économie au plus grand nombre des destinations diverses en vue desquelles la fabrication de faïences s'est transformée tout récemment .
Poteries tendres à pâte sableuse, à glaçûré bbraoique. — LeS poteries que nous rangeons dans ce groupé soht celles dans la composition desquelles il entre de l'acide borique ou du borax; elles offrent jusqu'à ce jour assez peu d'intérêt au point dé vue commercial, caV elles coûteraient encore as^seï cher de fabrication à cause de l'acide qu'elles contiennent. Cette fabrication mériterait cependant qu'on lui consacrât quelques capitaux, cafr elle peut devenir le point de départ de poteries très-recherchées, si l'acide phosphorique du phosphate des os ou des dépôts phosphaté^ fossiles pouvait un jour remplacer l'acide borique dans les glaçures. Il est évident qu'avec des glaçures convenablement dosées, on établirait une poterie d'usages bien autrement salubres que ceux auxquels donnent lieu presque partout les poteries à vernis piembeux, éminemment altérables et délétères, doublement dangereux à l'égard des consommateurs pauvres, pour lesquels les maladies conduisent au chômage , c'est-à-dire à la misère.
J'ai trouvé dans quelques glaçures de poteries persanes des indices non douteux d'acide borique : c'est probablement à l'état
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du tinkal fourni dans ces contrées par certains lacs ou par l^ commerce des Indes, que Tacide borique est introduit dans les glaçures des poteries persanes.
Poteries tendres à pâte sableuse, k glaçure aloalino-terreiise. — Lorsque la glaçure des poteries dites faïences arabes anciennes , est appliquée sur des carreaux dont la pâte est blanchâtre , c'està-dire lorsqu'il n'y a pas absolue nécessité de masquer là couleur de la pâte, on met la pièce en vernis au moyen d'un véritable verre formé de sable, de chaux et d'alcali: il serait peut-être convenable de créera cette occasion le nom de poteries ^/ïPt'rr^?^^, comme nous avons dit poteries vernissées ou émaillées. Cette expression s'étendrait alors aux porcelaines dures dont la glaçure, qui a reçu le nom de couverte, n'est autre chose qu'un verre d'une grande résistance , à cause de l'alumine qu'il contient. Nous verrons qu'en Chine, on ajoute à la fusibilité de la couverte, en l'additionnant de chaux dans diverses proportions.
Quelques pâtes de la nature de celles dont nous nous occupons ont été recouvertes en France, en Angleterre, en Allemagne, par de véritables verres , dont le but était d'obvier aux inconvénients des glaçures plombifères. Dans quelques-unes on introduit du borax ou du spath fluor , dans d'autres de la craie , dans le plus grand nombre des alcalis et du sable ; dans tous enfin , une certaine proportion d'argile plus ou moins pure ou des scories , des laitiers ou des laves basaltiques, pour former le silicate alcalino-terreux dont la superposition enlève à la poterie les inconvénients de la porosité, tout en lui donnant une surface parfaitement unie.
Nous avons donné plus haut des exemples de glaçure exclusivement alcaline , nous indiquerons ici deux dosages dans lesquels il entre de l'argile ; ils conduisent à des poteries irréprochables sous le rapport de Tusage. Mais ils ne peuvent convenir à toute espèce de pâte , et je ne les considère que comme points de départ de proportions à trouver pour obtenir des glaçures ne tressaillant pas sur une pâte de composition donnée , la température de cuisson étant irrévocablement fixée,