Étrusque
OXYDB
de
fer.
SIB.
Indépendamment de la régularité de la fabrication étrusque qui résulte des chiffres consignés au tableau précédent, on voit que ces poteries , ainsi que celles qu'on rapporte aux fabrications germaines, Scandinaves, etc., étaient formées de mélanges qui n'étaient complètement exempts, ni de chaux , ni d'oxyde de fer ; la présence de ce dernier oxyde et la forte proportion de silice indiquent d'une manière bien concluante que le sable devait être la partie antiplastique, et que les matériaux étaient pris sans recherche sur le sol même où vivait la population. La poterie seule de Madagascar semble être le résultat du travail d'une terre fortement alumineuse.
Poteriei charbonneuiei ouitei. — La présence d'une quantité d'eau variant de 0,07 à o,i5 , éloigne toute idée de cuisson proprement dite dans la confection de ces poteries primitives , et par conséquent la pénétration de la pâte par le carbone postérieurement au façonnage. Le carbone a donc dû faire partie essentielle du mélange avant le travail de l'ébauche. Mais ce genre de coloration peut tenir, ainsi que nous l'avons dit , à du carbone interposé qu'on dépose à l'intérieur d'une poterie , surtout d'une poterie perméable pendant la cuisson , en empêchant l'oxygène de se trouver en excès parmi les produits de la combustion. La poterie
étrusque analysée sous le n° 11 semble devoir être classée parmi les poteries complètement cuites.
Les poteries du Jutland et de Bourzy , en France , doivent être rapportées à ce même genre; elles sont noires et ne contiennent pas d'eau. Voici des résultats fournis par des analyses que j'ai faites à Sèvres , sur la demande de M. Brongniart.
Du Jutland .
De Bourzy. .
ALO- MIRB.
OXTDB
de fer.
MAGNÉ - SIL.
ALCA- LIS
9 0,98 traces 8,00' 1,29 0,28 traces
CAE- BONE.
On peut voir, d'après la petite quantité de chaux et de magnésie que ces pâtes contiennent , qu'elles sont fabriquées avec des argiles peu marneuses ; la forte proportion de silice indique qu'elles sont dégraissées avec des sables.
Poteries tendres a pâte quartzeuse. — Le type de ces poteries nous est fourni par les poteries grossières à pâte hétérogène , laissant voir parfaitement les grains de quartz , ayant servi de matière antiplastique. Ces poteries se rattachent aux fabrications les plus imparfaites des premiers âges et des diverses civilisations qui se sont succédé. Quelques-unes ont une pâte noire et se confondent avec les poteries de la classe qui précède ; quelques autres au contraire ont une pâte rougeâtre ou jaune suivant la quantité d'oxyde de fer qu'elles contiennent, suivant aussi la nature de l'atmosphère au sein de laquelle la cuisson s'est effectuée. On devra trouver dans la composition de semblables poteries , remarquables déjà par la nature des fragments de quartz qui les caractérisent, une proportion considérable de silice.
La silice en mélange avec les éléments basiques, tels que l'oxyde de fer et l'alumine, s'élève de la sorte jusqu'à o , 76 et o , 80, comme dans les poteries gauloises et celtiques trouvées dans certaines fouilles de Bretagne. •
Si nous comparons les résultats obtenus dans l'analyse des poteries de Noyelles et de Plonéour, ne pourrait-on pas conclure qu'elles sortent des mêmes fabriques, et que ces poteries , comme II. 29
celles dites étrusques , représentent des procédés basés sur mae grande régularité partant peut-être du même point?
POTUkIBS.
SILiCB.
ALOHINB.
OXYDE
de fer.
CHAUX
MAGRÉUB.
De PlouharneT
De Plonéour
De Novell es
Nous avons joint à ces analyses celle d'une poterie noire de Noyelles-sur-Mer. Quoique ces nombres soient peu différents quant à l'alumine , l'oxyde de fer, la chaux et la magnésie , il ne faut pas conclure que la nature quartzeuse de la pâte nécessite une composition ferrugineuse ou calcaire égale à celles que nous avons trouvées. Si nous avions jugé convenable d*opérer la décomposition d'un plus grand nombre de produits, nous aurions certainement obtenu des différences d'un tout autre ordre entre ces éléments; l'analogie de composition n'est qu'apparente, et toutes les pâtes céramiques ferrugineuses et non ferrugineuses , toutes les pâtes calcaires et non calcaires pourraient admettre en mélange des quantités variables de silice à l'état de quartz plus ou moins volumineux ; la pâte prendrait alors le caractère des poteries grossières attribuées aux siècles de barbarie.
Poteries tendres a pâtes sableuses. — Lorsque la silice se présente sous forme de sable assez fin , la poterie change de caractère, et ce n'est que l'analyse qui permet de reconnaître la nature de la poterie. On dispose , par cette introduction de sable broféf la pâte à recevoir des glaçures; et l'expérience fait voir que les glaçures les plus alcalines peuvent adhérer aux pâtes lorsque celles-ci contiennent , avec quelque peu d'alcali , de très-fortes proportions d'acide silicique. Il faut classer parmi ces poteries quelques poteries jaunâtres romaines, les poteries persanes, celles de Constantinople et surtout les poteries d'Egypte , auxquelles on a pendant longtemps attribué le nom de porcelaine. Nous ferons remarquer, pour éviter toute confusion, que la dureté de ces pâles peut être assez grande surtout pour celles qui sont trèsrsiliceuses. J'ai réuni dans le tableau suivant les analyses d'un assez grand nombre de pâtes appartenant aux poteries sableuses.
Du Châtelet (romaine)
\)e Souaire (jaunâtre)
Du Luxembourg
Du Luxembourg (grise)
Du moyen âge
D'Egypte
De Jérusalem (brique)
De Médine (plaque du tombeau de Mahomet)
De Perse
D'Egypte