‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 71 sur 102 · I. II. III · texte numérisé non relu

I. II. III

Glaise ^5 22 5o

Sable argileux 25 11 33

Marne 5o 67 16

Si l'on prend en volumes la composition n** I, on obtient une pâte qui paraît très-convenable pour recevoir l'émail blanc formé de :

Calcine 100 kilogr.

Sable de Decize 100

Sel marin 24

On compose la calcine en mélangeant à l'état métallique 80 parties de plomb et 20 parties d'étain. On peut remplacer dans le dosage qui précède les 24 kilogrammes de sel marin par 12 kilogrammes de sel marin et 12 kilogrammes de carbonate de soude.

Il n'y a pas de tressaillures , si la pâte est bien cuite. Le brun vient encore bien glacé, quand il est cuit à son point, mais il est susceptible de se dessécher sur les pièces; lorsque le feu dure quelque temps avec intensité ; cette poterie ainsi composée ne résiste

pas aux feux de cuisine, mais elle est d'un bon usage; ni l'émail,

ni les couleurs qu'elle peut recevoir ne s'altèrent facilement.

Si dans la composition qui précède on augmente la marne en diminuant le sable pour se rapprocher, par exemple, de la formule n, les propriétés des pâtes relativement aux mêmes glaçures brunes et blanches dont nous venons de parler sont profondément modifiées. La pâte ne porte plus le brun; le blanc seul peut y être appliqué, et presque toujours le dehors des pièces se dénude, le blanc tombe par larges écailles : il faut donc se garder d'approcher de cette composition qui est cause des rebuts les plus considérables et que nous donnons ici comme une limite dont il faut toujours s'éloigner.

La composition III convient très-bien au brun , mais le blanc ne glace pas ; il tressaille même en magasin.

*Les matériaux qui sont employés dans les dosages I, n, III sont employés dans la fabrication de Sinceny. Les essais ont été faits, sur ma demande , par M. Moulin , qui a bien voulu mettre à ma disposition son expérience consommée. J'ai réuni dans le tableau qui suit la composition de la marne , du sable et de la glaise dont il fait usage et je les ai fait suivre de celle des pâtes faites correspondantes aux dosages que j'ai donnés sous les marques I , Il , III.

Glaise

Sable argileux

Marne

Faïence n** i

Faïence n® 2

Faïence n** 3

Faïence blanche n'^ 4- • Faïence brune n^ 5. . .

ALO- MINB.

22,80, 4>oo 11,00' 1,66

traces 0,29 o,o5 0,20 0,00 0,70

OXTDK

de fer.

ACtDB

carbonique.

I^s pâtes dites n" i , n° a et n** 3 ont été analysées avant toute cuisson; on les a fait sécher à -h 100 degrés. Elles correspondent aux dosages que nous avons donnés plus haut.

On voit, d'après ces résultats, que les indications que nous avons, présentées plus haut se vérifient d'une manière complète ; la quantité de chaux, c'est-à-dire 0,20 , se confond avec celle qu'ont offerte des plus belles faïences de Lucca délia Robia, de Manassès, de Perse , de Rouen , etc. , tou» en tenant compte de la différence qui tient à ce que les faïences de Sinceny ne sont qu'à l'état cru ; mais ces résultats infirment les données posées par Bastenaire qui , dans son ouvrage , avait admis comme règle absolue les compositions n® 4 et n° 5 pour les faïences blanches et les faïences brunes. D'ailleurs , ces dernières compositions sont beaucoup trop rapprochées pour qu'elles permettent d'expliquer les différences si profondes que la pratique de l'art du faïencier révèle dans les propriétés des glaçures brunes ou blanches.

On a donné beaucoup de recettes pour fabriquer la pâte de faïence. Nous ne croyons pas avoir à répéter ici celles que l'ouvrage de M. Brongniart rapporte et qu'on peut consulter avec fruit. Nous préférons en ajouter de nouvelles afin de multiplier les exemples de dosages qui conduisent à des produits bien fabriqués et dans des prix convenablement bas.

On fait à Sceaux de très-belles faïences en employant , d'après M. Àuboin , fabricant de la localité, les mélanges oscillant autour des nombres suivants exprimés en volume :

Glaise verte de Fresnes 375

Marne blanche 3oo

Terre à four de Picpus 200

Sable de Fontenay 100

Argile de Gentilly 25

M. Picbenot fabrique , à Paris , des faïences ingerçablés , en se servant des mélanges qui suivent :

Argile plastique de Vaugirard.. 25o

Marne de Ménilmontant 25o

Sable i3o

auxquels on ajoute, pour éviter la fente à la dessiccation et comme matière antiplastique :

Ciment 370

Ce ciment provient du broyage des biscuits- il ne change donc pas la composition. Si nous rapprochons cette composition de celle de Sinceny n° I, qui peut servir comme un type, d'après les essais comparatifs auxquels M. Moulin s*est livré, nous voyons apparaître l'influence qu'exerce , sur la composition , l'emploi de matières qui sont cependant réunies dans la même classification minéralogique. Il ne faut jamais perdre de vue cette considération dans les essais céramiques ; elle est telle , que dans l'état actuel de la fabrication , les recettes ne doivent être considérées que comme des jalons ; elles ne peuvent présenter un caractère d'exactitude; les substances qui n'affectent pas la forme cristalline ne l'offrent que rarement.

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