‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 72 sur 102 · POTERIES DEMI-DURES · texte numérisé non relu

POTERIES DEMI-DURES

Nous arrivons à l'étude des pâtes établissant un passage naturel des pâtes tendres aux pâtes aussi dures que les poteries de grès. Si dans ces poteries nous voyons intervenir la chaux, elle n'existe plus qu'à l'état accidentel , et d'ailleurs la température à laquelle la poterie a été cuite s'oppose à ce que la pâte conserve la propriété de faire effervescence avec les acides, même dans le cas où les pâtes contiennent une quantité très-appréciable de chaux pure. Ici d'ailleurs doit intervenir, la composition restant fixe, Pinfluence de la tempéra tyre capable seule de donner à ces mêmes poteries demi-dures leur dureté caractéristique. Nous avons dit qu'on pouvait les classer dans les genres qui suivent.

Poteries demi-dures a pâte argileuse. — Généralement ces pâtes sont formées exclusivement de sable et d'argile plastique; cependant quelques-unes contiennent une quantité de chaux assez notable , mais qui ne reste plus dans le mélange qu'à l'état de silicate de chaux. On trouve l'origine de ces poteries dans les terres cuites de quelques localités anciennes au Mexique , dans les faïences dites de Bernard Palissy^ de Henri II, dans les diverses variétés qu'on a réunies sous le nom de terre de pipe et qu'on ne fabrique maintenant que sur une petite échelle. Quelques pâtes qu'il faut rapporter à ce genre contiennent de la chaux , et nous citerons celles de Lunéville. Nous avons réuni dans le tableau suivant quelques analyses de pâtes que nous rapportons à ç.^\\R classe ; elles ont été bien dépouillées de vernis.

FAÏE^CB.

SILICE

ALUmWE.

CHAOX.

MACNisiE.

OXYDE

de fer.

ALGAIIS.

De Bernard Palissy. . .

De Henri II

traces traces

De Lunéville

La dernière terre, qui est assez répandue, a pris le nom de terre de pipe marnée. Il entre du sable dans la composition de ces terres ; il faut se rappeler ici la différence qui distingué le sable et le silex : Tintroduction du silex est le point de départ de Tamélioration des poteries de belle qualité , qu'on fabrique presque exclusivement en Angleterre.

Les poteries demi-dures à pâte argileuse peuyent recevoir toutes les glaçures qui forment les espèces que nous avons adhiises. Nous allons citer quelques exemples.

Poteries demi-dures à pfite ârg:ileusey à glaçure silfoo-aloaline. — L'ancienne fabrication des Mexicains offre quelques ouvrages de ce genre ; la pâte est beaucoup plus dure que celle des poteries r'omaines ou grecques, de plus elle est brunâtre et recouverte d'une glaçure mince dont tous les caractères et toutes les propriétés se rapportent au même type des glaçures silicô-alcalines que certains peuples appliquaient avec une rare perfection sur les poteries dont ils faisaient usage.

Nous renverrons donc pour les détails à ce que nous avons dît des poteries grecques ou romaines.

Poteries demi-dures à pâte argileuse y à g^laçure plombifère. —

C est à ce genre qu'il convient de rapporter certaines poteries de Bernard Palissy. La coloration légère de la pâte n'exigeant plus la nécessité d'une glaçure opacifiée par l'étain , nous voyons apparaître des poteries assez blanches, recouvertes d'une glaçure purement plombeuse ; mais si ce caractère' n'était pas présenté par les produits du célèbre potier de Saintes, on le verrait développé d'une manière remarqua"ble dans cette poterie qui a reçu le nom de faïence de Henri II, et qui se place par la date de sa fabrication bien avant les premiers essais de faïence anglaise , en re-

portant même à 1680 Torigine de cette dernière poterie, à fortiori bien avant les découvertes de Wedgwood , qui datent des premières années du xviii® siècle.

Poteries demi -dures à pâte argileuse , à glaçure stannifère. — On trouve le type de cette fabrication en remontant à Tépoque la plus reculée dans un grand nombre des poteries si célèbres de Bernard Palissy. Elles diflFèrent complètement des faïences communes que nous avons étudiées plus haut , et comme il n'entre que peu d'oxyde d'étain dans la glaçure de ces spécimens, la composition n'est pas calcaire. Dans les échantillons qui doivent retirer de la présence de l'oxyde d'étain une grande dureté pour résister mieux que les terres de pipe ordinaires aux usages de la table , il faut faire intervenir la chaux, et nous voyons dans la faïence de Lunéville cette terre s'élever jusqu'à 0,1 3.

Poteries demi -dures à pâte argileuse, à glaçure boraolciue. — Quoique la particularité que présente la faïence de Bubelles ne réside pas dans la nature chimique de la pâte ou de la glaçure, mais bien dans le genre de décoration qu'elle reçoit , coloration provenant de l'accumulation sur certains points déterminés à l'avance par des creux plus ou moins profonds de matières vitreuses, ornements coloriés, nous pensons qu'elle donne une idée bien exacte du genre de produits dont nous nous occupons; il entre en effet dans cette poterie, comme base de la pâte, de l'argile de Montereau, et la glaçure qu'on pourrait rendre un peu plus dure contient une certaine quantité de borax. Ce vernis est généralement coloré par des oxydes métalliques : en vert par de l'oxyde de cuivre, en bleu par de l'oxyde de cobalt , en gris violâtre par le manganèse, en brun jaune par de l'oxyde de fer. Le vernis incolore paraît toujours brunâtre à cause de l'oxyde de fer que la pâte renferme et qui ne disparaît pas sous la glaçure.

Poteries demi-dures k pâte argileuse , k glaçure aloalSno-terreuse. — Un grand nombre de tuiles, de briques, de carreaux, doivent être classés parmi ces produits , car ils ne sont pas fortement cuits ; ils n'offrent pas une«très-grande dureté. Des raisons d'économie ont engagé les fabricants à recouvrir ces produits de matières basaltiques, ou laviques naturelles, de scories de hauts fourneaux , ou de mélanges alcalins sableux , auxquels on ajoute des proportions variables do chaux pour augmenter la fusibilité.

Page 1