‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 73 sur 102 · POTERIES A PATES DURES · texte numérisé non relu

POTERIES A PATES DURES

Ici nous entrons dans les perfectionnements récents qu'on a fait subir aux poteries dites primitivement terre de pipe; on les a rendues plus dures en ajoutant du silex et du feldspath à la pâte, en même temps qu'on augmentait la dureté de la glaçure et son brillant par l'introduction du borax ; ce dernier perfectionnement n'a pas précédé le blanchiment de la pâte et sa plus grande résistance au feu, mais il en fut la conséquence. A ces perfectionnements se rattachent d une manière honorable pour l'Angleterre les travaux du célèbre Wedgwood et de tous les potiers qui l'ont suivi dans la voie de, recherches opiniâtres qu'il avait ouverte à ses nombreux émules. Nous aurons à distinguer dans ces pâtes : . I**. Les poteries à pâte silexée; 2*. Les poteries à pâte ferrugineuse; 3°. Les poteries à pâte feldspathique.

Les faïences fines anglaises, les grès communs et les grès fins anglais composent ces trois genres.

Poteries dures a pâte silexée. — Les alcalis commencent à jouer un rôle dans ces pâtes , aussi faut-il les doser avec soin lorsqu'on fait aujourd'hui l'analyse d'une pâte de faïence fine. Voici les résultats que j'ai trouvés dans diverses poteries de ce genre :

MOTSKAHCB.

■TtlCB.

ALVMTin.

OXTDB

de fer.

CBAOX.

MAOlfiSIB.

ALCALIS

Faïence de Creiî

Faïence de M. Minton.

Faïence de Wedgwood

On trouve dansles livres anglais un grand nombre de compositions qui sont plus ou moins propres à donner des résultats satisfaisants ; la diflBculté dans ces sortes de fabrications n'est pas tant du reste d'avoir de bonnes pâtes que de connaître la composition d'une glaçure qui s'accorde assez bien avec ces pâtes pour ne gercer ni tressailler, quelle que soit la durée de la pièce. Nous ïïe répéterons pas ici les dosages que contiennent les ouvrages ^éjà publiés ; nous y renverrons , mais nous présenterons de nou-

velles compositions qui ont donné des résultats satisfaisants. Elles nous ont été communiquées à l'occasion des travaux des jurys pour les expositions universelles de i85i et i855. Nous ne séparerons pas les pâtes et les glaçures qui leur sont applicables. A titre général, la composition des pâtes se rapproche de la suivante :

Argile plastique 80 — 65

Silex pyromaque bçoyé 20 — 35

Une partie de Fargile peut être remplacée par des kaolins lavés. On peut en même temps substituer une certaine quantité de feldspath ou de pegmatite à son poids de silex.

Poterie dure à pâte lilexée, à glaçore tilîoo-alcaliiie. — Les faïences fines des frères ËUers recevaient dans l'acte de la cuîssod et par volatilisation une certaine quantité d'alcali , qu'on appliquait en couches épaisses dans l'intérieur des étuis. Il se formait alors sur la surface de la pièce un verre alcalin très-mince , donnant à la poterie un certain brillant qui respectait les détails de la sculp- , ture dont ces pièces étaient ornées. Voici , parmi plusieurs , un exemple de mélange pouvant se volatiliser dans les circonstafices citées ici :

Sel marin 70

Carbonate de soude 20

Oxyde de plomb 10

Le sel marin et le carbonate de potasse se volatilisent et se décomposent à la surface de la poterie qui doit être, en vue de la réussite, chargée d'une grande quantité de silice.

Poteriei dures à pâte silexée , à glaçure plombifère. — Ces poteries que le premier Wedgwood avait créées sous le nom de cream colour, rentrent précisément dans l'espèce dont nous nous occupons ; le borax ne fut employé que plus tard.

Si l'on fait fondre :

Sable 3o — 35

Minium 45 — 45

Soude à 70 degrés. . . i5 — i5

Verre ordinaire 10 — i5

on obtient de belles glaçures brillantes, mais beaucoup trop rayables et qui fondent trop promptement. Ces glaçures donnent par leur

application sur les pâtes ci-dessus désignées , la reproduction des poteries du célèbre Wedgwood.

Poterief dures k pâte lilexée, k g^laçure ftannirère. — C'est à Lunéville qu'on a préparé depuis assez longtemps la faïence fine émaillée, comme on y avait fabriqué la terre de pipe émaillée que nous avons étudiée déjà. La dureté de l'émail a fait tenter quelques essais dans le but de durcir la glaçure de ces sortes de poteries; mais la concurrence des porcelaines, celle des cailloutages , ont empêché l'extension de cette fabrication ; son prix est assez élevé par l'intervention de l'oxyde d'étain dont la valeur croît tous les jours.

Poteries dures à pâte silexée , à çlaçure boracîque. — L'espèce céramique dont nous parlons maintenant est la véritable faïence fine ; c'est à des variétés de cette espèce qu'on a donné le nom de porcelaine opaque, croyant relever par cette désignation , qui n'a pas de sens , la valeur du produit ; on oubliait que le caractère propre des porcelaines est la transparence.

Je réunis ici quelques dosages inédits qui donnent , tant à Creil qu'à Kéramis, à Forges-les-Eaux , à Saint-Amand, de bons résultats. La pâte se compose de la manière suivante :

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