II
En introduisant, dans la pâte des boutons, différents oxydes métalliques , on obtient des boutons teints dans la masse. On a préparé des boutons bleus de nuances variées avec Toxyde de cobalt, seul ou mélangé d'oxyde de zinc ou d'alumine, des verts de diverses nuances avec l'oxyde de chrome, des gris avec l'oxyde de nickel, des bruns avec le chromate de fer, des noirs avec l'oxyde de cuivre , etc. Ces pâtes colorées se cuisent exactement comme si les boutons étaient en pâte blanche.
Les boutons blancs ou colorés dans la masse sont triés et livrés à l'encartage ; mais ils peuvent être dorés ou peints des couleurs très-variées que fournit la palette du peintre en porcelaine. La dorure et la peinture se font au moyen de l'impression. Des cylindres d'acier gravés permettent d'obtenir le transport de la couleur sur un papier sans fin. L'impression s'effectue par des moyens très-simples et très-rapides sur des boutons collés préalablement sur une feuille de papier, et la cuisson s'opère dans des fours analogues à ceux qui servent à la cuisson des boutons blancs, c'est-à-dire à vue , à feu continu , et par des moyens tout à fait semblables à ceux que je viens de décrire. Il n'y a de différence que dans la température qui atteint à peine le rouge cerise , tandis qu'elle s'élève jusqu'au blanc dans les fours à cuire la pâte à boutons.
La dorure appliquée de cette manière deviendrait dispendieuse ; on l'emploie plus volontiers pour faire des. filets sur le bouton ; il doit alors recevoir du brunissage un éclat qui le complète.
L'encartage se fait sur des cartes piquées à la machine ; l'encartage proprement dit est la seule opération qui ne se fasse pas mécaniquement, aussi coùtait-il d'abord 48 à 5o centimes par masse, c'est-à-dire en moyenne les 3o pour 100 du prix de la masse des boutons blancs. Aujourd'hui cette dépense ne s'élève qu'à 10 à i5 centimes.
Les moyens perfectionnés par M. Bapterosses et la concurrence qui se maintient entre ses produits et ceux obtenus par les procédés anglais ont amené sur les prix de vente une baisse considérable; l'accroissement de la consommation a dû s'en ressentir. Les prix se sont abaissés de 8 francs la masse encartée (prix de 1845) à i'''75% et môme I''25^ La fabrication de M. Bapterosses atteint aujourd'hui de huit cents à mille masses par jour, y compris cenl
SYNTHÈSE CÉRAMIQUE. Sgg
cinquante masses de boutons imprimés, ces dei'niers au prix moyen de 4 francs la masse.
M. Ebelmen termine son Rapport, duquel les détails qui précèdent sont extraits, en constatant un résultat des plus honorables pour l'industrie française : la fabrication des boutons a cessé complètement aujourd'hui dans la Grande-Bretagne, et les cessionnaires du brevet Prosser achètent maintenant en France les boutons qu'ils vendent en Angleterre.
En présence de ces faits, plusieurs fabriques spéciales ont tenté de s'établir concurremment à Paris ou dans quelques pays voisins. A Paris, les tentatives ont échoué ; elles n'ont pas réussi davantage en Espagne ; mais il paraît que l'Allemagne et le duché de Bade possèdent des manufactures de boutons en voie de prospérité.
4oo VINGT-DEUXIÈME LEÇON.
SYHTBiSSB ET AirAZ.YSSS CÉRABEX^UES.
Fabrication des poteries. — Poteries opaques tendres; simples, composées.— Faïences communes; poteries simples, composées. — Faïences fines; poteries simples, composées. — Grès communs et fins; poteries simples, composées.— Porcelaines dures ; poteries simples, composées. — Porcelaines tendres anglaises; poteries simples, composées. — Porcelaines tendres françaises; poteries simples, composées.
Analyse céramique. — Matières solubles dans Teau. — Gypse , acide borique, borax, sel marin, carbonates de potasse et de soude. — Matières insolubles dans Teau , solubles dans les acides froids ou chauds, carbonates de chaux , de magnésie. — Matières insolubles dans les acides. Kaolin, pâte cuite, vernis. — Mélanges de matières solubles et de matières insolubles dans l'eau et dans les acides.