‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 84 sur 102 · FI?. IM · texte numérisé non relu

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four à cristal; un certain nombre d'arches se partagent l'espace à

Tentour du foyer, et chacune d'elles reçoit six ou sept moufles superposés. Le nombre en est, du reste, variable avec la hauteur des fours. La flamme s'élève du foyer jusqu'à la voûte du four pour redescendre dans chacune des arches et en circulant tout à l'entour des moufles jusqu'à des carneaux placés à la partie inférieure et qui vont se réunir dans une cheminée centrale. Les fours ronds de M. Bapterosses ont soixante moufles, les fours rectangulaires n'en ont que vingt-huit; ils peuvent rester en feu plusieurs mois consécutifs sans avoir besoin de réparations.

Chacun des moufles peut recevoir une plaque de terre de même dimension que la feuille de papier sur laquelle se sont rangés les boutons au sortir de la presse. Quand la plaque est rouge, l'ouvrier vient poser dessus la feuille de papier recouverte de boutons; le papier, se brûle et les boutons se trouvent placés sur la plaque de terre rouge dans la position symétrique qu'ils avaient au moment du moulage. Les plaques sont remises au four; elles y restent dix minutes environ, temps qui , n'allant pas au delà dans les plus mauvaises circonstances, est bien suffisant pour les cuire. On relire la plaque, on enlève d'un coup de rable les boutons qui la recouvrent , et comme elle a conservé presque toute sa chaleur, elle peut servir immédiatement à une nouvelle opération.

Si l'on n'avait la précaution d'enlever par des lavages acides la quantité de l'oxyde de fer contenu dans la pâle , les boutons cuiraient jaune ou rougeâtre ; ils sont d'un blanc parfait, quand on en-

lève les dernières traces de cet oxyde. Ce fait donne raison, ce rae semble, à l'explication que j'ai présentée tome II, page 269, sur l'enfumage de la porcelaine. Dans les conditions de cuisson des boutons à feu continu, l'atmosphère qui les entoure , entièrement éloignée de tout mélange avec le gaz provenant de la combustion , est nécessairement oxydante.

Un four de soixante moufles, qui peut cuire en vingt-quatre heures cinq cents masses de boutons, brûle dans le môme temps environ 6,000 kilogrammes de houille. Un même ouvrier, chargé de la surveillance d'une rangée de moufles , travaille pendant douze heures consécutives.

La manœuvre des plaques est facilitée par la tournette ; c'est une plaque métallique à deux rebords verticaux , de la largeur des plaques de terre qu'elle doit recevoir, fixée horizontalement sur un axe vertical qui peut recevoir un mouvement de rotation. Les boutons cuits sont reçus dans des appareils ingénieusement disposés dont on trouvera la description et la figure dans le Bulletin de la Société d'Encouragement ( 5i' année , page 828 ). Ces appareils sont des espèces de caisses à claires-voies , disposées par juxtaposition autour d'un axe mobile qui leur permet de se présenter tour à tour devant l'ouvrier se préparant à vider sa plaque de terre rouge et chargée de boutons cuits. Une plate-forme fixe, analogue à la tournette dont il vient d'être question , est solidement rivée sur la caisse commune qui doit réunir, après le refroidissement, les boutons provenant d'une série de ^cuissons successives. Chacune de ces caisses a son fond mobile autour d'un axe horizontal qui se confond avec l'arête inférieure opposée à l'axe vertical qui sert de pivot k tout le mécanisme. A l'aide d'une simple pression sur des tiges de fer que des ressorts à boudin maintiennent relevées , le fond s'ouvre en s'abaissant , et les boutons tombent dans la caisse commune qui se trouve alors au-dessous. La caisse vide est prête à recevoir une nouvelle cuisson. Les boutons se refroidissent pendant le temps que la caisse met à revenir à cette dernière position.

Comme nous n'aurons pas à revenir sur cette fabrication , nous dirons tout de suite quelques mots de leur décoration, qu'on pourra comprendre du reste d'après ce que nous avons déjà dit en traitant de la chimie céramique.

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