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de
Post de Tours.
Minimum... 0.21
Maximum. . 0,H\ Moyenne des
dosages . . 0,39
M. H. Mamgox.
M. Bobierre. M. Durand.
(1) Expériences sur l'emploi des eaux d'irrigation, etc., p. 16t.
La fixité remarquable des doses d'azote à diverses époques mérite d'être signalée, on ne saurait méconnaître, d'autre part, la haute importance des 3 millièmes d'acide phosphorique déterminés dans l'analyse n° 2.
Il y a quelques jours à peine, je causais avec un ingénieur, d'une forte tempête et des sinistres qu'elle avait occasionnés à l'embouchure de la Loire. Cette tempête, me disait-il, a causé de grands malheurs, mais en refoulant les eaux et leur limon sur les prairies de la basse Loire, elle a déterminé un excédîint de production représenté par des millions, et ce résultat a été surtout manifeste en raison de la mauvaise récolte de fourrage constatée, pendant la môme année, dans la généralité des prairies de la région.
La composition des limons déposés par les fleuves vous fait comprendre, Messieurs, la fertilité à laquelle ils donnent lieu, lorsque toutefois leur volume n'est pas tel que la végéCation soit étouffée.
Tel terrain, telle eau.- — Importance de la pureté des eaux alimentaires. — Les mauvaises eaux et les épidémies. — Réactifs des eaux. — Composition des principales poux. — Divers modes de conservation des eaux alimentaire?. — Considérations générales sur l'emploi des eaux.
Messieurs,
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les eaux pluviales changent de nature par leur contact avec le sol. L'origine géologique des roches influe nécessairement sur la quantité ou la composition des matières abandonnées à l'eau. Pline exprimait cette proposition élémentaire lorsqu'il disait : Taies sunt aquœ quales sunt terrœ per quas fluunt.
Je vous ai parlé, Messieurs, dans notre dernière réunion, des matières que l'eau peut enlever au sol, et vous avez vu ce liquide devenir un véritable véhicule de principes fécondants par son contact avec les roches divisées, plus ou moins imprégnées de substances organiques. L'eau idéale, l'eau distillée, ne serait donc pas un type désirable pour les irrigations ; je dirai plus, les fonctions animales sont facilitées par l'apport sous forme de solution de principes calcaires et alcalins contenus dans les eaux alimentaires. Il ne faut pas, toutefois, pousser jusqu'au paradoxe l'adhésion à cette loi générale, et proclamer la supériorité des eaux fangeuses et impures, parce que les bestiaux semblent quelquefois les rechercher. Il est vrai que très-souvent
les bestiaux ne témoignent pas de répugnance pour des eaux croupies; mais indépendamment de la dépravation du goût qui se manifeste chez les animaux comme chez l'homme lorsque les conditions où ils sont placés sont anormales, il faut reconnaître que les eaux fangeuses sont souvent très-chargées de substances salines ; or, on remarque dans plusieurs contrées, et notamment dans les steppes de l'Amérique du Sud, que les eaux dans lesquelles il entre de faibles doses de sulfate de soude ou de sel marin sont particulièrement recherchées par le bétail. L'eau pourrait bien, vous le comprenez, être acceptée par les animaux, quoique fangeuse, et non parce que fangeuse.
Ce qui me confirmerait dans cette opinion, c'est l'assertion de M. Pouriau, professeur de chimie à la Saulsaie, qui a remarqué la répugnance invincible inspirée par les eaux sales lorsqu'on tente d'y abreuver des bestiaux habitués à un liquide normal. Je ne crois pas, au reste, qu'il y ait un seul vétérinaire instruit dont les enseignements aient posé en principe qu'au mépris de toute loi physiologique, l'alimentation par l'eau croupie soit le nec plus ultra du régime hygiénique.
En 1854, une mortalité qui prenait d'alarmantes proportions s'était déclarée dans les marais de Montoir. Ce fait, qui s'était déjà produit en 1853, appela l'attention de M. Abadie, vétérinaire de la Loire-Inférieure, qui reconnut bientôt la cause à laquelle il fallait l'attribuer. Les bestiaux, en effet, s'abreuvaient dans des douves remplies d'une eau basse et croupie mêlée de détritus de tourbe, d'insectes et de poissons. L'analyse de cette eau, que j'exécutai sur la demande de M. Abadie, me fit reconnaître qu'elle renfermait par litre plus de 9 grammes de résidu solide composé de sels terreux et de substances organiques azotées.
Un bœuf consommant environ 40 litres d'eau par jour, introduisait donc 400 grammes de ce résidu dans ses organes digestifs. Tous ne serez pas étonnés lorsque j'ajouterai que la mortalité cessa dès que le troupeau fut retiré du pacage incriminé et conduit dans les prairies de Cordemais.
Souvent les puits des fermes sont altérés par des infiltrations de purin, d'eaux ménagères, et les principes albuminoïdes contenus dans leurs eaux exercent une fâcheuse action sur les hommes et
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les animaux ; le contact de végétaux en décomposition altère profondément aussi les eaux potables. Plusieurs moyens permettent de reconnaître l'impureté de ces liquides. Lorsqu'on les fait bouillir, ils moussent généralement, et si après les avoir introduits dans un ballon on y ajoute quelques gouttes de chlorure d'or, la belle couleur jaune de ce réactif devient verdàtre, puis rougeàtrc, en même temps que la limpidité du liquide disparaît. Les substances organiques sont-elles de nature animale, comme le purin, les liquides des fosses d'aisances, les eaux de basse-cour : on ajoutera quelques fragments de potasse dans l'eau examinée, on fera bouillir dans un ballon et on placera à l'orifice de ce ballon un papier imprégné de teinture de tournesol rougie. La matière animale donnera bientôt naissance à de l'ammoniaque qui ramènera au bleu la teinte rouge du papier réactif (1).
Après l'inondation de 1850, à l'époque où la Loire, dont la température était assez élevée (15 à 20 degrés centigrades) avait séjourné longtemps sur les prairies, les plantes étaient devenues sèches et friables, elles avaient subi une sorte de rouissage. Or, l'eau moussait, réduisait le chlorure d'or, devenait impropre à la fabrication de la bière et renfermait un grand nombre d'êtres microscopiques.
Je vais maintenant, Messieurs, verser dans une eau de source notoirement chargée de matières minérales quelques réactifs spéciaux et je pourrai démontrer :
i°La présence des sulfates et des carbonates, si les sels solubles de baryte donnent un précipité blanc. Ce précipité sera dû à un sulfate, s'il est insoluble dans l'acide azotique ;
2° Les chlorures, si l'eau donne avec l'azotate d'argent un précipité insoluble dans l'acide azotique, soluble dans l'ammoniaque et susceptible de noircir rapidement à la lumière solaire ;
3° De la chaux, si elle est troublée par l'oxalate d'ammoniaque ;
(I) M. le docteur llrame appelle ammonnscope un petit flacon rempli d'amiante humecté avec de l'acide acétique eristallisaMe, et dont les émanations donnent naissance a un épais nuage blanchâtre en présence d'un dégagement même très-minime d'ammoniaque.
4° De la magnésie, si l'eau soumise à l'ébullition et filtrée, puis additionnée d'ammoniaque dans un flacon bien bouché, fournit un précipité blanc floconneux ;
5° Des silicates alcalins, si l'eau évaporée aux neuf dixièmes devient très-alcaline et laisse déposer de la silice, ainsi que cela arrive pour toutes les eaux des terrains primitifs et de transition ;
6° Des azotates, si le résidu fourni par l'évaporation de l'eau et traité par 5 ou G grammes d'eau distillée, donne une solution qui brunisse fortement le protosulfate de fer en poudre qu'on aura humecté à l'avance avec de l'acide sulfurique.
On peut encore constater la présence des azotates en introduisant le résidu dans un petit tùbe bouché, avec de la limaille de cuivre et de l'acide sulfurique. Si l'on chauffe et s'il y a des azotates dans le résidu examiné, il se dégage immédiatement des vapeurs jaunes ou rougeàtres dont la couleur et l'odeur sont caractéristiques.
En vous donnant ces détails, Messieurs, je n'ai pas la prétention de vous tracer une méthode d'analyse répondant à tous les besoins et à toutes les circonstances ; mon but est plus modeste. Je voudrais vous fournir les moyens d'obtenir par vous-mêmes ces résultats approximatifs et suffisants dans beaucoup de cas pour les besoins de la pratique. Gela posé en principe, je n'entretiendrai aucune illusion chez ceux d'entre vous qui rêveraient la possibilité de faire immédiatement des analyses délicates et précises. Toute l'habileté du chimiste exercé doit être consacrée à de telles opérations.
M. Deville a analysé successivement :
L'eau de la Garonne, prise à Toulouse,
— de la Seine, — Bercy,
— du Rhin, — Strasbourg,
— de la Loire, — Meung,
— du Rhône, — Genève,
— du Doubs, prise au port de Rivotte {I/.
Et il a obtenu les résultats consignés dans le tableau suivant : (l) Annal:* de chimie et de physique, t. XXIII, Z* série.
VU