PLANTES RECUEILLI KS
1° Dans le» Crucifères f six analyses)
"2° Dans les Légumineuses (six analyses;
:{° Dans les l)ipsa<ées (cinq analyses).
4" Dans les Salicmées du genre l'opulus (cinq analyses)
Moyenne îles proportions centésimales de chaux.
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ralcaires. argileux.
Si vous considérez, Messieurs, la dernière colonne des deux tableaux que je viens de mettre smis vos yeux, vous y remarquerez que, même sur des sols argileux, il y a ou absorption de chaux par le végétal. C'est que, dans le sol arable, il su Hit de proportions extrêmement petites — je dirai même inappréciables par nos réactifs cependant si sensibles — de matières utiles au végétal, pour que celui-ci se mette à leur recherche, les sépare, les aspire, les assimile et les amène ainsi des profondeurs de la terre dans les ti^rcs, les feuilles, les fleurs et les fruits où leur localisation devient si aisément évidente qu'il suffit, pour l'établir ensuite, d'une incinération pure et simple.
Nous reviendrons souvent sur ce sujet.
GardeZ-VOUS toutefois d'oublier, Messieurs, qu'à côté de ces faits il en est de non moins intéressants pour vous, agriculteurs Bretons, qui voulez avant tout être éclairés sur la production: la plus avantageuse, dans les conditions déterminées par la nature arjiilo-sehisteuse du sol que vous exploitez.
Une loi sur laquelle sont d'accord tous les savants dont viens de vous citer les noms, une loi qui ressort, non-seulement des expériences de laboratoire, mais encore de la diminution de fécondité de quelques pays trop longtemps producteurs des mêmes récoltes, c'est celle du choix des végétaux pour un principe minéral plutôt que pour un autre. Entendons-nous : ce choix pourra bien cire contrarié pur l'homme dans une limite
restreinte; la plante pourra bien, à la rigueur, subir une modification de régihie, selon le terrain qu'on lui offrira ; mais rappelez-vous toujours que, si le froment, par exemple, fournil des cendres généralement riches en acide phosphorique, il faudra plutôt se préoccuper de lui en donner abondamment soit par le choix du sol, soit par la composition des engrais, que s'adonner à des recherches de détail sur les modifications possibles des cendres du froment selon les localités. Savoir de quels aliments minéraux les plantes usuelles sont avides, c'est un grand point, puisque la science des assolements et des engrais dérive immédiatement de cette connaissance.
Si, nous éloignant un peu du terrain de l'agronomie proprement dite, nous voulions faire ici de la science pure, nous pourrions constater des faits physiologiquement fort curieux. Nous reconnaîtrions premièrement que la composition des cendres d'une plante peut subir de grandes modifications selon les sols, et qu'en somme elle consomme ce qu'on lui donne sans cesser pour cela d'avoir ses aspects ordinaires. J'ai analysé des ajoncs, des pins, des genêts, venus sur la lande de Bretagne ou dans des terrains fumés depuis trente ans. Eh bien, la dose relative de la silice, des sels alcalins, de l'acide phosphorique subissait des variations énormes sous les influences des deux terrains si différents l'un de l'autre. M. Cloetz, de son côté, a étudié la composition du salin que fournissaient les cendres du choux marin, cultivé au jardin des Plantes de Paris et au bord de la mer, il a trouvé :
Bord «le la nier. Jardin dis Plantes.
Chlorure de sodium 49,00 7,9
— de potassium 20,20 8,3
Sulfate de potasse 20,i0 78,0
— de chaux 3,20 4,8
(les différences sont remarquables; elles ne prouvent pas toutefois qu'il y ait culture prospère lorsqu'on s'éloigne des conditions révélées par l'observation des plantes recueillies dans des sols offrant tous les principes nécessaires à la végétation. Ce qui est certain, c'est qu'en pareil cas les plante* choisissent, et
qu'il est bon de leur laisser la parole pour connaître les saines traditions à suivre.
Un chimiste dont je prononce souvent le nom dans ces conférences, parce que ses travaux ont largement contribué à fonder la chimie agricole moderne, M.Boussingault, a voulu — se plaçant sur le terrain de la pratique — effectuer cette utile recherche des matériaux du sol spécialement assimilables par telle ou telle plante. Vous comprenez facilement, Messieurs, qu'en possession d'une telle donnée, l'agronome intelligent puisse apprécier avec une suffisante rigueur ce qu'une récolte enlève à sa propriété, et par suite ce qu'il faut qu'il lui restitue. D'autre part, s'il est établi que le végétal A enlève surtout un principe inorganique du sol qui n'est pas très-nécessaire au végétal B, il sera possible d'admettre que les cultures de A et de B se succéderont sans danger; c'est là, n'est-ce pa<, du simple et vulgaire bon sens.
Voici ce que 100 parties de cendres des plantes cultivées par M. Boussingault, dans son domaine de Bechelbronn, lui ont fourni en acide phosphorique (le phosphate de chaux des os contient 45,81 pour 100 de cet acide), puis en potasse et en chaux. Je laisse de côté à dessein les autres substances constitutives de ces cendres, telles que silice, magnésie, soude, chlore, acide sulfurique, etc. Mon but étant tout spécial, mon désir étant de vous conduire sur un terrain de culture que j'appellerai commercial, mes citations se bornent aux matières les plus chères, nécessaires aux végétaux. Or, les phosphates, les alcalis, la chaux, voilà pour vous, Messieurs, ce dont il importe d'être préoccupé. Mais revenons aux analyses de M. Boussingault ; tdles lui ont fourni ces chiffres :