‹ Leçons de chimie agricoleChapitre 27 sur 87 · SI HSTAX<:KS MINÉRALES ENLEVÉES AU SOI. SI R I X HECTARE · texte numérisé non relu

SI HSTAX<:KS MINÉRALES ENLEVÉES AU SOI. SI R I X HECTARE

XATl'HK DE LA RÉCOLTE.

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Navets dérobés, demi -récolte. .

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Mis

Fèves a l'état normal

N'oublions pas le sarrasin, qui enlève en moyenne à chaque hectare de terrain :

Acide

Alcalis. Chaux. phosphoriquc.

Grain 0M1 |fc,tO 11^,00

Paille 2 ,81 10 .63 0 12

9k, 10 12*09 IIM2

Ainsi, la récolle du blé faite sur un hectare de terrain correspond à l'enlèvement d'environ 19 kilogrammes d'acide phosphorique; une récolte de fèves enlève 22 kilogrammes du mèn <■ acide. Or, supposez, Messieurs, que, dans un sol pauvre par lui-même, cela se répète longtemps ; supposez que l'agriculteur, par l'accumulation dans ses fumures des principes atmosphériques, carbone, azote, oxygène, hydrogène, ait poussé dans ses dernières limites l'extraction par les plantes de l'acide phosphorique, des alcalis et de la chaux que renfermait son terrain : que lui arrivera-t-il ? La maigreur des récoltes, conséquence d'un épuisement du sol, l'insuccès, la ruine, en un mot. C'est le sort de tout agronome imprévoyant qui compte trop sur les ressources de la terre, parce qu'il voit l'atmosphère éternellement prodigue. Je me hâte de dire que souvent et sur un sol

riche en engrais minéraux, c'est également la destinée «le ceux qui demandent l'azote à l'atmosphère, sans travailler eux-mêmes A la transformation, à l'appropriation de ce gaz à leurs besoins.

Monsieur P. de Oasparin calculait récemment que sur une propriété qu'il possède en Provence, on a enlevé en trente-cinq ans 700 kilogrammes d'acide phosphorique par hectare : le terrain, d'après son analyse, ne renferme actuellement que 0,064% de ce même acide combiné à la chaux, soit à raison de 400 kilogrammes de terre en production par mètre carré,. 2500 kilogrammes d'acide phosphorique par hectare. Or, si la richesse du terrain était il y a trente-cinq ans de .'1200 kilogrammes d'acide phosphorique par hectare, elle a dû être réduite d'un quart par l'enlèvement des récoltes, et, au bout de cinquante ans, elle serait réduite à 1500 kilogrammes, soit un peu moins de moitié ; les prés ne tarderaient pas alors à dépérir.

Toutes ces conséquences, hatons-nous de le dire, peuvent être conjurées par les irrigations, l'apport des couches profondes du sol et surtout par les engrais importés.

Nous dirons donc d'une manière générale qu'il y a des besoins spéciaux à telle ou telle famille de plantes, et que, tout en tenant compte de la faculté que possèdent les végétaux de modifier leurs conditions d'existence, il sera toujours prudent, en pratique sérieuse, de revenir aux lois révélées par l'analyse des récoltes obtenues dans un sol complet. Ici tous les aliments sonl offerts simultanément à la plante. Eh bien, il y en a incontestablement qu'elle assimilera plus spécialement.

De la constatation de ce fait si important il résulte clairement que la succession non interrompue d'une môme culture doit appauvrir le sol de certains principes plutôt que de certains autres. Voilà pourquoi on a créé les assolements, c'està-dire l'alternance des récoltes, c'est-à-dire enfin la diversité des emprunts au sol.

Les agriculteurs admettent généralement que, même dans un sol où tous les éléments fertilisants sont réunis, il y a imprudence à cultiver la même plante d'une manière continue. A l'occasion de Y Enquête sur les engrais industriels (4), une fortin-

(1) Publication du Minùfère de l'agriculture, t. I, p. m (Imprimerie impériale).

ici* LKCONS DE CHIMIE AGKICOLE.

léressante discussion a eu lieu sur ce point fort important. Si la publication de cette enquête vous tombe sous les yeux, vous y verrez qu'en Chine la jachère est inconnue et impossible en raison de l'énorme densité de la population, les récoltes sont épuisantes, mais les engrais sont abondants et bien employés ; d'autre part il y a d'immenses contrées où de temps immémorial on ne cultive qu'une seule plante, et dans la plaine de Tchentou en particulier, qui a près de quarante lieues de diamètre, chaque été amène les mêmes moissons de riz, sans que, depuis des siècles, on se soit aperçu qu'elles aient diminué ; l'hectare y produit 7, 8 et 9000 kilogrammes de riz et vaut 30, 000 francs!... Dans la plaine de Pékin on cultive continuellement le blé, le millet et le sorgho depuis trois ou quatre cents ans. M. Boussingault a vu les mêmes faits se produire en Amérique sur les plateaux des Andes, et en France on pourrait en citer des exemples assez nombreux (1).

Il convient de remarquer à cette occasion que la consécntivité des mêmes cultures peut faire courir de grands risques aux récoltes parce qu'en général, en poussant à la production d'une plante spéciale, on développe aussi les insectes qui l'attaquent.

Il ne faut pas oublier non plus que certains terrains, où l'on pratique impunément ces méthodes, sont ou des alluvions trèsriches comme ceux de la Vendée, ou des terrains largement irrigués comme les rizières des bords du Po, ou enfin des terres qui, fumées avec une rare intelligence, comme celles de la Chine, deviennent de véritables magasins d'engrais complets. En regard de ces faits, dans nos climats, et pour la grande majorité des sols cultivés, il faut admettre, Messieurs, la haute logique de l'alternance des cultures. Dans les vieux baux du Berry on défendait, non san> raison, de faire blé sur blé. En Normandie, on devait « faire valoir en bon père de famille et ne jamais mettre blé sur blé. » Faut-il ajouter que, dans beaucoup de parties de la France, les luzernières n'ont qu'une durée limitée, tandis

(1) M. CrospelIHisIe a fait venir de la betterave pendant quatorze ans sur le même terrain. Dans le Rognon du Nivernais, on f.iit blé sur blé. Dans les environs de Toulouse, on a un assolement très-épnisant : blé, maïs, b!c. maïs», etc., sans interruption ni j.ichère. En Normandie, on sème le chanvre tous les ans à la même place pendant un grand nombre d'années.

SEPTIEME LEÇON. lot*

qu'en Chine, M. Simon (1) en a vn cultiver pendant un temps indéfini. Je conclurai en disant que, dans un sol ordinaire, l'alternance des cultures est dictée par une saine entente de^ choses, et qu'en admettant même un sol naturellement trèsriche ou fumé d'une manière exceptionnelle, il peut y avoir des inconvénients dans nos climats, à cultiver la même plante d'une manière continue.

Je vous ai souvent parlé, Messieurs, d'un sol ayant tous les éléments nécessaires à la plante. L'analyse chimique peut nous renseigner à priori sur ce point, toutefois l'analyse ne nous éclaire pas toujours d'une manière suffisamment nette au sujet de l'état plus ou moins favorable à l'assimilation sous lequel existent des matières contenues dans la couche arable. 11 est alors fort utile d'expérimenter à l'aide des plantes, comme plusieurs savants l'ont conseillé depuis longtemps, et en suivant les règles pratiques développées et vulgarisées avec tant de persévérance depuis quelques aimées par M. Georges Ville ("2).

L'expérimentation par les plantes est d'une mise en pratique facile à comprendre. Supposons, en effet, qu'une culture d'essai soit instituée dans un pot sur de la terre de landes de Bretagne pure, et qu'on arrose avec de l'eau distillée. La récolte sera, je suppose, représentée par 5. Ajoute-t-on dans un autre pot, et à cette même terre, un engrais renfermant un sel ammoniacal, de la chaux et de l'acide phosphorique, la récolte devient 20.

( m a également :

Avec engrais complet, moins le sel ammoniacal 18

— moins le phosphate de chaux îi

— moins la potasse 18

— moins la chaux »

(I) Enquête mr /es mgrais industrie's, vol. I, p. .*»î)9.

i?) Toul en rendant justice aux ell'orts éclairés de M. (',. Ville ro :r la vulgarisation d'idées vraies, en matière d'essais du sot par les végétaux* je n'ai pu méconnaît re les droits des savants qui lui avaient antérieurement tracé la voie d'une manière sure. Ennemi par nature et par habitude des |o!emiques personnelles, j'essaie de rendre justice à chacun, mais je ne puis reeonnaitre à l'habile professeur du Muséum la découverte des principes dont son mérite a surtout consisté à poursuivie les applications. J'ajouterai que ces lignes s'appliquent exclusivement à l'essai du sol par les plantes, et nullement aux méthodes de fertilisation préeoni-ées par M. G. Vil'e à l'aide des entrais dits chimiques, sur lesquels je m'exj'li |uerai plus loin.

100 l.EOiNS DECIIIMIK AGRICOLE.

Que résiilte-t-il de cet essai? que le manque d'acide phosphoi i(|ue et de chaux dans l'entrais a été surtout préjudiciable ; donc, que le phosphate de chaux faut surtout défaut dans le sol examiné.

Faites le môme essai sur «les parcelles de terrain de 1 arc environ et vous obtiendrez des indications for! utiles à la condition de conserver un chemin d'un mètre de largeur environ « ntre chaque parcelle cultivée.

Je suppose que vous soumettiez à l'épreuve quatre parcelles dans les conditions suivantes :

Y' |. Sans engrais.

i. Engrais complet •\. — minerai sans azote.

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