Terre sans engrais
Vous reconnaîtrez par la nature des récoltes obtenues quelles sont les substances dont la soustraction dans l'engrais est la plus préjudiciable et qui, dès lors, taisaient surtout défaut dans le terrain soumis à l'expérience. Les éléments nécessaires à la production des engrais analyseurs du sol ont été ainsi combinés par M. <i. Ville.
4 Phosphate acide de chaux (? ,
Nitrate de potasse, Sulfate d'ammoniaque, Sulfate de chaux.
(1) Cette méthode d'expérimentation a été pratiquée chaque année, de is î • à 1801, par MM. Lawes et Gilbert à Kothamsted (Voir les vol. XII et XIIF du
Journal de lu Socie/è royale d'ayruullure il1 'Angleterre). (•j) Sous cette dénomination, les instructions de M. Ville et celles de
Lorsqu'on veut soustraire la matière azotée tout en conservant la potasse, on remplace le nitrate par du carbonate de potasse. Au surplus, le commerce offre tous ces mélanges fabriqués h l'avance, et je ne dois ici insister que sur le principe de leur emploi qui peut être évidemment fécond en renseignements utiles, conformément à ce que publiait le prince de Salm-Horstmer en 1831.
Revenons maintenant aux lois générales de la végétation.
Lorsqu'on analyse les récoltes, on y constate une remarquable relation entre les produits azotés et l'acide phosphorique. M. Maycr(l) a analysé 10 échantillons d'avoine, 10 échantillons «l'orge, 10 échantillons de froment et 10 échantillons de seigle, cultivés sur des terrains distincts; il a dosé avec soin l'azote el l'acide phosphorique de ces produits agricoles; il a constaté une fois de plus :
1° Que les oscillations qu'on remarque entre les proportions d'azote et d'acide phosphorique sont comprises dans des limites très-restreintes ;
2° Qu'il en est de même — au moins quant à ces semences — pour la quotité de cendres;
:j° (Ju'il existe une relation remarquable entre les matières albuminoïdes et l'acide phosphorique que renferment les graines. A une augmentation dans la proportion de l'acide phosphorique correspond une augmentation dans la proportion des matières albuminoïdes. On peut donc admettre que la formation des matières albuminoïdes dans les graines esl subordonnée à l'existence des phosphates ;
\° Ce rapport diffère pour chaque matière albuminoïde. Les graines des légumineuses qui renferment principalement de l'albumine soluble et de la légumine, contiennent, pour la môme proportion d'acide phosphorique, une fois et demie à deux fois plus d'azote que les graines de céréales qui sont spécialement riches en gluten ;
M. Joulie mentionnent un produit dont la dose d'acide phosphorique soluble, donc de phosphate acide réel, est fort varialde, ainsi que je m'en suis assuré plusieurs fois.
il) Annaiender Chemie und Pharmacie, t. Cl, |». 120 (nouv. série, t. XXV?» février 1857.
I6i2 LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
5° Lorsque l'une des substances protéiques est remplacée par une autre, dans les semences de la môme espèce et de la même variété, le rapport de l'acide phosphorique à l'azote se modifie par cela même.
Ce dernier lait, Messieurs, avait été déjà formulé par M.Milnn. Récemment et d'une manière plus générale, M. Uoussingault a prouvé surabondamment, par de nombreuses expériences, (pie. dans l'action combinée de l'azote assimilable et des phosphates, était surtout résumé le grand problème de l'agriculture avantageuse. Azote et phosphates terreux, avait dit de son coté M. Dumas pour résumer les données de cette question; et s'il m'était permis d'associer le nom d'un obscur pionnier de la science à ceux de ces maîtres illustres, je vous rappellerais ce que je vous disais en 185G, au sujet de l'industrie des engrais commerciaux (I) : « A côté des usines où la chimie extrait el « condense les combinaisons ammoniacales, la génération qui « s'élève verra construire d'autres usines où l'acide phospho- « rique, que la nature a déposé dans certaines régions géolo- « giques, sera approprié aux besoins d'une agriculture perfec- <i donnée. »
Mais je parle. Messieurs, à un auditoire convaincu d'avance. Tous, vousavez été témoins des résultats admirables (pie, depuis tantôt quarante ans, l'emploi sagement compris du noir animal, c'est-à-dire de l'acide phosphorique uni à l'azote, peut réaliser dans l'agriculture des terrains granitiques et schisteux. Aujourd'hui l'importante extraction des phosphates fossiles alimente l'agriculture de quantités énormes de matières utiles. Jl y a là un grand, un intéressant symptôme de l'activité moderne et de la mise en valeur d'acide phosphorique qui, longtemps oublié, s'ajoute désormais aux fumiers pour fertiliser le sol.
Nous arrivons, Messieurs, à comprendre l'utilité des engrais, soit pour compléter les sols pauvres, soit pour rendre aux terrains fertiles, les matières qui en ont été extraites par la végétation et qui doivent y revenir. Non-seulement les engrais répartiront dans la terre arable les principes minéraux désormais trèsdiviséset très-assimilables, mais ils lui fourniront sous un petil
(I) La noir animal, p. *8.
volume les aliments atmosphériques solidifiés par l'organisation, et amenés par elle à l'état le plus favorable pour qu'une organisation nouvelle se manifeste. Détritus végétaux ou animaux, pailles ou chairs, feuilles ou excréments, cendres ou ossements, voilà des engrais dont une agriculture barbare peut seule ménmnaître la salutaire influence.
Je comprends jusqu'à un certain point qu'on établisse une distinction entre les engrais qui sont les débris de l'organisme et ceux qui appartiennent encore à la nature minérale. Ainsi le phosphate de chaux des os, par exemple, possède des propriétés physiques qui le différencient du phosphate chimiquement identique, dont certains terrains nous offrent le gisement. Ici l'industrie des engrais intervient pour modifier l'état d'agrégation de la substance minérale destinée aux besoins agricoles et, soit par les moyens physiques, soit par les affinités chimiques, transforme profondément cet état. Donc, que la chaux, les marnes, les nitrates, les sels ammoniacaux, les phosphates minéraux soient considérés comme des engrais d'une catégorie spéciale, je le comprends fort bien, mais je ne vais pas jusqu'à admettre que du fumier de ferme ou des terreaux, parce qu'ils sont en général obtenus par l'agriculteur et sur la ferme, soient des engrais au profit desquels le mot naturel doive être monopolé, tandis que les résidus de laine, cornes, crins, sang, peaux et tendons, les poudrettes, les déchets osseux et les résidus à base d'os et de sang sortis des raffineries, seront classés sous l'empire d'une illégitime méfiance parmi les engrais artificiels. Ce que je comprends et ce que je ne saurais exprimer avec trop de netteté, « est qu'une population qui se bornerait à recueillir du fumier, tandis qu'elle laisserait exporter les excréments et tous les débris dont je viens de parler, arriverait nécessairement à épuiser son soi arable.
Je me permettrai, Messieurs, de rappeler à cette occasion les paroles que j'avais naguère l'honneur de prononcer dans une séance solennelle du Comice agricole de Niort, c'est-à-dire sur un terrain où les engrais prétendus artificiels ont rendu de si grands services: « L'Association bretonne, disais-je, a constaté, il y a quelques années, que 25,000 hectares ont été défrichés de 1822 à 1848 dans la Loire-Inférieure, et qu'à cette dernière
époque , 100,000 hectares attendaient encore la conquête du laboureur (1). Or , si ces défrichements ont été possibles, si des cantons entiers ont changé d'aspect comme par enchantement, si des terres en rapport ont remplacé des landes stériles, c'est surtout au noir animal qu'il faut l'attribuer. Aujourd'hui, ce n'est plus seulement aux environs de Nantes, ce n'est plus seulement en Bretagne que le noir est recherché pour la fécondation du sol ; et, dans tous les départements de l'Ouest et du Centre où l'activité productrice a déclaré la guerre aux landes et aux bruyères, les demandes de noir sont telles que sa production devient insuffisante. Je jette les yeux autour de moi et je n'aperçois dans ce canton que des terres enrichies par le noir animal. Habiles à l'employer, beaucoup d'entre vous oui obtenu des récoltes que leurs aïeux n'eussent point osé espérer. Séduits par une fausse économie, d'autres ont eu des mécomptes, et cependant pas une voix ne s'élèverait parmi vous pour nier la précieuse action d'un engrais qui signifie : Récolte pour le sol et bien-ôtre pour le laboureur
« .... Attachez-vous, disait un célèbre agriculteur de l'antiquité, à faire un gros tas de fumier. Rien de mieux. Mais où prendre celui qui serait nécessaire aux 900,000 hectares de landes de notre Bretagne actuelle ? Est-ce aux vieilles terres, qui en ont à peine assez pour elles? Et, d'ailleurs, on ne transporte pas à bas prix — vous le savez. — De ce côté donc, pas de solution satisfaisante au grave problème de la mise en rapport de la lande. Avec le noir animal, au contraire, ce qui paraissait impossible devient facile, et c'est ainsi qu'une grande partie de l'arrondissement de Châteaubriant serait méconnaissable pour celui qui, l'ayant parcouru il y a trente ans, admirerait aujourd'hui ses belles cultures.
« Les plantes, les animaux naissent sur le sol de la ferme, s'accroissent aux dépens de la terre et de l'air. Or, la Providence
(I) Dans le département d'Ille-et-Vilaine, la superficie des terres incultes, en 1852, était de 98,832 hectares, dont la plus grande partie est aujourd'hui «n culture. Dans l'arrondissement de Redon, on calcule que sur les 50,000 hectares de landes qui existaient il y a trénte ans, il n'en reste que 5 a G,C00 qui disparaîtront avant peu.
En 1870, il n'existe plus dans la Loire-Inférieure que 1 1,2 lo hectares de terres vaines et vagues dont des parcelles nombreuses ne sont pas susceplibles de culture avantageuse.
SEPTIÈME LEÇON. Uïi
a voulu que ce qui vient de l'air y retourne, et que ce qui vient du sol y retourne également. Les os des animaux mis en poudre t ou carbonisés par l'action du feu doivent par conséquent revenir au sol dont ils proviennent. Le noir animal n'est donc pas un engrais artificiel, mais naturel au premier chef : c'est un débris, un fumier animal, fertilisant et indispensable au même titre que le débris, que le fumier des plantes est fertilisant et indispensable lui-môme.
« J'en dirai autant des poudrettes, du smg, des cornes, des chiffons de laine, des produits d'équarrissage et des mélanges de ces substances que l'industrie prépare aujourd'hui sur une si vaste échelle ; j'en dirai autant, enfin, de ce guano si recherché, malgré son prix élevé, et dont la France ne reçoit que le vingtième environ de la consommation de l'Angleterre.
« Sachez-le bien, ajoutais-je alors, et dois-je répéter en ce moment : l'agriculture sérieuse — et je ne parle pas de celle qui expose à grands frais des animaux ou des produits exceptionnels, mais bien de celle qui compte et qui encaisse, — l'agriculture sérieuse n'est ni exclusive (elle a trop d'expérience), ni faiseuse de systèmes (elle n'en a pas le temps) ; elle apporte un égal soin au traitement de ses fumiers, à la conservation de ses débris animaux et à l'achat des engrais industriels. Ne craignez pas qu'elle ait jamais à s'en repentir. »
Vous m'aurez pardonné, Messieurs, cette digression ; elle était nécessaire, en effet, au moment où nous allons apprécier ensemble le rôle et la nature des engrais.
Avant d'entrer dans l'étude technique des engrais, j'ai à cœur, Messieurs, de faire table rase de certaines erreurs longtemps accréditées et de déblayer le terrain où vont s'effectuer nos investigations.
Un engrais est un aliment, une nourriture. Que cet aliment puisse et doive varier selon la végétation, la nature du sol ou le climat, chacun l'accordera ; mais la science est-elle tellement instruite de son action — je devrais dire de ses actions diverses sur la plante — qu'elle puisse spécifier hardiment et dire : ceci est un amendement, ceci un stimulant, ceci un engrais proprement dit? Il me semble entendre un physiologiste déclarer que le vin de Bordeaux n'agit que par son tannin, le pain que par
sa matière azotée, le lait que par son sucre : ou un médecin admettre que la quinine est l'expression matérielle et exacte dans laquelle se résume toute la vertu du quinquina.
Méfions-nous, Messieurs, de ces témérités, qui sont une injure à l'esprit d'observation. Admettons une fois pour toutes que là où l'action est complexe, il faut se borner à des définitions générales. Appelons engrais ou nourriture tout ce qui, à des titres divers, engraisse ou nourrit la récolte, et reconnaissons que le même engrais qui, aujourd'hui, dans un terrain primitif ou de transition, agit surtout par son phosphate de chaux, demain, dans un sol calcaire, agira principalement par sa matière azotée. Lorsque nous voudrons désigner des substances apportant au sol des modifications purement physiques, nous pourrons alors employer le mot amendement Nous dirons ainsi que des cailloux amendent un sol trop compacte, que de l'argile amende un sol trop caillouteux. Toute notre nomenclature se bornera là.
Nous voici d'accord sur les mots — c'est quelque chose — arrivons aux faits, et, bien que cela semble en vérité superflu , laissez-moi consacrer quelques instants à vous parler de Y utilité des engrais.
Personne ne nie hautement cette utilité, mais beaucoup agissent comme s'ils avaient une confiance fort exagérée dans l'inépuisable fécondité du sol. Scientifiquement, j'ai déjà déduit les faits qui démontrent l'absurdité de cette confiance. En pratique, la tâche me sera plus facile encore. Les faits abondent, j'y puiserai.
Pour cela, revenons à Grand-Jouan, où déjà je vous ai conduits, pour vous faire apprécier l'importance des labours profonds, et laissons parler l'habile directeur de l'École impériale d'agriculture de la région :
« Le sol des landes, nous dira M. Rieffel (1), est la véritable pierre de touche des engrais, et, sur ce sol, quelle que soit la saison, le sarrasin vient toujours, un peu plus, un peu moins, mais il vient, si l'engrais a quelque énergie. Si l'engrais est impuissant, il ne vient rien. Aucune autre récolte n'offre ici une
(I) Agriculture de l'Ouest, tome III, p. 3, 1844 .
pareille certitude devant les intempéries, et surtout en lace «l'une sécheresse semblable à celle qui nous a accablés pendant l'année 1842.
« Je prends donc une lande dépourvue de calcaire, qui n'a jamais porté de récolte, dans laquelle on n'a jamais déposé aucun engrais, j'y sème du sarrasin pour traverser l'été qui peut être sans pluie aucune. Je sème ensuite, en contre-épreuve, une céréale pour passer l'hiver, où il y a toujours des pluies. L'entrais se trouve ainsi soumis à deux épreuves, avec ou sans humidité, et la valeur réelle d'un engrais est constatée irrévocablement, et mieux qu'aucune analyse chimique ne pourrait le taire.
« La nature du sol des landes, dans la situation où je prends le champ d'expérience, est telle que, si l'on y sème sans engrais une récolte quelconque d'été ou d'hiver, on n'obtient rien. Ainsi, je pars de zéro, et le produit est toujours en raison de la puissance de l'engrais et de la quantité appliquée, dette propriété négative du sol des landes, à son origine, m'a servi à rectifier bien des analyses chimiques, des raisonnements erronés, que la terre arable ordinaire ne pouvait éclaircir. Toute terre arable, depuis longtemps en culture, contient toujours de l'humus soluble, et plus ou moins de richesse accumulée. Rien de tout cela n'existe sur le sol des landes. On s'est souvent demandé alors d'où provenait l'infertilité du sol des landes; mais la terre des landes n'est pas infertile, elle est inféconde, non fécondée. Elle renferme en abondance des matières organiques végétales; mais ces matières ne sont pas solubles (1)%: des vues providentielles de conservation les maintiennent à l'état de fermentation acide, impropre à la végétation. Si nous voulons nous servir de ces matières, il faut les rendre solubles; car point de production agricole possible, sans engrais solubles. » Et plus loin :
<( Les faits, des faits répétés et observés pendant quatorze années consécutives, me prêteront ici toute la puissance de leur logique. En vain vous répandrez de la semence en grande quantité sur le sol non fécondé immédiatement par l'engrais
(I) Convcualilcs poui l'assimilation? V. B
lu* LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
ou, à la longue, par les influences atmosphériques, la semence ne se reproduira point, même avec un travail perfectionné. Voici ce qui arrive sur la terre inféconde : la semence, sous l'influence de l'air, de la chaleur et de l'humidité, germe ; la radicule s'enfonce, la plumule sort de terre, chétivc, et peu de temps après tout a disparu. Si l'on approche quelque engrais pulvérulent, promptement soluble, auprès de quelques-uns de ces germes, ils verdissent, ils végètent, ils prennent leur essor, ils partent seuls, et tous les autres meurent. C'est une bande d'enfants en nourrice, dont on ne sauverait absolument que ceux auxquels on présenterait à boire. »
M. Itieffel, à l'appui des raisonnements que je viens de relater, cite les chiffres suivants, qui donnent une idée exacte du rôle de l'engrais dans les landes de Bretagne :
. . Grain nettové Rapport de l'engrais
Engrais employé. obtenu. au grain.
hectol.
12 hectol. de guano par hectare ont fourni.. 30,55 12 heclol. de noir de raffinerie (1) ont fourni 2»,0(> 20,000 kilog. de fumier de ferme ont fourni.. 13,88 24 hectol. d'engrais animal composé ont fourni 1,38 Pas d'engrais (aération énergique du sol) .... Rien.
Je lis d'autre part, dans V Annuaire de la Société des anciens élèves de Grand-Jouan, 1868, le compte rendu d'expériences récentes faites par M. Rieffel sur les terres de landes de l'École impériale. Le sol complètement vierge avait été défoncé à la bêche à une profondeur de 0œ,65. La terre du fond fut apportée à la surface.et réciproquement.
On fuma tout d'abord avec fumier, puis avec fumier et phosphate fossile. Voici les résultats :
. , * « Ajt. i»ti i Paille... 2,300 kilos.
Former de ferme 40,000 kilo* j Gm||1 i m J ichectot.
Fumier 25,000 kil. i mfî,anff<ÎJI | faille. . . 2,400 —
Phosphate fossile 500 - ! me,an6e8 ( Grain. . . 1 ,200 -
J'appelle votre attention sur la diminution de fumier correspondant à l'apport des 500 kilogrammes de phosphate fossile, et
(1) Probablement a C0 p. 100 de phosphate de chaux et 15 millièmes d'azote environ.
kiiog.
hectol.
j'ajoute que, pour connaître l'influence de ce dernier engrais, il faudrait suivre le rendement de la parcelle d'essai pendant deux ou trois années, A cette condition l'essai aurait pour vous toute sa signification commerciale, ce à quoi il faut toujours arriver.
Voici maintenant les résuitats obtenus par M. Rieffel lorsqu'il a appliqué à la terre vierge des landes un engrais complet, — c'est-à-dire renfermant : chaux, potasse, acide phosphorique et matière azotée — puis comparativement : soit la terre sans engrais, soit la terre avec engrais sans phosphate de chaux.
Sarrasin. — Rendement a l'hectahe.
PnM(lia „Amniot f Paille 3,300 kilog.
Engrais complet | Graina .. 2J50 - 33 heclol.
, 4 Paille 2.C00 —
Phosphate de chaux seul |Grains If7ao M
Produit.
Sulfate d'ammoniaque seul 0
Potasse et chaux seules 0
Terre sans engrais 0
Froment. — Rendement a l'hectare.
Encrais complet * Pal,,e 2,400 kilog.
Lngrais complet j Gra|ng # # i„sqq - 20 heciol.
3,Di>0 —
Phosphate de chaux seul | qS^ V! jjj - 12 -
Produit.
Sulfate d'ammoniaque seul 0
Potasse et chaux seules 0
Terre sans engrais 0
Ainsi, il est bien constaté que, toutes les fois qu'il y a absence de phosphate de chaux, le produit est nul. Voilà pour nous le point important.
Ne cherchez pas, Messieurs, à trouver dans ces chiffres une expression de la valeur comparative des engrais, car cette valeur ne peut être représentée que par les résultats de plusieurs ré-
colles consécutives; ne vous empressez pas davantage de conclura qu'il faut consacrer à la culture du blé noir ou du froment les engrais complets dont les annonces fourmillent à la quatrième page des journaux ; remarquez seulement l'action énergique d'un sol fumé, comparativement à La stérilité d'une lande simplement fouillée par des moyens mécaniques. A quel prix la fertilité a-t-elle été obtenue dans ces essais? Ce n'est pas encore le moment de nous en occuper.
M. Rieflel, dont on ne saurait trop méditer les enseignements, a donné le compte suivant, qui s'applique non à ces derniers essais, mais aux cultures effectuées sous l'influence du guano, noir animal, etc., et dont je vous ai cité plus haut les résultats.