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5 \ — --T-Ej 770 % 35
10 ~-—-I=—^JËË 765 ET' ■— ^ 30
40 = 725 " ^Tî-iZrî 0
Dans cette figure, qui résume les observations faites à Paris, les nombres 725, 730... jusqu'à 780, indiquent en millimètres les longueurs de la colonne barométrique à zéro de température ; les nombres à droite, les chances de beau temps qui correspondent à ces pressions ; enfin les nombres à gauche, les chances de mauvais temps ou de pluie.
Les nombres de ces deux dernières colonnes sont représentés par des lignes horizontales proportionnelles à ces nombres, de part et d'autre de la colonne barométrique : de telle manière que la région BBB est celle du beau, et la région PPP celle de la pluie. La partie commune à ces deux régions offre des lignes deux fois plus rapprochées les unes des autres.
Par exemple, si le baromètre se tient au-dessous de 730,
toutes les chances seront pour la pluie ; et s'il se tient au-dessus de 775, toutes les chances seront pour le beau. Mais quand le baromètre marquera 750, on voit que la pluie aura :J2 chances, et le beau seulement 8; de telle sorte qu'il y aura quatre fois plus de chances pour la pluie que pour le beau. Vers 757 ou 758, les chances sont égales, puisque les deux régions du beau et de la pluie ont alors la môme largeur EE.
Ces faits disent assez, Messieurs, qu'un agriculteur prévoyant
ne saurait entreprendre certains travaux extérieurs sans consulter préa • lablement le baromètre.
La température de l'air joue un rôle tellement important dans les phénomènes de la végétation, que je dois vous rappeler en quelques mots le principe et l'emploi du thermomètre.
Fondé sur la dilatation, le thermomètre est ordinairement constitué par un petit réservoir sphérique ou cylindrique soufflé à l'extrémité d'un tube de verre de minime diamètre, et contenant de l'alcool ou du mercure.
On gradue l'instrument a l'aide de la glace fondante et de l'eau en ébullition.
Ces deux températures correspondent au zéro et au degré 100 du thermomètre centigrade. L'espace compris entre ces deux points : zéro et 100 degrés est divisé en cent parties égales.
Dans le thermomètre Réaumur, généralement employé en
Allemagne, le point de congélation de l'eau est à zéro et celui tle Tébiillition à 80 degrés.
Dans le thermomètre de Fahrenheit, usité en Angleterre et dans l'Amérique du Nord, le point de congélation de l'eau correspond à 32° et son ébullition à 212°.
Pour l'appréciation de très-basses températures, on donne la préférence aux thermomètres à alcool, ce liquide ne se congelant pas à— 40°, température à laquelle le mercure est solidifié. Pour les températures élevées, le mercure doit être préféré.
Quelques mots maintenant sur la manière d'évaluer une température à l'aide du thermomètre. L'agriculteur est souvent fort intéressé à faire cette petite opération d'une manière exacte.
Tout d'abord, on doit éviter de tenir le thermomètre à la main, la chaleur du corps pouvant l'impressionner sensiblement. L'instrument doit être suspendu à un support inerte d'un petit volume (l). Il est nécessaire, enfin, de le placer, autant que possible, loin des lieux habités.
Une précaution fort importante dans l'examen de la température de l'air, consiste a isoler le thermomètre. Il ne faut pas, en effet, qu'il reçoive les rayons directement émanés du soleil ou émis du sol par le ' rayonnement. Pour éviter ces causes d'erreur, on le placera à l'ombre, au nord des habitations ; et, comme la température varie rapidement, suivant la verticale, et très-lentement, dans le sens horizontal, il sera utile de tenir l'instrument entre deux disques de bois de grand diamètre ; les influences du ciel et du sol seront ainsi neutralisées.
Relativement à la sensibilité du thermomètre, il y aurait aussi quelques règles à suivre. Quand on augmente la capacité de la boule, on agrandit dans le même rapport la longueur des divisions marquées sur le tube, et on peut lire les indications à une très-petite fraction près, comme un centième de degré. Il faut alors beaucoup de temps pour que le liquide du thermomètre prenne la température de l'air, en sorte que cet instrument est toujours en retard dans ses indications. Si, au contraire, on diminue ses dimensions, son langage est plus
(1) Le thermomètre à mercure désigné sous le n° 74 dans le catalogue des Instruments rie météorologie de M. Salleron, est très-convenable pour les indications générales nécessaires à l'agriculteur.
promptement coriect ; mais il est aussi moins précis à cause de la petitesse des divisions qui ne permet pas de lire les faibles variations de température.
Un thermomètre qui marque les dixièmes de degré semblera le plus convenable dans les observations délicates. Sans doute, il n'indiquera pas sur-le-champ toutes les vicissitudes atmosphériques ; il ne les indiquera môme pas du tout, mais il donnera la moyenne, seule valeur que l'on se propose réellement de connaître.
Je terminerai ces considérations pratiques par l'énoncé de quelques résultats intéressants obtenus à l'aide des observations thermométriques.
M. Bouvard, astronome de l'Observatoire de Paris, a observé avec soin les températures de 1816 à 1831, à six époques de la journée, savoir : à 9 heures du matin, à midi, à 3 et à 9 heures du soir, enfln, aux instants du maximum et du minimum, et il est résulté des chiffres obtenus :
l°Que la température moyenne annuelle est, à Paris, de 10°, 67;
2° Que le minimum tombe vers \ heures du matin, le maximum vers 2 heures après midi ; d'où il suit que l'air s'échauffe pendant dix heures consécutives, et se refroidit pendant quatorze heures ;
3° Que l'on commet une petite erreur en ajoutant le maximum 14°, 47 avec le minimum 7°, 13, et divisant la somme 21°,00 par 2 pour obtenir la moyenne, qui est alors 10° ,80 au lieu de 10%67;
4° Qu'on a la température moyenne à 8 heures 20 minutes du matin et à 8 heures 20 minutes du soir.
En conséquence, s'il ne s'agissait que de trouver la température moyenne de l'année, il suffirait d'observer le thermomètre, chaque jour, à 8 heures 20 minutes du matin, ou a 8 heures 20 minutes du soir, ou encore, et tout à la fois, h A heures du matin et à 2 heures après midi ; et , si l'on prétendait mettre beaucoup de précision dans cette recherche, on ferait les observations à ces quatre époques de la journée.
Mais si Ton avait pour but d'observer les températures de chaque mois de l'année, il faudrait changer les heures en ques-
tion. Car, par exemple, l'époque de la moyenne du matin serait, pour janvier, 10 heures; pour juillet, 7 heures, et, pour tous les autres mois, des heures intermédiaires. Les époques de la moyenne du soir éprouvent de pareils changements qui les rapprochent ou les éloignent à la fois du maximum, lequel arrive toujours vers 2 heures après midi. Quant aux minimum mensuels, ils sont vers 3 heures du matin en été, et à 6 heures en hiver.
M. Bouvard a également déterminé les variations mensuelles de 1816 à 1831, et il est arrivé aux chiffres suivants :
TEMPÉRATURES Maximum. Minimum. Moyenne.
Janvier 4°,0 — 0°,1 2°,0
Février 6 ,8 1 ,2 4 ,0
Mars 10 ,5 3 ,5 7 ,0
Avril 15 ,1 fi ,1 10 ,7
Mai 18 9 ,4 14 ,0
Juin 21 ,8 12 ,1 17 ,0
Juillet 21 ,4 13 ,9 18 ,7
Août 23 ,0 13 ,7 18 ,?
Septembre 20 ,1 11 ,4 15 ,8
Octobre 15 ,2 7 ,8 11 ,5
Novembre 9 ,4 4 ,5 7 ,0
Décembre 5 ,8 2 ,0 3 ,9
Moyenne du maximum et du minimum. ... 10 ,8
11 résulte de ce tableau qu'à Paris le mois le plus froid est janvier, et que les plus chauds sont juillet et août, qui ont à peu près la môme température; enfin, que les mois d'avril et d'octobre, le premier surtout, ont une température moyenne qui ne diffère pas sensiblement de celle de Tannée.
Cette dernière conséquence simplifie beaucoup la recherche de la température moyenne de l'année, du moins dans nos climats ; car toutes les observations se réduiront à celles du mois d'avril. Sachant de plus que, durant ce mois, l'époque de la moyenne annuelle tombe quelques minutes après 8 heures du matin, il suffira d'observer le thermomètre, tous les jours d'avril, à 8 heures 15 minutes du malin, ajouter entre elles ces observations et diviser leur somme par 30, pour obtenir la température moyenne de l'année, avec une approximation remarquable.
Quant aux variations de la température d'une année à l'autre, on n'a aucune donnée certaine ni même probable pour les prévoir. Bien plus, on ne peut dire, après les avoir observées, quelles sont les causes qui les ont produites.
Non-seulement la température des lieux sert, dans nos climats, à donner une idée exacte des cultures qui y sont possibles, mais les observations de température rapportées aux temps accomplis pour le développement des végétaux, assignent pour chacun d'eux une donnée numérique de la somme de chaleur qu'il lui faut. Or, comme le fait observer avec raison M. Boussingault, ce résultat n'est pas seulement remarquable en ce qu'il semble indiquer que sous toutes les latitudes, à toutes les hauteurs, la même plante reçoit, dans tout le cours de son existence, une quantité égale de chaleur (1), il peut trouver aussi une application directe en permettant de prévoir la possibilité d'acclimater un végétal dans une contrée dont la température moyenne des mois est connue (2).
A Nantes, et d'après M. Huette, la température moyenne du jour déduite de trente-huit années d'observations a été de 13°,(H.
Cette température,, calculée d'après les moyennes des saisons» est de 13°,38.
La température moyenne des jours pour chaque saison, a été de :
La température la plus basse observée à Nantes de l'hi- (1) Exemple:
pour l'hiver
— le printemps
— l'été
— l'automne
Culture de la pomme de terre.
Alsace (1836)
— (moyenne)
Produit du temps par la température.
Alais
Lac de Valencia
Santa-Fé
Merida
Pusuqui
Cambugan
12) Boussingaulf, Économie ruraie, p. G92.