‹ Leçons de chimie agricoleChapitre 40 sur 87 · NOMS DES OS · texte numérisé non relu

NOMS DES OS

Phosphate Phosphate Carbonate de chaux, de magnésie, de chaux.

Chienne fémur....

Veau mort-né. . . . fémur

Vache adulte fémur. .. .

Vieille vache fémur...

Bœuf humérus.

Mouton fémur....

Cachalot

Aigle...

Dindon. Morue. .

Carpe. .

11 résulte de ce tableau, et des études générales de M. Frémy, que 100 parties d'os secs et dégraissés contiennent 30 et quelques pour cent d'osseine — matière organique renfermant 47 °/0 d'azote. — Six analyses d'un fémur de bœuf sec et dégraissé ont fourni à ce savant 70 de cendres et 30 d'osséine, ce qui représente 5 °/0 d'azote pour l'os sec et dégraissé.

M. Payen estime que le dégraissage des os opéré en vue de leur enlever les 9 centièmes de graisse qu'ils renferment, leur en enlève en réalité 8 centièmes (1). Dans la matière organique des os dégraissés du commerce, il y a donc un peu de substance étrangère à l'osseine et non azotée. Cette matière est de la graisse.

Les nombreux types d'os secs et propres que j'ai examinés, soit après les avoir râpés moi-même, soit en prélevant des écban-

(1) A Nantes, les os de boucherie ne rendent en moyenne que 4,5 à 5 p. 100 de graisse aux fabricants de noir d'os. Selon M. Ronnn, on extrait à Londres environ 6 p. 100 de graisse des os traités sur une très-grande échelle.

A Lyon, dans l'usine de MM. Coignet, l'observation faite chaque année sur des millions de kilogrammes a fourni les résultats suivants:

On obtient industriellement 14 à 15 p. 100 de gélatine ;

On recueille 5 p. 100 de matière grasse, et on en laisse échapper 5 p. 100 dans les eaux de lavage ;

On calcule que l'os total renferme 35 à 37 p. 100 de matière organique.

tillons de poudre d'os vendue comme engrais, m'ont fourni, pour 100 par ties de matière sèche, de 32 à 40 % de substance organique, et le dosage direct de l'azote m'a donné de 4,5 a 5,5 °/0 d'azote.

M. Payen a constaté, d'autre part, que les os de boucherie et d'équarrissage de Paris contenaient 10 % d'eau, 32 °/o de matière azotée et 9 % de graisse.

Me plaçant sur le terrain des faits, je dirai donc que les os dégraissés offerts à l'agriculture peuvent renfermer de a 5,5 % d'azote (i).

L'influence fâcheuse des matières grasses, considérées comme obstacle à la décomposition des os, a été démontrée à diverses reprises. Des os secs, qui avaient été exposés à l'influence de l'air pendant plusieurs mois, présentaient une masse peu active comme engrais, et dans les pores de laquelle la graisse avait intimement pénétré le tissu et enveloppé les sels calcaires. Ces os, mis en terre, n'avaient perdu, au bout de quatre années, que 8 centièmes de leur poids, tandis que des os récents, privés par l'eau bouillante de la plus grande quantité de leur graisse, perdaient 20 à 30 centièmes. Ces chiffres démontrent la différence d'action des deux engrais. La perte signifie solubilité, et solubilité veut dire ici fécondité.

L'extraction de la graisse des os augmente donc l'effet de ceux-ci sur le sol. Il en est de même de la fermentation qui s'accomplit dans la matière organique ou osséine et qui la désagrège sensiblement.

Les vastes pampas de l'Amérique du Sud contiennent, Messieurs, des masses énormes d'os de ruminants qui, depuis des temps considérables, sont abandonnés sur le sol. Ces os doivent nous offrir et nous offrent, en effet, tous les degrés d'altération de la matière organique grasse ou azotée. Depuis qu'il en arrive des chargements dans les ports anglais, à Bordeaux et à Nantes (2), on a pu reconnaître que souvent leur matière organique a été en partie brûlée par l'oxygène atmosphérique. Il y

(1) On estime, en Angleterre, que l'azote des os offerts sur le marché n'atteint pas 4 p. 100 (Ronna, Fabrication et emploi des phosphates de chaux).

(2) Le Courrier de Nantes mentionnait, en juillet 1858, que 600 tonneaux d'os eteelidres d'os avaient été importés de Montevideo depuis le commencement de l'année.

a enfin des cas où la matière organique détruite a été remplacée par des substances minérales siliceuses, de telle sorte que l'os renferme jusqu'à 18 % de résidu insoluble dans les acides. Ces os, source précieuse de phosphate de chaux, sont généralement carbonisés ou divisés à l'aide de moulins appropriés, et traités enfin par des réactifs qui les désagrègent. Ils constituent, en tout cas, une source précieuse d'acide phosphorique que l'industrie moderne ne pouvait négliger.

Dans certaines localités, on livre à l'agriculture, et à l'état de poudre, les os qui ont servi à l'extraction de la gélatine, soit après simple pulvérisation, soit après mélange avec des matières animales : on produit ainsi d'excellents engrais.

Voici la composition que j'ai trouvée aux poudres d'os dégélatinés de provenances diverses :

PROVENANCE

là H

MATIÈRES organiques.

RÉSIDU siliceux*

PHOSPHATES de chaux et

de magnésie.

CARBONATE de chaux, etc.

AZOTE dans

Page 1